Personne, et Job en premier lieu, ne doute que Dieu soit plus fort que l’homme. Mais la question n’est pas la force, elle est la vérité. Si Dieu n’est que force, et rien de plus, alors...
Personne, et Job en premier lieu, ne doute que Dieu soit plus fort que l’homme. Mais la question n’est pas la force, elle est la vérité. Si Dieu n’est que force, et rien de plus, alors Il n’est plus Dieu, mais un tyran à l’échelle de l’univers. Job ne peut pas croire à cela. Et il pose à Dieu une question directe : de quoi suis-je coupable devant Toi ? Job est certain que, si le procès était honnête, il le gagnerait, car il est juste.
Job ne doute pas de sa justice : pour lui, la justice demeure pour l’instant limitée aux cadres religieux traditionnels, et dans ces cadres il n’a réellement rien à se reprocher. Il est donc prêt à plaider même contre Dieu, si cela était possible, car la vérité est de son côté. C’est précisément une telle chose, sinon un procès, du moins une explication, que Job exige de Dieu. Jusqu’ici Dieu n’a fait que frapper coup sur coup en silence, sans rien expliquer, sans présenter aucune accusation. Mais ainsi peut agir un tyran ; un roi juste ne punit pas ses sujets sans faute et sans jugement.
Voilà pourquoi Job exige de Dieu un jugement, et non une exécution sans procès. Il dit à Dieu : si Tu es vraiment un Juge juste, examinons donc mon affaire. Je ne Te fuis pas comme les impies. Je suis prêt à paraître devant Toi. Job dit d’ailleurs la même chose à ses amis pour sa défense : si j’étais pécheur, irais-je chercher le jugement de Dieu ? Job est réellement sûr de sa justice. Et il veut que Dieu confirme cette justice.
Ce qui lui importe n’est pas tant le nombre d’années qu’il vivra sur terre. Il lui importe que sa justice ne disparaisse pas devant Dieu. Et si, malgré tout, il n’est pas juste mais pécheur, et si ses amis ont raison, que Dieu le confirme aussi. Les seules paroles humaines ne suffisent pas à Job. Que Dieu Lui-même indique alors à Job en quoi il a tort et en quoi il a péché. Alors tout se remettra à sa place, et Job saura quoi faire ensuite. Il ne veut qu’une seule chose : la clarté et la certitude. Et non pas une clarté humaine, mais celle de Dieu.