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RÉFLEXIONS pour Lc 20:9-18

Il se mit alors à dire au peuple la parabole que voici : " Un homme planta une vigne, puis il la loua à des vignerons et partit en voyage pour un temps assez long.
10 " Le moment venu, il envoya un serviteur aux vignerons pour qu'ils lui donnent une part du fruit de la vigne ; mais les vignerons le renvoyèrent les mains vides, après l'avoir battu.
11 Il recommença, envoyant un autre serviteur; et celui-là aussi, ils le battirent, le couvrirent d'outrages et le renvoyèrent les mains vides.
12 Il recommença, envoyant un troisième; et celui-là aussi, ils le blessèrent et le jetèrent dehors.
13 Le maître de la vigne se dit alors : "Que faire ? je vais envoyer mon fils bien-aimé ; peut-être respecteront-ils celui-là. "
14 Mais, à sa vue, les vignerons faisaient entre eux ce raisonnement : "Celui-ci est l'héritier ; tuons-le, pour que l'héritage soit à nous. "
15 Et, le jetant hors de la vigne, ils le tuèrent. " Que leur fera donc le maître de la vigne ?
16 Il viendra, fera périr ces vignerons et donnera la vigne à d'autres. " A ces mots, ils dirent : " A Dieu ne plaise ! "
17 Mais, fixant sur eux son regard, il dit : " Que signifie donc ceci qui est écrit : La pierre qu'avaient rejetée les bâtisseurs, c'est elle qui est devenue pierre de faîte ?
18 Quiconque tombera sur cette pierre s'y fracassera, et celui sur qui elle tombera, elle l'écrasera. "
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La parabole de la vigne, comme toutes les paraboles de ce genre, concerne avant tout le peuple de Dieu : car c'est précisément lui qui, dans la tradition prophétique, est habituellement appelé symboliquement la vigne. Dans un tel contexte, le sens de la parabole devient tout à fait compréhensible, et tous ceux qui écoutent Jésus le comprennent sans exception. Bien plus : ceux que ce qui était dit concernait directement comprirent parfaitement que cela les concernait précisément eux ; le cri « que cela n'arrive pas ! » en est la meilleure preuve.

La réponse du Sauveur à ce « que cela n'arrive pas ! » est elle aussi assez univoque : Il rappelle à ceux qui L'écoutent la pierre angulaire. L'image de la pierre angulaire apparaît constamment dans les paraboles de Jésus, et son sens tient à ce que ces pierres, utilisées lors de la construction d'une maison comme éléments d'angle de la fondation en bandes, ne convenaient à rien d'autre qu'à l'usage auquel elles étaient destinées. Il ne fait aucun doute qu'en parlant de la pierre angulaire, Jésus pense à Lui-même, faisant ainsi de Ses auditeurs les personnages de la parabole qu'Il a racontée. Manifestement, Il veut faire comprendre à ceux qui L'écoutent que chacun d'eux se trouve devant un choix auquel on ne peut se soustraire.

Beaucoup, sans doute, auraient voulu que Jésus soit l'un parmi beaucoup d'autres, prophètes, prédicateurs, maîtres de la Torah, bref, qu'Il soit un homme ordinaire. Alors on aurait pu L'écouter sans vraiment Lui prêter attention, et L'accepter sans L'accepter, comme nous le faisons toujours lorsque, dans notre âme, nous ne sommes pas d'accord avec celui qui parle. Dans ce cas, une acceptation polie et formelle ne signifie rien de plus que l'accord avec le droit de l'interlocuteur à sa propre opinion, à un point de vue différent du nôtre, dont au fond nous n'avons parfois aucun souci. Mais celui qui avance ce point de vue doit alors reconnaître notre droit à notre propre compréhension de la vérité, différente de celle qu'il propose. Il doit admettre ce qu'on appelle aujourd'hui le pluralisme, reconnaître la relativité de toute vérité et de toute opinion, y compris la sienne propre, et alors on lui permettra à son tour de s'exprimer, comme à tous les autres.

Si Jésus avait accepté de telles règles du jeu, Il n'aurait peut-être pas eu à mourir sur la croix. Mais c'est précisément là le point : Il ne pouvait en aucune manière les accepter, non parce qu'Il Lui fallait absolument prouver quelque chose à quelqu'un et gagner toutes les disputes dans lesquelles Ses auditeurs L'entraînaient, mais parce que l'acceptation de telles règles serait devenue pour Lui un faux témoignage et l'effondrement de Sa mission.

Car Il a apporté dans le monde le Royaume et a manifesté au monde la plénitude de Dieu, et ce n'était déjà plus simplement une opinion parmi beaucoup d'autres, ni même une révélation parmi beaucoup d'autres : Il a réellement manifesté au monde toute la plénitude de la vérité et toute la plénitude de la révélation. Tous les grands sages et prophètes venus avant Lui posaient des questions et exprimaient des opinions ; Lui ne posait pas de questions, Il y répondait, et Il est Lui-même devenu la réponse à toutes les questions possibles. Et on ne pouvait L'accueillir qu'en cette qualité : toute autre attitude envers Lui aurait été duplicité.

Bien sûr, si l'homme ne comprend réellement pas Qui se tient devant lui, la situation peut encore être réparée : ce qui n'est pas compris aujourd'hui peut l'être demain. Mais s'il s'agit d'un refus d'accueillir l'évidence, d'un refus de renoncer à son propre droit à l'opinion devant la Vérité vivante, la situation est sans issue : car la Vérité ne peut cesser d'être la vérité, quoi que quelqu'un puisse désirer. Il reste soit à L'accueillir, soit à Le rejeter. Soit considérer cet étrange Maître comme Celui qu'Il Se considère Lui-même être, soit Le traiter, au mieux, comme un fou, et au pire comme un apostat conscient et un blasphémateur qui prétend à ce à quoi aucun homme ne peut prétendre. Il fallait choisir : il n'y avait pas de troisième voie.

Autres réflexions

 
Pour Lc 20:9-18
Il se mit alors à dire au peuple la parabole que voici : " Un homme planta une vigne, puis il la loua à des vignerons et partit en voyage pour un temps assez long.
10 " Le moment venu, il envoya un serviteur aux vignerons pour qu'ils lui donnent une part du fruit de la vigne ; mais les vignerons le renvoyèrent les mains vides, après l'avoir battu.
11 Il recommença, envoyant un autre serviteur; et celui-là aussi, ils le battirent, le couvrirent d'outrages et le renvoyèrent les mains vides.
12 Il recommença, envoyant un troisième; et celui-là aussi, ils le blessèrent et le jetèrent dehors.
13 Le maître de la vigne se dit alors : "Que faire ? je vais envoyer mon fils bien-aimé ; peut-être respecteront-ils celui-là. "
14 Mais, à sa vue, les vignerons faisaient entre eux ce raisonnement : "Celui-ci est l'héritier ; tuons-le, pour que l'héritage soit à nous. "
15 Et, le jetant hors de la vigne, ils le tuèrent. " Que leur fera donc le maître de la vigne ?
16 Il viendra, fera périr ces vignerons et donnera la vigne à d'autres. " A ces mots, ils dirent : " A Dieu ne plaise ! "
17 Mais, fixant sur eux son regard, il dit : " Que signifie donc ceci qui est écrit : La pierre qu'avaient rejetée les bâtisseurs, c'est elle qui est devenue pierre de faîte ?
18 Quiconque tombera sur cette pierre s'y fracassera, et celui sur qui elle tombera, elle l'écrasera. "
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La parabole de la vigne du Seigneur est racontée pour la première fois par le prophète Isaïe à la fin du VIIIe siècle avant la naissance du Christ...  Lire la suite

La parabole de la vigne du Seigneur est racontée pour la première fois par le prophète Isaïe à la fin du VIIIe siècle avant la naissance du Christ. En y revenant à la veille de Sa Passion, le Seigneur attire l’attention sur certains détails qui font de cette parabole non seulement une image des relations d’Israël avec Dieu, mais aussi une image de la chute dans le péché en général. « Tuons-le, et l’héritage sera à nous » : ces paroles pourraient devenir le sombre mot d’ordre de toute l’humanité dans son opposition à Dieu. Mais le Seigneur parle tout d’abord des grands prêtres et des scribes, des chefs du peuple. Ils considèrent le peuple de Dieu comme leur domaine propre, qui leur serait donné « pour les nourrir », comme on disait dans l’ancienne Russie. L’absurdité de la situation tient aussi au fait que les vignerons de la parabole tentent de faire comme si le véritable Propriétaire n’existait pas, comme si Dieu ne voyait pas leurs actes. Mais Dieu ne disparaît pas parce que certains hommes voudraient se débarrasser de Lui. Ainsi, pour les grands prêtres, le Seigneur qu’ils ont rejeté devient la pierre angulaire sans laquelle s’effondre tout l’édifice de la religion juive construit au fil des siècles.

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Pour Lc 20:1-26
Et il advint, un jour qu'il enseignait le peuple dans le Temple, et annonçait la Bonne Nouvelle, que les grands prêtres et les scribes survinrent avec les anciens,
et lui parlèrent en ces termes : " Dis-nous par quelle autorité tu fais cela, ou quel est celui qui t'a donné cette autorité ? "
Il leur répondit : " Moi aussi, je vais vous poser une question. Dites-moi donc :
le baptême de Jean était-il du Ciel ou des hommes ? "
Mais ils firent par-devers eux ce calcul : " Si nous disons : "Du Ciel", il dira : "Pourquoi n'avez-vous pas cru en lui ?"
Et si nous disons : "Des hommes", tout le peuple nous lapidera, car il est persuadé que Jean est un prophète. "
Et ils répondirent ne pas savoir d'où il était.
Et Jésus leur dit : " Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais cela. "
Il se mit alors à dire au peuple la parabole que voici : " Un homme planta une vigne, puis il la loua à des vignerons et partit en voyage pour un temps assez long.
10 " Le moment venu, il envoya un serviteur aux vignerons pour qu'ils lui donnent une part du fruit de la vigne ; mais les vignerons le renvoyèrent les mains vides, après l'avoir battu.
11 Il recommença, envoyant un autre serviteur; et celui-là aussi, ils le battirent, le couvrirent d'outrages et le renvoyèrent les mains vides.
12 Il recommença, envoyant un troisième; et celui-là aussi, ils le blessèrent et le jetèrent dehors.
13 Le maître de la vigne se dit alors : "Que faire ? je vais envoyer mon fils bien-aimé ; peut-être respecteront-ils celui-là. "
14 Mais, à sa vue, les vignerons faisaient entre eux ce raisonnement : "Celui-ci est l'héritier ; tuons-le, pour que l'héritage soit à nous. "
15 Et, le jetant hors de la vigne, ils le tuèrent. " Que leur fera donc le maître de la vigne ?
16 Il viendra, fera périr ces vignerons et donnera la vigne à d'autres. " A ces mots, ils dirent : " A Dieu ne plaise ! "
17 Mais, fixant sur eux son regard, il dit : " Que signifie donc ceci qui est écrit : La pierre qu'avaient rejetée les bâtisseurs, c'est elle qui est devenue pierre de faîte ?
18 Quiconque tombera sur cette pierre s'y fracassera, et celui sur qui elle tombera, elle l'écrasera. "
19 Les scribes et les grands prêtres cherchèrent à porter les mains sur lui à cette heure même, mais ils eurent peur du peuple. Ils avaient bien compris, en effet, que c'était pour eux qu'il avait dit cette parabole.
20 Ils se mirent alors aux aguets et lui envoyèrent des espions, qui jouèrent les justes pour le prendre en défaut sur quelque parole, de manière à le livrer à l'autorité et au pouvoir du gouverneur.
21 Ils l'interrogèrent donc en disant : " Maître, nous savons que tu parles et enseignes avec droiture et que tu ne tiens pas compte des personnes, mais que tu enseignes en toute vérité la voie de Dieu.
22 Nous est-il permis ou non de payer le tribut à César ? "
23 Mais, pénétrant leur astuce, il leur dit:
24 " Montrez-moi un denier. De qui porte-t-il l'effigie et l'inscription ? " Ils dirent : " De César ".
25 Alors il leur dit : " Eh bien ! rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. "
26 Et ils ne purent le prendre en défaut sur quelque propos devant le peuple et, tout étonnés de sa réponse, ils gardèrent le silence.
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Tel est le destin difficile de la révélation chrétienne : tous ceux qui pouvaient en tirer quelque chose pour eux-mêmes ont sans cesse tenté de l'utiliser à leurs propres fins...  Lire la suite

Tel est le destin difficile de la révélation chrétienne : tous ceux qui pouvaient en tirer quelque chose pour eux-mêmes ont sans cesse tenté de l'utiliser à leurs propres fins. Mais sa véritable divinité tient précisément à ce que ces tentatives n'ont jamais réussi jusqu'au bout et que, tôt ou tard, elles ont échoué.

Tel est aussi le destin de ceux qui essaient de présenter la Bonne Nouvelle chrétienne comme un manuel de révolution, et le Christ comme le principal révolutionnaire de tous les temps et de tous les peuples. De telles tentatives ont été entreprises plus d'une fois dans l'histoire de la culture européenne. Pourtant, c'est précisément à elles que l'on peut opposer les paroles de la lecture évangélique d'aujourd'hui : « rendez à César ce qui est à César ». C'est sans doute de ces paroles que s'inspiraient les apôtres Paul et Pierre lorsqu'ils disaient au peuple de Dieu les paroles suivantes. « Soyez donc soumis, à cause du Seigneur, à toute institution humaine, soit au roi comme souverain, soit aux gouverneurs » (1 P 2:13). « Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures ; car il n'y a pas d'autorité qui ne vienne de Dieu, et celles qui existent ont été établies par Dieu » (Rm 13:1).

Dans un seul cas la soumission aux autorités est impossible : lorsque le pouvoir s'attribue des prérogatives divines ; ce qui est à Dieu ne peut être donné qu'à Dieu. C'est précisément pourquoi les premiers chrétiens sont allés, d'un côté, contre les paroles de Pierre et de Paul ; mais, d'un autre côté, si l'on regarde plus profondément les trois citations mentionnées ici, on comprend qu'ils suivaient le seul chemin juste.

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Pour Lc 20:1-18
Et il advint, un jour qu'il enseignait le peuple dans le Temple, et annonçait la Bonne Nouvelle, que les grands prêtres et les scribes survinrent avec les anciens,
et lui parlèrent en ces termes : " Dis-nous par quelle autorité tu fais cela, ou quel est celui qui t'a donné cette autorité ? "
Il leur répondit : " Moi aussi, je vais vous poser une question. Dites-moi donc :
le baptême de Jean était-il du Ciel ou des hommes ? "
Mais ils firent par-devers eux ce calcul : " Si nous disons : "Du Ciel", il dira : "Pourquoi n'avez-vous pas cru en lui ?"
Et si nous disons : "Des hommes", tout le peuple nous lapidera, car il est persuadé que Jean est un prophète. "
Et ils répondirent ne pas savoir d'où il était.
Et Jésus leur dit : " Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais cela. "
Il se mit alors à dire au peuple la parabole que voici : " Un homme planta une vigne, puis il la loua à des vignerons et partit en voyage pour un temps assez long.
10 " Le moment venu, il envoya un serviteur aux vignerons pour qu'ils lui donnent une part du fruit de la vigne ; mais les vignerons le renvoyèrent les mains vides, après l'avoir battu.
11 Il recommença, envoyant un autre serviteur; et celui-là aussi, ils le battirent, le couvrirent d'outrages et le renvoyèrent les mains vides.
12 Il recommença, envoyant un troisième; et celui-là aussi, ils le blessèrent et le jetèrent dehors.
13 Le maître de la vigne se dit alors : "Que faire ? je vais envoyer mon fils bien-aimé ; peut-être respecteront-ils celui-là. "
14 Mais, à sa vue, les vignerons faisaient entre eux ce raisonnement : "Celui-ci est l'héritier ; tuons-le, pour que l'héritage soit à nous. "
15 Et, le jetant hors de la vigne, ils le tuèrent. " Que leur fera donc le maître de la vigne ?
16 Il viendra, fera périr ces vignerons et donnera la vigne à d'autres. " A ces mots, ils dirent : " A Dieu ne plaise ! "
17 Mais, fixant sur eux son regard, il dit : " Que signifie donc ceci qui est écrit : La pierre qu'avaient rejetée les bâtisseurs, c'est elle qui est devenue pierre de faîte ?
18 Quiconque tombera sur cette pierre s'y fracassera, et celui sur qui elle tombera, elle l'écrasera. "
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Il y a une sorte de fatalisme dans la parabole des vignerons : les grands prêtres doivent tuer le Fils envoyé, tout comme...  Lire la suite

Il y a une sorte de fatalisme dans la parabole des vignerons : les grands prêtres doivent tuer le Fils envoyé, tout comme leurs ancêtres tuaient et persécutaient les prophètes. Mais il existe une issue à ce cercle fatal, car tout auditeur d’une parabole peut s’identifier à tel ou tel personnage et voir comment il lui faut agir pour suivre le chemin qu’il a choisi. En ce sens, chacun de nous choisit librement son propre chemin, tandis que la parabole ne fait que lui indiquer les alternatives existantes et le moyen de sortir de la situation. Ici aussi, la question est posée sans détour : les grands prêtres peuvent soit s’identifier à ceux qui tuaient et persécutaient les prophètes, soit ne pas le faire et obtenir la possibilité de reconnaître librement en Jésus l’Oint, le Christ. Mais ils préfèrent ne pas prendre de risques et simplement écarter Jésus, qui les a offensés. Si seulement nous savions utiliser les paraboles conformément à leur but et y voir non pas le constat d’une tragédie à venir, mais un défi, une occasion de plus de choisir...

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