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RÉFLEXIONS pour Lc 4:16-22

16 Il vint à Nazara où il avait été élevé, entra, selon sa coutume le jour du sabbat, dans la synagogue, et se leva pour faire la lecture.
17 On lui remit le livre du prophète Isaïe et, déroulant le livre, il trouva le passage où il était écrit:
18 L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés,
19  proclamer une année de grâce du Seigneur.
20 Il replia le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous dans la synagogue tenaient les yeux fixés sur lui.
21 Alors il se mit à leur dire : " Aujourd'hui s'accomplit à vos oreilles ce passage de l'Écriture. "
22 Et tous lui rendaient témoignage et étaient en admiration devant les paroles pleines de grâce qui sortaient de sa bouche. Et ils disaient : " N'est-il pas le fils de Joseph, celui-là ? "
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L'année favorable du Seigneur, ou l'année de la miséricorde du Seigneur dans une autre traduction, voilà ce que Jésus est venu nous annoncer. Sous la pression des lourdes circonstances de la vie, nous oublions souvent que le but véritable de Sa venue est précisément là. Et que cette année a déjà été apportée par Lui dans le monde, même si elle demeure encore voilée. Qu'est-ce donc ? Où la voir ?

Le passage même de l'Évangile d'aujourd'hui sert de réponse à cette question. Le Christ a traversé les épreuves les plus dures dans le désert, les a supportées, et Il s'est mis à posséder une force particulière, une paix particulière, rayonnant une lumière incréée ; nous le comprenons à la réaction des gens dans la synagogue, venus à l'assemblée ordinaire du sabbat. Une réaction étonnamment adéquate, ce qui Lui arrivait rarement dans la synagogue, du moins au début. Oui, ensuite ils furent remplis de fureur, mais au début ils « Lui rendaient témoignage ». C'est sans doute en ce bref premier instant qu'Il manifesta d'une manière particulièrement évidente, en Lui-même, l'année favorable du Seigneur.

Oui, mais Lui, c'est Lui ; et nous alors ? Rappelons-nous une fois où nous avons sincèrement préparé notre âme, jeûné, prié avec une force particulière, puis sommes venus à la liturgie, avons apporté au Seigneur notre repentir, avons communié aux saints mystères du Christ et... n'avons-nous pas senti alors dans notre âme l'année de la miséricorde du Seigneur ? Elle est sans doute exactement ainsi.

Autres réflexions

 
Pour Lc 4:16-22
16 Il vint à Nazara où il avait été élevé, entra, selon sa coutume le jour du sabbat, dans la synagogue, et se leva pour faire la lecture.
17 On lui remit le livre du prophète Isaïe et, déroulant le livre, il trouva le passage où il était écrit:
18 L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés,
19  proclamer une année de grâce du Seigneur.
20 Il replia le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous dans la synagogue tenaient les yeux fixés sur lui.
21 Alors il se mit à leur dire : " Aujourd'hui s'accomplit à vos oreilles ce passage de l'Écriture. "
22 Et tous lui rendaient témoignage et étaient en admiration devant les paroles pleines de grâce qui sortaient de sa bouche. Et ils disaient : " N'est-il pas le fils de Joseph, celui-là ? "
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Le Seigneur a proclamé l'accomplissement de la prophétie. L'année favorable du Seigneur est arrivée. Mais où est-elle ? Pourquoi voyons-nous le contraire, que le monde gît toujours dans le mal, que...  Lire la suite

Le Seigneur a proclamé l'accomplissement de la prophétie. L'année favorable du Seigneur est arrivée. Mais où est-elle ? Pourquoi voyons-nous le contraire, que le monde gît toujours dans le mal, que les injustes s'élèvent et que les justes sont foulés aux pieds ? Donc non. La prophétie ne s'est pas accomplie. Comment accepter que la prophétie du Seigneur ne se soit pas accomplie ?!

On peut essayer de répondre deux choses à ces doutes. La première, et qui paraît très importante, est qu'il ne faut pas comprendre la notion de « prophétie » de manière étroite et utilitaire. Ce sont les devins qui affirment vous annoncer votre destin, « ce qui arrivera ». La prophétie serait plus justement appelée révélation de la volonté de Dieu. Mais il y a aussi la volonté humaine. Car Dieu n'est pas chef d'orchestre accompagnateur, et le monde n'est pas une scène, puisque tout se passe dans l'interaction complexe de deux volontés : la volonté humaine et la volonté de Dieu. Le Seigneur a fait Son pas : Il a accompli ce qu'Il avait promis ; ensuite, notre volonté devait l'accepter ou ne pas l'accepter. Nous ne l'avons pas accepté. Et si nous l'avions accepté, sans aucun doute, tout ce qui est décrit en Is 61 régnerait déjà sur la terre depuis deux mille ans. Mais nous ne l'avons pas accepté, nous ne l'avons pas voulu nous-mêmes, ou plus exactement nous n'étions pas encore prêts.

Et la seconde chose : il y eut pourtant des personnes qui l'ont accepté ! Oui, et c'est précisément pourquoi la prophétie s'est tout de même accomplie. C'est pourquoi Théophane le Reclus écrit : « Le Seigneur n'est pas venu seulement annoncer l'année favorable, mais Il l'a apportée. Où donc est-elle ? Dans les âmes des croyants. »

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Pour Lc 4:16
16 Il vint à Nazara où il avait été élevé, entra, selon sa coutume le jour du sabbat, dans la synagogue, et se leva pour faire la lecture.
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Dans la Synagogue, dès l’époque du Second Temple, s’était formée une coutume : tout Juif croyant peut lire et commenter la Torah pendant l’office. Cette coutume est passée de l’usage synagogal à l’usage ecclésial, de sorte que...  Lire la suite

Dans la Synagogue, dès l’époque du Second Temple, s’était formée une coutume : tout Juif croyant peut lire et commenter la Torah pendant l’office. Cette coutume est ensuite passée de l’usage synagogal à l’usage ecclésial, si bien qu’aux temps des premiers chrétiens comme aux débuts du christianisme, il existait des prédicateurs d’Église qui n’étaient ni diacres, ni presbytres, ni évêques, mais appartenaient au noyau actif de la communauté ecclésiale, sans lequel l’Église de cette époque était impensable.

Un tel noyau actif existait aussi dans la Synagogue. En Judée, et en Palestine en général, il se composait d’ordinaire, aux temps évangéliques, de membres de la fraternité pharisienne, à laquelle appartenaient beaucoup de synagogues. Dans ces synagogues, l’immense majorité des fidèles, et naturellement le conseil des anciens ainsi que le rabbinat de la synagogue, appartenaient aussi à la fraternité. Les pharisiens étaient des prédicateurs et des missionnaires actifs, et la prédication retentissait constamment dans leurs synagogues ; sinon tous, du moins beaucoup prêchaient. Mais, plus généralement, tout Juif croyant pouvait prononcer une prédication s’il avait quelque chose à dire.

C’est cette possibilité que Jésus a manifestement utilisée. Il s’est évidemment mis à parler aussitôt du Messie et du Royaume messianique, car dans les synagogues on lisait alors précisément le passage correspondant du livre d’Isaïe. Son discours ne consistait pas en paroles, mais en un silence éloquent. Ayant lu le texte, Il ne dit plus rien, Il s’assit simplement à Sa place. Par là, Il faisait comprendre aux présents qu’Il n’avait rien à dire : Il est là, Il est venu, et c’est tout ce qu’Il voulait communiquer aux personnes rassemblées.

À vrai dire, la rencontre avec le Christ se produit très souvent exactement ainsi : Il se tient simplement devant l’homme et se tait. Il Se donne à voir, sans rien prédéterminer, sans rien exiger, sans insister sur rien et sans chercher à convaincre de quoi que ce soit. L’homme est libre de choisir, et il doit choisir lui-même. Face à face avec le Messie manifesté au monde. Comme alors, à Nazareth.

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Pour Lc 4:18-19
18 L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés,
19  proclamer une année de grâce du Seigneur.
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On peut considérer d’estime, d’adoration, voire même de respectueux la peur qui nous inspire comment vivre en présence du Seigneur. Mais c’est le plus souvent notre volonté de considérer Dieu égal à nous...  Lire la suite

On peut considérer d’estime, d’adoration, voire même de respectueux la peur qui nous inspire comment vivre en présence du Seigneur. Mais c’est le plus souvent notre volonté de considérer Dieu égal à nous, en disant « j’avais peur de toi, car tu es un homme dur: tu prends ce que tu n’as pas déposé, tu moissonnes ce que tu n’as pas semé» (Luc 19:21). Nous nous représentons un être horrible, abominable, vindicatif, et en même temps impersonnel, dont il faut fuir sans regarder derrière lorsque nous cherchons à nous justifier de notre propre passivité, notre paresse, notre mauvaise volonté de tout remettre à cet être. Et tout comme Adam, nous nous rendons compte en ce moment de notre nudité, notre faiblesse et notre solitude dans un monde inconnu et horrible (Gen 3 :10). Une pauvreté effroyable réprime en nous la volonté de vivre. Nous nous lamentons et agitons, nous pleurons et nous nous affligeons de l’impossibilité ou l’incapacité de supporter cette terreur qui nous entoure. Nous comprenons que nous sommes asservis par cette peur, de telle manière que nous ne pouvons même pas bouger. Nous sommes tourmentés et conduits jusqu'à l’ultime limite du désespoir. Ayant soif de la délivrance, nous nous sommes retrouvés être asservis du péché et de la mort ; et personne ne sait comment sortir de ce piège: même étant conscient de tout cela, on ne trouve pas une solution pour soi même, n’en parlons pas d’en trouver pour quelqu’un d’autre. Il est impossible à l’homme de surmonter ce terrible écart par ses propres forces. Il est possible seulement à Celui qui peut dire qu’Il est venu apporter la Bonne Nouvelle aux pauvres, guérir les cœurs brisés, proclamer la délivrance aux prisonniers, le don de la vue aux aveugles, libérer les opprimés. « L’été» favorable du Seigneur commence pour nous à partir du moment où nous sommes conscients de ces faits et recevons dans notre vie Celui qui donne tout cela.

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Pour Lc 4:19
19  proclamer une année de grâce du Seigneur.
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Les paroles du prophète disant qu'il est envoyé témoigner de « l'année de grâce de Yahvé » (« l'année favorable du Seigneur » dans la traduction synodale), Jésus les applique manifestement à Lui-même. La prophétie correspondante était de toute évidence messianique pour tous, et « l'année de grâce » était perçue comme l'année de la venue du Messie. Jésus applique donc ces paroles à Sa propre venue, par là...  Lire la suite

Les paroles du prophète disant qu'il est envoyé témoigner de « l'année de grâce de Yahvé » (« l'année favorable du Seigneur » dans la traduction synodale), Jésus les applique manifestement à Lui-même. La prophétie correspondante était de toute évidence messianique pour tous, et « l'année de grâce » était perçue comme l'année de la venue du Messie. Jésus applique donc ces paroles à Sa propre venue, faisant ainsi allusion à Sa propre messianité, dont Il ne parlait presque jamais directement. Ces allusions étaient sans doute liées au fait que Sa messianité ne correspondait manifestement ni aux représentations messianiques populaires ni aux attentes correspondantes.

D'une part, Jésus devait faire comprendre à ceux qui L'écoutaient que l'époque messianique était arrivée et qu'Il était Lui-même le Messie attendu ; mais, en même temps, il n'entrait nullement dans Ses plans de devenir le chef d'un mouvement religieux et politique messianique de masse, ce à quoi tout se serait inévitablement réduit s'Il avait déclaré Sa messianité directement et ouvertement. Apparemment, les allusions et les textes messianiques correspondants de l'Ancien Testament devaient non seulement amener les auditeurs à supposer que Celui qui parlait témoignait de Lui-même comme Messie, mais aussi les faire réfléchir à la raison pour laquelle Il n'en parlait pas directement.

Ainsi Jésus voulait sans doute écarter les curieux désœuvrés et ceux qui ne se satisfaisaient que des représentations traditionnelles, ou de leurs propres représentations, du Messie et de ce qu'Il devait être. Il voulait attirer l'attention de ceux qui comprenaient le langage de l'allusion subtile et qui étaient prêts à voir un Messie tout à fait inattendu, dont l'image ne rentrait pas dans les cadres habituels ni dans les schémas traditionnels.

Outre le fait d'écarter ceux qui brûlaient de commencer immédiatement une guerre messianique, il y avait ici encore un autre but. L'homme qui suivait Jésus devait être prêt aux surprises, précisément là et alors où et quand on semblait pouvoir les attendre le moins. Son propre chemin de croix et de résurrection, comme le chemin de ceux qui Le suivaient, ne ressemblait à rien de connu ni d'habituel.

Il fallait souvent agir ici dans une situation où la logique et les modèles traditionnels faisaient complètement défaut et ne pouvaient que gêner. Il valait mieux y préparer Ses disciples dès le commencement, les obliger dès le commencement à voir le traditionnel et l'habituel d'une manière inattendue et inhabituelle. Parfois un tel regard pouvait même choquer, mais il valait mieux traverser ce choc au début du chemin afin de s'y habituer, et plus tard, quand les choses choquantes deviendraient beaucoup plus nombreuses dans la vie, les recevoir déjà comme une partie naturelle et inévitable du chemin du chrétien.

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Pour Lc 4:16-30
16 Il vint à Nazara où il avait été élevé, entra, selon sa coutume le jour du sabbat, dans la synagogue, et se leva pour faire la lecture.
17 On lui remit le livre du prophète Isaïe et, déroulant le livre, il trouva le passage où il était écrit:
18 L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés,
19  proclamer une année de grâce du Seigneur.
20 Il replia le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous dans la synagogue tenaient les yeux fixés sur lui.
21 Alors il se mit à leur dire : " Aujourd'hui s'accomplit à vos oreilles ce passage de l'Écriture. "
22 Et tous lui rendaient témoignage et étaient en admiration devant les paroles pleines de grâce qui sortaient de sa bouche. Et ils disaient : " N'est-il pas le fils de Joseph, celui-là ? "
23 Et il leur dit : " A coup sûr, vous allez me citer ce dicton : Médecin, guéris-toi toi-même. Tout ce qu'on nous a dit être arrivé à Capharnaüm, fais-le de même ici dans ta patrie. "
24 Et il dit : " En vérité, je vous le dis, aucun prophète n'est bien reçu dans sa patrie.
25 " Assurément, je vous le dis, il y avait beaucoup de veuves en Israël aux jours d'Élie, lorsque le ciel fut fermé pour trois ans et six mois, quand survint une grande famine sur tout le pays ;
26 et ce n'est à aucune d'elles que fut envoyé Élie, mais bien à une veuve de Sarepta, au pays de Sidon.
27 Il y avait aussi beaucoup de lépreux en Israël au temps du prophète Élisée ; et aucun d'eux ne fut purifié, mais bien Naaman, le Syrien. "
28 Entendant cela, tous dans la synagogue furent remplis de fureur.
29 Et, se levant, ils le poussèrent hors de la ville et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline sur laquelle leur ville était bâtie, pour l'en précipiter.
30 Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin...
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Dans le monde antique, « annoncer la Bonne Nouvelle » signifiait apporter la nouvelle d'une victoire sur l'ennemi. En choisissant ce mot pour décrire Sa mission, Jésus dit à Ses compatriotes étonnés... que Dieu L'a envoyé comme héraut  Lire la suite

Dans le monde antique, « annoncer la Bonne Nouvelle » signifiait apporter la nouvelle d'une victoire sur l'ennemi. En choisissant ce mot pour décrire Sa mission, Jésus dit à Ses compatriotes étonnés que Dieu L'a envoyé comme héraut de Sa victoire, de l'avènement de Son Royaume éternel. Mais Il va au-delà de la référence à la prophétie biblique, et c'est cela qui choque tout particulièrement Ses auditeurs : en citant Isaïe, Jésus omet les paroles sur « la vengeance de notre Dieu » (Is 61,2) et récuse la supériorité des Israélites sur les païens dans le Royaume qui vient. Outre la victoire sur les forces du mal, manifestée dans la guérison du possédé, le Christ apporte la nouvelle de la victoire sur la vengeance et la haine. Cette victoire a été remportée par le Seigneur Jésus Lui-même et doit être remportée par quiconque voudra être Son disciple.

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Pour Lc 4:16-44
16 Il vint à Nazara où il avait été élevé, entra, selon sa coutume le jour du sabbat, dans la synagogue, et se leva pour faire la lecture.
17 On lui remit le livre du prophète Isaïe et, déroulant le livre, il trouva le passage où il était écrit:
18 L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés,
19  proclamer une année de grâce du Seigneur.
20 Il replia le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous dans la synagogue tenaient les yeux fixés sur lui.
21 Alors il se mit à leur dire : " Aujourd'hui s'accomplit à vos oreilles ce passage de l'Écriture. "
22 Et tous lui rendaient témoignage et étaient en admiration devant les paroles pleines de grâce qui sortaient de sa bouche. Et ils disaient : " N'est-il pas le fils de Joseph, celui-là ? "
23 Et il leur dit : " A coup sûr, vous allez me citer ce dicton : Médecin, guéris-toi toi-même. Tout ce qu'on nous a dit être arrivé à Capharnaüm, fais-le de même ici dans ta patrie. "
24 Et il dit : " En vérité, je vous le dis, aucun prophète n'est bien reçu dans sa patrie.
25 " Assurément, je vous le dis, il y avait beaucoup de veuves en Israël aux jours d'Élie, lorsque le ciel fut fermé pour trois ans et six mois, quand survint une grande famine sur tout le pays ;
26 et ce n'est à aucune d'elles que fut envoyé Élie, mais bien à une veuve de Sarepta, au pays de Sidon.
27 Il y avait aussi beaucoup de lépreux en Israël au temps du prophète Élisée ; et aucun d'eux ne fut purifié, mais bien Naaman, le Syrien. "
28 Entendant cela, tous dans la synagogue furent remplis de fureur.
29 Et, se levant, ils le poussèrent hors de la ville et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline sur laquelle leur ville était bâtie, pour l'en précipiter.
30 Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin...
31 Il descendit à Capharnaüm, ville de Galilée, et il les enseignait le jour du sabbat.
32 Et ils étaient frappés de son enseignement, car il parlait avec autorité.
33 Dans la synagogue il y avait un homme ayant un esprit de démon impur, et il cria d'une voix forte:
34 " Ah ! que nous veux-tu, Jésus le Nazarénien ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : le Saint de Dieu. "
35 Et Jésus le menaça en disant : " Tais-toi, et sors de lui. " Et le précipitant au milieu, le démon sortit de lui sans lui faire aucun mal.
36 La frayeur les saisit tous, et ils se disaient les uns aux autres : " Quelle est cette parole ? Il commande avec autorité et puissance aux esprits impurs et ils sortent ! "
37 Et un bruit se propageait à son sujet en tout lieu de la région. "
38 Partant de la synagogue, il entra dans la maison de Simon. La belle-mère de Simon était en proie à une forte fièvre, et ils le prièrent à son sujet.
39 Se penchant sur elle, il menaça la fièvre, et elle la quitta ; à l'instant même, se levant elle les servait.
40 Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des malades atteints de maux divers les lui amenèrent, et lui, imposant les mains à chacun d'eux, il les guérissait.
41 D'un grand nombre aussi sortaient des démons, qui vociféraient en disant : " Tu es le Fils de Dieu ! " Mais, les menaçant, il ne leur permettait pas de parler, parce qu'ils savaient qu'il était le Christ.
42 Le jour venu, il sortit et se rendit dans un lieu désert. Les foules le cherchaient et, l'ayant rejoint, elles voulaient le retenir et l'empêcher de les quitter.
43 Mais il leur dit : " Aux autres villes aussi il me faut annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu, car c'est pour cela que j'ai été envoyé. "
44 Et il prêchait dans les synagogues de la Judée.
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La lecture d'aujourd'hui nous invite à méditer la vérité exprimée dans un aphorisme bien connu, dont l'origine évangélique est cependant loin d'être connue de tous aujourd'hui: nul n'est prophète en son pays...  Lire la suite

La lecture d'aujourd'hui nous invite à méditer la vérité exprimée dans un aphorisme bien connu, dont l'origine évangélique est cependant loin d'être connue de tous aujourd'hui: nul n'est prophète en son pays (v. 24). En citant un passage messianique du livre d'Isaïe, Jésus se désigne très clairement comme celui dont parlait le prophète (v. 17-21). À première vue, la réaction de ses auditeurs est paradoxale: d'un côté ils approuvent Jésus, de l'autre ils commencent aussitôt à douter. Comment leur compatriote, qu'ils connaissent depuis l'enfance, pourrait-il prétendre être le Messie (v. 22)? Et ils exigent de lui des miracles non comme témoignages du Royaume, mais comme preuves de sa messianité (v. 23). C'est alors que Jésus prononce les paroles amères sur le prophète dans son propre pays (v. 24).

Mais la réaction paradoxale des auditeurs de Jésus était au fond tout à fait compréhensible, et pas seulement parce que « les grandes choses se voient de loin ». Il s'agissait ici de la simple habitude, qui se révèle souvent l'un des obstacles les plus sérieux sur le chemin spirituel. Ce n'est pas un hasard si leurs doutes s'appuient sur l'idée qu'ils le connaissent depuis l'enfance: « N'est-ce pas là le fils de Joseph? » Comment alors parler de messianité? Bien sûr, si des personnes faisant autorité ou des instances officielles avaient reconnu Jésus et l'avaient directement désigné comme le Messie, ils l'auraient sans aucun doute accueilli avec joie et auraient été fiers de lui comme d'un compatriote célèbre. Mais il n'y avait aucune reconnaissance officielle, et les habitants de la ville devaient décider eux-mêmes. Or la force de l'habitude pesait sur eux.

L'homme déchu a tendance à voir la réalité non telle qu'elle est, mais telle qu'il a l'habitude de la voir. Les clichés sont ordinaires et répandus, et ils n'apparaissent pas sans raison: la schématisation et l'emploi de modèles tout faits pour décrire la réalité constituent une sorte de mécanisme d'adaptation psychologique de l'homme au réel, dont il ne peut plus se passer après la chute. Mais ce même mécanisme d'adaptation empêche souvent l'homme de voir ce qui est nouveau et inhabituel. Il lui propose des schémas et des modèles prêts à l'emploi là où ils ne conviennent pas, face à des réalités qui n'entrent dans aucun schéma et qu'aucun modèle ne peut décrire.

Le Royaume dont Jésus témoigne est précisément une telle réalité. Il ne rentre dans aucun cadre familier. Mais les compatriotes de Jésus ne veulent pas perdre ces cadres habituels; ils sont prêts à les défendre à tout prix, et Jésus n'y entre absolument pas: un Messie non reconnu, un fauteur de troubles, quelqu'un qui se fait passer pour on ne sait qui et revendique ce que personne, dans leur petite ville, n'avait jamais revendiqué ni jamais osé revendiquer. C'est ainsi qu'il se présenta aux habitants de Nazareth. Il ne leur resta qu'un moyen: se débarrasser de leur compatriote beaucoup trop dérangeant. Et ils l'auraient fait s'ils l'avaient pu (v. 28-30).

On le voit, ce ne sont pas seulement la haine des rigoristes religieux et les jeux des politiciens qui conduisent Jésus à la croix. L'étroitesse de la nature humaine déchue l'y pousse elle aussi.

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Pour Lc 4:16-44
16 Il vint à Nazara où il avait été élevé, entra, selon sa coutume le jour du sabbat, dans la synagogue, et se leva pour faire la lecture.
17 On lui remit le livre du prophète Isaïe et, déroulant le livre, il trouva le passage où il était écrit:
18 L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés,
19  proclamer une année de grâce du Seigneur.
20 Il replia le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous dans la synagogue tenaient les yeux fixés sur lui.
21 Alors il se mit à leur dire : " Aujourd'hui s'accomplit à vos oreilles ce passage de l'Écriture. "
22 Et tous lui rendaient témoignage et étaient en admiration devant les paroles pleines de grâce qui sortaient de sa bouche. Et ils disaient : " N'est-il pas le fils de Joseph, celui-là ? "
23 Et il leur dit : " A coup sûr, vous allez me citer ce dicton : Médecin, guéris-toi toi-même. Tout ce qu'on nous a dit être arrivé à Capharnaüm, fais-le de même ici dans ta patrie. "
24 Et il dit : " En vérité, je vous le dis, aucun prophète n'est bien reçu dans sa patrie.
25 " Assurément, je vous le dis, il y avait beaucoup de veuves en Israël aux jours d'Élie, lorsque le ciel fut fermé pour trois ans et six mois, quand survint une grande famine sur tout le pays ;
26 et ce n'est à aucune d'elles que fut envoyé Élie, mais bien à une veuve de Sarepta, au pays de Sidon.
27 Il y avait aussi beaucoup de lépreux en Israël au temps du prophète Élisée ; et aucun d'eux ne fut purifié, mais bien Naaman, le Syrien. "
28 Entendant cela, tous dans la synagogue furent remplis de fureur.
29 Et, se levant, ils le poussèrent hors de la ville et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline sur laquelle leur ville était bâtie, pour l'en précipiter.
30 Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin...
31 Il descendit à Capharnaüm, ville de Galilée, et il les enseignait le jour du sabbat.
32 Et ils étaient frappés de son enseignement, car il parlait avec autorité.
33 Dans la synagogue il y avait un homme ayant un esprit de démon impur, et il cria d'une voix forte:
34 " Ah ! que nous veux-tu, Jésus le Nazarénien ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : le Saint de Dieu. "
35 Et Jésus le menaça en disant : " Tais-toi, et sors de lui. " Et le précipitant au milieu, le démon sortit de lui sans lui faire aucun mal.
36 La frayeur les saisit tous, et ils se disaient les uns aux autres : " Quelle est cette parole ? Il commande avec autorité et puissance aux esprits impurs et ils sortent ! "
37 Et un bruit se propageait à son sujet en tout lieu de la région. "
38 Partant de la synagogue, il entra dans la maison de Simon. La belle-mère de Simon était en proie à une forte fièvre, et ils le prièrent à son sujet.
39 Se penchant sur elle, il menaça la fièvre, et elle la quitta ; à l'instant même, se levant elle les servait.
40 Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des malades atteints de maux divers les lui amenèrent, et lui, imposant les mains à chacun d'eux, il les guérissait.
41 D'un grand nombre aussi sortaient des démons, qui vociféraient en disant : " Tu es le Fils de Dieu ! " Mais, les menaçant, il ne leur permettait pas de parler, parce qu'ils savaient qu'il était le Christ.
42 Le jour venu, il sortit et se rendit dans un lieu désert. Les foules le cherchaient et, l'ayant rejoint, elles voulaient le retenir et l'empêcher de les quitter.
43 Mais il leur dit : " Aux autres villes aussi il me faut annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu, car c'est pour cela que j'ai été envoyé. "
44 Et il prêchait dans les synagogues de la Judée.
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En Christ s'est accomplie la prophétie. Mais de qui parle-t-elle? On peut encore comprendre pourquoi la guérison revient aux coeurs brisés...  Lire la suite

En Christ s'est accomplie la prophétie. Mais de qui parle-t-elle? On peut encore comprendre pourquoi la guérison revient aux coeurs brisés, la libération aux captifs et la vue aux aveugles. Mais pourquoi la joie n'est-elle promise qu'aux pauvres, et la liberté seulement aux opprimés? Et moi, qu'est-ce que j'ai à voir là-dedans? Bien sûr, il m'arrive d'être opprimé, mais pas tout le temps!

Il n'est pas étonnant que, dans la synagogue, tous n'aient pas réagi comme il fallait... Mais peut-être faut-il tout de même essayer de relire ce passage encore une fois et de s'efforcer d'entrer dans le sens de ces paroles, de découvrir en soi le besoin, la soif de libération et de guérison? Sinon Jésus devra de nouveau aller dans une autre ville...

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Pour Lc 4:22-30
22 Et tous lui rendaient témoignage et étaient en admiration devant les paroles pleines de grâce qui sortaient de sa bouche. Et ils disaient : " N'est-il pas le fils de Joseph, celui-là ? "
23 Et il leur dit : " A coup sûr, vous allez me citer ce dicton : Médecin, guéris-toi toi-même. Tout ce qu'on nous a dit être arrivé à Capharnaüm, fais-le de même ici dans ta patrie. "
24 Et il dit : " En vérité, je vous le dis, aucun prophète n'est bien reçu dans sa patrie.
25 " Assurément, je vous le dis, il y avait beaucoup de veuves en Israël aux jours d'Élie, lorsque le ciel fut fermé pour trois ans et six mois, quand survint une grande famine sur tout le pays ;
26 et ce n'est à aucune d'elles que fut envoyé Élie, mais bien à une veuve de Sarepta, au pays de Sidon.
27 Il y avait aussi beaucoup de lépreux en Israël au temps du prophète Élisée ; et aucun d'eux ne fut purifié, mais bien Naaman, le Syrien. "
28 Entendant cela, tous dans la synagogue furent remplis de fureur.
29 Et, se levant, ils le poussèrent hors de la ville et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline sur laquelle leur ville était bâtie, pour l'en précipiter.
30 Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin...
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Le Seigneur vient vers celui vers qui Lui-même veut venir. La venue de Dieu dans la vie de l’homme n’est pas une récompense pour tels ou tels...  Lire la suite

Le Seigneur vient vers celui vers qui Lui-même veut venir. La venue de Dieu dans la vie de l’homme n’est pas une récompense pour tels ou tels mérites, qu’il s’agisse d’exploits ascétiques ou d’une piété idéale. Le Seigneur vient vers ceux qui en ont besoin à en mourir. Mais les nécessiteux sont nombreux. Choisit-Il donc parmi eux les plus humiliés ? Peut-être cela concerne-t-il dans une certaine mesure la veuve de Sarepta de Sidon, mais certainement pas le chef de l’armée du roi de Syrie. Cela signifie que le Seigneur choisit d’une manière inconnue de l’homme. Ici, personne ne trouvera jamais de loi. Car le Seigneur est vivant, et tout ce qui est vivant ne se laisse jamais enfermer jusqu’au bout dans des lois. Pour nous, au contraire, la loi est le seul appui de l’esprit, la seule chose qui nous donne quelque assurance. Mais c’est précisément cette assurance qui nous égare. Comme les habitants de Nazareth étaient sûrs de connaître, de bien connaître cet homme, Jésus ! Mais c’est justement cette assurance qui les empêche de voir en Lui Dieu.

Il ne faut pas penser pour autant que le Seigneur jouerait en quelque sorte avec nous, qu’Il se donnerait simplement pour but de nous étonner, car ici tout est trop sérieux. Il s’agit de vies humaines. Ce n’est évidemment pas cela qui est dit ici. Simplement, à nous précisément, la providence de Dieu et toute la complexité de Ses voies sont incompréhensibles. « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas Mes voies, dit le Seigneur » (Is 55:8). C’est cette non-correspondance qui nous pousse parfois à nous étonner : pourquoi la grâce est-elle descendue précisément sur cette personne, pourquoi précisément ainsi, précisément à ce moment, alors qu’il est évident qu’autour d’elle il y en a de bien plus dignes ou de plus nécessiteux ? Nous devons simplement essayer de croire que tout ce qui arrive selon Sa volonté arrive de la manière la plus nécessaire pour les chemins de la grâce.

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Pour Lc 4:14-44
14 Jésus retourna en Galilée, avec la puissance de l'Esprit, et une rumeur se répandit par toute la région à son sujet.
15 Il enseignait dans leurs synagogues, glorifié par tous.
16 Il vint à Nazara où il avait été élevé, entra, selon sa coutume le jour du sabbat, dans la synagogue, et se leva pour faire la lecture.
17 On lui remit le livre du prophète Isaïe et, déroulant le livre, il trouva le passage où il était écrit:
18 L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés,
19  proclamer une année de grâce du Seigneur.
20 Il replia le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous dans la synagogue tenaient les yeux fixés sur lui.
21 Alors il se mit à leur dire : " Aujourd'hui s'accomplit à vos oreilles ce passage de l'Écriture. "
22 Et tous lui rendaient témoignage et étaient en admiration devant les paroles pleines de grâce qui sortaient de sa bouche. Et ils disaient : " N'est-il pas le fils de Joseph, celui-là ? "
23 Et il leur dit : " A coup sûr, vous allez me citer ce dicton : Médecin, guéris-toi toi-même. Tout ce qu'on nous a dit être arrivé à Capharnaüm, fais-le de même ici dans ta patrie. "
24 Et il dit : " En vérité, je vous le dis, aucun prophète n'est bien reçu dans sa patrie.
25 " Assurément, je vous le dis, il y avait beaucoup de veuves en Israël aux jours d'Élie, lorsque le ciel fut fermé pour trois ans et six mois, quand survint une grande famine sur tout le pays ;
26 et ce n'est à aucune d'elles que fut envoyé Élie, mais bien à une veuve de Sarepta, au pays de Sidon.
27 Il y avait aussi beaucoup de lépreux en Israël au temps du prophète Élisée ; et aucun d'eux ne fut purifié, mais bien Naaman, le Syrien. "
28 Entendant cela, tous dans la synagogue furent remplis de fureur.
29 Et, se levant, ils le poussèrent hors de la ville et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline sur laquelle leur ville était bâtie, pour l'en précipiter.
30 Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin...
31 Il descendit à Capharnaüm, ville de Galilée, et il les enseignait le jour du sabbat.
32 Et ils étaient frappés de son enseignement, car il parlait avec autorité.
33 Dans la synagogue il y avait un homme ayant un esprit de démon impur, et il cria d'une voix forte:
34 " Ah ! que nous veux-tu, Jésus le Nazarénien ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : le Saint de Dieu. "
35 Et Jésus le menaça en disant : " Tais-toi, et sors de lui. " Et le précipitant au milieu, le démon sortit de lui sans lui faire aucun mal.
36 La frayeur les saisit tous, et ils se disaient les uns aux autres : " Quelle est cette parole ? Il commande avec autorité et puissance aux esprits impurs et ils sortent ! "
37 Et un bruit se propageait à son sujet en tout lieu de la région. "
38 Partant de la synagogue, il entra dans la maison de Simon. La belle-mère de Simon était en proie à une forte fièvre, et ils le prièrent à son sujet.
39 Se penchant sur elle, il menaça la fièvre, et elle la quitta ; à l'instant même, se levant elle les servait.
40 Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des malades atteints de maux divers les lui amenèrent, et lui, imposant les mains à chacun d'eux, il les guérissait.
41 D'un grand nombre aussi sortaient des démons, qui vociféraient en disant : " Tu es le Fils de Dieu ! " Mais, les menaçant, il ne leur permettait pas de parler, parce qu'ils savaient qu'il était le Christ.
42 Le jour venu, il sortit et se rendit dans un lieu désert. Les foules le cherchaient et, l'ayant rejoint, elles voulaient le retenir et l'empêcher de les quitter.
43 Mais il leur dit : " Aux autres villes aussi il me faut annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu, car c'est pour cela que j'ai été envoyé. "
44 Et il prêchait dans les synagogues de la Judée.
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Le problème des nôtres et des étrangers a toujours existé, dans toutes les sociétés et dans toutes les cultures. Et partout, toujours, il s'est avéré qu'il valait mieux être des nôtres qu'étranger. Mais voici que le Messie est venu dans le monde, et il s'est avéré que tout n'était pas si simple. Il s'est avéré que le nôtre n'est pas nécessairement celui que nous connaissons. Le plus souvent, c'est celui dont nous pensons le connaître...  Lire la suite

Le problème des nôtres et des étrangers a toujours existé, dans toutes les sociétés et dans toutes les cultures. Et partout, toujours, il s'est avéré qu'il valait mieux être des nôtres qu'étranger. Mais voici que le Messie est venu dans le monde, et il s'est avéré que tout n'était pas si simple. Il s'est avéré que le nôtre n'est pas nécessairement celui que nous connaissons. Le plus souvent, c'est celui dont nous pensons le connaître. Cela se comprend: nous percevons les nôtres comme une part du monde habituel et familier. Il n'est pas nécessaire de les regarder attentivement, il n'est pas indispensable d'écouter leurs paroles. En général, nous savons déjà à peu près ce que les nôtres peuvent nous dire.

Les étrangers, c'est autre chose. L'étranger est toujours celui qu'on ne connaît pas. Celui qui ne fait pas partie du monde connu et habituel; peu importe alors d'où il vient: d'un autre continent ou du village voisin. Les étrangers sont souvent rejetés, mais on les regarde toujours attentivement. On écoute ce qu'ils disent. Pas forcément avec bienveillance, mais nécessairement avec attention. Car il faut comprendre l'étranger. Ou au moins se l'expliquer. L'explication est souvent une illusion de compréhension. La compréhension suppose en effet d'accueillir l'autre tel qu'il est. L'explication, elle, commence lorsque nous percevons cet autre tel que nous voulons le voir. Afin qu'il entre dans les cadres de notre perception du monde habituel et familier.

Le Christ peut et doit être accueilli tel qu'Il est. Et Il peut et doit aussi être compris, tel qu'Il est. Mais il ne faut pas L'expliquer. Ni à soi-même, ni aux autres. Si, bien sûr, nous voulons être en communion avec le Christ, et non avec nos images du Christ. Et là, il apparaît que c'est plus simple pour ceux pour qui Il est étranger. Ils ne savent rien de Lui. Les siens non plus ne savent rien de Lui, mais ils pensent tout savoir. À la différence des étrangers, qui au moins ne se trompent pas au sujet de leur ignorance. Et il n'en va pas ainsi seulement avec Lui.

Il en va de même avec Dieu. Avec Son Père céleste. Ce n'est pas un hasard si Jésus prend dans l'ancienne histoire juive des exemples où les siens ne reconnaissent pas Dieu. Une non-reconnaissance qui sépare les hommes de Dieu. Et du Messie aussi. Car pour que Dieu ou le Messie commence à agir, il faut que l'homme le veuille. Et qu'il s'adresse directement à Dieu. Directement au Christ. Mais en aucun cas aux images de Dieu ou du Christ qu'il s'est inventées. Sinon le Royaume lui aussi peut se révéler irréel. Inventé. Et la vie en lui aussi.

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