5 Jamais non plus nous n'avons eu un mot de flatterie, vous le savez, ni une arrière-pensée de cupidité, Dieu en est témoin;
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Pour Paul la flatterie et la cupidité sont des choses liées. Certes, il n’y a en principe rien d’étonnant ici, s’il s’agit de la vie et des lois du monde non transformé: chacun sait que par la flatterie on peut parfois obtenir des profits considérables. Mais il s'agit en effet de l'Église, en plus de la première Église chrétienne, où le péché et le mal du monde déchu n'avaient pas tout de même encore un tel pouvoir, comme dans les structures d'église des siècles ultérieurs. Que veut alors dire l'apôtre? Il s’agit probablement de ce caractère de sermon, qui sonnait de la bouche de l'apôtre. En fait, il y avait déjà malheureusement dans l'Église à cette époque des prédicateurs, souhaitant plaire aux auditeurs et mettant cela le but de leur sermon.
Mais on peut obtenir cela par différents moyens: on peut charmer ou choquer l'auditoire, l'essentiel c’est attirer son attention sur soi. Et après arrive le moment de la réception de ces profits. Et ce n’est pas du tout absolument matériel: car le principal profit, la principale cupidité ici c’est le pouvoir, ce pouvoir sur les âmes, que ne donnera aucune autorité formelle, aucune structure. Parfois pour un tel pouvoir ses possesseurs sont mêmes prêts à un peu souffrir (mais pas jusqu'à la mort, bien sûr, autrement le jeu perd de sens). Et vraiment en quoi convertir un tel pouvoir sur les âmes— dépend seulement de son possesseur.
Il n'est pas nécessaire d’en dire beaucoup du fait qu’un tel sermon n'a exactement aucune relation au témoignage. Et il est horrible non seulement par le fait que le prêcheur viole ainsi en réalité le premier commandement, en se mettant à la place de Dieu (bien qu'à haute voix, un tel prédicateur ne dira jamais bien sûr rien de semblable), mais encore aussi par le fait qu’il provoque une même violation du côté de ceux qui écoutent ce genre de sermon. Au fond, tout ce genre d'activité représente la plus vraie perversion spirituelle, l’adoration de l’homme sous forme de sermon chrétien.
Paul, comme on voit, témoigne de lui-même qu'il n’a jamais permis rien de semblable. Il faut reconnaître que c'est une tâche extraordinairement difficile pour le témoin: car faire du centre de son propre sermon soi-même est facile, une telle substitution peut rester tout à fait inaperçue pour le prédicateur, au moins, au départ, et quand elle se découvre tout de même par la suite, il sera probablement très difficile de s’avouer et aux autres ce qui s'est passé. Seule l'immersion totale dans la vie du Royaume et la confiance complète en celui qui a apporté ce Royaume dans le monde peuvent préserver de cela. Comme c’était le cas avec Paul.
Autres réflexions
Pour 1Th 2:1-12
1 Vous-mêmes savez, frères, comment nous sommes venus chez vous, que ce ne fut pas en vain.
2 Nous avions, vous le savez, enduré à Philippes des souffrances et des insultes, mais notre Dieu nous a accordé de prêcher en toute hardiesse devant vous l'Évangile de Dieu, au milieu d'une lutte pénible.
3 En vous exhortant, nous ne nous inspirons ni de l'erreur ni de l'impureté, et nous ne tentons pas de ruser avec vous.
4 Seulement, Dieu nous ayant confié l'Évangile après nous avoir éprouvés, nous prêchons en conséquence, cherchant à plaire non pas aux hommes mais à Dieu qui éprouve nos cœurs.
5 Jamais non plus nous n'avons eu un mot de flatterie, vous le savez, ni une arrière-pensée de cupidité, Dieu en est témoin;
6 ni recherché la gloire humaine, pas plus chez vous que chez d'autres,
7 alors que nous pouvions, étant apôtres du Christ, vous faire sentir tout notre poids. Au contraire, nous nous sommes faits tout aimables au milieu de vous. Comme une mère nourrit ses enfants et les entoure de soins,
8 telle était notre tendresse pour vous que nous aurions voulu vous livrer, en même temps que l'Évangile de Dieu, notre propre vie, tant vous nous étiez devenus chers.
9 Vous vous souvenez, frères, de nos labeurs et fatigues: de nuit comme de jour, nous travaillions, pour n'être à la charge d'aucun de vous, tandis que nous vous annoncions l'Évangile de Dieu!
10 Vous êtes témoins, et Dieu l'est aussi, combien notre attitude envers vous, les croyants, a été sainte, juste, sans reproche.
11 Comme un père pour ses enfants, vous le savez, nous vous avons, chacun de vous,
12 exhortés, encouragés, adjurés de mener une vie digne de Dieu qui vous appelle à son Royaume et à sa gloire.
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En rappelant son ministère à Thessalonique, Paul souligne particulièrement le fait qu'il n'a jamais utilisé sa position d'apôtre pour obtenir quoi que ce soit de ceux à qui il prêchait...
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En rappelant son ministère à Thessalonique, Paul souligne particulièrement le fait qu'il n'a jamais utilisé sa position d'apôtre pour obtenir quoi que ce soit de ceux à qui il prêchait. Et il ne s'agit pas seulement de certains avantages personnels: Paul, comme on le voit, ne tentait pas du tout, comme on dit, de «faire pression par son autorité». Ici s'est manifesté un principe très important du témoignage chrétien, que l'apôtre a toujours suivi: le témoignage doit être sans contrainte.
Et il ne s'agit pas seulement du fait que toute imposition du christianisme peut se transformer en formalisme dans la vie religieuse de la communauté née d'une telle prédication. Il s'agit de l'essence même de la vie spirituelle en général et de la vie chrétienne en particulier. En effet, la vie spirituelle se réduit entièrement aux relations: relations de l'homme avec Dieu et avec les autres hommes. Or les relations ne peuvent pas être transmises; on ne peut qu'en parler et faire connaître à l'autre Celui que l'on connaît soi-même. Mais il reviendra à celui qui les cherche d'établir ces relations et de les maintenir; personne d'autre ne le fera à sa place.
C'est là un processus profond, intérieur, auquel personne n'a accès en dehors de Dieu et de celui qui établit ces relations. Et faire pression ici ne sert à rien: l'autorité d'autrui n'aidera pas dans ce cas. En revanche, elle peut facilement «aider» à autre chose: à imposer à l'homme une certaine idéologie, par exemple religieuse. Si on le veut, il n'est pas si difficile de transformer le christianisme en religion, bien qu'une telle transformation signifie sa dégénérescence spirituelle.
Mais lorsqu'il s'agit de l'autorité d'autrui, du leadership au sens ordinaire du terme, où le chef montre la voie et détermine ce qu'il faut croire et comment il faut vivre, la dégénérescence spirituelle du christianisme, comme de toute vie spirituelle en général, est pratiquement inévitable. C'est pourquoi le véritable maître spirituel est toujours sans contrainte; il aide seulement l'homme à voir et à entendre Dieu, lorsque l'homme est déjà prêt à Le voir et à L'entendre. Tel était aussi le témoignage de Paul au sujet du Christ: il aidait ceux qui étaient prêts à la rencontre et la désiraient à Le rencontrer, mais il n'avait l'intention de conduire personne nulle part et n'avait pas l'intention d'indiquer à personne comment vivre avec le Christ. Chacun devait établir avec Lui ses propres relations et trouver son propre chemin vers le Royaume.
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