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La Bible de Jerusalem (fr)

Actes des Apôtres, Chapitre 19,  vers 21-40

V. La fin des missions. Le prisonnier du Christ> 21 Les projets de Paul., 23 À Éphèse. L’émeute des orfèvres.
21 Après ces événements, Paul forma le projet de traverser la Macédoine et l’Achaïe pour gagner Jérusalem. « Après avoir été là, disait-il, il me faut voir également Rome. »
22 Il envoya alors en Macédoine deux de ses auxiliaires, Timothée et Éraste ; pour lui, il resta quelque temps encore en Asie.
23 Vers ce temps-là, un tumulte assez grave se produisit à propos de la Voie.
24 Un certain Démétrius, qui était orfèvre et fabriquait des temples d’Artémis en argent, procurait ainsi aux artisans beaucoup de travail.
25 Il les réunit, ainsi que les ouvriers des métiers similaires, et leur dit : « Mes amis, c’est à cette industrie, vous le savez, que nous devons notre bien-être.
26 Or, vous le voyez et l’entendez dire, non seulement à Éphèse, mais dans presque toute l’Asie, ce Paul, par ses raisons, a entraîné à sa suite une foule considérable, en affirmant qu’ils ne sont pas dieux, ceux qui sont sortis de la main des hommes.
27 Cela risque non seulement de jeter le discrédit sur notre profession, mais encore de faire compter pour rien le sanctuaire même de la grande déesse Artémis, pour finir par dépouiller de son prestige celle que révèrent toute l’Asie et le monde entier. »
28 À ces mots, remplis de colère, ils se mirent à crier : « Grande est l’Artémis des Éphésiens ! »
29 Le désordre gagna la ville entière. On se précipita en masse au théâtre, y entraînant les Macédoniens Gaïus et Aristarque, compagnons de voyage de Paul.
30 Paul, lui, voulait se présenter devant l’assemblée du peuple, mais les disciples l’en empêchèrent.
31 Quelques asiarques même, qui l’avaient en amitié, le firent instamment prier de ne pas s’exposer en allant au théâtre.
32 Les uns criaient une chose, les autres une autre. L’assemblée était en pleine confusion, et la plupart ne savaient même pas pourquoi on s’était réuni.
33 Des gens de la foule persuadèrent Alexandre, que les Juifs poussaient en avant. Alexandre, ayant fait signe de la main, voulait s’expliquer devant le peuple.
34 Mais quand on eut reconnu que c’était un Juif, tous se mirent à crier d’une seule voix, pendant près de deux heures : « Grande est l’Artémis des Éphésiens ! »
35 Enfin le chancelier calma la foule et dit : « Éphésiens, quel homme au monde ignore que la ville d’Éphèse est la gardienne du temple de la grande Artémis et de sa statue tombée du ciel ?
36 Cela étant donc sans conteste, il faut vous tenir tranquilles et ne rien faire d’inconsidéré.
37 Vous avez amené ces hommes : ils ne sont coupables ni de sacrilège ni de blasphème envers notre déesse.
38 Que si Démétrius et les artisans qui sont avec lui ont des griefs contre quelqu’un, il y a des audiences, il y a des proconsuls : qu’ils portent plainte.
39 Et si vous avez quelque autre affaire à débattre, on la résoudra dans l’assemblée régulière.
40 Aussi bien risquons-nous d’être accusés de sédition pour ce qui s’est passé aujourd’hui, vu qu’il n’existe aucun motif qui nous permette de justifier cet attroupement. » Et sur ces mots, il congédia l’assemblée.

Actes des Apôtres, Chapitre 20

V. La fin des missions. Le prisonnier du Christ> 1 Paul quitte Éphèse., 7 À Troas. Paul ressuscite un mort., 13 De Troas à Milet., 17 Adieux aux anciens d’Éphèse.
1 Après que le tumulte eut pris fin, Paul convoqua les disciples, leur adressa une exhortation et, après avoir fait ses adieux, partit pour la Macédoine.
2 Il traversa cette contrée, y exhorta longuement les fidèles et parvint en Grèce,
3 où il resta trois mois. Un complot fomenté par les Juifs contre lui au moment où il allait s’embarquer pour la Syrie le décida à s’en retourner par la Macédoine.
4 Il avait pour compagnons Sopatros, fils de Pyrrhus, de Bérée ; Aristarque et Secundus, de Thessalonique ; Gaïus, de Dobérès, et Timothée, ainsi que les Asiates Tychique et Trophime.
5 Ceux-ci prirent les devants et nous attendirent à Troas.
6 Nous-mêmes, nous quittâmes Philippes par mer après les jours des Azymes et, au bout de cinq jours, les rejoignîmes à Troas, où nous passâmes sept jours.
7 Le premier jour de la semaine, nous étions réunis pour rompre le pain ; Paul, qui devait partir le lendemain, s’entretenait avec eux. Il prolongea son discours jusqu’au milieu de la nuit.
8 Il y avait bon nombre de lampes dans la chambre haute où nous étions réunis.
9 Un adolescent, du nom d’Eutyque, qui était assis sur le bord de la fenêtre, se laissa gagner par un profond sommeil, pendant que Paul discourait toujours. Entraîné par le sommeil, il tomba du troisième étage en bas. On le releva mort.
10 Paul descendit, se pencha sur lui, le prit dans ses bras et dit : « Ne vous agitez donc pas : son âme est en lui. »
11 Puis il remonta, rompit le pain et mangea ; longtemps encore il parla, jusqu’au point du jour. C’est alors qu’il partit.
12 Quant au jeune garçon, on le ramena vivant, et ce ne fut pas une petite consolation.
13 Pour nous, prenant les devants par mer, nous gagnâmes le large vers Assos, où nous devions prendre Paul : ainsi en avait-il disposé. Lui-même viendrait par la route.
14 Lorsqu’il nous eut rejoints à Assos, nous le prîmes à bord et gagnâmes Mitylène.
15 De là, nous repartîmes le lendemain et parvînmes devant Chio. Le jour suivant, nous touchions à Samos, et, après nous être arrêtés à Trogyllion, nous arrivions le jour d’après à Milet.
16 Paul avait en effet décidé de passer au large d’Éphèse, pour ne pas avoir à s’attarder en Asie. Il se hâtait afin d’être, si possible, le jour de la Pentecôte à Jérusalem.
17 De Milet, il envoya chercher à Éphèse les anciens de cette Église.
18 Quand ils furent arrivés auprès de lui, il leur dit :
« Vous savez vous-mêmes de quelle façon, depuis le premier jour où j’ai mis le pied en Asie, je n’ai cessé de me comporter avec vous,
19 servant le Seigneur en toute humilité, dans les larmes et au milieu des épreuves que m’ont occasionnées les machinations des Juifs.
20 Vous savez comment, en rien de ce qui vous était avantageux, je ne me suis dérobé quand il fallait vous prêcher et vous instruire, en public et en privé,
21 adjurant Juifs et Grecs de se repentir envers Dieu et de croire en Jésus, notre Seigneur.
22 « Et maintenant voici qu’enchaîné par l’Esprit je me rends à Jérusalem, sans savoir ce qui m’y adviendra,
23 sinon que, de ville en ville, l’Esprit Saint m’avertit que chaînes et tribulations m’attendent.
24 Mais je n’attache aucun prix à ma propre vie, pourvu que je mène à bonne fin ma course et le ministère que j’ai reçu du Seigneur Jésus : rendre témoignage à l’Évangile de la grâce de Dieu.
25 « Et maintenant voici que, je le sais, vous ne reverrez plus mon visage, vous tous au milieu de qui j’ai passé en proclamant le Royaume.
26 C’est pourquoi je l’atteste aujourd’hui devant vous : je suis pur du sang de tous.
27 Car je ne me suis pas dérobé quand il fallait vous annoncer en son entier le dessein de Dieu.
28 « Soyez attentifs à vous-mêmes, et à tout le troupeau dont l’Esprit Saint vous a établis gardiens pour paître l’Église de Dieu, qu’il s’est acquise par le sang de son propre fils.
29 « Je sais, moi, qu’après mon départ il s’introduira parmi vous des loups redoutables qui n’épargneront pas le troupeau,
30 et que du milieu même de vous se lèveront des hommes tenant des discours pervers dans le but d’entraîner les disciples à leur suite.
31 C’est pourquoi soyez vigilants, vous souvenant que, trois années durant, nuit et jour, je n’ai cessé d’admonester avec larmes chacun d’entre vous.
32 « Et à présent je vous confie à Dieu et à la parole de sa grâce, qui a le pouvoir de bâtir l’édifice et de procurer l’héritage parmi tous les sanctifiés.
33 « Argent, or, vêtements, je n’en ai convoité de personne :
34 vous savez vous-mêmes qu’à mes besoins et à ceux de mes compagnons ont pourvu les mains que voilà.
35 De toutes manières je vous l’ai montré : c’est en peinant ainsi qu’il faut venir en aide aux faibles et se souvenir des paroles du Seigneur Jésus, qui a dit lui-même : Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. »
36 À ces mots, se mettant à genoux, avec eux tous il pria.
37 Tous alors éclatèrent en sanglots, et, se jetant au cou de Paul, ils l’embrassaient,
38 affligés surtout de la parole qu’il avait dite : qu’ils ne devaient plus revoir son visage. Puis ils l’accompagnèrent jusqu’au bateau.

Actes des Apôtres, Chapitre 21

V. La fin des missions. Le prisonnier du Christ> 1 La montée à Jérusalem., 15 Arrivée de Paul à Jérusalem., 27 L’arrestation de Paul.
1 Lorsque, nous étant arrachés à eux, nous eûmes gagné le large, nous cinglâmes droit sur Cos ; le lendemain nous atteignîmes Rhodes, et de là Patara.
2 Ayant trouvé un navire en partance pour la Phénicie, nous y montâmes et partîmes.
3 Arrivés en vue de Chypre, nous la laissâmes à gauche pour voguer vers la Syrie, et nous abordâmes à Tyr, car c’est là que le bateau devait décharger sa cargaison.
4 Ayant découvert les disciples, nous restâmes là sept jours. Poussés par l’Esprit, ils disaient à Paul de ne pas monter à Jérusalem.
5 Mais, notre séjour achevé, nous partîmes. Nous marchions, escortés de tous, y compris femmes et enfants. Hors de la ville, nous nous mîmes à genoux sur la grève pour prier.
6 Puis, ayant fait nos adieux, nous montâmes sur le navire. Ces gens s’en retournèrent alors chez eux.
7 Et nous, achevant la traversée, nous nous rendîmes de Tyr à Ptolémaïs. Après avoir salué les frères et être restés un jour avec eux,
8 nous repartîmes le lendemain pour gagner Césarée. Descendus chez Philippe l’évangéliste, qui était un des Sept, nous demeurâmes chez lui.
9 Il avait quatre filles vierges qui prophétisaient.
10 Comme nous passions là plusieurs jours, un prophète du nom d’Agabus descendit de Judée.
11 Il vint nous trouver et, prenant la ceinture de Paul, il s’en lia les pieds et les mains en disant : « Voici ce que dit l’Esprit Saint : L’homme auquel appartient cette ceinture, les Juifs le lieront comme ceci à Jérusalem, et ils le livreront aux mains des païens. »
12 À ces paroles, nous nous mîmes, avec ceux de l’endroit, à supplier Paul de ne pas monter à Jérusalem.
13 Alors il répondit : « Qu’avez-vous à pleurer et à me briser le cœur ? Je suis prêt, moi, non seulement à me laisser lier, mais encore à mourir à Jérusalem pour le nom du Seigneur Jésus. »
14 Comme il n’y avait pas moyen de le persuader, nous cessâmes nos instances, disant : « Que la volonté du Seigneur se fasse ! »
15 Après ces quelques jours, ayant achevé nos préparatifs, nous montâmes à Jérusalem.
16 Des disciples de Césarée nous accompagnèrent et nous menèrent loger chez un certain Mnason, de Chypre, disciple des premiers jours.
17 À notre arrivée à Jérusalem, les frères nous reçurent avec joie.
18 Le jour suivant, Paul se rendit avec nous chez Jacques, où tous les anciens se réunirent.
19 Après les avoir salués, il se mit à exposer par le détail ce que Dieu avait fait chez les païens par son ministère.
20 Et ils glorifiaient Dieu de ce qu’ils entendaient. Ils lui dirent alors : « Tu vois, frère, combien de milliers de Juifs sont devenus croyants et tous se trouvent être de zélés partisans de la Loi.
21 Or à ton sujet ils ont entendu dire que, dans ton enseignement, tu pousses les Juifs qui vivent au milieu des païens à la défection vis-à-vis de Moïse, leur disant de ne plus circoncire leurs enfants et de ne plus suivre les coutumes.
22 Que faire donc ? Assurément la multitude ne manquera pas de se rassembler, car on apprendra ton arrivée.
23 Fais donc ce que nous allons te dire. Nous avons ici quatre hommes qui sont tenus par un vœu.
24 Emmène-les, joins-toi à eux pour la purification et charge-toi des frais pour qu’ils puissent se faire raser la tête. Ainsi tout le monde saura qu’il n’y a rien de vrai dans ce qu’ils ont entendu dire à ton sujet, mais que tu te conduis, toi aussi, en observateur de la Loi.
25 Quant aux païens qui ont embrassé la foi, nous leur avons mandé nos décisions : se garder des viandes immolées aux idoles, du sang, des chairs étouffées et des unions illégitimes. »
26 Le jour suivant, Paul emmena donc ces hommes et, après s’être joint à eux pour la purification, il entra dans le Temple, où il annonça le délai dans lequel, les jours de purification terminés, on devrait présenter l’oblation pour chacun d’entre eux.
27 Les sept jours touchaient à leur fin, quand les Juifs d’Asie, l’ayant aperçu dans le Temple, ameutèrent la foule et mirent la main sur lui,
28 en criant : « Hommes d’Israël, au secours ! Le voici, l’individu qui prêche à tous et partout contre notre peuple, contre la Loi et contre ce Lieu ! Et voilà encore qu’il a introduit des Grecs dans le Temple et profané ce saint Lieu. »
29 Précédemment en effet ils avaient vu l’Éphésien Trophime avec lui dans la ville, et ils pensaient que Paul l’avait introduit dans le Temple.
30 La ville entière fut en effervescence, et le peuple accourut de toutes parts. On s’empara de Paul, on se mit à le traîner hors du Temple, dont les portes furent aussitôt fermées.
31 On cherchait à le mettre à mort, quand cet avis parvint au tribun de la cohorte : « Tout Jérusalem est sens dessus dessous ! »
32 Aussitôt, prenant avec lui des soldats et des centurions, il se précipita sur les manifestants. Ceux-ci, à la vue du tribun et des soldats, cessèrent de frapper Paul.
33 Alors le tribun s’approcha, se saisit de lui et ordonna de le lier de deux chaînes ; puis il demanda qui il était et ce qu’il avait fait.
34 Mais dans la foule les uns criaient ceci, les autres cela. Ne pouvant, dans ce tapage, obtenir aucun renseignement précis, il donna l’ordre de conduire Paul dans la forteresse.
35 Quand il eut atteint les degrés, il dut être porté par les soldats, en raison de la violence de la foule.
36 Car le peuple suivait en masse, aux cris de : « À mort ! »
37 Sur le point d’être introduit dans la forteresse, Paul dit au tribun : « Me serait-il permis de te dire un mot ? » — « Tu sais le grec ? demanda celui-ci.
38 Tu n’es donc pas l’Égyptien qui, ces temps derniers, a soulevé quatre bandits et les a entraînés au désert ? » —
39 « Moi, reprit Paul, je suis Juif, de Tarse en Cilicie, citoyen d’une ville qui n’est pas sans renom. Je t’en prie, permets-moi de parler au peuple. »
40 La permission accordée, Paul, debout sur les degrés, fit de la main signe au peuple. Il se fit un grand silence. Alors il leur adressa la parole en langue hébraïque.

Actes des Apôtres, Chapitre 22

V. La fin des missions. Le prisonnier du Christ> 1 Harangue de Paul aux Juifs de Jérusalem., 22 Paul, citoyen romain., 30 Comparution devant le Sanhédrin.
1 « Frères et pères, écoutez ce que j’ai maintenant à vous dire pour ma défense. »
2 Quand ils entendirent qu’il s’adressait à eux en langue hébraïque, leur silence se fit plus profond. Il poursuivit :
3 « Je suis Juif. Né à Tarse en Cilicie, j’ai cependant été élevé ici dans cette ville, et c’est aux pieds de Gamaliel que j’ai été formé à l’exacte observance de la Loi de nos pères, et j’étais rempli du zèle de Dieu, comme vous l’êtes tous aujourd’hui.
4 J’ai persécuté à mort cette Voie, chargeant de chaînes et jetant en prison hommes et femmes,
5 comme le grand prêtre m’en est témoin, ainsi que tout le collège des anciens. J’avais même reçu d’eux des lettres pour les frères de Damas, et je m’y rendais en vue d’amener ceux de là-bas enchaînés à Jérusalem pour y être châtiés.
6 « Je faisais route et j’approchais de Damas, quand tout à coup, vers midi, une grande lumière venue du ciel m’enveloppa de son éclat.
7 Je tombai sur le sol et j’entendis une voix qui me disait : « Saoul, Saoul, pourquoi me persécutes-tu ? »
8 Je répondis : « Qui es-tu, Seigneur ? » Il me dit alors : « Je suis Jésus le Nazôréen, que tu persécutes. »
9 Ceux qui étaient avec moi virent bien la lumière, mais ils n’entendirent pas la voix de celui qui me parlait.
10 Je repris : « Que dois-je faire, Seigneur ? » Le Seigneur me dit : « Relève-toi. Va à Damas. Là on te dira tout ce qu’il t’est prescrit de faire. »
11 Mais comme je n’y voyais plus à cause de l’éclat de cette lumière, c’est conduit par la main de mes compagnons que j’arrivai à Damas.
12 « Il y avait là un certain Ananie, homme dévot selon la Loi et jouissant du bon témoignage de tous les Juifs de la ville ;
13 il vint me trouver et, une fois près de moi, me dit : « Saoul, mon frère, recouvre la vue. » Et moi, au même instant, je pus le voir.
14 Il dit alors : « Le Dieu de nos pères t’a prédestiné à connaître sa volonté, à voir le Juste et à entendre la voix sortie de sa bouche ;
15 car pour lui tu dois être témoin devant tous les hommes de ce que tu as vu et entendu.
16 Pourquoi tarder encore ? Allons ! Reçois le baptême et purifie-toi de tes péchés en invoquant son nom. »
17 « De retour à Jérusalem, il m’est arrivé, un jour que je priais dans le Temple, de tomber en extase.
18 Je vis le Seigneur, qui me dit : « Hâte-toi, sors vite de Jérusalem, car ils n’accueilleront pas ton témoignage à mon sujet. » —
19 « Seigneur, répondis-je, ils savent pourtant bien que, de synagogue en synagogue, je faisais jeter en prison et battre de verges ceux qui croient en toi ;
20 et quand on répandait le sang d’Étienne, ton témoin, j’étais là, moi aussi, d’accord avec ceux qui le tuaient, et je gardais leurs vêtements. »
21 Il me dit alors : « Va ; c’est au loin, vers les païens, que moi, je veux t’envoyer ». »
22 Jusque-là on l’écoutait. Mais à ces mots, on se mit à crier : « Ôtez de la terre un pareil individu ! Il ne convient pas qu’il vive. »
23 On vociférait, on jetait ses vêtements, on lançait de la poussière en l’air.
24 Le tribun le fit alors introduire dans la forteresse et ordonna de lui donner la question par le fouet, afin de savoir pour quel motif on criait ainsi contre lui.
25 Quand on l’eut étendu avec les courroies, Paul dit au centurion de service : « Un citoyen romain, et qui n’a même pas été jugé, vous est-il permis de lui appliquer le fouet ? »
26 À ces mots, le centurion alla trouver le tribun pour le prévenir : « Que vas-tu faire ? Cet homme est citoyen romain. »
27 Le tribun vint donc demander à Paul : « Dis-moi, tu es citoyen romain ? » — « Oui », répondit-il.
28 Le tribun reprit : « Moi, il m’a fallu une forte somme pour acheter ce droit de cité. » — « Et moi, dit Paul, je l’ai de naissance. »
29 Aussitôt donc, ceux qui allaient le mettre à la question s’écartèrent de lui et le tribun lui-même eut peur, sachant que c’était un citoyen romain qu’il avait chargé de chaînes.
30 Le lendemain, voulant savoir de quoi les Juifs l’accusaient au juste, il le fit détacher et ordonna aux grands prêtres ainsi qu’à tout le Sanhédrin de se réunir ; puis il amena Paul et le fit comparaître devant eux.

Actes des Apôtres, Chapitre 23

V. La fin des missions. Le prisonnier du Christ> 30 Comparution devant le Sanhédrin., 12 Complot des Juifs contre Paul., 23 Transfert de Paul à Césarée.
1 Fixant du regard le Sanhédrin, Paul dit : « Frères, c’est tout à fait en bonne conscience que je me suis conduit devant Dieu jusqu’à ce jour. »
2 Mais le grand prêtre Ananie ordonna à ses assistants de le frapper sur la bouche.
3 Alors Paul lui dit : « C’est Dieu qui te frappera, toi, muraille blanchie ! Eh quoi ! Tu sièges pour me juger d’après la Loi, et, au mépris de la Loi, tu ordonnes de me frapper ! »
4 Les assistants lui dirent : « C’est le grand prêtre de Dieu que tu insultes ? »
5 Paul répondit : « Je ne savais pas, frères, que ce fût le grand prêtre. Car il est écrit : Tu ne maudiras pas le chef de ton peuple. »
6 Paul savait qu’il y avait là d’un côté le parti des Sadducéens, de l’autre celui des Pharisiens. Il s’écria donc dans le Sanhédrin : « Frères, je suis, moi, Pharisien, fils de Pharisiens. C’est pour notre espérance, la résurrection des morts, que je suis mis en jugement. »
7 À peine eut-il dit cela qu’un conflit se produisit entre Pharisiens et Sadducéens, et l’assemblée se divisa.
8 Les Sadducéens disent en effet qu’il n’y a pas de résurrection, ni ange, ni esprit, tandis que les Pharisiens professent l’un et l’autre.
9 Il se fit donc une grande clameur. Quelques scribes du parti des Pharisiens se levèrent et protestèrent énergiquement : « Nous ne trouvons rien de mal en cet homme. Et si un esprit lui avait parlé ? Ou un ange ? »
10 La dispute devenait de plus en plus vive. Le tribun, craignant qu’ils ne missent Paul en pièces, fit descendre la troupe pour l’enlever du milieu d’eux et le ramener à la forteresse.
11 La nuit suivante, le Seigneur vint le trouver et lui dit : « Courage ! De même que tu as rendu témoignage de moi à Jérusalem, ainsi faut-il encore que tu témoignes à Rome. »
12 Lorsqu’il fit jour, les Juifs tinrent un conciliabule, où ils s’engagèrent par anathème à ne pas manger ni boire avant d’avoir tué Paul.
13 Ils étaient plus de quarante à avoir fait cette conjuration.
14 Ils allèrent trouver les grands prêtres et les anciens, et leur dirent : « Nous nous sommes engagés par anathème à ne rien prendre avant d’avoir tué Paul.
15 Vous donc maintenant, d’accord avec le Sanhédrin, expliquez au tribun qu’il doit vous l’amener, sous prétexte d’examiner plus à fond son affaire. De notre côté, nous sommes prêts à le tuer avant qu’il n’arrive. »
16 Mais le fils de la sœur de Paul eut connaissance du guet-apens. Il se rendit à la forteresse, entra et prévint Paul.
17 Appelant un des centurions, Paul lui dit : « Conduis ce jeune homme au tribun ; il a quelque chose à lui communiquer. »
18 Le centurion le prit donc et l’amena au tribun. « Le prisonnier Paul, dit-il, m’a appelé et m’a prié de t’amener ce jeune homme, qui a quelque chose à te dire. »
19 Le tribun prit le jeune homme par la main, se retira à l’écart et lui demanda : « Qu’as-tu à me communiquer ? » —
20 « Les Juifs, répondit-il, se sont concertés pour te prier d’amener Paul demain au Sanhédrin, sous prétexte d’enquêter plus à fond sur son cas.
21 Ne va pas les croire. Plus de quarante d’entre eux le guettent, qui se sont engagés par anathème à ne pas manger ni boire avant de l’avoir tué. Et maintenant, ils sont tout prêts, escomptant ton accord. »
22 Le tribun congédia le jeune homme avec cette recommandation : « Ne raconte à personne que tu m’as révélé ces choses. »
23 Puis il appela deux des centurions et leur dit : « Tenez prêts à partir pour Césarée, dès la troisième heure de la nuit, deux cents soldats, soixante-dix cavaliers et deux cents hommes d’armes.
24 Qu’on ait aussi des chevaux pour faire monter Paul et le conduire sain et sauf au gouverneur Félix. »
25 Et il écrivit une lettre ainsi conçue :
26 « Claudius Lysias au très excellent gouverneur Félix, salut !
27 L’homme que voici avait été pris par les Juifs, et ils allaient le tuer, quand j’arrivai avec la troupe et le leur arrachai, ayant appris qu’il était citoyen romain.
28 J’ai voulu savoir au juste pourquoi ils l’accusaient et je l’ai amené dans leur Sanhédrin.
29 J’ai constaté que l’accusation se rapportait à des points contestés de leur Loi, mais qu’il n’y avait aucune charge qui entraînât la mort ou les chaînes.
30 Avisé qu’un complot se préparait contre cet homme, je te l’ai aussitôt envoyé, et j’ai informé ses accusateurs qu’ils avaient à porter devant toi leur plainte contre lui. »
31 Conformément aux ordres reçus, les soldats prirent Paul et le conduisirent de nuit à Antipatris.
32 Le lendemain, ils laissèrent les cavaliers s’en aller avec lui et rentrèrent à la forteresse.
33 Arrivés à Césarée, les cavaliers remirent la lettre au gouverneur et lui présentèrent Paul.
34 Après avoir lu la lettre, le gouverneur s’informa de quelle province il était. Apprenant qu’il était de Cilicie :
35 « Je t’entendrai, dit-il, quand tes accusateurs seront arrivés, eux aussi. » Et il le fit garder dans le prétoire d’Hérode.

Actes des Apôtres, Chapitre 24

V. La fin des missions. Le prisonnier du Christ> 1 Le procès devant Félix., 14 Discours de Paul devant le gouverneur romain., 22 La captivité de Paul à Césarée.
1 Cinq jours plus tard, le grand prêtre Ananie descendit avec quelques anciens et un avocat, un certain Tertullus, et, devant le gouverneur, ils se constituèrent accusateurs de Paul.
2 Celui-ci fut appelé, et Tertullus entama l’accusation en ces termes : « La paix profonde dont nous jouissons grâce à toi et les réformes dont cette nation est redevable à ta providence,
3 en tout et partout nous les accueillons, très excellent Félix, avec toutes sortes d’actions de grâces.
4 Mais pour ne pas t’importuner davantage, je te prie de nous écouter un instant avec la bienveillance qui te caractérise.
5 Cet homme, nous l’avons constaté, est une peste : il suscite des désordres chez tous les Juifs du monde entier, et c’est un meneur du parti des Nazôréens.
6 Il a même tenté de profaner le Temple, et nous l’avons alors arrêté.
7 ...
8 C’est par lui que tu pourras toi-même, en l’interrogeant, t’assurer du bien-fondé de toutes nos accusations contre lui. »
9 Les Juifs l’appuyèrent, assurant qu’il en était bien ainsi.
10 Alors, le gouverneur lui ayant fait signe de parler, Paul répondit :
« Voilà, je le sais, de nombreuses années que tu assures la justice à cette nation ; aussi est-ce avec confiance que je plaiderai ma cause.
11 Tu peux t’en assurer : il n’y a pas plus de douze jours que je suis monté en pèlerinage à Jérusalem,
12 et, ni dans le Temple, ni dans les synagogues, ni par la ville, on ne m’a trouvé en discussion avec quelqu’un ou en train d’ameuter la foule.
13 Ils ne peuvent pas davantage te prouver ce dont ils m’accusent maintenant.
14 « Je t’avoue pourtant ceci : c’est suivant la Voie, qualifiée par eux de parti, que je sers le Dieu de mes pères, gardant ma foi à tout ce qu’il y a dans la Loi et à ce qui est écrit dans les Prophètes,
15 ayant en Dieu l’espérance, comme ceux-ci l’ont eux-mêmes, qu’il y aura une résurrection des justes et des injustes.
16 C’est pourquoi, moi aussi, je m’applique à avoir sans cesse une conscience irréprochable devant Dieu et devant les hommes.
17 « Au bout de bien des années, je suis venu apporter des aumônes à ma nation et présenter des offrandes :
18 c’est ainsi qu’ils m’ont trouvé dans le Temple ; je m’étais purifié et ne provoquais ni attroupement ni tumulte.
19 Mais quelques Juifs d’Asie... — c’est eux qui auraient dû se présenter devant toi et m’accuser, s’ils avaient quelque chose contre moi !
20 Que ceux-ci du moins disent, eux, de quel délit ils m’ont trouvé coupable lorsque j’ai comparu devant le Sanhédrin !
21 À moins qu’il ne s’agisse de cette seule parole que j’ai criée, debout au milieu d’eux : C’est à cause de la résurrection des morts que je suis mis aujourd’hui en jugement devant vous. »
22 Félix, qui était fort exactement informé de ce qui concerne la Voie, les ajourna en disant : « Dès que le tribun Lysias sera descendu, je statuerai sur votre affaire. »
23 Il prescrivit au centurion de garder Paul prisonnier, mais de lui laisser quelques facilités et de n’empêcher aucun des siens de lui rendre service.
24 Quelques jours plus tard, Félix vint avec sa femme Drusille, qui était juive. Il envoya chercher Paul et l’écouta parler de la foi au Christ Jésus.
25 Mais comme il se mettait à discourir sur la justice, la continence, le jugement à venir, Félix prit peur et répondit : « Pour le moment, tu peux aller. Je te rappellerai à la première occasion. »
26 Il espérait par ailleurs que Paul lui donnerait de l’argent ; aussi l’envoyait-il assez souvent chercher pour converser avec lui.
27 Après deux années révolues, Félix reçut pour successeur Porcius Festus. Voulant faire plaisir aux Juifs, Félix laissa Paul en captivité.

Actes des Apôtres, Chapitre 25

V. La fin des missions. Le prisonnier du Christ> 1 Paul en appelle à César., 13 Paul comparaît devant le roi Agrippa.
1 Trois jours après son arrivée dans la province, Festus monta de Césarée à Jérusalem.
2 Les grands prêtres et les notables juifs se constituèrent devant lui accusateurs de Paul. Lui présentant leur requête
3 contre celui-ci, ils sollicitaient comme une faveur qu’il fût transféré à Jérusalem ; ils préparaient un guet-apens pour le tuer en chemin.
4 Mais Festus répondit que Paul devait rester en prison à Césarée, que lui-même d’ailleurs allait partir tout de suite.
5 « Que ceux donc d’entre vous qui ont qualité, dit-il, descendent avec moi et, si cet homme est coupable en quelque manière, qu’ils le mettent en accusation. »
6 Après avoir passé chez eux huit à dix jours au plus, il descendit à Césarée et, siégeant au tribunal le lendemain, il fit amener Paul.
7 Quand celui-ci fut arrivé, les Juifs descendus de Jérusalem l’entourèrent, portant contre lui des accusations multiples et graves, qu’ils n’étaient pas capables de prouver.
8 Paul se défendait : « Je n’ai, disait-il, commis aucune faute contre la Loi des Juifs, ni contre le Temple, ni contre César. »
9 Voulant faire plaisir aux Juifs, Festus répondit à Paul : « Veux-tu monter à Jérusalem pour y être jugé làdessus en ma présence ? »
10 Mais Paul répliqua : « Je suis devant le tribunal de César ; c’est là que je dois être jugé. Je n’ai fait aucun tort aux Juifs, tu le sais très bien toi-même.
11 Mais si je suis réellement coupable, si j’ai commis quelque crime qui mérite la mort, je ne refuse pas de mourir. Si, par contre, il n’y a rien de fondé dans les accusations de ces gens-là contre moi, nul n’a le droit de me céder à eux. J’en appelle à César ! »
12 Alors Festus, après en avoir conféré avec son conseil, répondit : « Tu en appelles à César, tu iras devant César. »
13 Quelques jours plus tard, le roi Agrippa et Bérénice arrivèrent à Césarée et vinrent saluer Festus.
14 Comme leur séjour se prolongeait, Festus exposa au roi l’affaire de Paul : « Il y a ici, dit-il, un homme que Félix a laissé en captivité.
15 Pendant que j’étais à Jérusalem, les grands prêtres et les anciens des Juifs ont porté plainte à son sujet, demandant sa condamnation.
16 Je leur ai répondu que les Romains n’ont pas la coutume de céder un homme avant que, ayant été accusé, il ait eu ses accusateurs en face de lui et qu’on lui ait donné la possibilité de se défendre contre l’inculpation.
17 Ils sont donc venus ici avec moi, et, sans y apporter aucun délai, dès le lendemain, j’ai siégé à mon tribunal et fait amener l’homme.
18 Mis en sa présence, les accusateurs n’ont soulevé aucun grief concernant des forfaits que, pour ma part, j’aurais soupçonnés.
19 Ils avaient seulement avec lui je ne sais quelles contestations touchant leur religion à eux et touchant un certain Jésus, qui est mort, et que Paul affirme être en vie.
20 Pour moi, embarrassé devant un débat de ce genre, je lui ai demandé s’il voulait aller à Jérusalem pour y être jugé là-dessus.
21 Mais Paul ayant interjeté appel pour que son cas fût réservé au jugement de l’auguste empereur, j’ai ordonné de le garder jusqu’à ce que je l’envoie à César. »
22 Agrippa dit à Festus : « Je voudrais, moi aussi, entendre cet homme. » — « Demain, dit-il, tu l’entendras. »
23 Le lendemain donc, Agrippa et Bérénice vinrent en grande pompe et se rendirent à la salle d’audience, entourés des tribuns et des notabilités de la ville. Sur l’ordre de Festus, on amena Paul.
24 Festus dit alors : « Roi Agrippa et vous tous ici présents avec nous, vous voyez cet homme au sujet duquel la communauté juive tout entière est intervenue auprès de moi, tant à Jérusalem qu’ici, protestant à grands cris qu’il ne fallait pas le laisser vivre davantage.
25 Pour moi, j’ai reconnu qu’il n’a rien fait qui mérite la mort ; cependant, comme il en a lui-même appelé à l’auguste empereur, j’ai décidé de le lui envoyer.
26 Je n’ai rien de bien précis à écrire au Seigneur sur son compte ; c’est pourquoi je l’ai fait comparaître devant vous, devant toi surtout, roi Agrippa, afin qu’après cet interrogatoire j’aie quelque chose à écrire.
27 Il me paraît absurde, en effet, d’envoyer un prisonnier sans signifier en même temps les charges qui pèsent sur lui. »

Actes des Apôtres, Chapitre 26

V. La fin des missions. Le prisonnier du Christ> 13 Paul comparaît devant le roi Agrippa., 2 Discours de Paul devant le roi Agrippa., 24 Réactions de l’auditoire.
1 Agrippa dit à Paul : « Tu es autorisé à plaider ta cause. » Alors, étendant la main, Paul présenta sa défense :
2 « De tout ce dont me chargent les Juifs, je m’estime heureux, roi Agrippa, d’avoir aujourd’hui à me disculper devant toi,
3 d’autant plus que tu es au courant de toutes les coutumes et controverses des Juifs. Aussi, je te prie de m’écouter avec patience.
4 « Ce qu’a été ma vie depuis ma jeunesse, comment depuis le début j’ai vécu au sein de ma nation, à Jérusalem même, tous les Juifs le savent.
5 Ils me connaissent de longue date et peuvent, s’ils le veulent, témoigner que j’ai vécu suivant le parti le plus strict de notre religion, en Pharisien.
6 Maintenant encore, si je suis mis en jugement, c’est à cause de mon espérance en la promesse faite par Dieu à nos pères
7 et dont nos douze tribus, dans le culte qu’elles rendent à Dieu avec ardeur, nuit et jour, espèrent atteindre l’accomplissement. C’est pour cette espérance, ô roi, que je suis mis en accusation par les Juifs.
8 Pourquoi juge-t-on incroyable parmi vous que Dieu ressuscite les morts ?
9 « Pour moi donc, j’avais estimé devoir employer tous les moyens pour combattre le nom de Jésus le Nazôréen.
10 Et c’est ce que j’ai fait à Jérusalem ; j’ai moi-même jeté en prison un grand nombre de saints, ayant reçu ce pouvoir des grands prêtres, et quand on les mettait à mort, j’apportais mon suffrage.
11 Souvent aussi, parcourant toutes les synagogues, je voulais, par mes sévices, les forcer à blasphémer et, dans l’excès de ma fureur contre eux, je les poursuivais jusque dans les villes étrangères.
12 « C’est ainsi que je me rendis à Damas avec pleins pouvoirs et mission des grands prêtres.
13 En chemin, vers midi, je vis, ô roi, venant du ciel et plus éclatante que le soleil, une lumière qui resplendit autour de moi et de ceux qui m’accompagnaient.
14 Tous nous tombâmes à terre, et j’entendis une voix qui me disait en langue hébraïque : « Saoul, Saoul, pourquoi me persécutes-tu ? Il est dur pour toi de regimber contre l’aiguillon. »
15 Je répondis : « Qui es-tu, Seigneur ? » Le Seigneur dit : « Je suis Jésus, que tu persécutes.
16 Mais relève-toi et tiens-toi debout. Car voici pourquoi je te suis apparu : pour t’établir serviteur et témoin de la vision dans laquelle tu viens de me voir et de celles où je me montrerai encore à toi.
17 C’est pour cela que je te délivrerai du peuple et des nations païennes, vers lesquelles je t’envoie, moi,
18 pour leur ouvrir les yeux, afin qu’elles reviennent des ténèbres à la lumière et de l’empire de Satan à Dieu, et qu’elles obtiennent, par la foi en moi, la rémission de leurs péchés et une part d’héritage avec les sanctifiés. »
19 « Dès lors, roi Agrippa, je n’ai pas été rebelle à la vision céleste.
20 Bien au contraire, aux habitants de Damas d’abord, à Jérusalem et dans tout le pays de Judée, puis aux païens, j’ai prêché qu’il fallait se repentir et revenir à Dieu en faisant des œuvres qui conviennent au repentir.
21 Voilà pourquoi les Juifs, s’étant saisis de moi dans le Temple, essayaient de me tuer.
22 Soutenu par la protection de Dieu, j’ai continué jusqu’à ce jour à rendre mon témoignage devant petits et grands, sans jamais rien dire en dehors de ce que les Prophètes et Moïse avaient déclaré devoir arriver :
23 que le Christ souffrirait et que, ressuscité le premier d’entre les morts, il annoncerait la lumière au peuple et aux nations païennes. »
24 Il en était là de sa défense, quand Festus dit à haute voix : « Tu es fou, Paul ; ton grand savoir te fait perdre la tête. »
25 Sur quoi Paul de dire : « Je ne suis pas fou, très excellent Festus, mais je parle un langage de vérité et de bon sens.
26 Car il est instruit de ces choses, le roi, auquel je m’adresse en toute assurance, persuadé que rien ne lui en est étranger. Car ce n’est pas dans un coin que cela s’est passé !
27 Crois-tu aux prophètes, roi Agrippa ? Je sais que tu y crois. »
28 Et le roi Agrippa de répondre à Paul : « Encore un peu et, par tes raisons, tu vas faire de moi un chrétien ! »
29 Et Paul : « Qu’il s’en faille de peu ou de beaucoup, puisse Dieu faire que non seulement toi, mais tous ceux qui m’écoutent aujourd’hui, vous deveniez tels que je suis moi-même, à l’exception des chaînes que voici. »
30 Là-dessus le roi se leva, ainsi que le gouverneur, Bérénice et ceux qui étaient assis avec eux.
31 En se retirant, ils parlaient entre eux : « Cet homme, disaient-ils, n’a rien fait qui mérite la mort ni les chaînes. »
32 Agrippa, lui, dit à Festus : « On aurait pu relâcher cet homme s’il n’en avait appelé à César. »

Actes des Apôtres, Chapitre 27

V. La fin des missions. Le prisonnier du Christ> 1 Le départ pour Rome., 9 La tempête et le naufrage.
1 Quand notre embarquement pour l’Italie eut été décidé, on remit Paul et quelques autres prisonniers à un centurion de la cohorte Augusta, nommé Julius.
2 Nous montâmes à bord d’un vaisseau d’Adramyttium qui allait partir pour les côtes d’Asie, et nous prîmes la mer. Il y avait avec nous Aristarque, un Macédonien de Thessalonique.
3 Le lendemain, nous touchâmes à Sidon. Julius fit preuve d’humanité à l’égard de Paul en lui permettant d’aller trouver ses amis et de recevoir leurs bons offices.
4 Partis de là, nous longeâmes la côte de Chypre, parce que les vents étaient contraires.
5 Traversant ensuite les mers de Cilicie et de Pamphylie, nous arrivâmes au bout de quinze jours à Myre en Lycie.
6 Là, le centurion trouva un navire alexandrin en partance pour l’Italie et nous fit monter à bord.
7 Pendant plusieurs jours la navigation fut lente, et nous arrivâmes à grand-peine à la hauteur de Cnide. Le vent ne nous permit pas d’aborder, nous longeâmes alors la Crète vers le cap Salmoné,
8 et après l’avoir côtoyée péniblement, nous arrivâmes à un endroit appelé Bons-Ports, près duquel se trouve la ville de Lasaïa.
9 Il s’était écoulé pas mal de temps, et la navigation était désormais périlleuse, car même le Jeûne était déjà passé. Paul les en avertissait :
10 « Mes amis, leur disait-il, je vois que la navigation n’ira pas sans péril et sans grave dommage non seulement pour la cargaison et le navire, mais même pour nos personnes. »
11 Le centurion se fiait au capitaine et à l’armateur plutôt qu’aux dires de Paul ;
12 le port se prêtait d’ailleurs mal à l’hivernage. La plupart furent donc d’avis de partir et de gagner, si possible, pour y passer l’hiver, Phénix, un port de Crète tourné vers le sud-ouest et le nord-ouest.
13 Un léger vent du sud s’étant levé, ils se crurent en mesure d’exécuter leur projet. Ils levèrent l’ancre et se mirent à côtoyer de près la Crète.
14 Mais bientôt, venant de l’île, se déchaîna un vent d’ouragan nommé Euraquilon.
15 Le navire fut entraîné et ne put tenir tête au vent ; nous nous abandonnâmes donc à la dérive.
16 Filant sous une petite île appelée Cauda, nous réussîmes à grand-peine à nous rendre maîtres de la chaloupe.
17 Après l’avoir hissée, on fit usage des engins de secours : on ceintura le navire ; puis, par crainte d’aller échouer sur la Syrte, on laissa glisser l’ancre flottante. On allait ainsi à la dérive.
18 Le lendemain, comme nous étions furieusement battus de la tempête, on se mit à délester le navire
19 et, le troisième jour, de leurs propres mains, les matelots jetèrent les agrès à la mer.
20 Ni soleil ni étoiles n’avaient brillé depuis plusieurs jours, et la tempête gardait toujours la même violence ; aussi tout espoir de salut était-il désormais perdu pour nous.
21 Il y avait longtemps qu’on n’avait plus mangé : alors Paul, debout au milieu des autres, leur dit : « Il fallait m’écouter, mes amis, et ne pas quitter la Crète ; on se serait épargné ce péril et ce dommage.
22 Quoi qu’il en soit, je vous invite à avoir bon courage, car aucun de vous n’y laissera la vie, le navire seul sera perdu.
23 Cette nuit en effet m’est apparu un ange du Dieu auquel j’appartiens et que je sers,
24 et il m’a dit : « Sois sans crainte, Paul. Il faut que tu comparaisses devant César, et voici que Dieu t’accorde la vie de tous ceux qui naviguent avec toi. »
25 Courage donc, mes amis ! Je me fie à Dieu de ce qu’il en sera comme il m’a été dit.
26 Mais nous devons échouer sur une île. »
27 C’était la quatorzième nuit et nous étions ballottés sur l’Adriatique, quand, vers minuit, les matelots pressentirent l’approche d’une terre.
28 Ils lancèrent la sonde et trouvèrent vingt brasses ; un peu plus loin, ils la lancèrent encore et trouvèrent quinze brasses.
29 Craignant donc que nous n’allions échouer quelque part sur des écueils, ils jetèrent quatre ancres à la poupe ; et ils appelaient de leurs vœux la venue du jour.
30 Mais les matelots cherchaient à s’enfuir du navire. Ils mirent la chaloupe à la mer, sous prétexte d’aller élonger les ancres de la proue.
31 Paul dit alors au centurion et aux soldats : « Si ces gens-là ne restent pas sur le navire, vous ne pouvez être sauvés. »
32 Sur ce les soldats coupèrent les cordes de la chaloupe et la laissèrent tomber.
33 En attendant que parût le jour, Paul engageait tout le monde à prendre de la nourriture. « Voici aujourd’hui quatorze jours, disait-il, que, dans l’attente, vous restez à jeun, sans rien prendre.
34 Je vous engage donc à prendre de la nourriture, car c’est votre propre salut qui est ici en jeu. Nul d’entre vous ne perdra un cheveu de sa tête. »
35 Cela dit, il prit du pain, rendit grâces à Dieu devant tous, le rompit et se mit à manger.
36 Alors, retrouvant leur courage, eux aussi prirent tous de la nourriture.
37 Nous étions en tout sur le navire deux cent soixante-seize personnes.
38 Une fois rassasiés, on se mit à alléger le navire en jetant le blé à la mer.
39 Quand le jour parut, les marins ne reconnurent pas la terre ; ils distinguaient seulement une baie avec une plage, et ils se proposaient, si possible, d’y pousser le navire.
40 Ils détachèrent les ancres, qu’ils abandonnèrent à la mer ; ils relâchèrent en même temps les amarres des gouvernails. Puis, hissant au vent la voile d’artimon, ils se laissèrent porter vers la plage.
41 Mais ayant touché un haut-fond entre deux courants, ils y firent échouer le navire. La proue, fortement engagée, restait immobile, tandis que la poupe, violemment secouée, se disloquait.
42 Les soldats résolurent alors de tuer les prisonniers, de peur qu’il ne s’en échappât quelqu’un à la nage.
43 Mais le centurion, qui voulait sauver Paul, s’opposa à leur dessein. Il donna l’ordre à ceux qui savaient nager de se jeter à l’eau les premiers et de gagner la terre ;
44 quant aux autres, ils la gagneraient, qui sur des planches, qui sur les épaves du navire. Et c’est ainsi que tous parvinrent sains et saufs à terre.

Actes des Apôtres, Chapitre 28

V. La fin des missions. Le prisonnier du Christ> 1 Séjour à Malte., 11 De Malte à Rome., 17 Prise de contact avec les Juifs de Rome., 23 Déclaration de Paul aux Juifs de Rome., 30 Épilogue.
1 Une fois sauvés, nous apprîmes que l’île s’appelait Malte.
2 Les indigènes nous traitèrent avec une humanité peu banale. Ils nous accueillirent tous auprès d’un grand feu qu’ils avaient allumé à cause de la pluie qui était survenue et du froid.
3 Comme Paul ramassait une brassée de bois sec et la jetait dans le feu, une vipère, que la chaleur en fit sortir, s’accrocha à sa main.
4 Quand les indigènes virent la bête suspendue à sa main, ils se dirent entre eux : « Pour sûr, c’est un assassin que cet homme : il vient d’échapper à la mer, et la vengeance divine ne lui permet pas de vivre. »
5 Mais lui secoua la bête dans le feu et n’en ressentit aucun mal.
6 Ils s’attendaient à le voir enfler ou tomber raide mort. Après avoir attendu longtemps, voyant qu’il ne lui arrivait rien d’anormal, ils changèrent d’avis et se mirent à dire que c’était un dieu.
7 Il y avait à proximité de cet endroit un domaine appartenant au Premier de l’île, nommé Publius. Celui-ci nous reçut et nous hébergea complaisamment pendant trois jours.
8 Justement le père de Publius, en proie aux fièvres et à la dysenterie, était alité. Paul alla le voir, pria, lui imposa les mains et le guérit.
9 Sur quoi, les autres malades de l’île vinrent aussi le trouver et furent guéris.
10 Aussi nous comblèrent-ils de toutes sortes de prévenances et, à notre départ, nous pourvurent-ils du nécessaire.
11 Au bout de trois mois, nous prîmes la mer sur un navire qui avait hiverné dans l’île ; c’était un bateau alexandrin, à l’enseigne des Dioscures.
12 Nous abordâmes à Syracuse et y demeurâmes trois jours.
13 De là, en longeant la côte, nous allâmes à Rhegium. Le jour suivant, le vent du Sud se leva, et nous parvenions le surlendemain à Puteoli.
14 Y trouvant des frères, nous eûmes la consolation de rester sept jours avec eux. Et c’est ainsi que nous arrivâmes à Rome.
15 Les frères de cette ville, informés de notre arrivée, vinrent à notre rencontre jusqu’au Forum d’Appius et aux Trois-Tavernes. En les voyant, Paul rendit grâces à Dieu et reprit courage.
16 Quand nous fûmes entrés dans Rome, on permit à Paul de loger en son particulier avec le soldat qui le gardait.
17 Trois jours après, il convoqua les notables juifs. Lorsqu’ils furent réunis, il leur dit : « Frères, alors que je n’avais rien fait contre notre peuple ni contre les coutumes des pères, j’ai été arrêté à Jérusalem et livré aux mains des Romains.
18 Enquête faite, ceux-ci voulaient me relâcher, parce qu’il n’y avait rien en moi qui méritât la mort.
19 Mais comme les Juifs s’y opposaient, j’ai été contraint d’en appeler à César, sans pourtant vouloir accuser en rien ma nation.
20 Voilà pourquoi j’ai demandé à vous voir et à vous parler ; car c’est à cause de l’espérance d’Israël que je porte les chaînes que voici. »
21 Ils lui répondirent : « Pour notre compte, nous n’avons reçu à ton sujet aucune lettre de Judée, et aucun des frères arrivés ici ne nous a rien communiqué ni appris de fâcheux sur ton compte.
22 Mais nous voudrions entendre de ta bouche ce que tu penses ; car pour ce qui est de ce parti-là, nous savons qu’il rencontre partout la contradiction. »
23 Ils prirent donc jour avec lui et vinrent en plus grand nombre le trouver en son logis. Dans l’exposé qu’il leur fit, il rendait témoignage du Royaume de Dieu et cherchait à les persuader au sujet de Jésus, en partant de la Loi de Moïse et des Prophètes. Cela dura depuis le matin jusqu’au soir.
24 Les uns se laissaient persuader par ses paroles, les autres restaient incrédules.
25 Ils prenaient congé sans être d’accord entre eux, quand Paul dit ce simple mot : « Elles sont bien vraies les paroles que l’Esprit Saint a dites à vos pères par la bouche du prophète Isaïe :
26 Va trouver ce peuple et dis-lui :
vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas ;
vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas.
27 C’est que le cœur de ce peuple s’est épaissi :
ils se sont bouché les oreilles, ils ont fermé les yeux,
de peur que leurs yeux ne voient,
que leurs oreilles n’entendent,
que leur cœur ne comprenne,
qu’ils ne se convertissent.
Et je les aurais guéris !
28 « Sachez-le donc : c’est aux païens qu’a été envoyé ce salut de Dieu. Eux du moins, ils écouteront. »
29 ...
30 Paul demeura deux années entières dans le logis qu’il avait loué. Il recevait tous ceux qui venaient le trouver,
31 proclamant le Royaume de Dieu et enseignant ce qui concerne le Seigneur Jésus Christ avec pleine assurance et sans obstacle.

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