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RÉFLEXIONS pour He 5:10

10 puisqu'il est salué par Dieu du titre de grand prêtre selon l'ordre de Melchisédech.
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En appelant le Christ «prêtre pour toujours selon l'ordre de Melchisédech», l'auteur de l'épître se tourne vers l'un des personnages bibliques les plus mystérieux. Melchisédech est en effet désigné dans le Livre de la Genèse par un mot que l'on traduit traditionnellement par «prêtre», même s'il ne pouvait évidemment pas encore être question, à son époque, du sacerdoce lévitique.

Le Dieu que sert Melchisédech est appelé du nom d'El-Elyon, qui n'apparaît nulle part ailleurs, sauf dans le récit de la bénédiction d'Abraham par Melchisédech; le Dieu d'Abraham n'a jamais été appelé de ce nom. Et voilà que ce mystérieux serviteur d'un dieu inconnu bénit Abraham, que conduit son Dieu. Il le bénit par révélation, par inspiration, sans appartenir au peuple de Dieu, se trouvant pour ainsi dire hors de l'histoire de la Révélation et, en même temps, y entrant d'une manière tout à fait inattendue, hors de tous les cadres et de toutes les représentations humaines du salut.

C'est ainsi aussi que le Christ Lui-même entre dans le monde et dans l'histoire du salut: hors de tous les cadres humains, de façon inattendue, imprévisible, en enfreignant et en détruisant toutes les représentations et conceptions messianiques de Son époque. Mais il y a encore autre chose de commun entre Lui et Melchisédech. Comme dans tout cas où il s'agit d'un phénomène que nous appelons aujourd'hui habituellement charismatique, dans le cas de la bénédiction de Melchisédech, la nature humaine ne jouait pas un rôle très grand dans cet acte.

De telles actions spontanées, de caractère prophétique, s'accomplissent souvent, pour ainsi dire, «par-dessus» la nature humaine. Bien sûr, ce n'est pas comme dans le Christ, chez qui, justement, la nature était incluse tout entière et pleinement dans chacune de Ses actions. Mais pour l'homme déchu, l'acte charismatique se révèle souvent le seul moyen de minimiser les déformations que le péché humain introduit dans la vie spirituelle. Tout prêtre, par exemple, devait, en tant que président de l'assemblée, s'opposer d'abord à son propre péché; autrement, comme président, il n'aurait rien pu faire.

Jésus, Lui, est simplement libre du péché; Il n'a pas à lutter contre Lui-même pour porter le service que le Père Lui a confié. Et, sous ce rapport, le charismatique Melchisédech est plus proche du Christ qu'un prêtre ordinaire: certes, il n'est pas sans péché, mais, en bénissant Abraham, il franchit en quelque sorte, avec l'aide de Dieu, son propre péché. Bien sûr, pour Melchisédech ce n'est qu'un état de courte durée, tandis que pour Jésus c'est l'état ordinaire: Il est né ainsi et vit ainsi. Mais à l'instant où Melchisédech comprend qu'il doit bénir Abraham, il se trouve plus proche du Christ que n'importe quel prêtre qui surmonte son propre péché dans son service quotidien. Le Grand Prêtre sans péché, qui, pour les hommes, a partagé avec eux le sort de l'homme pécheur: tel apparaît le Sauveur dans l'épître.

Autres réflexions

 
Pour He 5:1-10
Tout grand prêtre, en effet, pris d'entre les hommes, est établi pour intervenir en faveur des hommes dans leurs relations avec Dieu, afin d'offrir dons et sacrifices pour les péchés.
Il peut ressentir de la commisération pour les ignorants et les égarés, puisqu'il est lui-même également enveloppé de faiblesse,
et qu'à cause d'elle, il doit offrir pour lui-même des sacrifices pour le péché, comme il le fait pour le peuple.
Nul ne s'arroge à soi-même cet honneur, on y est appelé par Dieu, absolument comme Aaron.
De même ce n'est pas le Christ qui s'est attribué à soi-même la gloire de devenir grand prêtre, mais il l'a reçue de celui qui lui a dit: Tu es mon fils, moi, aujourd'hui, je t'ai engendré ;
comme il dit encore ailleurs : Tu es prêtre pour l'éternité, selon l'ordre de Melchisédech.
C'est lui qui, aux jours de sa chair, ayant présenté, avec une violente clameur et des larmes, des implorations et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé en raison de sa piété,
tout Fils qu'il était, apprit, de ce qu'il souffrit, l'obéissance;
après avoir été rendu parfait, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent principe de salut éternel,
10 puisqu'il est salué par Dieu du titre de grand prêtre selon l'ordre de Melchisédech.
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Dans la lecture d'aujourd'hui, l'apôtre Paul dit que le Christ a présenté des prières et des supplications au Père, qui pouvait Le sauver de la mort...  Lire la suite

Dans la lecture d'aujourd'hui, l'apôtre Paul dit que le Christ a présenté des prières et des supplications au Père, qui pouvait Le sauver de la mort, et qu'Il a été exaucé. Cela s'accorde assez mal avec nos représentations habituelles de ce qu'est une prière exaucée. Il semblerait que, si le Père L'avait entendu, le miracle même que réclamaient les Juifs aurait dû se produire : Jésus aurait dû descendre de la croix et apparaître dans la gloire. Mais Paul regarde la situation avec des yeux tout différents. Jésus, vrai Dieu, est devenu vrai homme, et donc mortel. Il a parcouru jusqu'au bout le chemin que chacun de nous emprunte. Et le Père a exaucé le Fils : la mort elle-même a été détruite par Sa mort, les portes de l'enfer se sont effondrées, et l'instant même qui semblait être une défaite s'est révélé être Sa victoire.

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Pour He 5:1-10
Tout grand prêtre, en effet, pris d'entre les hommes, est établi pour intervenir en faveur des hommes dans leurs relations avec Dieu, afin d'offrir dons et sacrifices pour les péchés.
Il peut ressentir de la commisération pour les ignorants et les égarés, puisqu'il est lui-même également enveloppé de faiblesse,
et qu'à cause d'elle, il doit offrir pour lui-même des sacrifices pour le péché, comme il le fait pour le peuple.
Nul ne s'arroge à soi-même cet honneur, on y est appelé par Dieu, absolument comme Aaron.
De même ce n'est pas le Christ qui s'est attribué à soi-même la gloire de devenir grand prêtre, mais il l'a reçue de celui qui lui a dit: Tu es mon fils, moi, aujourd'hui, je t'ai engendré ;
comme il dit encore ailleurs : Tu es prêtre pour l'éternité, selon l'ordre de Melchisédech.
C'est lui qui, aux jours de sa chair, ayant présenté, avec une violente clameur et des larmes, des implorations et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé en raison de sa piété,
tout Fils qu'il était, apprit, de ce qu'il souffrit, l'obéissance;
après avoir été rendu parfait, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent principe de salut éternel,
10 puisqu'il est salué par Dieu du titre de grand prêtre selon l'ordre de Melchisédech.
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En développant ensuite l'image du Messie-Grand Prêtre, l'auteur de l'épître se tourne vers la tradition yahviste et juive...  Lire la suite

En développant ensuite l'image du Messie-Grand Prêtre, l'auteur de l'épître se tourne vers la tradition yahviste et juive, pour laquelle l'image du Messie était liée non seulement au règne royal, mais aussi au ministère sacerdotal. Les citations correspondantes du livre des Psaumes (v. 5-6 ; voir respectivement Ps 2,7 et Ps 109,4) sont réinterprétées par lui dans le contexte des représentations, largement répandues dans l'Église de son temps, du Christ comme Torah vivante. Selon les représentations généralement admises à l'époque des premiers chrétiens, aussi bien parmi les Juifs que parmi les chrétiens, la Torah existait déjà avant la création du monde par Dieu, et la venue du Messie était alors déjà prédestinée. Il n'est pas étonnant que les paroles sur la naissance spirituelle du roi dans le Psaume 2 (où il s'agit, selon toute vraisemblance, de Salomon) aient été transférées au Messie, qui, comme Salomon, devait être descendant de David. L'auteur de l'épître a complété cette tradition en liant l'éternité du dessein de Dieu sur le Messie à l'éternité de la Torah, dont le Messie est devenu l'incarnation vivante. Il réinterprète de la même manière la comparaison traditionnelle du Messie avec Melchisédek.

Melchisédek était déjà devenu, à l'époque préexilique, un exemple vivant de charismatique ayant béni l'homme de Dieu, dont le Dieu lui-même n'était pas connu de Melchisédek. Et le Messie ne pouvait devenir grand prêtre que charismatiquement, car Il ne devait pas, comme tout le monde le savait, être lévite, tandis que le grand prêtre (comme tout prêtre en général) était toujours lévite par définition. Et l'auteur de l'épître le confirme en comparant le Christ à Melchisédek (v. 1-6) et en rappelant qu'en devenant homme et en parcourant jusqu'au bout Son chemin terrestre, Il a ouvert à Ses disciples une possibilité que les grands prêtres « légaux » ne pouvaient leur donner : la possibilité du salut (v. 7-10).

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