15 L'ayant su, Jésus se retira de là. Beaucoup le suivirent et il les guérit tous |
16 et il leur enjoignit de ne pas le faire connaître, |
17 pour que s'accomplît l'oracle d'Isaïe le prophète: |
18 Voici mon Serviteur que j'ai choisi, mon Bien-aimé qui a toute ma faveur. Je placerai sur lui mon Esprit et il annoncera le Droit aux nations. |
19 Il ne fera point de querelles ni de cris et nul n'entendra sa voix sur les grands chemins. |
20 Le roseau froissé, il ne le brisera pas, et la mèche fumante, il ne l'éteindra pas, jusqu'à ce qu'il ait mené le Droit au triomphe: |
21 en son nom les nations mettront leur espérance. |
Dans la lecture d'aujourd'hui, l'évangéliste Matthieu applique à Jésus de Nazareth l'une des prophéties les plus étonnantes de l'Ancien Testament sur le Messie: les paroles du Second Isaïe sur le Serviteur du Seigneur, qui « ne brisera pas le roseau froissé ». Cette prophétie fut prononcée dans la seconde moitié du VIe siècle avant Jésus-Christ, au temps où les premières caravanes de rapatriés revenaient de Babylone à Jérusalem pour faire renaître la vie parmi les ruines de la Maison du Seigneur. Le Seigneur révèle au prophète que son Serviteur apportera le salut aux hommes sans recourir à la violence. Quelques années plus tard, le Seigneur dira au prophète Zacharie quelque chose de très semblable: le salut sera donné « ni par la puissance ni par la force, mais par mon Esprit ».
Pour l'évangéliste Matthieu, qui écrit son Évangile pour les Juifs, il importe de donner au lecteur la possibilité de voir que Jésus de Nazareth est celui qui est véritablement doux, et que cette prophétie s'est accomplie précisément en lui. Il importe à l'évangéliste que le Christ accomplisse son ministère de salut en proclamant la parole de vérité, en « annonçant le droit aux nations », selon l'expression du Second Isaïe. L'évangéliste rapporte les paroles sur la douceur du Messie directement au moment où le Seigneur Jésus « défend de le faire connaître ». En citant la prophétie tout entière, Matthieu l'applique aussi aux événements qu'il racontera ensuite. Dans la logique de ce passage, « jusqu'à ce qu'il ait mené le droit à la victoire » est une prophétie de la Croix, tandis que les paroles « les nations mettront leur espérance en son nom » s'accomplissent dans l'Église qui embrasse le monde entier.
18 Voici mon Serviteur que j'ai choisi, mon Bien-aimé qui a toute ma faveur. Je placerai sur lui mon Esprit et il annoncera le Droit aux nations. |
Pouvons-nous reconnaître en Jésus le Fils de Dieu ? Ce qu'Il a accompli a changé le monde entier, mais celui qui ne veut pas Le reconnaître ne le remarquera pas. Les habitants de la Judée, il y a presque deux mille ans, pouvaient-ils reconnaître en Jésus le Messie ? Ils connaissaient par coeur les paroles du prophète Isaïe que cite l'évangéliste Matthieu. Mais eux aussi devaient traverser leur refus de Le reconnaître. Car Il a réellement apporté le jugement devant lequel se trouve tout homme, le jugement selon les commandements. Et nous, ou bien nous recevons le Christ avec Ses commandements, ou bien, en rejetant ce jugement, nous cherchons « comment Le faire périr ».
14 Étant sortis, les Pharisiens tinrent conseil contre lui, en vue de le perdre. |
15 L'ayant su, Jésus se retira de là. Beaucoup le suivirent et il les guérit tous |
16 et il leur enjoignit de ne pas le faire connaître, |
17 pour que s'accomplît l'oracle d'Isaïe le prophète: |
18 Voici mon Serviteur que j'ai choisi, mon Bien-aimé qui a toute ma faveur. Je placerai sur lui mon Esprit et il annoncera le Droit aux nations. |
19 Il ne fera point de querelles ni de cris et nul n'entendra sa voix sur les grands chemins. |
20 Le roseau froissé, il ne le brisera pas, et la mèche fumante, il ne l'éteindra pas, jusqu'à ce qu'il ait mené le Droit au triomphe: |
21 en son nom les nations mettront leur espérance. |
Nous nous souvenons bien de ces paroles : « Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l'épée » (Mt 10:34). Et il nous arrive de penser qu'elles contredisent ce que nous lisons dans l'évangile d'aujourd'hui :« Il ne contestera pas, il ne criera pas, et personne n'entendra sa voix dans les rues ; il ne brisera pas le roseau froissé et n'éteindra pas la mèche qui fume, jusqu'à ce qu'il ait conduit le jugement à la victoire ».Mais chaque fois que nous rencontrons dans la Parole de Dieu une contradiction apparente, c'est le signe qu'un sens profond s'y trouve caché ; car si le sens est profond, il ne peut être exprimé par une phrase simple et univoque. On pourrait même dire que ce n'est pas un signe, mais un signal, un signal pour nous.
Nous cherchons donc le sens. Que fait une épée ? Pourquoi la percevons-nous ici précisément comme un instrument de meurtre ? Dans notre esprit, le lien épée-violence est solidement installé. Avec une épée, on peut couper quelque chose en deux, de telle manière qu'il soit impossible de le recomposer. C'est exactement ainsi que le Seigneur est venu séparer le bien du mal. Mais il le fera comme il est décrit dans le passage d'aujourd'hui : de sorte que personne, ni contre sa volonté ni même par hasard, ne puisse être contraint à cette victoire. Même si nous ne sommes pas athées, mais des personnes presque prêtes à accueillir la foi, même s'il semble qu'un instant encore et la résistance intérieure à Dieu se brisera comme un roseau, même alors nous viendrons nous-mêmes à la foi, et Jésus attendra simplement. Car il n'est pas un feu dévorant, mais une lampe sanctifiante.
14 Étant sortis, les Pharisiens tinrent conseil contre lui, en vue de le perdre. |
15 L'ayant su, Jésus se retira de là. Beaucoup le suivirent et il les guérit tous |
16 et il leur enjoignit de ne pas le faire connaître, |
17 pour que s'accomplît l'oracle d'Isaïe le prophète: |
18 Voici mon Serviteur que j'ai choisi, mon Bien-aimé qui a toute ma faveur. Je placerai sur lui mon Esprit et il annoncera le Droit aux nations. |
19 Il ne fera point de querelles ni de cris et nul n'entendra sa voix sur les grands chemins. |
20 Le roseau froissé, il ne le brisera pas, et la mèche fumante, il ne l'éteindra pas, jusqu'à ce qu'il ait mené le Droit au triomphe: |
21 en son nom les nations mettront leur espérance. |
Des foules suivirent Jésus, et l'évangéliste note qu'il les guérit tous. Remarquons que, dans ce passage, il n'est pas question de la guérison de tous les malades, mais de la guérison de tous ceux qui avaient suivi le Christ. Il est peu vraisemblable qu'il n'y ait eu parmi eux aucune personne sans plainte sur son état physique; après tout, même ceux qui voulaient l'accomplissement de désirs terrestres pouvaient avoir d'autres besoins. Mais la guérison n'est pas seulement la délivrance des maladies; c'est d'abord la restauration de l'intégrité de la personne humaine. Et le Christ est capable de nous accorder une telle guérison à tous, même à ceux qui ne sont pas encore délivrés des maux corporels. Contrairement au proverbe païen «un esprit sain dans un corps sain», le Christ donne la possibilité d'être spirituellement sain même dans un corps malade.
C'est précisément ici que l'évangéliste cite la prophétie d'Isaïe et la déclare accomplie. Le lien des temps ne se défait pas, et le Messie, selon la prophétie accomplie, vient sans effets extérieurs. Sa présence est discrète; il demande constamment qu'on ne lui fasse pas de publicité comme guérisseur. Mais on ne peut pas non plus dire que les attentes de ceux pour qui la venue du Messie apparaissait comme un événement redoutable, changeant radicalement le cours de l'histoire, ne se soient pas réalisées. Car, même si son action sur le monde semblait minimale et demeure jusqu'à aujourd'hui obscure pour beaucoup, c'est bien lui qui a apporté la possibilité d'une guérison radicale de la Création défigurée.
1 En ce temps-là Jésus vint à passer, un jour de sabbat, à travers les moissons. Ses disciples eurent faim et se mirent à arracher des épis et à les manger. |
2 Ce que voyant, les Pharisiens lui dirent : " Voilà tes disciples qui font ce qu'il n'est pas permis de faire pendant le sabbat ! " |
3 Mais il leur dit : " N'avez-vous pas lu ce que fit David lorsqu'il eut faim, lui et ses compagnons ? |
4 Comment il entra dans la demeure de Dieu et comment ils mangèrent les pains d'oblation, qu'il ne lui était pas permis de manger, ni à ses compagnons, mais aux prêtres seuls? |
5 Ou n'avez-vous pas lu dans la Loi que, le jour du sabbat, les prêtres dans le Temple violent le sabbat sans être en faute? |
6 Or, je vous le dis, il y a ici plus grand que le Temple. |
7 Et si vous aviez compris ce que signifie : C'est la miséricorde que je veux, et non le sacrifice, vous n'auriez pas condamné des gens qui sont sans faute. |
8 Car le Fils de l'homme est maître du sabbat. " |
9 Parti de là, il vint dans leur synagogue. |
10 Et voici un homme qui avait une main sèche, et ils lui posèrent cette question : " Est-il permis de guérir le jour du sabbat ? " afin de l'accuser. |
11 Mais il leur dit : " Quel sera d'entre vous l'homme qui aura une seule brebis, et si elle tombe dans un trou, le jour du sabbat, n'ira la prendre et la révéler ? |
12 Or, combien un homme vaut plus qu'une brebis ! Par conséquent il est permis de faire une bonne action le jour du sabbat. " |
13 Alors il dit à l'homme : " Étends ta main. ". Il l'étendit et elle fut remise en état, saine comme l'autre. |
14 Étant sortis, les Pharisiens tinrent conseil contre lui, en vue de le perdre. |
15 L'ayant su, Jésus se retira de là. Beaucoup le suivirent et il les guérit tous |
16 et il leur enjoignit de ne pas le faire connaître, |
17 pour que s'accomplît l'oracle d'Isaïe le prophète: |
18 Voici mon Serviteur que j'ai choisi, mon Bien-aimé qui a toute ma faveur. Je placerai sur lui mon Esprit et il annoncera le Droit aux nations. |
19 Il ne fera point de querelles ni de cris et nul n'entendra sa voix sur les grands chemins. |
20 Le roseau froissé, il ne le brisera pas, et la mèche fumante, il ne l'éteindra pas, jusqu'à ce qu'il ait mené le Droit au triomphe: |
21 en son nom les nations mettront leur espérance. |
Le jour sacré du sabbat, la Loi ne permet aucun travail. Ce jour appartient à Dieu. Le sabbat, le Juif pieux doit se rendre à la synagogue et y écouter (ou lire lui-même) la Torah, la Loi, révélation de Dieu donnée à Israël. Les seuls qui doivent ce jour-là s'occuper de leur activité professionnelle sont les prêtres et les lévites dans le Temple, parce qu'ils ne travaillent pas pour eux-mêmes, mais accomplissent un service pour Dieu : ils pratiquent la circoncision, offrent des sacrifices. C'est précisément cet argument que le Christ présente aux pharisiens dans l'Évangile selon Matthieu. Car Il est Celui qui est plus grand que le Temple. Toute Sa vie est un culte ininterrompu, l'accomplissement de la volonté du Père. Il fait Sa volonté toujours, y compris le sabbat, de la même manière que le sacrifice quotidien dans le Temple ne doit pas s'interrompre le sabbat.
Il en va de même pour nous : par la foi au Christ, nous devenons un « sacerdoce royal » ; toute notre vie se transforme en service de Dieu, accompli le samedi, le dimanche et à chaque instant. Toutes nos actions doivent être consacrées au Seigneur, toute pensée et toute parole doivent être un sacrifice agréable à Dieu, qui ne s'interrompt pas un seul instant.
1 En ce temps-là Jésus vint à passer, un jour de sabbat, à travers les moissons. Ses disciples eurent faim et se mirent à arracher des épis et à les manger. |
2 Ce que voyant, les Pharisiens lui dirent : " Voilà tes disciples qui font ce qu'il n'est pas permis de faire pendant le sabbat ! " |
3 Mais il leur dit : " N'avez-vous pas lu ce que fit David lorsqu'il eut faim, lui et ses compagnons ? |
4 Comment il entra dans la demeure de Dieu et comment ils mangèrent les pains d'oblation, qu'il ne lui était pas permis de manger, ni à ses compagnons, mais aux prêtres seuls? |
5 Ou n'avez-vous pas lu dans la Loi que, le jour du sabbat, les prêtres dans le Temple violent le sabbat sans être en faute? |
6 Or, je vous le dis, il y a ici plus grand que le Temple. |
7 Et si vous aviez compris ce que signifie : C'est la miséricorde que je veux, et non le sacrifice, vous n'auriez pas condamné des gens qui sont sans faute. |
8 Car le Fils de l'homme est maître du sabbat. " |
9 Parti de là, il vint dans leur synagogue. |
10 Et voici un homme qui avait une main sèche, et ils lui posèrent cette question : " Est-il permis de guérir le jour du sabbat ? " afin de l'accuser. |
11 Mais il leur dit : " Quel sera d'entre vous l'homme qui aura une seule brebis, et si elle tombe dans un trou, le jour du sabbat, n'ira la prendre et la révéler ? |
12 Or, combien un homme vaut plus qu'une brebis ! Par conséquent il est permis de faire une bonne action le jour du sabbat. " |
13 Alors il dit à l'homme : " Étends ta main. ". Il l'étendit et elle fut remise en état, saine comme l'autre. |
14 Étant sortis, les Pharisiens tinrent conseil contre lui, en vue de le perdre. |
15 L'ayant su, Jésus se retira de là. Beaucoup le suivirent et il les guérit tous |
16 et il leur enjoignit de ne pas le faire connaître, |
17 pour que s'accomplît l'oracle d'Isaïe le prophète: |
18 Voici mon Serviteur que j'ai choisi, mon Bien-aimé qui a toute ma faveur. Je placerai sur lui mon Esprit et il annoncera le Droit aux nations. |
19 Il ne fera point de querelles ni de cris et nul n'entendra sa voix sur les grands chemins. |
20 Le roseau froissé, il ne le brisera pas, et la mèche fumante, il ne l'éteindra pas, jusqu'à ce qu'il ait mené le Droit au triomphe: |
21 en son nom les nations mettront leur espérance. |
Les accusations des scribes contre Jésus sont très graves : il profane le sabbat, il fait ce qu'il ne faut pas faire, et cela au sens le plus élevé, sacré, du « il ne faut pas » : c'est une violation du commandement divin. Le Christ ne se justifie pas ; au contraire, il leur rappelle qu'autrefois le roi David, lui aussi, a fait ce qu'il ne fallait pas faire, et qu'aujourd'hui encore les prêtres profanent le sabbat, cette profanation ayant eu lieu et ayant toujours lieu dans le Temple même ! Jésus emploie volontairement de tels mots, même s'il aurait pu s'exprimer plus doucement. Et si ces transgressions paraissent pardonnables aux scribes, que diront-ils donc si se tient ici Celui qui est plus grand que David, plus grand que les prêtres et plus grand que le Temple ?
Le Christ leur montre sa liberté divino-humaine de faire le bien le jour du sabbat, jour sacré de la perfection de Dieu. Car l'interdit n'existe que pour empêcher la liberté humaine de se tourner vers le mal, vers la destruction et la mort ; ainsi les actes de Jésus signifient l'annonce que se tient devant eux Celui qui est incapable de faire le mal, le Seigneur du sabbat.
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