Bible-Centre

RÉFLEXIONS pour Gn 37:3-4

Israël aimait Joseph plus que tous ses autres enfants, car il était le fils de sa vieillesse, et il lui fit faire une tunique ornée.
Ses frères virent que son père l'aimait plus que tous ses autres fils et ils le prirent en haine, devenus incapables de lui parler amicalement.
Masquer

L’envie est l’un des péchés humains les plus répandus. De même que la jalousie: elle aussi est une envie, l’envie de l’amour d’autrui. Le dixième commandement du Décalogue interdit d’envier. Et ce n’est pas par hasard, mais parce que l’envie détruit la maison. Elle est dirigée vers cette destruction. En enviant quelque chose, l’homme envie toujours la maison d’autrui: tel est le sens du dixième commandement. Rien d’étonnant à cela: la maison n’est pas seulement un logement. C’est un espace spirituel. Un espace où se construisent les relations qui unissent ceux qui vivent dans la maison. Des relations d’amour qui lient les proches. L’envieux ne le comprend pas toujours; mais s’il le comprend, sa responsabilité est d’autant plus grande.

Quand l’envie se porte sur ce qui appartient à quelqu’un, ce n’est pas encore ce qu’il y a de plus terrible. Même si cela reste mauvais. C’est mauvais parce que, refusant de construire sa propre maison, l’envieux rêve de celle d’autrui. Il veut devenir le maître de la maison en évinçant ceux qui l’ont créée. Et c’est une catastrophe spirituelle avant tout pour l’envieux lui-même: il renonce ainsi à sa propre maison. Il renonce à la responsabilité de sa vie devant Dieu. De cette vie même que Dieu lui a donnée, à lui seul, afin qu’il bâtisse lui-même sa maison.

Mais c’est encore pire si l’homme envie les relations d’autrui. L’amour d’autrui. Il ne s’agit plus seulement de la maison d’autrui, de l’espace vital d’autrui. Il s’agit de l’âme d’autrui. L’amour suppose toujours l’union des âmes. Non pas une union simplement émotionnelle ou intellectuelle, mais une union vitale. Dans la Bible, l’âme n’est pas une structure, mais un processus, un flux. Un flux de vie. Et l’amour, ce sont deux flux qui se fondent en un seul. Que ceux qu’unit l’amour orientent par leur volonté.

L’envieux s’introduit dans ce flux afin d’en changer le cours. De le réorienter vers lui-même. Indépendamment du désir de ceux qui y vivent. Par la force, la ruse, les manipulations, de n’importe quelle manière, pourvu qu’il devienne lui-même le centre. Cette envie-là est la plus terrible: elle frappe au cœur même des relations, les détruisant ou du moins essayant de les détruire.

Arrivée à son terme, l’envie peut même faire de l’envieux un meurtrier, désireux à tout prix de tirer la couverture à lui. Mais le plus terrible est qu’en même temps l’envieux détruit aussi sa propre vie spirituelle: il ne lui reste plus ni forces ni temps pour la relation avec Dieu. En tuant celui qu’il envie, il se tue lui-même. Non pas physiquement, certes, mais spirituellement. Et cette mort est plus terrible encore: elle est irréversible. Même la résurrection à la fin des temps peut devenir pour un tel meurtrier une résurrection de condamnation.

Autres réflexions

 
Pour Gn 37:3-4
Israël aimait Joseph plus que tous ses autres enfants, car il était le fils de sa vieillesse, et il lui fit faire une tunique ornée.
Ses frères virent que son père l'aimait plus que tous ses autres fils et ils le prirent en haine, devenus incapables de lui parler amicalement.
Masquer
L'amour dans le monde déchu a une propriété surprenante et à première vue tout à fait inexplicable : provoquer la haine. Cette haine peut être la réponse à l'amour, et peut-être aussi la conséquence de l'envie, comme dans le cas de Joseph et ses frères. Mais, quoi qu’il en soit, une telle réaction...  Lire la suite

L'amour dans le monde déchu a une propriété surprenante et à première vue tout à fait inexplicable : provoquer la haine. Cette haine peut être la réponse à l'amour, et peut-être aussi la conséquence de l'envie, comme dans le cas de Joseph et ses frères. Mais, quoi qu’il en soit, une telle réaction à l'amour provoque dans tous les cas l'embarras : car il n’y a rien de mauvais dans l'amour en soi, il n'apporte jamais de dommage à personne, si seulement il s’agit bien sûr notamment de l'amour, et non de ses substitutions spirituelles portant parfois le même nom de l'amour. Le vrai amour est toujours si ce n’est pas la lumière, alors c’est le reflet du Royaume, il n'est ni destructif, ni envahissant. Mais même un tel amour dans le monde déchu peut provoquer la haine envers celui qui aime, et envers celui qu’on aime.

Parfois il semble à celui qui déteste, qu'il déteste celui qu'on aime pour ce que celui-là n'a pas droit à l'amour qu’il reçoit, qu'il lui est donné de manière imméritée. En plus celui qui déteste ne comprend pas d'habitude qu’il ne peut pas avoir l'amour mérité dans notre monde gâté par la chute: personne des pécheurs ne mérite l'amour par définition. Le problème ici est avant tout dans le fait que l'amour et la haine existent simplement dans de mondes différents, vivant d'après de différentes lois. La haine est possible seulement dans notre monde délabré, et le vrai amour — seulement dans le Royaume. D'où les non jonctions de la perception : l’homme vivant dans un monde non transformé ne peut pas comprendre, comment on peut recevoir quelque chose de manière imméritée.

Il sait que dans le monde, qui lui est connu et qui pour lui est le seul, personne ne reçoit rien comme ça, il faut payer pour tout, et il arrive même à payer pour les cadeaux. Il lui est incompréhensible, comment quelqu'un peut recevoir quelque chose, sans tout à fait mérité cela, juste parce qu’on l'aime. Cela n'est pas étonnant : car dans le monde déchu même ce qui est appelé amour, ne l’est pas au fond: selon les lois de ce monde déchu il doit être «mutuel», plus exactement, mutuellement bénéfique.

L'apparition du vrai amour dans le monde déchu rend absurde toute son arithmétique et dévalorise toutes les réalisations. Ce n'est pas étonnant que la première réaction du côté de ceux qui ont atteint quelque chose dans ce monde, soit notamment la haine, plus la haine est grande, plus nombreuses sont les réalisations. Pour se débarrasser de cette haine, il faut accepter les lois du Royaume et apprendre à vivre selon elles, et non selon les lois de «ce monde». Ou … essayer se débarrasser de ceux qui aiment, et de ceux qu’on aime. Tel est le choix de chacun face au vrai amour. De même comme avec toute autre manifestation du Royaume.

Masquer
 
Pour Gn 37:3-4
Israël aimait Joseph plus que tous ses autres enfants, car il était le fils de sa vieillesse, et il lui fit faire une tunique ornée.
Ses frères virent que son père l'aimait plus que tous ses autres fils et ils le prirent en haine, devenus incapables de lui parler amicalement.
Masquer
La jalousie est un des plus terribles péchés, le plus dur aspect de l'envie. Quand nous sommes jaloux, nous reconsidérons l'amour, nous le commercialisons, nous...  Lire la suite

La jalousie est un des plus terribles péchés, le plus dur aspect de l'envie. Quand nous sommes jaloux, nous reconsidérons l'amour, nous le commercialisons, nous commençons à le réduire à un objet, dont on peut mesurer, qui peut être grand ou petit, qui peut être meilleur ou pire. Il ne faut pas comparer l'amour, il n'est jamais semblable à lui-même et il reste toujours amour. Lorsque nous jalousons le père, la mère, ou Dieu - nous nous privons de la filiale. Etant jaloux du frère ou de la sœur, nous ne voulons pas l’appeler frère ou sœur, et cela signifie que nous ne sommes plus les fils, ni les filles. Seulement l'amour envers les frères et les sœurs amène au Père.

Masquer
 
Pour Gn 37:3-4
Israël aimait Joseph plus que tous ses autres enfants, car il était le fils de sa vieillesse, et il lui fit faire une tunique ornée.
Ses frères virent que son père l'aimait plus que tous ses autres fils et ils le prirent en haine, devenus incapables de lui parler amicalement.
Masquer
La jalousie est l’un des péchés les plus terribles, la forme la plus grave de l’envie. Lorsque nous sommes jaloux, nous nous mettons à calculer...  Lire la suite

La jalousie est l’un des péchés les plus terribles, la forme la plus grave de l’envie. Lorsque nous sommes jaloux, nous nous mettons à calculer l’amour, à le marchander, à le traiter comme un objet mesurable, dont il pourrait y avoir plus ou moins et qui pourrait être meilleur ou pire. L’amour ne se compare pas ; il ne se ressemble jamais tout à fait et demeure toujours l’amour. Lorsque nous sommes jaloux de notre père, de notre mère ou de Dieu, nous nous privons de notre condition d’enfants. Lorsque nous sommes jaloux d’un frère ou d’une sœur, nous refusons de l’appeler notre frère ou notre sœur ; cela signifie que nous-mêmes ne sommes plus fils ni filles. Seul l’amour des frères et des sœurs conduit au Père.

Masquer
 
Pour Gn 37:2-36
Voici l'histoire de Jacob. Joseph avait dix-sept ans. Il gardait le petit bétail avec ses frères, - il était jeune, - avec le fils de Bilha et les fils de Zilpa, femmes de son père, et Joseph rapporta à leur père le mal qu'on disait d'eux.
Israël aimait Joseph plus que tous ses autres enfants, car il était le fils de sa vieillesse, et il lui fit faire une tunique ornée.
Ses frères virent que son père l'aimait plus que tous ses autres fils et ils le prirent en haine, devenus incapables de lui parler amicalement.
Or Joseph eut un songe et il en fit part à ses frères qui le haïrent encore plus.
Il leur dit : Écoutez le rêve que j'ai fait :
il me paraissait que nous étions à lier des gerbes dans les champs, et voici que ma gerbe se dressa et qu'elle se tint debout, et vos gerbes l'entourèrent et elles se prosternèrent devant ma gerbe.
Ses frères lui répondirent : Voudrais-tu donc régner sur nous en roi ou bien dominer en maître ? et ils le haïrent encore plus, à cause de ses rêves et de ses propos.
Il eut encore un autre songe, qu'il raconta à ses frères. Il dit : J'ai encore fait un rêve : il me paraissait que le soleil, la lune et onze étoiles se prosternaient devant moi.
10 Il raconta cela à son père et à ses frères, mais son père le gronda et lui dit : En voilà un rêve que tu as fait ! Allons-nous donc, moi, ta mère et tes frères, venir nous prosterner devant toi ?
11 Ses frères furent jaloux de lui, mais son père gardait la chose dans sa mémoire.
12 Ses frères allèrent paître le petit bétail de leur père à Sichem.
13 Israël dit à Joseph : Tes frères ne sont-ils pas au pâturage à Sichem ? Viens, je vais t'envoyer vers eux et il répondit : Je suis prêt.
14 Il lui dit : Va donc voir comment se portent tes frères et le bétail, et rapporte-moi des nouvelles. Il l'envoya de la vallée d'Hébron et Joseph arriva à Sichem.
15 Un homme le rencontra errant dans la campagne et cet homme lui demanda : Que cherches-tu ?
16 Il répondit : Je cherche mes frères. Indique-moi, je te prie, où ils paissent leurs troupeaux.
17 L'homme dit : Ils ont décampé d'ici, je les ai entendus qui disaient : Allons à Dotân; Joseph partit en quête de ses frères et il les trouva à Dotân.
18 Il l'aperçurent de loin et, avant qu'il n'arrivât près d'eux, ils complotèrent de le faire mourir.
19 Ils se dirent entre eux : Voilà l'homme aux songes qui arrive !
20 Maintenant, venez, tuons-le et jetons-le dans n'importe quelle citerne; nous dirons qu'une bête féroce l'a dévoré. Nous allons voir ce qu'il adviendra de ses songes !
21 Mais Ruben entendit et il le sauva de leurs mains. Il dit : N'attentons pas à sa vie !
22 Ruben leur dit : Ne répandez pas le sang ! Jetez-le dans cette citerne du désert, mais ne portez pas la main sur lui ! C'était pour le sauver de leurs mains et le ramener à son père.
23 Donc, lorsque Joseph arriva près de ses frères, ils le dépouillèrent de sa tunique, la tunique ornée qu'il portait.
24 Ils se saisirent de lui et le jetèrent dans la citerne; c'était une citerne vide, où il n'y avait pas d'eau.
25 Puis ils s'assirent pour manger. Comme ils levaient les yeux, voici qu'ils aperçurent une caravane d'Ismaélites qui venait de Galaad. Leurs chameaux étaient chargés de gomme adragante, de baume et de laudanum, qu'ils allaient livrer en Égypte.
26 Alors Juda dit à ses frères : Quel profit y aurait-il à tuer notre frère et couvrir son sang ?
27 Venez, vendons-le aux Ismaélites, mais ne portons pas la main sur lui : il est notre frère, de la même chair que nous. Et ses frères l'écoutèrent.
28 Or des gens passèrent, des marchands madianites, et ils retirèrent Joseph de la citerne. Ils vendirent Joseph aux Ismaélites pour vingt sicles d'argent et ceux-ci le conduisirent en Égypte.
29 Lorsque Ruben retourna à la citerne, voilà que Joseph n'y était plus! Il déchira ses vêtements
30 et, revenant vers ses frères, il dit : L'enfant n'est plus là ! Et moi, où vais-je aller ?
31 Ils prirent la tunique de Joseph et, ayant égorgé un bouc, ils trempèrent la tunique dans le sang.
32 Ils envoyèrent la tunique ornée, il la firent porter à leur père avec ces mots : Voilà ce que nous avons trouvé ! Regarde si ce ne serait pas la tunique de ton fils.
33 Celui-ci regarda et dit : C'est la tunique de mon fils ! Une bête féroce l'a dévoré. Joseph a été mis en pièces !
34 Jacob déchira son vêtement, il mit un sac sur ses reins et fit le deuil de son fils pendant longtemps.
35 Tous ses fils et ses filles vinrent pour le consoler, mais il refusa toute consolation et dit : Non, c'est en deuil que je veux descendre au shéol auprès de mon fils. Et son père le pleura.
36 Cependant, les Madianites l'avaient vendu en Égypte à Potiphar, eunuque de Pharaon et commandant des gardes.
Masquer
Nous avons devant nous encore un nouveau genre. C’est un roman ancien, où, dans un seul récit...  Lire la suite

Nous avons devant nous encore un nouveau genre. C’est un roman ancien, où, dans un seul récit qui occupe environ dix chapitres bibliques, s’entrelacent un récit d’aventures « à suspense », une histoire édifiante, des légendes sur des ancêtres célèbres et l’histoire sainte. C’est une sorte d’insertion d’une biographie littéraire, de l’histoire d’un homme, dans l’histoire du peuple et de la promesse de Dieu. Car c’est précisément à travers le destin personnel de Joseph et de ses frères que continue de se développer l’histoire du peuple d’Abraham et que s’accomplit la promesse de son grand avenir. Et ici, au niveau personnel, nous verrons une multitude d’actions nobles et viles, l’ingéniosité de l’homme et l’aide de Dieu : la Bible descend de la légende élevée des patriarches au cœur même de la vie humaine, avec toutes ses chutes et ses élans, ses espérances et ses échecs, ses larmes et son bonheur. En embrassant la plénitude des genres littéraires, l’Écriture embrasse aussi toute la vie du lecteur, unissant les aventures et les épreuves au sens suprême, surhumain.

Et pour l’instant, on nous propose une sorte de prologue : un garçon doté d’un don prophétique inhabituel se retrouve, à cause de la jalousie de ses frères, dans un pays étranger. Le héros principal du roman, Dieu, agit déjà, sauvant la vie de Joseph et le conduisant par un chemin connu de Lui seul...

Masquer
 
Pour Gn 37:2-36
Voici l'histoire de Jacob. Joseph avait dix-sept ans. Il gardait le petit bétail avec ses frères, - il était jeune, - avec le fils de Bilha et les fils de Zilpa, femmes de son père, et Joseph rapporta à leur père le mal qu'on disait d'eux.
Israël aimait Joseph plus que tous ses autres enfants, car il était le fils de sa vieillesse, et il lui fit faire une tunique ornée.
Ses frères virent que son père l'aimait plus que tous ses autres fils et ils le prirent en haine, devenus incapables de lui parler amicalement.
Or Joseph eut un songe et il en fit part à ses frères qui le haïrent encore plus.
Il leur dit : Écoutez le rêve que j'ai fait :
il me paraissait que nous étions à lier des gerbes dans les champs, et voici que ma gerbe se dressa et qu'elle se tint debout, et vos gerbes l'entourèrent et elles se prosternèrent devant ma gerbe.
Ses frères lui répondirent : Voudrais-tu donc régner sur nous en roi ou bien dominer en maître ? et ils le haïrent encore plus, à cause de ses rêves et de ses propos.
Il eut encore un autre songe, qu'il raconta à ses frères. Il dit : J'ai encore fait un rêve : il me paraissait que le soleil, la lune et onze étoiles se prosternaient devant moi.
10 Il raconta cela à son père et à ses frères, mais son père le gronda et lui dit : En voilà un rêve que tu as fait ! Allons-nous donc, moi, ta mère et tes frères, venir nous prosterner devant toi ?
11 Ses frères furent jaloux de lui, mais son père gardait la chose dans sa mémoire.
12 Ses frères allèrent paître le petit bétail de leur père à Sichem.
13 Israël dit à Joseph : Tes frères ne sont-ils pas au pâturage à Sichem ? Viens, je vais t'envoyer vers eux et il répondit : Je suis prêt.
14 Il lui dit : Va donc voir comment se portent tes frères et le bétail, et rapporte-moi des nouvelles. Il l'envoya de la vallée d'Hébron et Joseph arriva à Sichem.
15 Un homme le rencontra errant dans la campagne et cet homme lui demanda : Que cherches-tu ?
16 Il répondit : Je cherche mes frères. Indique-moi, je te prie, où ils paissent leurs troupeaux.
17 L'homme dit : Ils ont décampé d'ici, je les ai entendus qui disaient : Allons à Dotân; Joseph partit en quête de ses frères et il les trouva à Dotân.
18 Il l'aperçurent de loin et, avant qu'il n'arrivât près d'eux, ils complotèrent de le faire mourir.
19 Ils se dirent entre eux : Voilà l'homme aux songes qui arrive !
20 Maintenant, venez, tuons-le et jetons-le dans n'importe quelle citerne; nous dirons qu'une bête féroce l'a dévoré. Nous allons voir ce qu'il adviendra de ses songes !
21 Mais Ruben entendit et il le sauva de leurs mains. Il dit : N'attentons pas à sa vie !
22 Ruben leur dit : Ne répandez pas le sang ! Jetez-le dans cette citerne du désert, mais ne portez pas la main sur lui ! C'était pour le sauver de leurs mains et le ramener à son père.
23 Donc, lorsque Joseph arriva près de ses frères, ils le dépouillèrent de sa tunique, la tunique ornée qu'il portait.
24 Ils se saisirent de lui et le jetèrent dans la citerne; c'était une citerne vide, où il n'y avait pas d'eau.
25 Puis ils s'assirent pour manger. Comme ils levaient les yeux, voici qu'ils aperçurent une caravane d'Ismaélites qui venait de Galaad. Leurs chameaux étaient chargés de gomme adragante, de baume et de laudanum, qu'ils allaient livrer en Égypte.
26 Alors Juda dit à ses frères : Quel profit y aurait-il à tuer notre frère et couvrir son sang ?
27 Venez, vendons-le aux Ismaélites, mais ne portons pas la main sur lui : il est notre frère, de la même chair que nous. Et ses frères l'écoutèrent.
28 Or des gens passèrent, des marchands madianites, et ils retirèrent Joseph de la citerne. Ils vendirent Joseph aux Ismaélites pour vingt sicles d'argent et ceux-ci le conduisirent en Égypte.
29 Lorsque Ruben retourna à la citerne, voilà que Joseph n'y était plus! Il déchira ses vêtements
30 et, revenant vers ses frères, il dit : L'enfant n'est plus là ! Et moi, où vais-je aller ?
31 Ils prirent la tunique de Joseph et, ayant égorgé un bouc, ils trempèrent la tunique dans le sang.
32 Ils envoyèrent la tunique ornée, il la firent porter à leur père avec ces mots : Voilà ce que nous avons trouvé ! Regarde si ce ne serait pas la tunique de ton fils.
33 Celui-ci regarda et dit : C'est la tunique de mon fils ! Une bête féroce l'a dévoré. Joseph a été mis en pièces !
34 Jacob déchira son vêtement, il mit un sac sur ses reins et fit le deuil de son fils pendant longtemps.
35 Tous ses fils et ses filles vinrent pour le consoler, mais il refusa toute consolation et dit : Non, c'est en deuil que je veux descendre au shéol auprès de mon fils. Et son père le pleura.
36 Cependant, les Madianites l'avaient vendu en Égypte à Potiphar, eunuque de Pharaon et commandant des gardes.
Masquer
À la lecture du passage d’aujourd’hui, un sentiment double naît involontairement. D’un côté, le comportement de Joseph...  Lire la suite

À la lecture du passage d’aujourd’hui, un sentiment double naît involontairement. D’un côté, le comportement de Joseph, tel qu’il est décrit dans le récit, ne suscite nullement la sympathie d’un homme normal. En effet, quand et à qui les rapporteurs et les flatteurs ont-ils jamais plu ? Or Joseph nous apparaît précisément sous ce jour (v. 2). Il n’est pas étonnant que Joseph ne suscite chez ses frères rien d’autre que de l’hostilité. Et ses songes, cela va de soi, ne font que renforcer cette hostilité : leur sens est parfaitement transparent, et aucun des aînés ne veut naturellement se soumettre au plus jeune de la famille, car cela contredisait toutes les normes et coutumes admises à cette époque (v. 5 – 11). Mais, d’un autre côté, la haine des frères n’était pas provoquée seulement par cela. Les frères aînés voyaient sans aucun doute en Joseph un concurrent dangereux dans la lutte à venir pour le pouvoir dans la tribu après la mort du père. D’ordinaire, l’aîné devenait chef, mais Joseph avait pour lui l’amour particulier de son père ; et maintenant s’y ajoutaient encore des signes d’élection d’en haut : car le don des songes prophétiques, dont Joseph était doté, était considéré dans l’Antiquité comme un signe particulier de la bienveillance de Dieu. Une telle combinaison pouvait tout à fait pousser Jacob à changer les traditions et à transmettre le pouvoir à Joseph, bien qu’il fût le plus jeune. Alors les frères aînés de Joseph décident de se débarrasser de ce concurrent dangereux. N’osant pas verser le sang, ce qui, croyait-on dans l’Antiquité, souille l’homme et attire sur lui la malédiction, surtout lorsqu’il s’agit de sang innocent, les frères de Joseph finissent par le vendre comme esclave à une caravane de marchands qui passait et se dirigeait vers l’Égypte, fermement convaincus que, cette fois, ils se sont débarrassés pour toujours de ce rival dangereux (v. 18 – 28). De toute évidence, ce qui anime ici les frères de Joseph n’est déjà plus seulement l’irritation contre un flatteur et rapporteur, mais la soif du pouvoir, qui ne recule devant rien. Et cette soif les empêche de voir l’essentiel : le signe de Dieu envoyé à travers Joseph. Or ce signe, comme cela deviendra clair par la suite, indiquait des événements dont dépendrait directement la vie de Jacob lui-même et de tous ses descendants. Mais les frères de Joseph, occupés par leurs pensées sur l’héritage du pouvoir dans la tribu, n’avaient pas le temps de prêter attention aux signes : en Joseph, ils voyaient non pas un homme de Dieu par lequel Dieu voulait sauver la vie de son peuple, mais seulement un concurrent indésirable dans la lutte pour ce même pouvoir. Ils ne pensaient à rien de plus, et leur antipathie personnelle envers Joseph attisait encore davantage leur haine. Les passions et les calculs du moment ont empêché les frères de Joseph de voir en lui l’essentiel, ce qui constituait le sens de sa vie. Alors les chemins de Joseph et de ses frères se séparèrent pour longtemps. Ils se séparèrent afin qu’après de nombreuses années la mission de Joseph apparaisse plus clairement, et que ses frères comprennent enfin que le monde s’étend bien au-delà des limites de leur petite tribu.

Masquer
 
Pour Gn 37:1-36
Mais Jacob demeura dans le pays où son père avait séjourné, dans le pays de Canaan.
Voici l'histoire de Jacob. Joseph avait dix-sept ans. Il gardait le petit bétail avec ses frères, - il était jeune, - avec le fils de Bilha et les fils de Zilpa, femmes de son père, et Joseph rapporta à leur père le mal qu'on disait d'eux.
Israël aimait Joseph plus que tous ses autres enfants, car il était le fils de sa vieillesse, et il lui fit faire une tunique ornée.
Ses frères virent que son père l'aimait plus que tous ses autres fils et ils le prirent en haine, devenus incapables de lui parler amicalement.
Or Joseph eut un songe et il en fit part à ses frères qui le haïrent encore plus.
Il leur dit : Écoutez le rêve que j'ai fait :
il me paraissait que nous étions à lier des gerbes dans les champs, et voici que ma gerbe se dressa et qu'elle se tint debout, et vos gerbes l'entourèrent et elles se prosternèrent devant ma gerbe.
Ses frères lui répondirent : Voudrais-tu donc régner sur nous en roi ou bien dominer en maître ? et ils le haïrent encore plus, à cause de ses rêves et de ses propos.
Il eut encore un autre songe, qu'il raconta à ses frères. Il dit : J'ai encore fait un rêve : il me paraissait que le soleil, la lune et onze étoiles se prosternaient devant moi.
10 Il raconta cela à son père et à ses frères, mais son père le gronda et lui dit : En voilà un rêve que tu as fait ! Allons-nous donc, moi, ta mère et tes frères, venir nous prosterner devant toi ?
11 Ses frères furent jaloux de lui, mais son père gardait la chose dans sa mémoire.
12 Ses frères allèrent paître le petit bétail de leur père à Sichem.
13 Israël dit à Joseph : Tes frères ne sont-ils pas au pâturage à Sichem ? Viens, je vais t'envoyer vers eux et il répondit : Je suis prêt.
14 Il lui dit : Va donc voir comment se portent tes frères et le bétail, et rapporte-moi des nouvelles. Il l'envoya de la vallée d'Hébron et Joseph arriva à Sichem.
15 Un homme le rencontra errant dans la campagne et cet homme lui demanda : Que cherches-tu ?
16 Il répondit : Je cherche mes frères. Indique-moi, je te prie, où ils paissent leurs troupeaux.
17 L'homme dit : Ils ont décampé d'ici, je les ai entendus qui disaient : Allons à Dotân; Joseph partit en quête de ses frères et il les trouva à Dotân.
18 Il l'aperçurent de loin et, avant qu'il n'arrivât près d'eux, ils complotèrent de le faire mourir.
19 Ils se dirent entre eux : Voilà l'homme aux songes qui arrive !
20 Maintenant, venez, tuons-le et jetons-le dans n'importe quelle citerne; nous dirons qu'une bête féroce l'a dévoré. Nous allons voir ce qu'il adviendra de ses songes !
21 Mais Ruben entendit et il le sauva de leurs mains. Il dit : N'attentons pas à sa vie !
22 Ruben leur dit : Ne répandez pas le sang ! Jetez-le dans cette citerne du désert, mais ne portez pas la main sur lui ! C'était pour le sauver de leurs mains et le ramener à son père.
23 Donc, lorsque Joseph arriva près de ses frères, ils le dépouillèrent de sa tunique, la tunique ornée qu'il portait.
24 Ils se saisirent de lui et le jetèrent dans la citerne; c'était une citerne vide, où il n'y avait pas d'eau.
25 Puis ils s'assirent pour manger. Comme ils levaient les yeux, voici qu'ils aperçurent une caravane d'Ismaélites qui venait de Galaad. Leurs chameaux étaient chargés de gomme adragante, de baume et de laudanum, qu'ils allaient livrer en Égypte.
26 Alors Juda dit à ses frères : Quel profit y aurait-il à tuer notre frère et couvrir son sang ?
27 Venez, vendons-le aux Ismaélites, mais ne portons pas la main sur lui : il est notre frère, de la même chair que nous. Et ses frères l'écoutèrent.
28 Or des gens passèrent, des marchands madianites, et ils retirèrent Joseph de la citerne. Ils vendirent Joseph aux Ismaélites pour vingt sicles d'argent et ceux-ci le conduisirent en Égypte.
29 Lorsque Ruben retourna à la citerne, voilà que Joseph n'y était plus! Il déchira ses vêtements
30 et, revenant vers ses frères, il dit : L'enfant n'est plus là ! Et moi, où vais-je aller ?
31 Ils prirent la tunique de Joseph et, ayant égorgé un bouc, ils trempèrent la tunique dans le sang.
32 Ils envoyèrent la tunique ornée, il la firent porter à leur père avec ces mots : Voilà ce que nous avons trouvé ! Regarde si ce ne serait pas la tunique de ton fils.
33 Celui-ci regarda et dit : C'est la tunique de mon fils ! Une bête féroce l'a dévoré. Joseph a été mis en pièces !
34 Jacob déchira son vêtement, il mit un sac sur ses reins et fit le deuil de son fils pendant longtemps.
35 Tous ses fils et ses filles vinrent pour le consoler, mais il refusa toute consolation et dit : Non, c'est en deuil que je veux descendre au shéol auprès de mon fils. Et son père le pleura.
36 Cependant, les Madianites l'avaient vendu en Égypte à Potiphar, eunuque de Pharaon et commandant des gardes.
Masquer
L'histoire de Joseph est captivante et en même temps instructive. Il est marqué par Dieu depuis l'enfance; autrement, les songes prophétiques ne s'expliquent pas. Joseph a sans doute hérité ce...  Lire la suite

L'histoire de Joseph est captivante et en même temps instructive. Il est marqué par Dieu depuis l'enfance; autrement, les songes prophétiques ne s'expliquent pas. Joseph a sans doute hérité ce don de son père; mais on ne peut hériter que d'une réceptivité mystique comme propriété particulière du psychisme, en aucun cas d'une relation avec Dieu.

Chacun établit lui-même sa relation avec Dieu, à partir de rien; elle ne se transmet pas par héritage. Les songes prophétiques, en eux-mêmes, ne font pas encore d'un homme un prophète, et cela se voit très bien précisément chez Joseph. Il ne s'agit pas seulement du fait qu'il raconte avec assez de naïveté tout à son père et à ses frères, auxquels les songes que Dieu avait montrés à Joseph n'étaient nullement destinés. Il s'agit aussi du fait que Joseph continue (même après la révélation reçue) à dénoncer ses frères, croyant manifestement avec sincérité faire une bonne action.

Il n'est pas étonnant que les frères aient assez vite eu envie d'expliquer à Joseph ce qu'ils pensaient de cette affaire. Mais il y avait encore quelque chose de plus sérieux. Il s'agissait du pouvoir, non plus dans une seule tribu, mais dans tout un grand clan, le clan des descendants de Jacob. Bien entendu, après sa mort. D'ordinaire, l'aîné héritait du pouvoir, mais ici la situation était particulière. Joseph était le fils bien-aimé de Jacob, et de plus il portait ce sceau de l'élection divine...

Bref, un rival sérieux se profilait. Il fallait se débarrasser d'un tel homme, et mieux valait le faire plus tôt que plus tard, lorsqu'il aurait grandi et pris conscience de ses possibilités. Dans le désert, l'occasion de se débarrasser d'un homme, si l'on veut vraiment s'en débarrasser, finit toujours par se présenter tôt ou tard. C'est ce qui arriva à Joseph. Les avis, toutefois, furent partagés: l'un des frères eut pitié de Joseph, et tous, semble-t-il, craignaient l'effusion de sang. Précisément l'effusion de sang: ils étaient prêts à jeter Joseph ligoté dans le désert pour qu'il meure de soif, mais ils craignaient de verser son sang. Ils le craignaient superstitieusement, comme on craint une souillure, mais ils le craignaient. C'est alors qu'arriva on ne peut plus à propos une caravane de marchands qui se rendaient en Égypte: ils étaient toujours prêts à acheter à bas prix un esclave qu'ils pourraient ensuite revendre avec profit en Égypte. Un tel commerce ne troublait personne: la traite des esclaves était à cette époque une affaire ordinaire. Et les frères se rassurèrent: ils étaient certains de ne plus revoir Joseph. Maintenant, disaient-ils, nous verrons ce que valent ses rêves.

Masquer

Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible.

Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit.