27 Saisis d'étonnement, les hommes se dirent alors : " Quel est celui-ci, que même les vents et la mer lui obéissent ? " |
Le miracle que Jésus a accompli n’est pas passé inaperçu des gens. C’est déjà beaucoup, car le plus souvent les gens préfèrent ne pas remarquer les miracles lorsqu’ils ne les concernent pas directement. Un miracle, c’est quand c’est pour moi ; dans les autres cas, c’est un hasard ou une coïncidence. Regardons plus loin : les gens s’étonnaient. C’est aussi un point positif. Le plus souvent, les gens prennent peur ou haussent les épaules avec indifférence. Troisièmement : les gens se posent la question la plus importante, celle de la personne de Celui qui a fait cela. D’ordinaire, ce qui nous intéresse, c’est comment cela a été fait.
Ainsi, les gens ont fait trois pas très importants ; il ne reste plus qu’à en faire un seul : répondre pour eux-mêmes à cette question, reconnaître que, très probablement, Celui qui commande aux vents et à la mer est Celui qui les a créés, et que cela signifie que Jésus est lié à Dieu d’une manière particulière, non comme chacun de nous. Mais ce pas est le plus difficile à faire : il en était ainsi il y a deux mille ans, et il en est ainsi maintenant.
23 Puis il monta dans la barque, suivi de ses disciples. |
24 Et voici qu'une grande agitation se fit dans la mer, au point que la barque était couverte par les vagues. Lui cependant dormait. |
25 S'étant approchés, ils le réveillèrent en disant : " Au secours, Seigneur, nous périssons ! " |
26 Il leur dit : " Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi ? " Alors, s'étant levé, il menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme. |
27 Saisis d'étonnement, les hommes se dirent alors : " Quel est celui-ci, que même les vents et la mer lui obéissent ? " |
Lorsque les disciples réveillent le Christ, qui dort pendant la tempête, et demandent le salut, Il leur reproche leur crainte et leur peu de foi: mais seulement cela. Il ne fallait pas que des croyants aient peur, mais s'adresser à Dieu, en l'occurrence réveiller le Christ, il fallait sans aucun doute le faire. C'est un détail important: bien sûr, les disciples devaient Le réveiller, que pouvaient-ils faire d'autre? Mais avoir peur, s'agiter nerveusement, se débattre dans la panique, cela, il ne le fallait pas.
Nous pensons souvent que la confiance consiste à somnoler à côté du Maître sur le même coussin de la barque et à essayer nous aussi de nous endormir, en faisant semblant qu'il ne se passe rien. Non, telle n'est pas la tâche des disciples. Nous sommes appelés à vaincre la peur dans notre coeur et à ne pas céder à la désagrégation. Ce n'est qu'ainsi que nous pouvons présenter notre vie à Dieu, afin qu'Il accomplisse Ses miracles et nous sauve.
23 Puis il monta dans la barque, suivi de ses disciples. |
24 Et voici qu'une grande agitation se fit dans la mer, au point que la barque était couverte par les vagues. Lui cependant dormait. |
25 S'étant approchés, ils le réveillèrent en disant : " Au secours, Seigneur, nous périssons ! " |
26 Il leur dit : " Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi ? " Alors, s'étant levé, il menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme. |
27 Saisis d'étonnement, les hommes se dirent alors : " Quel est celui-ci, que même les vents et la mer lui obéissent ? " |
Les disciples étaient prêts à suivre le Christ partout où il irait. À sa suite, ils montèrent dans la barque pour l'accompagner. Mais même en suivant le Christ, les disciples mirent trop longtemps à le comprendre. Il est remarquable qu'en décrivant la réaction des disciples à la manière dont Jésus calma la tempête, l'évangéliste écrive: « Les hommes, étonnés, disaient... » Car au moment où les disciples ne comprennent pas le Maître, ils ne peuvent pas être appelés disciples.
Le sommeil du Christ au milieu de la mer agitée frappe non seulement parce qu'il garde une maîtrise de soi saisissante au milieu des éléments déchaînés, alors que tous les disciples sont inquiets. On peut voir aussi dans cette image un autre sens: elle rappelle le repos de Dieu à la fin de la création, lorsque le monde se développait déjà selon le cours qui lui avait été prescrit. Même dans le repos, le Seigneur demeurait Créateur et Seigneur de l'univers en mouvement. Et l'on y devine aussi sa Résurrection à venir, lorsque, se levant du repos du tombeau, il ramènera de nouveau à eux les apôtres désemparés.
18 Se voyant entouré de foules nombreuses, Jésus donna l'ordre de s'en aller sur l'autre rive. |
19 Et un scribe s'approchant lui dit : " Maître, je te suivrai où que tu ailles. " |
20 Jésus lui dit : " Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l'homme, lui, n'a pas où reposer la tête. " |
21 Un autre des disciples lui dit : " Seigneur, permets-moi de m'en aller d'abord enterrer mon père. " |
22 Mais Jésus lui dit : " Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts. " |
23 Puis il monta dans la barque, suivi de ses disciples. |
24 Et voici qu'une grande agitation se fit dans la mer, au point que la barque était couverte par les vagues. Lui cependant dormait. |
25 S'étant approchés, ils le réveillèrent en disant : " Au secours, Seigneur, nous périssons ! " |
26 Il leur dit : " Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi ? " Alors, s'étant levé, il menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme. |
27 Saisis d'étonnement, les hommes se dirent alors : " Quel est celui-ci, que même les vents et la mer lui obéissent ? " |
28 Quand il fut arrivé sur l'autre rive, au pays des Gadaréniens, deux démoniaques, sortant des tombeaux, vinrent à sa rencontre, des êtres si sauvages que nul ne se sentait de force à passer par ce chemin. |
29 Les voilà qui se mirent à crier : " Que nous veux-tu, Fils de Dieu ? Es-tu venu ici pour nous tourmenter avant le temps ? " |
30 Or il y avait, à une certaine distance, un gros troupeau de porcs en train de paître. |
31 Et les démons suppliaient Jésus : " Si tu nous expulses, envoie-nous dans ce troupeau de porcs. " - |
32 " Allez ", leur dit-il. Sortant alors, ils s'en allèrent dans les porcs, et voilà que tout le troupeau se précipita du haut de l'escarpement dans la mer et périt dans les eaux. |
33 Les gardiens prirent la fuite et s'en furent à la ville tout rapporter, avec l'affaire des démoniaques. |
34 Et voilà que toute la ville sortit au-devant de Jésus ; et, dès qu'ils le virent, ils le prièrent de quitter leur territoire. |
La lecture d’aujourd’hui nous ramène de nouveau au thème principal des quatre Évangiles : le thème du Royaume. Nous avons devant nous deux récits : celui de l’apaisement de la tempête (v. 23-27) et celui de la guérison des possédés, des démoniaques (v. 28-34). On pourrait croire qu’il s’agit d’événements très différents, car dans un cas Jésus a affaire à un élément naturel, et dans l’autre à des hommes et à des forces obscures. Mais, au fond, dans les deux cas il s’agit de la manière dont le Royaume de Dieu, que Jésus porte en lui, transfigure le monde qui l’entoure.
Ceux qui l’entourent ont l’impression qu’il possède des capacités surhumaines ou des forces particulières données par Dieu, et qu’il peut donc accomplir des miracles que personne d’autre ne peut accomplir (v. 27). Mais en réalité, il ne s’agit ni de forces ni de capacités, mais du fait que le monde autour de lui est transfiguré ; c’est pourquoi la tempête s’apaise et les démons ne tiennent pas, fuyant au loin (v. 32). Aucune force, même la force de Dieu, n’agit ainsi sur le monde : elle peut certes y changer beaucoup de choses, mais dans le cas présent il ne s’agit déjà plus simplement de changements, mais d’une transfiguration complète, de sorte que les lois mêmes de l’univers changent. Selon les lois du monde non transfiguré, une tempête ne peut pas s’apaiser sans cause. À proprement parler, dans ce monde elle ne s’apaise pas ; mais dans le Royaume elle n’existe pas. Ensuite, tout dépend de la réalité à laquelle participe l’homme qui se trouve au milieu de la tempête : la réalité du monde déchu ou la réalité du Royaume. Et ici, tout est déterminé uniquement par la foi, par la confiance envers celui qui a apporté ce Royaume dans le monde (v. 26).
Mais s’il n’y a pas de foi, même les manifestations du Royaume ne la remplaceront pas par elles-mêmes. Il en fut ainsi avec les démoniaques gergéséniens : la manifestation du Royaume était évidente, et les démons, qui naturellement ne pouvaient la supporter, l’ont senti très vite (v. 29). Avec les hommes, en revanche, tout s’est révélé moins simple. Il était difficile de ne pas croire le récit des témoins oculaires (v. 33), mais ce récit, semble-t-il, produisit sur les habitants du lieu une impression paradoxale : ils demandèrent à Jésus de les laisser en paix (v. 34). Et il est peu vraisemblable que ce fût parce qu’ils avaient pitié du troupeau perdu.
Bien sûr, les habitants de ces lieux étaient païens et pensaient sans doute peu au Messie ou au Royaume. Mais ils comprirent une chose : quelqu’un était entré dans leur vie et y avait apporté quelque chose avec quoi il deviendrait impossible de vivre comme avant. S’il restait parmi eux, toute leur vie changerait brusquement. Et cela, selon toute apparence, ils ne le voulaient pas.
Jésus rencontra ici l’obstacle principal sur son chemin : le refus des hommes d’accueillir le Royaume qu’il leur propose. Alors il s’en va. Car si l’homme refuse le Royaume, le Sauveur n’a plus rien à lui donner.
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