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RÉFLEXIONS pour Ac 15:36

36 Quelque temps après, Paul dit à Barnabé : " Retournons donc visiter les frères dans toutes les villes où nous avons annoncé la parole du Seigneur, pour voir où ils en sont. "
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Toute l’histoire de l’Église primitive est une histoire d’apostolat. De mission. De témoignage. Les apôtres sont sans cesse en chemin. Bien sûr, cela tient à l’essence même du ministère apostolique. Dans les confréries religieuses juives des temps évangéliques, l’envoyé (c’est ainsi que se traduit le mot grec « apôtre ») devait être avant tout précisément un témoin, témoin de tels ou tels événements qui se produisaient dans telle ou telle communauté. Les confréries juives, tout comme l’Église primitive, étaient des mouvements communautaires qui avaient un conseil d’anciens, mais ni centre unique ni structure rigide. L’institution des envoyés-apôtres jouait dans ces conditions le rôle de lien entre les communautés qui composaient la confrérie, et aussi d’instrument particulier d’échange d’expérience spirituelle : car les apôtres pouvaient, entre autres, raconter des événements importants de la vie spirituelle de telle ou telle communauté.

Pour l’Église, bien entendu, l’événement principal était la résurrection du Christ ; elle rendit possible l’existence même de l’Église, et il n’est pas étonnant que la communauté des apôtres, témoins directs de cet événement et de tout ce qui s’y rattachait, soit devenue le noyau de l’Église. Sans le témoignage apostolique, la vie de l’Église primitive était impensable : c’est précisément ce témoignage de la réalité de la Résurrection qui donnait sens au christianisme et donnait espérance aux nouveaux venus. Le témoignage de Paul avait une importance particulière : il avait en effet rencontré le Christ ressuscité après la Pentecôte ; il s’était converti en s’appuyant non sur le témoignage d’autrui, mais sur sa propre expérience.

Cela signifiait que les rencontres avec le Christ n’étaient pas restées dans le passé, qu’elles n’appartenaient pas seulement à ces quarante jours qui séparent la Résurrection de l’Ascension, qu’elles faisaient partie de l’histoire chrétienne, de l’histoire de l’Église, de l’histoire du Royaume entrant dans le monde. Mais il y avait encore dans le témoignage apostolique quelque chose qui ne pouvait exister dans l’apostolat traditionnel. C’est le Royaume lui-même, que le chrétien, s’il est chrétien non seulement en paroles, porte toujours avec lui. C’est cela le principal témoignage chrétien.

Autrement, il ne sera pas possible de témoigner du Christ et du Royaume ; les paroles seules ne suffisent pas ici. Et si le chrétien témoigne du Royaume qu’il porte avec lui, alors, par lui, le Royaume se répand dans le monde et le saisit toujours davantage. C’est en cela que consiste la tâche principale de l’Église : demeurer dans le monde en lui portant le Royaume. Quant à la parole sur le Christ et sur le Royaume, elle n’est qu’un complément de l’essentiel. Un complément important, mais non absolument nécessaire : là où se manifeste la puissance du Royaume et où souffle son haleine, les paroles ne sont pas tellement nécessaires.

Autres réflexions

 
Pour Ac 15:36-16:10
36 Quelque temps après, Paul dit à Barnabé : " Retournons donc visiter les frères dans toutes les villes où nous avons annoncé la parole du Seigneur, pour voir où ils en sont. "
37 Mais Barnabé voulait emmener aussi Jean, surnommé Marc;
38 Paul, lui, n'était pas d'avis d'emmener celui qui les avait abandonnés en Pamphylie et n'avait pas été à l'œuvre avec eux.
39 On s'échauffa, et l'on finit par se séparer. Barnabé prit Marc avec lui et s'embarqua pour Chypre.
40 De son côté, Paul fit choix de Silas et partit, après avoir été confié par les frères à la grâce de Dieu.
41 Il traversa la Syrie et la Cilicie, où il affermit les Églises.
Il gagna ensuite Derbé, puis Lystres. Il y avait là un disciple nommé Timothée, fils d'une Juive devenue croyante, mais d'un père grec.
Les frères de Lystres et d'Iconium lui rendaient un bon témoignage.
Paul décida de l'emmener avec lui. Il le prit donc et le circoncit, à cause des Juifs qui se trouvaient dans ces parages; car tout le monde savait que son père était grec.
Dans les villes où il passaient, ils transmettaient, en recommandant de les observer, les décrets portés par les apôtres et les anciens de Jérusalem.
Ainsi les Églises s'affermissaient dans la foi et croissaient en nombre de jour en jour.
Ils parcoururent la Phrygie et le territoire galate, le Saint Esprit les ayant empêchés d'annoncer la parole en Asie.
Parvenus aux confins de la Mysie, ils tentèrent d'entrer en Bithynie, mais l'Esprit de Jésus ne le leur permit pas.
Ils traversèrent donc la Mysie et descendirent à Troas.
Or, pendant la nuit, Paul eut une vision : un Macédonien était là, debout, qui lui adressait cette prière : " Passe en Macédoine, viens à notre secours ! "
10 Aussitôt après cette vision, nous cherchâmes à partir pour la Macédoine, persuadés que Dieu nous appelait à y porter la Bonne Nouvelle.
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Le désaccord sur la question d'emmener ou non Jean-Marc aurait pu conduire à une rupture. Mais nous voyons que même la séparation entre les frères s'est révélée féconde...  Lire la suite

Le désaccord sur la question d'emmener ou non Jean-Marc aurait pu conduire à une rupture. Mais nous voyons que même la séparation entre les frères s'est révélée féconde : partis dans des lieux différents, ils ont pu prêcher à un plus grand nombre de personnes. Même les disputes et les désaccords provoqués par le désordre humain, le Seigneur les tourne vers le bien, suppléant à ce que nous nous efforçons de gâter.

Il semblerait que Paul, qui rejetait le caractère obligatoire des rites de l'Ancien Testament pour les non-Juifs et qui, plus généralement, ne paraît guère partisan d'un légalisme formel, aurait pu ne pas circoncire Timothée. Il est vrai que Timothée appartient par sa mère au peuple juif ; la circoncision est donc nécessaire si Paul et Timothée doivent fréquenter les Juifs. Mais ce n'est pas seulement pour céder à l'opinion publique que Paul, comme il peut sembler, s'écarte de ses propres principes. Les actes de Paul ont une double dimension : il est impossible d'exercer un libre choix en détruisant la loi et, inversement, des règles claires peuvent servir d'appui à une action libre.

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Pour Ac 15:36-16:15
36 Quelque temps après, Paul dit à Barnabé : " Retournons donc visiter les frères dans toutes les villes où nous avons annoncé la parole du Seigneur, pour voir où ils en sont. "
37 Mais Barnabé voulait emmener aussi Jean, surnommé Marc;
38 Paul, lui, n'était pas d'avis d'emmener celui qui les avait abandonnés en Pamphylie et n'avait pas été à l'œuvre avec eux.
39 On s'échauffa, et l'on finit par se séparer. Barnabé prit Marc avec lui et s'embarqua pour Chypre.
40 De son côté, Paul fit choix de Silas et partit, après avoir été confié par les frères à la grâce de Dieu.
41 Il traversa la Syrie et la Cilicie, où il affermit les Églises.
Il gagna ensuite Derbé, puis Lystres. Il y avait là un disciple nommé Timothée, fils d'une Juive devenue croyante, mais d'un père grec.
Les frères de Lystres et d'Iconium lui rendaient un bon témoignage.
Paul décida de l'emmener avec lui. Il le prit donc et le circoncit, à cause des Juifs qui se trouvaient dans ces parages; car tout le monde savait que son père était grec.
Dans les villes où il passaient, ils transmettaient, en recommandant de les observer, les décrets portés par les apôtres et les anciens de Jérusalem.
Ainsi les Églises s'affermissaient dans la foi et croissaient en nombre de jour en jour.
Ils parcoururent la Phrygie et le territoire galate, le Saint Esprit les ayant empêchés d'annoncer la parole en Asie.
Parvenus aux confins de la Mysie, ils tentèrent d'entrer en Bithynie, mais l'Esprit de Jésus ne le leur permit pas.
Ils traversèrent donc la Mysie et descendirent à Troas.
Or, pendant la nuit, Paul eut une vision : un Macédonien était là, debout, qui lui adressait cette prière : " Passe en Macédoine, viens à notre secours ! "
10 Aussitôt après cette vision, nous cherchâmes à partir pour la Macédoine, persuadés que Dieu nous appelait à y porter la Bonne Nouvelle.
11 Embarqués à Troas, nous cinglâmes droit sur Samothrace, et le lendemain sur Néapolis,
12 d'où nous gagnâmes Philippes, cité de premier rang de ce district de Macédoine et colonie. Nous passâmes quelques jours dans cette ville,
13 puis, le jour du sabbat, nous nous rendîmes en dehors de la porte, sur les bords de la rivière, où l'on avait l'habitude de faire la prière. Nous étant assis, nous adressâmes la parole aux femmes qui s'étaient réunies.
14 L'une d'elles, nommée Lydie, nous écoutait; c'était une négociante en pourpre, de la ville de Thyatire; elle adorait Dieu. Le Seigneur lui ouvrit le cœur, de sorte qu'elle s'attacha aux paroles de Paul.
15 Après avoir été baptisée ainsi que les siens, elle nous fit cette prière : " Si vous me tenez pour une fidèle du Seigneur, venez demeurer dans ma maison. " Et elle nous y contraignit.
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Sur quoi nous orientons-nous lorsque nous réfléchissons à ce qu'une personne doit ou ne doit pas faire pour être sauvée...  Lire la suite

Sur quoi nous orientons-nous lorsque nous réfléchissons à ce qu'une personne doit ou ne doit pas faire pour être sauvée, ou lorsque nous discutons de l'organisation de l'Église, lorsque nous nous posons des questions comme: «comment croire et en quoi?», «quelle décision sera agréable à Dieu?», «qu'attend-Il personnellement de moi»?

D'habitude, nous nous rappelons telle ou telle parole de l'Écriture, des règles ecclésiales, de l'expérience d'autres personnes. Au pire, nous agissons comme bon nous semble. Mais le livre des Actes nous ouvre un exemple étonnant de foi apostolique, lorsque l'Esprit Saint leur donne clairement de voir comment agir et où aller. C'est pourquoi Luc peut dire si simplement: «l'Esprit ne les laissa pas aller là-bas»...

Il ne reste qu'une question: si l'expérience des apôtres diffère fortement de la nôtre, que nous donne-t-elle: un motif d'abattement et de désespoir, ou un motif de supplication pour recevoir l'Esprit?

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Pour Ac 15:35-41
35 Paul et Barnabé toutefois demeurèrent à Antioche où, avec beaucoup d'autres, ils enseignaient et annonçaient la Bonne Nouvelle, la parole du Seigneur. Paul se sépare de Barnabé et s'adjoint Silas.
36 Quelque temps après, Paul dit à Barnabé : " Retournons donc visiter les frères dans toutes les villes où nous avons annoncé la parole du Seigneur, pour voir où ils en sont. "
37 Mais Barnabé voulait emmener aussi Jean, surnommé Marc;
38 Paul, lui, n'était pas d'avis d'emmener celui qui les avait abandonnés en Pamphylie et n'avait pas été à l'œuvre avec eux.
39 On s'échauffa, et l'on finit par se séparer. Barnabé prit Marc avec lui et s'embarqua pour Chypre.
40 De son côté, Paul fit choix de Silas et partit, après avoir été confié par les frères à la grâce de Dieu.
41 Il traversa la Syrie et la Cilicie, où il affermit les Églises.
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Il est à sa manière très consolant de constater que les apôtres étaient eux aussi, semble-t-il, des êtres vivants. Bien que le Seigneur ait fait d'eux ses grands serviteurs, ils savaient apparemment eux aussi se tromper, se quereller et parfois...  Lire la suite

Il est à sa manière très consolant de constater que les apôtres étaient eux aussi, semble-t-il, des êtres vivants. Bien que le Seigneur ait fait d'eux ses grands serviteurs, ils savaient apparemment eux aussi se tromper, se quereller et parfois ne pas s'entendre entre eux.

Paul et Barnabé, deux hommes conduits par l'Esprit, ne parviennent pourtant pas à s'accorder pour savoir s'il faut donner une seconde chance à un jeune disciple qui, une fois, n'a pas répondu à leurs attentes. Leurs opinions diffèrent tellement qu'ils partent chacun de leur côté, et Paul choisit un autre compagnon. Il est même un peu triste de comprendre que, chez eux aussi, tout pouvait se passer « humainement »...

Mais ensuite tout reviendra tout de même là où il faut. Le fait que Paul et Marc finiront par se réconcilier est attesté au moins par ceci: ils seront même ensemble dans la même prison (voir Col 4:10).

Pour nous, cette histoire est extrêmement instructive. D'un côté, elle nous aide à comprendre que tout n'est pas aussi mauvais chez nous que cela pourrait l'être: les saints aussi ont péché. De l'autre, elle nous rappelle que nous avons encore à grandir, car ces hommes imparfaits sont pourtant devenus saints.

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