29 Et aussitôt, sortant de la synagogue, il vint dans la maison de Simon et d'André, avec Jacques et Jean. |
30 Or la belle-mère de Simon était au lit avec la fièvre, et aussitôt ils lui parlent à son sujet. |
31 S'approchant, il la fit se lever en la prenant par la main. Et la fièvre la quitta, et elle les servait. |
32 Le soir venu, quand fut couché le soleil, on lui apportait tous les malades et les démoniaques, |
33 et la ville entière était rassemblée devant la porte. |
34 Et il guérit beaucoup de malades atteints de divers maux, et il chassa beaucoup de démons. Et il ne laissait pas parler les démons, parce qu'ils savaient qui il était. |
35 Le matin, bien avant le jour, il se leva, sortit et s'en alla dans un lieu désert, et là il priait. |
Il n'y a sans doute rien d'étonnant à ce que les malades et les possédés aspirent à la guérison et à la libération. Ce qui est intéressant est autre chose : comment l'évangéliste décrit précisément de tels événements. Il en raconte certains en détail, comme, par exemple, la guérison de la belle-mère de Pierre ; d'autres, il les mentionne brièvement, comme il a mentionné les nombreuses guérisons accomplies par Jésus à Capharnaüm. Bien sûr, on pourrait expliquer cette différence de manière purement littéraire : en parlant d'un événement en détail, l'évangéliste le met ainsi en relief, tandis qu'il parle en termes généraux d'événements qui deviennent une sorte d'arrière-plan pour ces épisodes particuliers. Mais dans l'Évangile, il n'y a pas de parties sans importance ou de peu de sens ; même l'arrière-plan y est important. Et ce qui frappe d'abord le regard dans les descriptions de tels événements de fond, c'est la masse, la foule, la multitude.
Il est tout à fait possible que toutes ces guérisons ne se soient pas produites en un seul moment, que la brève mention d'une multitude de guérisons n'ait été brève que dans la description de l'évangéliste, alors qu'en réalité les guérisons décrites ont occupé plus d'un jour. Mais même s'il en est ainsi, la différence dans la description des événements reste évidente : d'un côté, un événement unique ; de l'autre, quelque chose de massif, où l'on ne distingue pas la personne particulière.
Et peut-être ne s'agit-il pas seulement ici de composition littéraire ? Peut-être s'agit-il de la nature même du Royaume ? Du Royaume où il n'y a pas de place pour les maladies ni pour la possession, et où par conséquent chacun qu'il touche est délivré de l'une comme de l'autre, pourvu qu'il ait ne serait-ce qu'une goutte de confiance en Celui qui a apporté ce Royaume dans le monde. Mais la délivrance de la maladie n'est que le premier pas ; ensuite commence la vie, cette vie nouvelle dans le Royaume où rien ne se produit plus tout seul, où il faut servir pour que cette vie devienne, pour celui qui y participe, non seulement une donnée extérieure, mais aussi le contenu intérieur et le sens de sa propre existence.
Et c'est déjà un processus strictement individuel et profondément personnel : car il ne suffit pas simplement d'entrer en contact avec le Royaume ; il faut ici un processus spirituel qui ne peut se produire sans la participation consciente et délibérée de la personne elle-même. Et s'il y a toujours beaucoup de gens qui désirent être guéris et libérés du pouvoir des forces ténébreuses, ceux qui font des efforts pour avancer sur le chemin spirituel sont, en règle générale, nettement moins nombreux.
C'est sans doute pourquoi il n'y a pas tant de chrétiens parmi ceux que Jésus a guéris. Car la guérison n'est que le commencement. Un commencement qui exige une suite. Sinon, la vie du Royaume ne deviendra jamais réalité pour celui qui a été guéri.
29 Et aussitôt, sortant de la synagogue, il vint dans la maison de Simon et d'André, avec Jacques et Jean. |
30 Or la belle-mère de Simon était au lit avec la fièvre, et aussitôt ils lui parlent à son sujet. |
31 S'approchant, il la fit se lever en la prenant par la main. Et la fièvre la quitta, et elle les servait. |
32 Le soir venu, quand fut couché le soleil, on lui apportait tous les malades et les démoniaques, |
33 et la ville entière était rassemblée devant la porte. |
34 Et il guérit beaucoup de malades atteints de divers maux, et il chassa beaucoup de démons. Et il ne laissait pas parler les démons, parce qu'ils savaient qui il était. |
35 Le matin, bien avant le jour, il se leva, sortit et s'en alla dans un lieu désert, et là il priait. |
36 Simon et ses compagnons le poursuivirent |
37 et, l'ayant trouvé, ils lui disent : " Tout le monde te cherche. " |
38 Il leur dit : " Allons ailleurs, dans les bourgs voisins, afin que j'y prêche aussi, car c'est pour cela que je suis sorti. " |
39 Et il s'en alla à travers toute la Galilée, prêchant dans leurs synagogues et chassant les démons. |
Le bref texte de la lecture évangélique est le résumé de ce dont Dieu s'occupe en premier lieu lorsqu'Il vient vers les hommes. La prière, la prédication, le secours immédiat et rapide en tout. Les malades, les infirmes, les possédés, tous viennent à Jésus pour être libérés. La ville se rassemble devant la maison où Il demeure, parce que cette rencontre donne la guérison, le recouvrement de l'intégrité perdue. On ne peut l'obtenir d'aucune autre manière.
Que se passe-t-il donc après le retour de la santé, de la raison saine, d'une vie nouvelle? Comment les gens se comportent-ils lorsqu'ils reçoivent ce qu'ils désiraient le plus? L'un s'en va, un autre reste pour observer ce qui se passe, un autre encore Le suit pas à pas. Et la belle-mère de Pierre se met aussitôt à servir Celui qui est entré dans sa maison et qui, en la touchant, l'a guérie.
35 Le matin, bien avant le jour, il se leva, sortit et s'en alla dans un lieu désert, et là il priait. |
36 Simon et ses compagnons le poursuivirent |
37 et, l'ayant trouvé, ils lui disent : " Tout le monde te cherche. " |
38 Il leur dit : " Allons ailleurs, dans les bourgs voisins, afin que j'y prêche aussi, car c'est pour cela que je suis sorti. " |
39 Et il s'en alla à travers toute la Galilée, prêchant dans leurs synagogues et chassant les démons. |
40 Un lépreux vient à lui, le supplie et, s'agenouillant, lui dit : " Si tu le veux, tu peux me purifier. " |
41 Ému de compassion, il étendit la main, le toucha et lui dit : " Je le veux, sois purifié. " |
42 Et aussitôt la lèpre le quitta et il fut purifié. |
43 Et le rudoyant, il le chassa aussitôt, |
44 et lui dit : " Garde-toi de rien dire à personne ; mais va te montrer au prêtre et offre pour ta purification ce qu'a prescrit Moïse : ce leur sera une attestation. " |
Dans l'Antiquité, la lèpre était considérée comme une maladie terrible, incurable et très contagieuse. Le lépreux devenait un exclu ; il était impur et n'avait pas le droit d'entrer dans les villes et les villages. Même sur la route, il devait signaler sa présence, afin de ne pas toucher par hasard une personne, ni même un objet. Tout ce que touchait le lépreux devenait également impur. Et voici qu'un tel homme vient à Jésus et tombe à genoux devant Lui. « Si Tu veux, Tu peux me purifier », dit-il.
Cet homme avait sans doute rencontré bien des fois des gens qui précisément ne voulaient pas avoir affaire à lui, ne voulaient pas seulement lui parler, mais même se trouver près de lui. C'est pourquoi le geste du Christ paraît si bouleversant. Il aurait pu simplement dire : « Je le veux, sois purifié ». Mais, en plus de Sa volonté de guérir, Il manifeste aussi Sa miséricorde. Comme l'écrit l'évangéliste, « pris de compassion » (« ému de miséricorde » dans la traduction synodale), le Christ étendit la main et toucha le lépreux. Celui qu'aucune main humaine n'avait touché depuis de nombreuses années ! La miséricorde du Christ se trouve dirigée non seulement vers la chair, mais aussi vers le cœur de cet homme.
Et pourtant le Seigneur n'abolit ni ne viole la loi de Moïse, comme Lui-même l'a dit plus d'une fois. C'est pourquoi Il ordonne sévèrement au lépreux d'accomplir tout ce que la loi prescrit à celui qui a été guéri de la lèpre. Le verbe employé par l'évangéliste, outre le sens de « parler sévèrement », a aussi celui de « gronder » et de « s'affliger ». Peut-être l'évangéliste avait-il en vue non seulement la sévérité, mais aussi une demande émue et douloureuse. Les paroles du Seigneur tiennent au fait que, si le lépreux guéri commençait à raconter le miracle, les Juifs incrédules considéreraient le Christ comme souillé, impur. L'évangéliste rapporte que c'est bien ce qui arriva, et qu'après cela le Christ ne pouvait plus entrer dans la ville.
Voilà le tableau qui se présente à nous aujourd'hui : le contact infiniment miséricordieux de Jésus et la trahison d'un homme qui n'a pas accompli une demande si simple.
35 Le matin, bien avant le jour, il se leva, sortit et s'en alla dans un lieu désert, et là il priait. |
36 Simon et ses compagnons le poursuivirent |
37 et, l'ayant trouvé, ils lui disent : " Tout le monde te cherche. " |
38 Il leur dit : " Allons ailleurs, dans les bourgs voisins, afin que j'y prêche aussi, car c'est pour cela que je suis sorti. " |
39 Et il s'en alla à travers toute la Galilée, prêchant dans leurs synagogues et chassant les démons. |
40 Un lépreux vient à lui, le supplie et, s'agenouillant, lui dit : " Si tu le veux, tu peux me purifier. " |
41 Ému de compassion, il étendit la main, le toucha et lui dit : " Je le veux, sois purifié. " |
42 Et aussitôt la lèpre le quitta et il fut purifié. |
43 Et le rudoyant, il le chassa aussitôt, |
44 et lui dit : " Garde-toi de rien dire à personne ; mais va te montrer au prêtre et offre pour ta purification ce qu'a prescrit Moïse : ce leur sera une attestation. " |
La joie humaine s'exprime parfois d'une manière étrange. Un homme qui a souffert de nombreuses années d'une maladie incurable vient vers un Prophète qu'il ne connaît pas et qu'il voit sans doute pour la première fois. Ce Prophète le guérit et lui dit: tais-toi, ne parle pas de Moi à tous les coins de rue, va faire ce que prescrit la Torah pour la purification. Et le guéri, au lieu d'accomplir ce qu'on lui avait ordonné, crie joyeusement à tous les coins de rue ce qui lui est arrivé, divulguant manifestement ce qu'on lui avait demandé de taire.
Qu'est-ce donc: du bavardage? Du mépris et un manque de respect envers Celui qui l'a guéri? À peine; ce n'est ni l'un ni l'autre. Simplement, hélas, tout ce qui est vraiment sérieux ne l'est pas pour nous. Ou plutôt: nous ne prenons au sérieux que ce qui est sérieux pour nous. Pour l'homme guéri, pendant tout le temps de sa maladie, c'était précisément la maladie qui occupait le premier plan. Elle lui avait caché le monde entier, et on peut difficilement le lui reprocher.
Mais voilà que sa vie change: y entre Quelqu'un capable et prêt à le délivrer de la maladie, à le guérir, à le purifier. Alors quoi: toute son attention devrait-elle aller vers Lui? Sans doute aurait-elle dû: s'Il l'a délivré de la maladie, s'Il vient de Dieu, c'est Lui qu'il fallait écouter, et faire exactement tout ce qu'Il ordonne.
Pourquoi donc le guéri agit-il autrement? Peut-être précisément parce qu'il n'est pas encore vraiment guéri. Le corps est déjà sain, mais son attention reste entièrement concentrée sur la maladie qui n'existe plus, mais dont le souvenir est vivant. Et le guéri crie à tous les coins de rue, non pas au sujet de Dieu ni de Celui qui l'a guéri, mais au sujet de la maladie qui n'est plus. Il crie au point d'oublier même ce que le mystérieux Sauveur lui avait demandé.
35 Le matin, bien avant le jour, il se leva, sortit et s'en alla dans un lieu désert, et là il priait. |
36 Simon et ses compagnons le poursuivirent |
37 et, l'ayant trouvé, ils lui disent : " Tout le monde te cherche. " |
38 Il leur dit : " Allons ailleurs, dans les bourgs voisins, afin que j'y prêche aussi, car c'est pour cela que je suis sorti. " |
39 Et il s'en alla à travers toute la Galilée, prêchant dans leurs synagogues et chassant les démons. |
40 Un lépreux vient à lui, le supplie et, s'agenouillant, lui dit : " Si tu le veux, tu peux me purifier. " |
41 Ému de compassion, il étendit la main, le toucha et lui dit : " Je le veux, sois purifié. " |
42 Et aussitôt la lèpre le quitta et il fut purifié. |
43 Et le rudoyant, il le chassa aussitôt, |
44 et lui dit : " Garde-toi de rien dire à personne ; mais va te montrer au prêtre et offre pour ta purification ce qu'a prescrit Moïse : ce leur sera une attestation. " |
45 Mais lui, une fois parti, se mit à proclamer hautement et à divulguer la nouvelle, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais il se tenait dehors, dans des lieux déserts ; et l'on venait à lui de toutes parts. |
Comme on le voit, Jésus ne voulait pas toujours que la renommée des guérisons qu’Il accomplissait se répande dans toute la Palestine. Parfois Il guérit de telle manière que la guérison devient un témoignage, un témoignage pour tous ceux qui l’ont vue ; mais il arrive aussi que Jésus accomplisse une guérison comme discrètement, autant que cela est possible.
Bien plus : Il insiste sur l’observation stricte des prescriptions de la Torah. La Torah exige que celui qui a été guéri de la lèpre aille vers les prêtres, afin qu’ils attestent que la maladie est réellement passée. On dirait une précaution manifestement superflue : Jésus sait parfaitement qui Il a guéri, et Il sait aussi que la maladie a vraiment disparu. Le guéri le sait également ; lui n’a certainement pas besoin d’autres témoignages, il fait pleinement confiance à Jésus.
Il Lui fait tellement confiance qu’il est prêt à aller parler de Lui à tous, de Celui qui l’a guéri. Jésus, au contraire, l’arrête et oriente son ardeur de prédicateur vers des cadres religieux plus traditionnels et plus mesurés. Pourquoi ? Dans quel but ? La réponse la plus simple serait celle que l’on donne d’ordinaire : Jésus ne veut pas qu’on Le considère comme le Messie ; Il ne veut généralement pas pour Lui cette célébrité que les miracles et les guérisons Lui apportaient inévitablement. Au fond, pendant Son ministère terrestre, Jésus n’a jamais voulu être une figure publique ; et s’Il faisait malgré tout quelque chose qui Le rendait tel, c’était seulement là et quand il était impossible de faire autrement.
La prédication devait être publique, mais il fallait éviter autant que possible toutes les associations qui pouvaient naître dans la conscience religieuse de masse. Non seulement parce qu’elles étaient fausses, mais aussi parce qu’elles n’étaient d’aucun profit spirituel pour les gens eux-mêmes. Comme pour l’homme guéri, prêt à courir témoigner : au fond, il n’avait pas encore eu le temps de connaître Jésus, il n’avait pas encore compris ce que cet Homme avait apporté au monde. Pour l’instant, il n’a rien d’autre à attester qu’une seule guérison.
De quoi un tel homme peut-il parler ? D’un nouveau thaumaturge, célèbre parce qu’il guérit de toutes les maladies d’un seul geste de la main ? C’est vrai, mais un tel témoignage peut difficilement être considéré comme adéquat à la mission confiée à Jésus par Son Père. Mieux qu’un tel témoignage vaut encore une retenue ordinaire dans les cadres traditionnels. Au moins, elle laisse du temps pour prendre conscience et réfléchir à ce qui s’est passé, ce qu’on ne peut nullement dire d’une prédication impétueuse, émotionnelle, mais superficielle.
21 Ils pénètrent à Capharnaüm. Et aussitôt, le jour du sabbat, étant entré dans la synagogue, il enseignait. |
22 Et ils étaient frappés de son enseignement, car il les enseignait comme ayant autorité, et non pas comme les scribes. |
23 Et aussitôt il y avait dans leur synagogue un homme possédé d'un esprit impur, qui cria |
24 en disant : " Que nous veux-tu, Jésus le Nazarénien ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : le Saint de Dieu. " |
25 Et Jésus le menaça en disant : " Tais-toi et sors de lui. " |
26 Et le secouant violemment, l'esprit impur cria d'une voix forte et sortit de lui. |
27 Et ils furent tous effrayés, de sorte qu'ils se demandaient entre eux : " Qu'est cela ? Un enseignement nouveau, donné d'autorité ! Même aux esprits impurs, il commande et ils lui obéissent ! " |
28 Et sa renommée se répandit aussitôt partout, dans la région de Galilée. |
29 Et aussitôt, sortant de la synagogue, il vint dans la maison de Simon et d'André, avec Jacques et Jean. |
30 Or la belle-mère de Simon était au lit avec la fièvre, et aussitôt ils lui parlent à son sujet. |
31 S'approchant, il la fit se lever en la prenant par la main. Et la fièvre la quitta, et elle les servait. |
32 Le soir venu, quand fut couché le soleil, on lui apportait tous les malades et les démoniaques, |
33 et la ville entière était rassemblée devant la porte. |
34 Et il guérit beaucoup de malades atteints de divers maux, et il chassa beaucoup de démons. Et il ne laissait pas parler les démons, parce qu'ils savaient qui il était. |
En décrivant les événements du ministère terrestre du Sauveur, Marc se montre très réservé et avare de détails. La prédication à Capharnaüm, la guérison du possédé, la guérison de la belle-mère de Pierre se suivent l'une après l'autre, les images changent comme dans un kaléidoscope. Ce défilement d'événements est une particularité de la perception de l'auteur. Cela arrive, et cette expérience est sans doute familière, sinon à chacun, du moins à beaucoup. En règle générale, quelque chose de semblable se produit lorsqu'une personne se détache intérieurement de ce qui se passe.
Par exemple, elle vit un événement très important pour elle, dont la conséquence est un état intérieur particulier qui englobe entièrement la personne et crée autour d'elle une sorte d'enveloppe à travers laquelle elle interagit avec le monde environnant. Cette enveloppe peut être absolument transparente, mais presque toujours elle devient une sorte de lentille qui modifie la perception que la personne a de ce qui se passe à l'extérieur. Une telle enveloppe est en elle-même une structure psychique, mais son origine peut être très différente, depuis le purement physiologique jusqu'au spirituel. Tout contact avec la réalité spirituelle change la perception de l'homme, au moins pendant le temps de ce contact, et parfois pour une durée beaucoup plus longue.
Le plus souvent, le changement est lié à l'échelle et à la vitesse du cours des événements du monde extérieur : ils s'éloignent en quelque sorte, le cours du flux du temps qui les contient s'accélère, et naît ce même effet de kaléidoscope. En même temps, si l'enveloppe psychique qui assure l'effet correspondant a une origine spirituelle, si elle est liée à des processus spirituels dans lesquels la personne se trouve incluse, elle fonctionne aussi comme une sorte de filtre, faisant ressortir dans le flux rapide les événements qui ont rapport au processus spirituel ayant engendré cette enveloppe.
Du flux des événements sont ainsi dégagés ceux qui sont liés à l'état spirituel de la personne ; elle commence à voir plus distinctement ce qui correspond à son état. Une personne qui a vécu la révélation du Royaume peut ainsi voir le flux des événements du présent comme du passé, dans la mesure où celui-ci est conservé dans sa mémoire. C'est ainsi que l'évangéliste voit les événements : pour lui, la rencontre avec le Christ est devenue une révélation du Royaume, et il vit le Royaume comme une expérience de réalité qui modifie la perception des événements présents comme des événements passés, autant qu'il s'en souvient.
16 Comme il passait sur le bord de la mer de Galilée, il vit Simon et André, le frère de Simon, qui jetaient l'épervier dans la mer; car c'étaient des pêcheurs. |
17 Et Jésus leur dit : " Venez à ma suite et je vous ferai devenir pêcheurs d'hommes. " |
18 Et aussitôt, laissant les filets, ils le suivirent. |
19 Et s'avançant un peu, il vit Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère, eux aussi dans leur barque en train d'arranger les filets; |
20 et aussitôt il les appela. Et laissant leur père Zébédée dans la barque avec ses employés, ils partirent à sa suite. |
21 Ils pénètrent à Capharnaüm. Et aussitôt, le jour du sabbat, étant entré dans la synagogue, il enseignait. |
22 Et ils étaient frappés de son enseignement, car il les enseignait comme ayant autorité, et non pas comme les scribes. |
23 Et aussitôt il y avait dans leur synagogue un homme possédé d'un esprit impur, qui cria |
24 en disant : " Que nous veux-tu, Jésus le Nazarénien ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : le Saint de Dieu. " |
25 Et Jésus le menaça en disant : " Tais-toi et sors de lui. " |
26 Et le secouant violemment, l'esprit impur cria d'une voix forte et sortit de lui. |
27 Et ils furent tous effrayés, de sorte qu'ils se demandaient entre eux : " Qu'est cela ? Un enseignement nouveau, donné d'autorité ! Même aux esprits impurs, il commande et ils lui obéissent ! " |
28 Et sa renommée se répandit aussitôt partout, dans la région de Galilée. |
29 Et aussitôt, sortant de la synagogue, il vint dans la maison de Simon et d'André, avec Jacques et Jean. |
30 Or la belle-mère de Simon était au lit avec la fièvre, et aussitôt ils lui parlent à son sujet. |
31 S'approchant, il la fit se lever en la prenant par la main. Et la fièvre la quitta, et elle les servait. |
32 Le soir venu, quand fut couché le soleil, on lui apportait tous les malades et les démoniaques, |
33 et la ville entière était rassemblée devant la porte. |
34 Et il guérit beaucoup de malades atteints de divers maux, et il chassa beaucoup de démons. Et il ne laissait pas parler les démons, parce qu'ils savaient qui il était. |
35 Le matin, bien avant le jour, il se leva, sortit et s'en alla dans un lieu désert, et là il priait. |
36 Simon et ses compagnons le poursuivirent |
37 et, l'ayant trouvé, ils lui disent : " Tout le monde te cherche. " |
38 Il leur dit : " Allons ailleurs, dans les bourgs voisins, afin que j'y prêche aussi, car c'est pour cela que je suis sorti. " |
39 Et il s'en alla à travers toute la Galilée, prêchant dans leurs synagogues et chassant les démons. |
40 Un lépreux vient à lui, le supplie et, s'agenouillant, lui dit : " Si tu le veux, tu peux me purifier. " |
41 Ému de compassion, il étendit la main, le toucha et lui dit : " Je le veux, sois purifié. " |
42 Et aussitôt la lèpre le quitta et il fut purifié. |
43 Et le rudoyant, il le chassa aussitôt, |
44 et lui dit : " Garde-toi de rien dire à personne ; mais va te montrer au prêtre et offre pour ta purification ce qu'a prescrit Moïse : ce leur sera une attestation. " |
45 Mais lui, une fois parti, se mit à proclamer hautement et à divulguer la nouvelle, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais il se tenait dehors, dans des lieux déserts ; et l'on venait à lui de toutes parts. |
La lecture évangélique d'aujourd'hui est consacrée à la rencontre de Jésus avec le mal — la possession et la maladie. Le monde a été créé par Dieu avec sagesse et perfection ; il n'y avait pas de place pour la mort ni pour les maladies. Le livre de l'Apocalypse dit qu'à la fin des temps la mort et la maladie seront vaincues. Le passage d'aujourd'hui raconte le début de ce combat. Nous voyons que Jésus ne reste pas indifférent au sort des personnes qui souffrent, mais qu'il vainc la maladie et libère l'homme du pouvoir des forces obscures.
Le Royaume de Dieu et le mal sont incompatibles. Cela exclut toute apologie de la mort et de la maladie comme d'un certain bien que Dieu enverrait aux hommes pour les corriger. Dieu permet l'existence du mal comme conséquence du péché commun à l'humanité, mais il ne crée pas le mal : il le vainc. Nous aussi devons participer à cette victoire, si nous voulons être les collaborateurs du Christ. La maladie et l'absence de liberté des hommes sont aussi une tâche pour nous. Nous devons « vaincre le mal par le bien » : soulager les souffrances de nos proches, nous libérer nous-mêmes du pouvoir du péché et en libérer le monde.
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