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RÉFLEXIONS pour Mt 11:27-30

27 Tout m'a été remis par mon Père, et nul ne connaît le Fils si ce n'est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler.
28 " Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai.
29 Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes.
30 Oui, mon joug est aisé et mon fardeau léger. "
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Jésus caractérise parfois le Royaume d'une manière absolument étonnante et paradoxale. Que dire, par exemple, du « joug bon » ou du « fardeau léger »! Pourtant de telles définitions décrivent très précisément ce que le Royaume devient pour l'homme déchu.

Chez un homme normal, le joug ne peut guère être associé à quelque chose de positif: dans le sens initial du mot, le joug est l'instrument que l'on plaçait symboliquement sur un homme réduit en esclavage en signe de sa nouvelle condition. Et le fardeau s'associe plutôt, dans notre conscience, à un poids qu'il faut porter simplement parce qu'on ne peut pas le déposer, et certainement pas à la légèreté de l'être. Pourtant, pour la nature humaine déchue, le Royaume devient réellement un fardeau, tout comme l'homme déchu ne peut parcourir le chemin vers le Royaume que s'il prend sur lui, comme disaient les rabbins savants de cette époque, le « joug de la Torah ».

Dans la bouche de Jésus, le « joug de la Torah » devient le « joug du Royaume », car il s'agit de la même lutte intérieure propre à tout homme déchu qui veut marcher sur le chemin de la justice. Ce n'est pas un hasard si Paul disait lui aussi que par la Torah vient la connaissance du péché: ce sont précisément les tentatives de marcher sur le chemin de la justice, de suivre la Torah, qui révèlent à l'homme sa véritable nature pécheresse; alors le chemin de la justice devient lourd, et la Torah, un joug assumé librement.

Mais Jésus parle de davantage: il n'a pas apporté dans le monde la Torah, que le monde connaissait déjà avant sa venue, mais le Royaume, où celui qui marche sur le chemin de la justice pouvait enfin recevoir du soulagement en atteignant le but. Désormais même le fardeau de sa propre condition pécheresse, que l'on ne commence à sentir qu'en essayant d'observer les commandements, devient léger: car désormais la réalité n'est pas seulement le monde déchu, mais aussi le Royaume avec sa vie; et plus son propre péché devient lourd, plus se fait sentir le souffle du Royaume, qui en allège la pesanteur. Cette dualité est inévitable, elle subsistera jusqu'à la fin des temps, jusqu'à la transfiguration complète de la nature humaine; mais cette dualité inspire en elle-même l'espérance, car elle témoigne que le Royaume entrant dans le monde n'est pas une fiction, mais une réalité.

Autres réflexions

 
Pour Mt 11:27-30
27 Tout m'a été remis par mon Père, et nul ne connaît le Fils si ce n'est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler.
28 " Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai.
29 Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes.
30 Oui, mon joug est aisé et mon fardeau léger. "
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Il y a ici des paroles très difficiles, qui exigent une approche très prudente...  Lire la suite

Il y a ici des paroles très difficiles, qui exigent une approche très prudente : ils ont crucifié la chair avec ses passions et ses convoitises. On voit d’ordinaire dans ces mots le fondement de tout ascétisme. Ce thème revient très souvent chez l’apôtre Paul. Il existe encore beaucoup de paroles proches de celles-ci : « Pour moi, je ne veux me glorifier que dans la croix de notre Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde est crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde » (Ga 6:14). Il m’est arrivé d’entendre que ces paroles signifient : je suis mort pour le monde et le monde pour moi. Mais si l’apôtre avait voulu dire cela, il l’aurait dit ainsi ; or il a dit autrement.

Voici ce que dit le père Gueorgui Tchistiakov : « Le fait est que, dans la Bible, il n’y a pas de consigne de lutte contre les passions. Le Nouveau Testament, par la bouche des saints apôtres, nous appelle non pas à lutter contre la colère, la fureur, la méchanceté, etc., mais à les “déposer”, c’est-à-dire à s’en défaire comme on enlève un vieux vêtement, ou à “se dépouiller” de tous ces vices. Ce sont précisément ces deux mots qui sont employés à maintes reprises dans l’Écriture lorsqu’il est question des passions et des vices ; mais il n’est nulle part question ici de lutte contre les passions. Il faut penser que tout ce qui concerne la lutte contre les passions qui dominent sur nous et nichent en nous est entré dans la littérature chrétienne à partir de la philosophie stoïcienne et, plus généralement, antique, à une époque plus tardive.

Les saints apôtres voient le chemin du chrétien non comme une route de lutte contre les passions, mais précisément comme le rejet d’un vieux vêtement, comme le fait de grandir hors de ce vêtement... Mais si nous commençons à disséquer le péché dans ses moindres détails, à le soumettre à l’analyse, alors le processus même de lutte nous capture ou nous aspire inévitablement ; nous devenons des combattants, et notre christianisme s’arrête tout simplement là. Depuis les profondeurs de notre conscience, nous transférons la lutte dans le monde extérieur et nous commençons à lutter contre tous ceux qui, à ce qu’il nous semble, ne pensent pas comme il faut, ne font pas ce qu’il faut, etc. »

Sentons cette circonstance importante : notre Seigneur Jésus ne tirait pas de plaisir de Sa souffrance, alors que nous en tirons parfois de notre propre ascétisme (il existe en effet un type de trouble psychique, le masochisme ; c’est là que Freud avait quelque raison de nous accuser). Et cela est, en réalité, essentiel.

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Pour Mt 11:27
27 Tout m'a été remis par mon Père, et nul ne connaît le Fils si ce n'est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler.
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Peut-on être si indiscret? Oui il le faut si c’est pour la vérité. Même si Jésus est doux et humble...  Lire la suite

Peut-on être si indiscret? Oui il le faut si c’est pour la vérité. Même si Jésus est doux et humble (verset 29), Il est trop indiscret dans son service. Mais cet indiscret n’est pas la même chose avec ce que nous les Hommes sommes. Si Jésus était discret, alors il nous serait resté caché le sens de Sa relation avec le Père, comment et pourquoi nous aurait-il appelé à Le suivre ? Nous serions jusqu'à présent entrain de considérer de catégoriquement insurmontable le précipice existant entre Dieu et nous.

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Pour Mt 11:27
27 Tout m'a été remis par mon Père, et nul ne connaît le Fils si ce n'est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler.
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Peut-on être si indiscret? Oui il le faut si c’est pour la vérité. Même si Jésus est doux et humble...  Lire la suite

Peut-on être si indiscret? Oui il le faut si c’est pour la vérité. Même si Jésus est doux et humble (verset 29), Il est trop indiscret dans son service. Mais cet indiscret n’est pas la même chose avec ce que nous les Hommes sommes. Si Jésus était discret, alors il nous serait resté caché le sens de Sa relation avec le Père, comment et pourquoi nous aurait-il appelé à Le suivre ? Nous serions jusqu'à présent entrain de considérer de catégoriquement insurmontable le précipice existant entre Dieu et nous.

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Pour Mt 11:28-30
28 " Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai.
29 Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes.
30 Oui, mon joug est aisé et mon fardeau léger. "
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Le Seigneur appelle à venir à Lui tous ceux qui peinent et souffrent. Ces paroles concernent chacun de nous...  Lire la suite

Le Seigneur appelle à venir à Lui tous ceux qui peinent et souffrent. Ces paroles concernent chacun de nous - comme l'écrira plus tard Alexandre Blok, «tous ceux qui sont fatigués en terre étrangère, tous les navires partis en mer, tous ceux qui ont oublié leur joie». Nous sommes appelés à Lui par un Dieu plein de sollicitude, le Père, à l'image et à la ressemblance de qui nous avons été créés et qui souffre quand nous souffrons. Nous sommes appelés à Lui par Dieu, qui sait ce que sont la souffrance et la douleur: le Christ, passé par plus de souffrances que chacun de nous et qui a montré que même au-delà de la mort il y a une percée, dans la Résurrection. L'Esprit Saint attend de nous rencontrer: Dieu qui donne le repos et les forces pour espérer et croire que la percée viendra sûrement…

Le Seigneur n'a sans doute pas de désir plus fort que celui de voir Ses enfants venir à Lui, afin qu'Il puisse répandre sur eux tout Son amour. Il veut enlever de nous nos fardeaux, tout ce qui empêche notre regard d'être constamment tourné vers Lui, et nous donner en échange quelque chose de bien plus précieux. Quelque chose qui porte beaucoup de noms, mais dont le principal est sans doute l'Amour. C'est ce joug bon et ce fardeau léger dont Il parle. Et en même temps, comme le Christ Lui-même nous l'a montré, Son fardeau est la Croix... La Croix et la percée dans la Résurrection: voilà la vraie vie que Dieu nous propose.

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Pour Mt 11:25-30
25 En ce temps-là Jésus prit la parole et dit : " Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits.
26 Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir.
27 Tout m'a été remis par mon Père, et nul ne connaît le Fils si ce n'est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler.
28 " Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai.
29 Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes.
30 Oui, mon joug est aisé et mon fardeau léger. "
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Il est étrange d'entendre que ce qui est inaccessible aux sages et aux intelligents est révélé aux tout-petits. Bien sûr, nous sommes déjà habitués au fait que les paroles de Jésus contiennent non seulement un sens direct, mais aussi une parabole. Et pourtant: comment des tout-petits peuvent-ils contenir ce qui s'est révélé au-dessus des forces des plus sages?..  Lire la suite

Il est étrange d'entendre que ce qui est inaccessible aux sages et aux intelligents est révélé aux tout-petits. Bien sûr, nous sommes déjà habitués au fait que les paroles de Jésus contiennent non seulement un sens direct, mais aussi une parabole. Et pourtant: comment des tout-petits peuvent-ils contenir ce qui s'est révélé au-dessus des forces des plus sages?

Ici, les paroles du Christ, une fois encore, n'entrent pas dans la logique de notre quotidien. Mais la sagesse humaine a proclamé dès l'Antiquité: « Je sais seulement que je ne sais rien ». Ce n'est qu'en prenant conscience de ses propres limites que l'on peut espérer les dépasser, et pour commencer à comprendre quelque chose, il faut se reconnaître ignorant. Or les scribes et les pharisiens de tous les temps ont du mal à reconnaître leur propre ignorance, et cet orgueil leur ferme la possibilité de voir quelque chose de nouveau d'un regard non troublé. Et bien que, comme on le sait, l'essentiel ne puisse pas être vu avec les yeux, beaucoup de choses peuvent être ressenties par une âme non encombrée de pseudo-savoir et qui a gardé l'ouverture de l'enfance.

Lorsque nous entendons la promesse du Christ de donner le repos à ceux qui peinent et sont chargés, ce repos nous apparaît d'abord simplement comme un repos après de lourds travaux. Ce n'est qu'ensuite que nous nous souvenons du repos du Septième jour, de l'union avec le Seigneur, qui donne la possibilité d'entrer dans son repos.

Le fait que le Christ appelle précisément ceux qui peinent et sont chargés à prendre sur eux son joug paraît d'abord paradoxal. Pourtant cette contradiction apparente est levée par lui-même: le Sauveur est le seul dont le poids, lorsqu'il est accepté librement, ne courbe pas mais redresse. Son fardeau est léger précisément parce qu'il donne des forces et enlève de nous le poids insupportable du fardeau du péché.

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Pour Mt 11:20-30
20 Alors il se mit à invectiver contre les villes qui avaient vu ses plus nombreux miracles mais n'avaient pas fait pénitence.
21 " Malheur à toi, Chorazeïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Car si les miracles qui ont lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et dans la cendre, elles se seraient repenties.
22 Aussi bien, je vous le dis, pour Tyr et Sidon, au Jour du Jugement, il y aura moins de rigueur que pour vous.
23 Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu'au ciel? Jusqu'à l'Hadès tu descendras. Car si les miracles qui ont eu lieu chez toi avaient eu lieu à Sodome, elle subsisterait encore aujourd'hui.
24 Aussi bien, je vous le dis, pour le pays de Sodome il y aura moins de rigueur, au Jour du Jugement, que pour toi. "
25 En ce temps-là Jésus prit la parole et dit : " Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits.
26 Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir.
27 Tout m'a été remis par mon Père, et nul ne connaît le Fils si ce n'est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler.
28 " Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai.
29 Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes.
30 Oui, mon joug est aisé et mon fardeau léger. "
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Les habitants des villes où les signes et les miracles de Jésus avaient été manifestés ne crurent pas en Lui, tandis que parmi Ses disciples se trouvèrent...  Lire la suite

Les habitants des villes où les signes et les miracles de Jésus avaient été manifestés ne crurent pas en Lui, tandis que parmi Ses disciples se trouvèrent des « petits enfants » : des gens simples, sans instruction, souvent avec un passé « imparfait », des malades, des impurs, des désespérés, des « pauvres en esprit ». Cela nous place devant la question de la connaissance de Dieu, de l'acquisition de la vraie foi. Il s'avère que les miracles jouent un rôle très faible dans le bouleversement intérieur de l'homme que l'Évangile appelle repentir. Dieu ne peut être connu que lorsqu'Il se révèle Lui-même : le Fils révèle le Père, le Père conduit à la foi au Fils. Cette révélation est une sorte de miracle intérieur, un signe invisible pour les autres, souvent même pour la personne elle-même. Elle se produit dans l'expérience du repos que donne le Seigneur Jésus aux « fatigués et chargés », dans la rencontre intuitive avec Celui qui est vraiment doux, lorsque la vie de l'homme devient apprentissage auprès du Christ, acquisition d'un cœur humble.

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Pour Mt 11:1-30
Et il advint, quand Jésus eut achevé de donner ces consignes à ses douze disciples, qu'il partit de là pour enseigner et prêcher dans leurs villes.
Or Jean, dans sa prison, avait entendu parler des œuvres du Christ. Il lui envoya de ses disciples pour lui dire:
" Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? "
Jésus leur répondit : " Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez :
les aveugles voient et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres;
et heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! "
Tandis que ceux-là s'en allaient, Jésus se mit à dire aux foules au sujet de Jean : " Qu'êtes-vous allés contempler au désert ? Un roseau agité par le vent ?
Alors qu'êtes-vous allés voir? Un homme vêtu de façon délicate? Mais ceux qui portent des habits délicats se trouvent dans les demeures des rois.
Alors qu'êtes-vous allés faire? Voir un prophète? Oui, je vous le dis, et plus qu'un prophète.
10 C'est celui dont il est écrit: Voici que moi j'envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route devant toi.
11 " En vérité je vous le dis, parmi les enfants des femmes, il n'en a pas surgi de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui.
12 Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu'à présent le Royaume des Cieux souffre violence, et des violents s'en emparent.
13 Tous les prophètes en effet, ainsi que la Loi, ont mené leurs prophéties jusqu'à Jean.
14 Et lui, si vous voulez m'en croire, il est cet Élie qui doit revenir.
15 Que celui qui a des oreilles entende !
16 " Mais à qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins qui, assis sur les places, en interpellent d'autres,
17 en disant : "Nous vous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé ! Nous avons entonné un chant funèbre, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine ! "
18 Jean vient en effet, ne mangeant ni ne buvant, et l'on dit : "Il est possédé ! "
19 Vient le Fils de l'homme, mangeant et buvant, et l'on dit : "Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs ! " Et justice a été rendue à la Sagesse par ses œuvres. "
20 Alors il se mit à invectiver contre les villes qui avaient vu ses plus nombreux miracles mais n'avaient pas fait pénitence.
21 " Malheur à toi, Chorazeïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Car si les miracles qui ont lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et dans la cendre, elles se seraient repenties.
22 Aussi bien, je vous le dis, pour Tyr et Sidon, au Jour du Jugement, il y aura moins de rigueur que pour vous.
23 Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu'au ciel? Jusqu'à l'Hadès tu descendras. Car si les miracles qui ont eu lieu chez toi avaient eu lieu à Sodome, elle subsisterait encore aujourd'hui.
24 Aussi bien, je vous le dis, pour le pays de Sodome il y aura moins de rigueur, au Jour du Jugement, que pour toi. "
25 En ce temps-là Jésus prit la parole et dit : " Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits.
26 Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir.
27 Tout m'a été remis par mon Père, et nul ne connaît le Fils si ce n'est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler.
28 " Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai.
29 Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes.
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En parlant de la réalisation du Royaume de Dieu, l’évangéliste souligne clairement le rôle central du Christ Lui-même. Il...  Lire la suite

En parlant de la réalisation du Royaume de Dieu, l’évangéliste souligne clairement le rôle central du Christ Lui-même. Il se révèle être le contenu principal de la prédication du Baptiste — car c’est précisément pour cela que les gens venaient à lui de tout le pays, et non pour regarder le vent agiter un roseau dans le désert ! Il est au centre de la prédication dans les villes de Galilée : avec Sa venue, Capharnaüm « s’élève jusqu’au ciel », mais, refusant d’écouter Sa prédication, elle est « précipitée jusque dans l’enfer ». Enfin, Il concentre en Lui la loi divine et la volonté divine. Cela ressort du vocabulaire des derniers versets de ce chapitre. Les personnes pieuses qui prenaient sur elles le « fardeau » d’accomplir tous les commandements de la Loi se disaient « fatiguées et chargées ». Il ne s’agit donc nullement ici de la classe ouvrière qui, après le travail, va à l’église pour apaiser son âme par le culte. Jésus, quant à Lui, appelle les disciples à Le prendre Lui-même sur eux comme un « fardeau », à vivre par Lui et à servir Dieu par Lui, car, contrairement aux commandements fixes et immuables du Pentateuque, Son « fardeau » est aisé et léger : Il sait adopter une approche personnelle envers chacun, et il y a en outre la fidélité, l’amour et le pardon.

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Pour Mt 11:1-30
Et il advint, quand Jésus eut achevé de donner ces consignes à ses douze disciples, qu'il partit de là pour enseigner et prêcher dans leurs villes.
Or Jean, dans sa prison, avait entendu parler des œuvres du Christ. Il lui envoya de ses disciples pour lui dire:
" Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? "
Jésus leur répondit : " Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez :
les aveugles voient et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres;
et heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! "
Tandis que ceux-là s'en allaient, Jésus se mit à dire aux foules au sujet de Jean : " Qu'êtes-vous allés contempler au désert ? Un roseau agité par le vent ?
Alors qu'êtes-vous allés voir? Un homme vêtu de façon délicate? Mais ceux qui portent des habits délicats se trouvent dans les demeures des rois.
Alors qu'êtes-vous allés faire? Voir un prophète? Oui, je vous le dis, et plus qu'un prophète.
10 C'est celui dont il est écrit: Voici que moi j'envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route devant toi.
11 " En vérité je vous le dis, parmi les enfants des femmes, il n'en a pas surgi de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui.
12 Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu'à présent le Royaume des Cieux souffre violence, et des violents s'en emparent.
13 Tous les prophètes en effet, ainsi que la Loi, ont mené leurs prophéties jusqu'à Jean.
14 Et lui, si vous voulez m'en croire, il est cet Élie qui doit revenir.
15 Que celui qui a des oreilles entende !
16 " Mais à qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins qui, assis sur les places, en interpellent d'autres,
17 en disant : "Nous vous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé ! Nous avons entonné un chant funèbre, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine ! "
18 Jean vient en effet, ne mangeant ni ne buvant, et l'on dit : "Il est possédé ! "
19 Vient le Fils de l'homme, mangeant et buvant, et l'on dit : "Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs ! " Et justice a été rendue à la Sagesse par ses œuvres. "
20 Alors il se mit à invectiver contre les villes qui avaient vu ses plus nombreux miracles mais n'avaient pas fait pénitence.
21 " Malheur à toi, Chorazeïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Car si les miracles qui ont lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et dans la cendre, elles se seraient repenties.
22 Aussi bien, je vous le dis, pour Tyr et Sidon, au Jour du Jugement, il y aura moins de rigueur que pour vous.
23 Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu'au ciel? Jusqu'à l'Hadès tu descendras. Car si les miracles qui ont eu lieu chez toi avaient eu lieu à Sodome, elle subsisterait encore aujourd'hui.
24 Aussi bien, je vous le dis, pour le pays de Sodome il y aura moins de rigueur, au Jour du Jugement, que pour toi. "
25 En ce temps-là Jésus prit la parole et dit : " Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits.
26 Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir.
27 Tout m'a été remis par mon Père, et nul ne connaît le Fils si ce n'est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler.
28 " Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai.
29 Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes.
30 Oui, mon joug est aisé et mon fardeau léger. "
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La lecture d'aujourd'hui nous dit beaucoup de choses sur la sagesse au sens où Jésus l'entend. Elle commence par un épisode décrivant l'étrange perplexité, à première vue, de Jean le Baptiste au sujet...  Lire la suite

La lecture d'aujourd'hui nous dit beaucoup de choses sur la sagesse au sens où Jésus l'entend. Elle commence par un épisode décrivant l'étrange perplexité, à première vue, de Jean le Baptiste au sujet du ministère du Sauveur (v. 2-6). En effet, la question a été posée précisément par celui qui, le premier, avait désigné Jésus comme le Messie-Christ (Mt 3:13-17). Et pour Jésus lui-même, cet épisode est devenu l'occasion de paroles amères sur la sagesse humaine. Le problème n'est pas la limitation de la raison humaine : en soi, cette limitation n'a rien de terrible, car Dieu n'a pas conçu l'homme omniscient dès le commencement. Le problème est de savoir comment et dans quel but l'homme utilise la raison que Dieu lui a donnée. Or l'homme déchu, semble-t-il, l'utilise le plus souvent pour se justifier et s'affirmer lui-même.

Les auteurs de l'Ancien Testament voient la sagesse comme l'art de construire des relations avec Dieu et avec les hommes, comme la science d'une vie juste ; mais il arrivait souvent qu'elle dégénère en une sorte de jeux intellectuels servant uniquement au divertissement et, en ce sens, guère différents des jeux d'enfants (v. 16-17). Le pire était que ces jeux, pris avec tout le sérieux possible, ont masqué aux « sages », au moment critique, la Vérité vivante venue dans le monde ; ils leur ont masqué le Royaume.

Quel Messie les Juifs croyants attendaient-ils en ce temps-là ? Les conceptions théologiques messianiques étaient nombreuses, mais il s'est trouvé que le Messie réel n'entrait pleinement dans aucune d'elles. Sans doute même Jean le Baptiste attendait-il autre chose du Messie-Christ qu'il avait reconnu.

Du reste, il est impossible de satisfaire ceux pour qui leurs théories valent plus que la vérité : s'il jeûne, c'est qu'il est possédé ; s'il ne jeûne pas, c'est un glouton, un ivrogne, un pécheur (v. 18-19)... Ici, une seule chose compte : celui qu'on juge correspond-il aux critères du « nôtre », entre-t-il dans le cadre de la conception ou non ? Sinon, on peut toujours trouver des justifications pour le déclarer « incorrect », pécheur, transgresseur de la Torah et serviteur de Satan. Et les partisans de la théorie « correcte » sauront toujours fonder sa « correction » (v. 19). Seulement, au Jugement, ces « théoriciens » auront ensuite plus de peine que ceux qui ont simplement péché sans aucune théorie (v. 20-24). Ce qui, au fond, n'a rien d'étonnant : le sage qui a employé sa sagesse pour le mal porte une responsabilité plus grande que celui qui ne prétend à aucune sagesse.

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