7 Comme il voyait beaucoup de Pharisiens et de Sadducéens venir au baptême, il leur dit : " Engeance de vipères, qui vous a suggéré d'échapper à la Colère prochaine ? |
Est-il intéressant de se demander si l'on peut se repentir et être purifié du péché comme cela, au cas où ? Est-ce de l'hypocrisie ? Sans doute pas : les pharisiens étaient des personnes profondément religieuses, qui se seraient difficilement permis une tromperie ouverte. Mais qu'est-ce donc qui provoque la colère de Jean ? L'orgueil ? La certitude de ceux qui venaient que, eux, descendants d'Abraham, ne pouvaient par définition être indignes du Royaume ? Sans doute, oui. L'orgueil n'a encore jamais apporté de profit spirituel à personne. Et pourtant il ne s'agit manifestement pas seulement de cela.
À quoi pouvait servir un lavage purificateur (et les « baptêmes » accomplis par Jean étaient précisément des lavages purificateurs) pour quelqu'un qui était sûr de sa propre absence de péché ? Car le judaïsme de cette époque ne connaissait pas une notion comme le « péché originel » ; pour un Juif de l'époque évangélique, le péché était quelque chose de très concret, et n'était considéré comme pécheur que celui qui avait commis un tel péché, non pas tout homme par définition, comme nous le pensons aujourd'hui. Pourquoi donc ceux qui n'avaient pas péché auraient-ils besoin d'être purifiés ? Manifestement, juste au cas où. Et si ce prédicateur étrange, si semblable aux anciens prophètes, avait raison ? Et s'il fallait encore une purification pour être digne du Messie qui vient ? Et si... Bref, un lavage de plus, en tout cas, ne ferait pas de mal.
Seulement la vie spirituelle n'est pas un rite religieux ; ici, rien ne se fait « comme cela » ni « au cas où ». De même qu'il n'existe pas de « foi au cas où ». Elle existe, ou elle n'existe pas. Il n'y a pas de troisième voie.
7 Comme il voyait beaucoup de Pharisiens et de Sadducéens venir au baptême, il leur dit : " Engeance de vipères, qui vous a suggéré d'échapper à la Colère prochaine ? |
8 Produisez donc un fruit digne du repentir |
Que reproche Jean aux scribes et aux pharisiens lorsqu’ils viennent à lui pour être baptisés dans le Jourdain ? En apparence, ils accomplissent encore un geste de piété, veulent recevoir une ablution rituelle et ainsi se purifier, devenir, semble-t-il, meilleurs et plus purs. Pourquoi donc les reprendre ? Il semblerait qu’il n’y ait aucune raison.
Pourtant il vaut la peine de regarder de plus près les raisons qui conduisent les pharisiens au Jourdain. Comme nous le savons par les quatre Évangiles, les pharisiens sont des hommes d’une grande érudition, qui consacrent toute leur vie à l’étude et à l’interprétation de la loi de Moïse. Et ce poids, cette responsabilité du savoir les poussaient souvent à se placer en quelque sorte au-dessus des gens simples, à se sentir un peu plus justes que les autres. Et voici qu’apparaît dans le désert de Judée un nouveau prophète. Pourquoi vont-ils vers lui ? Apparemment, l’une des raisons fut le désir de « vérifier » ce à quoi il appelle, et surtout COMMENT il le fait, pour voir si cela correspond à la Loi. Et si toutes les formalités nécessaires sont respectées, pourquoi ne pas y participer soi-même ? Pour la forme. Une purification de plus ne fait jamais de mal.
N’est-ce pas ainsi que nous abordons souvent la confession comme une formalité ? Oui, bien sûr, c’est prescrit, alors nous prononçons des paroles apprises par cœur, sans y réfléchir. Sans douter, au fond de nous, qu’en réalité nous ne sommes pas pires que les autres, et parfois même meilleurs. Mais alors résonnent aussi pour nous aujourd’hui les paroles amères de Jean le Baptiste : « qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? produisez donc un fruit digne du repentir ».
1 En ces jours-là arrive Jean le Baptiste, prêchant dans le désert de Judée |
2 et disant : " Repentez-vous, car le Royaume des Cieux est tout proche. " |
3 C'est bien lui dont a parlé Isaïe le prophète : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. |
4 Ce Jean avait son vêtement fait de poils de chameau et un pagne de peau autour de ses reins; sa nourriture était de sauterelles et de miel sauvage. |
5 Alors s'en allaient vers lui Jérusalem, et toute la Judée, et toute la région du Jourdain, |
6 et ils se faisaient baptiser par lui dans les eaux du Jourdain, en confessant leurs péchés. |
7 Comme il voyait beaucoup de Pharisiens et de Sadducéens venir au baptême, il leur dit : " Engeance de vipères, qui vous a suggéré d'échapper à la Colère prochaine ? |
8 Produisez donc un fruit digne du repentir |
9 et ne vous avisez pas de dire en vous-mêmes : "Nous avons pour père Abraham. " Car je vous le dis, Dieu peut, des pierres que voici, faire surgir des enfants à Abraham. |
10 Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres; tout arbre donc qui ne produit pas de bon fruit va être coupé et jeté au feu. |
11 Pour moi, je vous baptise dans de l'eau en vue du repentir; mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, dont je ne suis pas digne d'enlever les sandales; lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu. |
12 Il tient en sa main la pelle à vanner et va nettoyer son aire ; il recueillera son blé dans le grenier ; quant aux bales, il les consumera au feu qui ne s'éteint pas. " |
13 Alors Jésus arrive de la Galilée au Jourdain, vers Jean, pour être baptisé par lui. |
14 Celui-ci l'en détournait, en disant : " C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi, et toi, tu viens à moi ! " |
15 Mais Jésus lui répondit : " Laisse faire pour l'instant : car c'est ainsi qu'il nous convient d'accomplir toute justice. " Alors il le laisse faire. |
16 Ayant été baptisé, Jésus aussitôt remonta de l'eau; et voici que les cieux s'ouvrirent: il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. |
17 Et voici qu'une voix venue des cieux disait : " Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur. " |
Quand nous lisons l’embarras et l’indignation de Jean le Baptiste, qui ne voulait pas laisser Jésus recevoir le baptême dans le Jourdain, il devient évident pour nous que Jean L’a reconnu. Car participer à ce baptême devait attester que l’homme confessait à Dieu son péché, reconnaissait qu’il n’était pas juste ; et voilà que dans le fleuve se tient Celui qui est juste devant Dieu.
Mais Jésus reçoit tout de même le baptême ; cela signifie que Dieu possède encore une autre justice que celle d’être juste devant Lui-même. C’est la justice de l’amour, qui « s’accomplit » lorsque le juste décide de partager la vie des injustes, le sans-péché celle des pécheurs. Cela peut être incompréhensible et déplaisant, cela peut contredire nos représentations de la justice, mais le Christ entre dans l’eau avec tous, et il apparaît que le Fils bien-aimé du Père est l’un de nous.
1 En ces jours-là arrive Jean le Baptiste, prêchant dans le désert de Judée |
2 et disant : " Repentez-vous, car le Royaume des Cieux est tout proche. " |
3 C'est bien lui dont a parlé Isaïe le prophète : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. |
4 Ce Jean avait son vêtement fait de poils de chameau et un pagne de peau autour de ses reins; sa nourriture était de sauterelles et de miel sauvage. |
5 Alors s'en allaient vers lui Jérusalem, et toute la Judée, et toute la région du Jourdain, |
6 et ils se faisaient baptiser par lui dans les eaux du Jourdain, en confessant leurs péchés. |
7 Comme il voyait beaucoup de Pharisiens et de Sadducéens venir au baptême, il leur dit : " Engeance de vipères, qui vous a suggéré d'échapper à la Colère prochaine ? |
8 Produisez donc un fruit digne du repentir |
9 et ne vous avisez pas de dire en vous-mêmes : "Nous avons pour père Abraham. " Car je vous le dis, Dieu peut, des pierres que voici, faire surgir des enfants à Abraham. |
10 Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres; tout arbre donc qui ne produit pas de bon fruit va être coupé et jeté au feu. |
11 Pour moi, je vous baptise dans de l'eau en vue du repentir; mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, dont je ne suis pas digne d'enlever les sandales; lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu. |
12 Il tient en sa main la pelle à vanner et va nettoyer son aire ; il recueillera son blé dans le grenier ; quant aux bales, il les consumera au feu qui ne s'éteint pas. " |
Tous les Évangélistes racontent le ministère de Jean-Baptiste. Il leur paraît manifestement évident que son apparition même était le signe promis par Dieu, annonciateur de la venue du Messie. Il est impossible d'accueillir le Christ sans avoir accueilli le message de Son précurseur. La prédication de Jean comporte deux volets : « Repentez-vous, car le Royaume des Cieux est tout proche. » Le Royaume est proche, mais on ne peut le voir et le reconnaître qu'en ayant d'abord changé. Le repentir signifie un retournement intérieur, le refus d'accepter l'état actuel de son âme et le recours à Celui qui peut accomplir en nous ce changement nécessaire. Un tel retournement exige du courage, et Jean aide les hommes à se décider à franchir ce pas, tant en leur proposant l'immersion dans les eaux du Jourdain comme expression extérieure de ce qui se passe dans l'âme qu'en leur désignant le Messie qui approche.
1 En ces jours-là arrive Jean le Baptiste, prêchant dans le désert de Judée |
2 et disant : " Repentez-vous, car le Royaume des Cieux est tout proche. " |
3 C'est bien lui dont a parlé Isaïe le prophète : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. |
4 Ce Jean avait son vêtement fait de poils de chameau et un pagne de peau autour de ses reins; sa nourriture était de sauterelles et de miel sauvage. |
5 Alors s'en allaient vers lui Jérusalem, et toute la Judée, et toute la région du Jourdain, |
6 et ils se faisaient baptiser par lui dans les eaux du Jourdain, en confessant leurs péchés. |
7 Comme il voyait beaucoup de Pharisiens et de Sadducéens venir au baptême, il leur dit : " Engeance de vipères, qui vous a suggéré d'échapper à la Colère prochaine ? |
8 Produisez donc un fruit digne du repentir |
9 et ne vous avisez pas de dire en vous-mêmes : "Nous avons pour père Abraham. " Car je vous le dis, Dieu peut, des pierres que voici, faire surgir des enfants à Abraham. |
10 Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres; tout arbre donc qui ne produit pas de bon fruit va être coupé et jeté au feu. |
11 Pour moi, je vous baptise dans de l'eau en vue du repentir; mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, dont je ne suis pas digne d'enlever les sandales; lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu. |
12 Il tient en sa main la pelle à vanner et va nettoyer son aire ; il recueillera son blé dans le grenier ; quant aux bales, il les consumera au feu qui ne s'éteint pas. " |
Si l'on écoute attentivement, on entend une tension dans l'appel même de Jean. Car pour appeler les gens au repentir, il lui a fallu rappeler que le Royaume des Cieux s'était approché. Hélas, il nous faut trop souvent rappeler quelque chose qui exige du sérieux pour que nous puissions nous souvenir de ce qu'il serait bon de faire même sans rappels. Et si nous n'arrivons pas à ne pas pécher du tout, pourquoi ne pas nous repentir à temps? Mais voilà, nous tirons jusqu'au point extrême.
Jean admet au baptême ceux qui viennent se faire baptiser après qu'ils ont confessé leurs péchés. Mais des pharisiens et des sadducéens, il exige qu'ils produisent un fruit de repentir, c'est-à-dire qu'ils prouvent leur foi par des actes. Bien plus, il les accueille très durement. Pourtant on pourrait reprocher au Baptiste de l'injustice, car les autres pécheurs veulent eux aussi échapper à la colère à venir, et leurs péchés ne sont guère plus noirs que ceux des pharisiens et des sadducéens.
Mais les pharisiens et les sadducéens prétendent être l'élite, et c'est pourquoi on leur demande davantage. Pourtant ce n'est pas la seule raison. Chez eux, gens d'une instruction raffinée, il n'y a déjà plus la simplicité des pécheurs «ordinaires», qui commettent habituellement des péchés «communément admis», mais qui peuvent, éprouvant du dégoût, s'en détourner. Mais l'esprit porté à la réflexion et aux jeux intellectuels cherche trop souvent à justifier toutes les actions de son maître instruit. C'est pourquoi il est plus difficile à ceux qui ont goûté au levain des pharisiens et des sadducéens de comprendre que le repentir n'est pas seulement la prise de conscience théorique de ce qui n'est pas bon, mais aussi le refus résolu de l'ancien mode de vie habituel.
1 En ces jours-là arrive Jean le Baptiste, prêchant dans le désert de Judée |
2 et disant : " Repentez-vous, car le Royaume des Cieux est tout proche. " |
3 C'est bien lui dont a parlé Isaïe le prophète : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. |
4 Ce Jean avait son vêtement fait de poils de chameau et un pagne de peau autour de ses reins; sa nourriture était de sauterelles et de miel sauvage. |
5 Alors s'en allaient vers lui Jérusalem, et toute la Judée, et toute la région du Jourdain, |
6 et ils se faisaient baptiser par lui dans les eaux du Jourdain, en confessant leurs péchés. |
7 Comme il voyait beaucoup de Pharisiens et de Sadducéens venir au baptême, il leur dit : " Engeance de vipères, qui vous a suggéré d'échapper à la Colère prochaine ? |
8 Produisez donc un fruit digne du repentir |
9 et ne vous avisez pas de dire en vous-mêmes : "Nous avons pour père Abraham. " Car je vous le dis, Dieu peut, des pierres que voici, faire surgir des enfants à Abraham. |
10 Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres; tout arbre donc qui ne produit pas de bon fruit va être coupé et jeté au feu. |
11 Pour moi, je vous baptise dans de l'eau en vue du repentir; mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, dont je ne suis pas digne d'enlever les sandales; lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu. |
Lorsque nous lisons les récits des évangélistes sur la prédication de Jean le Baptiste, qui a précédé le Baptême du Seigneur Jésus-Christ, nous perdons facilement de vue le sens direct contenu dans le récit. Ainsi, l'évangéliste Matthieu nous rapporte la prédication du Précurseur en disant que «toute la Judée» était baptisée par lui. Bien sûr, c'est une exagération, et il est difficile de croire que tous les habitants de la Judée aient été baptisés sans exception. Cependant, il est évident que ces gens étaient très, très nombreux. Voilà précisément un fait tout à fait étonnant. À nous, au contraire, pour des raisons compréhensibles, cela paraît naturel.
Jean le Baptiste, en appelant à accueillir dans le repentir le Royaume des Cieux qui s'est approché, n'invente pas un nouveau rite pour le repentir. Il utilise l'ablution pratiquée sur les personnes «de second rang» qui venaient à Dieu: cette procédure concernait les païens et les femmes (pour les hommes d'Israël, l'entrée dans l'alliance était la circoncision). Au fond, l'appel de Jean ressemble à ce qui arriverait si quelqu'un appelait les chrétiens orthodoxes d'aujourd'hui à un second baptême. Pour ceux qui venaient à Jean au Jourdain, cet acte signifiait confesser qu'ils étaient, comme des traîtres et des apostats, infidèles à Dieu, et qu'ils s'approchaient de Lui dans le repentir non comme des descendants d'Abraham de plein droit, mais comme des païens. C'est précisément d'un tel repentir que parlaient auparavant les prophètes d'Israël. N'est-il pas étonnant qu'il y ait eu beaucoup de personnes repentantes avec une telle humilité?
On peut plutôt considérer comme naturel le comportement des pharisiens et des sadducéens. Les uns comme les autres pensaient qu'un rite pieux supplémentaire ne leur ferait pas de mal (révélant ainsi leur incrédulité envers les rites pieux en général). Les uns comme les autres voulaient faire parade de leur piété devant les hommes: c'est ce que le Seigneur Jésus-Christ leur reprochera bientôt après le Baptême.
Ce que l'évangéliste Matthieu souligne, à savoir combien il y avait de personnes sincèrement repentantes aux jours de Jean le Baptiste, nous révèle d'abord ce qu'est la «plénitude des temps», dans laquelle, selon la parole de l'apôtre Paul, Dieu envoie Son Fils. C'est le temps où une multitude de coeurs est prête à accueillir le Christ dans l'humilité et le repentir. Voilà pourquoi le repentir des uns et l'hypocrisie des autres ne sont pas l'essentiel dans le ministère de Jean le Baptiste. Le Précurseur prêche le repentir et baptise non pour donner aux hommes le salut, mais pour que le Christ nous soit manifesté.
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