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RÉFLEXIONS pour Rm 3:28-4:3

28 Car nous estimons que l'homme est justifié par la foi sans la pratique de la Loi.
29 Ou alors Dieu est-il le Dieu des Juifs seulement, et non point des païens? Certes, également des païens;
30 puisqu'il n'y a qu'un seul Dieu, qui justifiera les circoncis en vertu de la foi comme les incirconcis par le moyen de cette foi.
31 Alors, par la foi nous privons la Loi de sa valeur ? Certes non ! Nous la lui conférons.
Que dirons-nous donc d'Abraham, notre ancêtre selon la chair?
Abraham tint sa justice des œuvres, il a de quoi se glorifier. Mais non au regard de Dieu!
Que dit en effet l'Écriture? Abraham crut à Dieu, et ce lui fut compté comme justice.
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Dieu est un pour tous, c'est pourquoi il sauve chacun: les Judéens et les païens, les circoncis et les incirconcis, les purs et les impurs, puisqu'il ne se détourne pas du lépreux. Il sauve tous par la foi, et non par les œuvres. Mais en quoi consiste cette foi? Il apparaît que, pour que Dieu devienne notre salut, il faut non seulement écouter ses paroles, mais aussi les accomplir. Voilà le paradoxe! D'un côté, seule la foi; de l'autre, si nous n'accomplissons pas la volonté de Dieu, nous risquons de nous retrouver sous les décombres de notre propre vie.

Autres réflexions

 
Pour Rm 4:2
Abraham tint sa justice des œuvres, il a de quoi se glorifier. Mais non au regard de Dieu!
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Si Abraham n'a pas été justifié par les oeuvres, pourquoi accomplissait-il des oeuvres ? Cela signifie-t-il qu'il suffit d'avoir la foi et que l'on peut ne rien faire ? Pour bien comprendre les paroles de Paul, il faut se souvenir de ce qu'est la foi. Si l'on entend par foi uniquement...  Lire la suite

Si Abraham n'a pas été justifié par les oeuvres, pourquoi accomplissait-il des oeuvres ? Cela signifie-t-il qu'il suffit d'avoir la foi et que l'on peut ne rien faire ?

Pour bien comprendre les paroles de Paul, il faut se souvenir de ce qu'est la foi. Si l'on entend par foi uniquement un ensemble de représentations théoriques sans débouché pratique, alors il est en effet incompréhensible qu'une telle foi puisse justifier. Mais si la foi est un feu intérieur qui transforme l'homme, les oeuvres en deviendront nécessairement la conséquence et la manifestation. Les oeuvres, en elles-mêmes, ne peuvent pas justifier non parce qu'elles seraient inutiles ; il n'est dit nulle part qu'elles le soient ; mais parce que, dans un monde pécheur, même la motivation des oeuvres nécessaires et nobles peut se révéler basse, et les oeuvres qui paraissent utiles peuvent ne pas l'être réellement.

La pensée selon laquelle là où il n'y a pas de loi, il n'y a pas non plus de transgression, comme beaucoup de paroles de Paul, sonne de manière paradoxale. Mais s'il en est ainsi, pourquoi la loi est-elle donnée ?

La loi est donnée pour que nous discernions mieux où est le mal. En elle-même, la loi n'est pas première ; la bonne volonté de l'observer est une conséquence de la foi. L'accomplissement des commandements de la loi découle de la confiance en Dieu. Le légalisme formel dessèche le lien vivant avec Lui. Mais par la foi, l'observance de la loi peut être vivifiée.

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Pour Rm 4:1-8
Que dirons-nous donc d'Abraham, notre ancêtre selon la chair?
Abraham tint sa justice des œuvres, il a de quoi se glorifier. Mais non au regard de Dieu!
Que dit en effet l'Écriture? Abraham crut à Dieu, et ce lui fut compté comme justice.
À qui fournit un travail on ne compte pas le salaire à titre gracieux: c'est un dû;
mais à qui, au lieu de travailler, croit en celui qui justifie l'impie, on compte sa foi comme justice.
Exactement comme David proclame heureux l'homme à qui Dieu attribue la justice indépendamment des œuvres:
Heureux ceux dont les offenses ont été remises, et les péchés couverts.
Heureux l'homme à qui le Seigneur n'impute aucun péché.
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Lorsque nous parlons de la foi, nous entendons souvent par là croire à l’existence même de Dieu, à Sa présence dans le monde. La plupart des gens n’ont aucune difficulté à ce sujet. Il est rare de rencontrer un véritable athée...  Lire la suite

Lorsque nous parlons de la foi, nous entendons souvent par là croire à l’existence même de Dieu, à Sa présence dans le monde. La plupart des gens n’ont aucune difficulté à ce sujet. Il est rare de rencontrer un véritable athée ; le plus souvent, une personne est prête à reconnaître dans le monde la présence et l’influence d’un Être qu’elle accepte d’appeler Dieu. Mais ce n’est pas de cela que parle Paul. La lecture d’aujourd’hui nous demande : « Crois-tu Dieu ? Lui fais-tu confiance ? » Il s’avère donc que notre tâche principale consiste à croire Ses paroles, Son action et Ses desseins, à faire confiance à Sa volonté. Après réflexion, nous sommes sans doute prêts à aller jusque-là, mais il faudra ensuite agir en Lui faisant confiance en tout et accomplir l’œuvre qui nous est réservée. Y parviendrons-nous cette fois ? Très probablement non, ce qui nous attriste et nous prive d’espérance et de joie. Pourtant, la foi qui nous est comptée comme justice, comme notre œuvre principale, consiste précisément à accueillir ce qu’il y a de plus étonnant chez le Dieu miséricordieux : pour Lui, le fait que nous Lui fassions confiance, que nous nous relevions encore et encore et que nous essayions d’agir selon Sa volonté importe davantage que le fait que, une fois de plus, nous n’ayons pas réussi.

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Pour Rm 4:1-15
Que dirons-nous donc d'Abraham, notre ancêtre selon la chair?
Abraham tint sa justice des œuvres, il a de quoi se glorifier. Mais non au regard de Dieu!
Que dit en effet l'Écriture? Abraham crut à Dieu, et ce lui fut compté comme justice.
À qui fournit un travail on ne compte pas le salaire à titre gracieux: c'est un dû;
mais à qui, au lieu de travailler, croit en celui qui justifie l'impie, on compte sa foi comme justice.
Exactement comme David proclame heureux l'homme à qui Dieu attribue la justice indépendamment des œuvres:
Heureux ceux dont les offenses ont été remises, et les péchés couverts.
Heureux l'homme à qui le Seigneur n'impute aucun péché.
Cette déclaration de bonheur s'adresse-t-elle donc aux circoncis ou bien également aux incirconcis ? Nous disons, en effet, que la foi d'Abraham lui fut comptée comme justice.
10 Comment donc fut-elle comptée? Quand il était circoncis ou avant qu'il le fût? Non pas après, mais avant;
11 et il reçut le signe de la circoncision comme sceau de la justice de la foi qu'il possédait quand il était incirconcis; ainsi devint-il à la fois le père de tous ceux qui croiraient sans avoir la circoncision, pour que la justice leur fût également comptée,
12 et le père des circoncis, qui ne se contentent pas d'être circoncis, mais marchent sur les traces de la foi qu'avant la circoncision eut notre père Abraham.
13 De fait ce n'est point par l'intermédiaire d'une loi qu'agit la promesse faite à Abraham ou à sa descendance de recevoir le monde en héritage, mais par le moyen de la justice de la foi.
14 Car si l'héritage appartient à ceux qui relèvent de la Loi, la foi est sans objet, et la promesse ne s'accomplit pas;
15 la Loi en effet produit la colère, tandis qu'en l'absence de loi il n'y a pas non plus de transgression.
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En poursuivant le thème de l’universalisme de la Torah, Paul se tourne vers la figure d’Abraham. Il souligne...  Lire la suite

En poursuivant le thème de l’universalisme de la Torah, Paul se tourne vers la figure d’Abraham. Il souligne le fait qu’Abraham est devenu juste non pas par sa religiosité, mais parce qu’il a su faire confiance à Dieu (v. 1-3). L’apôtre rappelle de nouveau que la confiance en Dieu est le fondement de la justice, tandis que les œuvres de justice ne sont que la conséquence de cette confiance (v. 4-8). Même un rite religieux aussi important que la circoncision n’est pour Paul qu’un signe des relations qui unissent le juste à Dieu, mais nullement leur fondement (v. 9-12). On pourrait dire que, dans ces raisonnements, Paul reste un disciple de Hillel et de son maître Gamaliel : car Hillel et ses disciples ont toujours affirmé que le fondement de la justice et de la vie spirituelle en général est la relation avec Dieu, et que toute autre religiosité liée à l’observance de la Torah n’en est que la conséquence ; sans cette relation, elle perd tout sens.

Mais Paul va de nouveau plus loin que Hillel et Gamaliel. Il dit : si la circoncision n’est que le signe de l’appartenance au peuple de Dieu, donné par Dieu à Abraham comme conséquence de sa justice, alors la justice est possible aussi pour les incirconcis, s’ils savent faire confiance à Dieu comme les circoncis. En ce sens, Abraham devient le père spirituel de tous les justes, aussi bien des circoncis (les Juifs) que des incirconcis (les païens) (v. 11-12).

L’apôtre ne pense nullement qu’il n’y ait aucune différence entre ces deux catégories de justes ; il rappelle seulement que la justice est une, et que si un homme, même incirconcis, suit le chemin de la justice, tôt ou tard il arrivera là où arrivent par ce chemin les circoncis. La Torah n’est pas un tapis volant donné par Dieu à Son peuple pour le transporter dans le Royaume comme d’un coup de baguette magique, en l’épargnant du chemin sur lequel s’acquiert la justice ; elle est un guide qui aide à ne pas s’égarer. Considérer la Torah comme un privilège est une dangereuse illusion, car, si on la prend au sérieux, elle révélera non les avantages, mais les péchés de celui qui cherche à la suivre. La justice est plus grande que la Torah ; le juste reçoit de Dieu ce qui lui a été promis non parce qu’il l’a mérité, mais seulement par la miséricorde de Dieu ; la Torah en elle-même ne donne aucun droit à personne (v. 13-14). Si quelqu’un songeait à se glorifier devant Dieu de connaître la Torah mieux que les autres, cela provoquerait tout naturellement la colère de Dieu : car une telle connaissance révélerait avant tout non la justice, mais les péchés de celui qui se vante (v. 14-15).

À cet égard, le païen a la tâche plus simple : il ne prétend pas connaître la Torah ni en être le gardien. La connaissance de la Torah ne garantit pas en elle-même la justice ; c’est pourquoi, sur le chemin du Royaume, il n’y a devant Dieu aucune différence entre le Juif et le païen, mais on demandera davantage à ceux à qui la Torah a été donnée : ils en savent plus sur leurs péchés que ceux qui n’ont pas entendu parler de la Torah.

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Pour Rm 3:21-31
21 Mais maintenant, sans la Loi, la justice de Dieu s'est manifestée, attestée par la Loi et les Prophètes,
22 justice de Dieu par la foi en Jésus Christ, à l'adresse de tous ceux qui croient - car il n'y a pas de différence:
23 tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu -
24 et ils sont justifiés par la faveur de sa grâce en vertu de la rédemption accomplie dans le Christ Jésus:
25 Dieu l'a exposé, instrument de propitiation par son propre sang moyennant la foi; il voulait montrer sa justice, du fait qu'il avait passé condamnation sur les péchés commis jadis
26 au temps de la patience de Dieu; il voulait montrer sa justice au temps présent, afin d'être juste et de justifier celui qui se réclame de la foi en Jésus.
27 Où donc est le droit de se glorifier? Il est exclu. Par quel genre de loi? Celle des œuvres? Non, par une loi de foi.
28 Car nous estimons que l'homme est justifié par la foi sans la pratique de la Loi.
29 Ou alors Dieu est-il le Dieu des Juifs seulement, et non point des païens? Certes, également des païens;
30 puisqu'il n'y a qu'un seul Dieu, qui justifiera les circoncis en vertu de la foi comme les incirconcis par le moyen de cette foi.
31 Alors, par la foi nous privons la Loi de sa valeur ? Certes non ! Nous la lui conférons.
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La justice de Dieu s'est manifestée indépendamment de la Loi reçue d'en haut par Moïse. Même après vingt siècles, cette pensée...  Lire la suite

La justice de Dieu s'est manifestée indépendamment de la Loi reçue d'en haut par Moïse. Même après vingt siècles, cette pensée est saisissante et difficile à concevoir ; combien plus difficile encore devait-elle être à assimiler pour les premiers destinataires de l'épître de Paul. Le paradoxe est pourtant renforcé par le fait que la justice de Dieu n'abolit pas la Loi, dont elle reçoit le témoignage avec celui des prophètes. L'homme peut recevoir gratuitement la justification par la foi, mais la foi elle-même est aussi un don qui dépasse la connaissance de la Loi. Ce qui est plus élevé n'abolit pas ce qui n'atteint pas le niveau suprême ; au contraire, les degrés inférieurs permettent de monter vers de plus hauts sommets.

Paul ne sépare ni n'oppose les circoncis qui vivent par la foi et les incirconcis qui ont la foi : Dieu justifie les uns comme les autres. La foi est première, non ses expressions extérieures, importantes mais non primordiales.

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Pour Rm 3:21-31
21 Mais maintenant, sans la Loi, la justice de Dieu s'est manifestée, attestée par la Loi et les Prophètes,
22 justice de Dieu par la foi en Jésus Christ, à l'adresse de tous ceux qui croient - car il n'y a pas de différence:
23 tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu -
24 et ils sont justifiés par la faveur de sa grâce en vertu de la rédemption accomplie dans le Christ Jésus:
25 Dieu l'a exposé, instrument de propitiation par son propre sang moyennant la foi; il voulait montrer sa justice, du fait qu'il avait passé condamnation sur les péchés commis jadis
26 au temps de la patience de Dieu; il voulait montrer sa justice au temps présent, afin d'être juste et de justifier celui qui se réclame de la foi en Jésus.
27 Où donc est le droit de se glorifier? Il est exclu. Par quel genre de loi? Celle des œuvres? Non, par une loi de foi.
28 Car nous estimons que l'homme est justifié par la foi sans la pratique de la Loi.
29 Ou alors Dieu est-il le Dieu des Juifs seulement, et non point des païens? Certes, également des païens;
30 puisqu'il n'y a qu'un seul Dieu, qui justifiera les circoncis en vertu de la foi comme les incirconcis par le moyen de cette foi.
31 Alors, par la foi nous privons la Loi de sa valeur ? Certes non ! Nous la lui conférons.
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La Torah, du moins la Torah intérieure, selon la parole de l'apôtre, ne fait que révéler à l'homme sa propre nature pécheresse; par elle «on connaît le péché». Mais où est l'issue? Qu'est-ce qui peut libérer l'homme du péché? Paul répond: la justice...  Lire la suite

La Torah, du moins la Torah intérieure, selon la parole de l'apôtre, ne fait que révéler à l'homme sa propre nature pécheresse; par elle «on connaît le péché». Mais où est l'issue? Qu'est-ce qui peut libérer l'homme du péché? Paul répond: la justice, qui est plus grande que la Torah. La Torah et les Prophètes témoignent de la justice de Dieu; c'est ainsi qu'on appelait au temps de Paul ce que nous nommerions aujourd'hui l'Écriture sainte. Et seule la manifestation de cette justice de Dieu, de la «vérité de Dieu», peut libérer l'homme du pouvoir du péché. Ici Paul reste fidèle à la tradition rabbinique: car la Torah n'a jamais été une fin en soi; elle était nécessaire comme moyen d'affermir l'homme sur le chemin de la justice.

Mais dans la compréhension rabbinique traditionnelle du problème de la Torah et de la justice, l'apôtre introduit une compréhension nouvelle, messianique: il parle de la manifestation de la justice du Messie, de la justice du Christ, et de la fidélité au Christ, de la «foi en Jésus-Christ», comme de l'unique possibilité pour l'homme de participer à cette justice. La justice de Dieu a été manifestée au monde par le Christ; le sang qu'Il a versé devient pour ceux qui Lui sont fidèles ce qu'était le sang sacrificiel pour les croyants yahvistes de l'époque préchrétienne.

Alors, le sang de l'animal sacrifié, offert pour le péché d'une personne concrète, purifiait cette personne des conséquences du péché qu'elle avait commis et lui ouvrait la possibilité de participer à la justice de Dieu dans la mesure relative qui était ouverte aux hommes avant la venue du Christ. Maintenant, le Messie Lui-même ouvre à chacun de ceux qui se confient à Lui toute la plénitude possible pour l'homme de la justice de Dieu, devenue accessible au monde grâce à Son chemin et à Son sacrifice.

L'apôtre ne parle pas par hasard de rédemption, de rachat: la mort du Sauveur sur la croix, le sang qu'Il a versé, est devenu le prix payé pour le péché de l'homme, de même qu'autrefois le sang des animaux égorgés auprès de l'autel devenait le prix payé pour les péchés de l'homme. Comme alors les animaux donnaient leur vie afin d'ouvrir à l'homme le chemin vers Dieu, ainsi maintenant le Messie donne Sa vie afin d'ouvrir à l'homme le chemin du Royaume.

Mais alors, la purification comme la participation à la justice de Dieu étaient partielles; maintenant elles deviennent complètes. Et non parce que les «oeuvres de la Torah» peuvent aider l'homme d'une quelconque manière, mais parce que la justice de Dieu a été manifestée au monde par Celui qui la porte Lui-même dans toute sa plénitude. Mais la Torah n'en est pas dépréciée, du moins si l'on parle de la Torah intérieure. Car la fidélité au Christ est impensable sans le chemin de la justice et en dehors de lui; elle est donc impensable aussi sans la Torah intérieure comme cette dynamique spirituelle sans laquelle il n'y a pas de chemin de justice. C'est pourquoi l'apôtre dit que tout ce qu'il a affirmé sur le salut par la fidélité à Jésus-Christ ne déprécie nullement la Torah, mais l'affermit davantage encore.

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Pour Rm 3:21-31
21 Mais maintenant, sans la Loi, la justice de Dieu s'est manifestée, attestée par la Loi et les Prophètes,
22 justice de Dieu par la foi en Jésus Christ, à l'adresse de tous ceux qui croient - car il n'y a pas de différence:
23 tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu -
24 et ils sont justifiés par la faveur de sa grâce en vertu de la rédemption accomplie dans le Christ Jésus:
25 Dieu l'a exposé, instrument de propitiation par son propre sang moyennant la foi; il voulait montrer sa justice, du fait qu'il avait passé condamnation sur les péchés commis jadis
26 au temps de la patience de Dieu; il voulait montrer sa justice au temps présent, afin d'être juste et de justifier celui qui se réclame de la foi en Jésus.
27 Où donc est le droit de se glorifier? Il est exclu. Par quel genre de loi? Celle des œuvres? Non, par une loi de foi.
28 Car nous estimons que l'homme est justifié par la foi sans la pratique de la Loi.
29 Ou alors Dieu est-il le Dieu des Juifs seulement, et non point des païens? Certes, également des païens;
30 puisqu'il n'y a qu'un seul Dieu, qui justifiera les circoncis en vertu de la foi comme les incirconcis par le moyen de cette foi.
31 Alors, par la foi nous privons la Loi de sa valeur ? Certes non ! Nous la lui conférons.
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En méditant sur la Torah et sur le Royaume, Paul revient à l'une des notions bibliques essentielles...  Lire la suite

En méditant sur la Torah et sur le Royaume, Paul revient à l'une des notions bibliques essentielles : la justice. Il dit qu'avec la venue du Christ dans le monde, la situation a changé radicalement : désormais la justice est manifestée dans toute sa plénitude avec le Royaume apporté par le Messie (v. 21–22). Auparavant, la justice était atteinte avec l'aide de Dieu, mais aussi par les efforts humains ; maintenant elle est entrée dans le monde par Jésus et elle est devenue une part de cette vie du Royaume qu'Il a apportée avec Lui, et à laquelle chacun peut désormais prendre part, s'il est prêt à faire confiance à Jésus (v. 24). Cette justice apportée par Jésus au monde est sans commune mesure avec celle qui fut manifestée même par les plus grands justes de l'époque précédente : la plénitude de la justice signifie la liberté à l'égard du péché, et aucun homme n'en était libre avant la venue de Jésus-Christ dans le monde (v. 23).

Ce n'est pas par hasard que l'apôtre relie cette plénitude de la justice à la notion de rédemption reflétée dans la Torah (v. 25–26) : de même que celui qui rachetait un esclave lui donnait une liberté qu'il n'aurait jamais obtenue par ses propres forces, Jésus, en révélant au monde la plénitude de la justice, a libéré du pouvoir du péché ceux qui cherchaient cette justice sans pouvoir s'affranchir complètement du péché par leurs propres forces. Or la plénitude de la justice apportée par Jésus est inséparable de la plénitude du Royaume : elle libère les fidèles de tout péché, car elle n'est compatible avec aucun péché, comme le Royaume n'est compatible avec aucun mal (v. 25). Ce n'est pas par hasard que Paul appelle ce que Jésus a fait pour Ses fidèles un « sacrifice de miséricorde » : le mot hébreu correspondant désignait précisément la disposition à donner à celui envers qui la miséricorde est exercée quelque chose qu'il n'a manifestement pas mérité, quelque chose auquel il n'a droit ni selon la loi ni selon un contrat conclu entre les parties.

S'il en est ainsi, si la justice ne peut être atteinte par aucune « œuvre de la Torah » (v. 28), alors la Torah elle-même devient vraiment universelle : la justice n'est reçue que grâce à cette fidélité qui lie celui qui cherche la justice à Dieu par Jésus-Christ (v. 27–28). Il n'y a ici aucune différence entre Juif et païen : l'ancien païen qui s'est confié à Jésus et a reçu par Lui le Royaume reçoit la même plénitude de vie juste que le Juif habitué dès l'enfance à suivre la Torah (v. 29–30). Mais cela ne diminue nullement l'importance de la Torah : la Torah n'est pas seulement un texte, elle est la loi spirituelle qui définit la relation de l'homme avec Dieu aussi longtemps que l'homme existe. Une telle Torah demeure inébranlable même après la venue du Christ dans le monde, car elle reste le fondement de la vie spirituelle de l'homme non seulement dans notre monde, encore imparfaitement transfiguré, mais aussi dans le Royaume.

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