Bible-Centre

RÉFLEXIONS pour 1Co 1:22-23

22 Alors que les Juifs demandent des signes et que les Grecs sont en quête de sagesse,
23 nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens,
Masquer

À toutes les époques de l'histoire chrétienne, les missionnaires et les prédicateurs ont tenté de répondre à la question : qu'est-ce qui empêche les hommes d'accueillir le message du Christ et du Royaume ? Paul, quant à lui, répond à cette question brièvement, mais de façon assez dense et, sans doute, exhaustive. Comme toujours, il divise tous les hommes en religieux (« Juifs ») et en séculiers (« Grecs »), et les uns comme les autres ont leurs raisons de rejeter le témoignage rendu au Christ et au Royaume. Le plus simple est de voir ces raisons en analysant l'attitude des deux catégories mentionnées envers le fait de la mort du Sauveur sur la croix, sans le récit de laquelle, bien sûr, aucun témoignage sur Sa résurrection n'est possible, et donc aucun témoignage sur le Royaume ni sur le christianisme en général.

Manifestement, l'apôtre considère comme un trait distinctif de la conscience religieuse l'attente de signes (« miracles ») qui confirmeraient aux personnes religieuses la vérité du témoignage qu'elles entendent. Au fond, c'est ce genre de signes qu'elles exigeaient aussi du Sauveur Lui-même pendant Son ministère terrestre. Mais les signes qu'elles attendaient devaient s'inscrire dans les représentations et les concepts propres aux idées religieuses des auditeurs. C'est justement ce type de preuves que beaucoup de pharisiens qui écoutaient Jésus attendaient de Lui : Il devait faire quelque chose qui corresponde à leurs représentations de ce que devait être le Messie et de la manière dont Il devait se comporter. Or la mort sur la croix ne correspondait en rien à ces représentations, même si l'on admettait qu'elle avait été suivie de la résurrection. Le Messie, selon les représentations juives traditionnelles de cette époque (et pas seulement de cette époque), devait être non pas un Juste crucifié, mais un Vainqueur triomphant, et un Vainqueur qui triomphe dans notre monde non transfiguré, non dans quelque Royaume « qui n'est pas de ce monde ». C'est pourquoi, pour les Juifs des temps évangéliques, le messianisme de l'Église des premiers chrétiens était quelque chose de tout à fait inacceptable.

Mais le Royaume, en général, ne rentre dans aucun cadre religieux ; par conséquent, le christianisme non plus n'y rentre pas. Et toute conscience religieuse (y compris « chrétienne ») résiste à la révélation du Royaume lorsqu'elle sort de ses cadres, en détruisant à la fois ces cadres et la religiosité elle-même. On pourrait croire que les hommes séculiers sont préservés de ce problème. Il en est bien ainsi ; mais ici surgissent des problèmes d'un autre ordre. Tout païen (et la « sécularité » n'est rien d'autre qu'un paganisme pratique) vit exclusivement ou principalement selon les lois du monde non transfiguré. Tous ses modèles psychiques et comportementaux, qui déterminent son existence quotidienne, ce qu'on appelle ordinairement la « vie pratique » (et c'est précisément l'aptitude à organiser la vie pratique quotidienne que la Bible appelle sagesse), sont orientés vers les lois du monde non transfiguré, et non vers les lois du Royaume.

C'est cela qui arrête d'ordinaire l'homme séculier qui entend le témoignage et réfléchit à ce qu'il a entendu. Pour lui, essayer de vivre selon les lois du Royaume est une véritable folie : car c'est une rupture radicale, la destruction de tous les modèles et de toutes les représentations établis et, de plus, généralement admis ; de fait, le renoncement à toute la vie antérieure, et un renoncement volontaire.

Une aventure, une aventure absolument insensée ! Et beaucoup de païens (« hommes séculiers ») renoncent à toute tentative de participer à la vie du Royaume, effrayés précisément par cette folie apparente. On le voit, les raisons du refus du témoignage chez les personnes religieuses et chez les personnes séculières sont différentes et ne se ressemblent pas. Mais le résultat est le même : le refus du Royaume. Et de leur propre salut.

Autres réflexions

 
Pour 1Co 1:23
23 nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens,
Masquer
Il est à peine possible de donner à la mort du Christ sur la Croix une explication rationnelle tant soit peu cohérente et profonde, parce qu'en elle nous touchons au mystère insondable de la miséricorde de Dieu...  Lire la suite

Il est à peine possible de donner à la mort du Christ sur la Croix une explication rationnelle tant soit peu cohérente et profonde, parce qu'en elle nous touchons au mystère insondable de la miséricorde de Dieu. C'est pourquoi, dans la lettre aux Corinthiens, l'apôtre Paul souligne que les efforts du raisonnement abstrait, si cohérent et non contradictoire soit-il, ne peuvent expliquer la Croix.

Une explication rationnelle de cet événement en ferait quelque chose qui découle nécessairement de causes déterminées, quelque chose de régulier et de conforme à une loi. Mais une telle explication n'est possible que si l'on regarde la Croix abstraitement, de loin, sans discerner toute la réalité des souffrances du Crucifié. Pour l'apôtre, cependant, autre chose importe : dans la mort du Sauveur sur la Croix, nous voyons le Dieu vivant, qui dépasse toute nécessité régie par une loi.

Le Créateur du monde ne demeure pas dans l'impassibilité au-delà de la loi, comme nous dirions « au-delà du bien et du mal », mais vient vers l'humanité souffrante. Sans changer le cours de l'histoire, sans refaire l'humanité par une hypnose collective, il déchire les liens de la logique et de la nécessité. Sur la Croix, nous rencontrons non pas un Législateur avec qui l'on pourrait communiquer en termes juridiques de droits, de devoirs et de rétribution, mais une Personne vivante. La Croix vainc la mort non parce qu'elle nous libère de son inéluctabilité. Mais désormais nous sommes avec Jésus, et pour cette seule raison il n'y a plus rien à craindre.

Masquer
 
Pour 1Co 1:18-31
18 Le langage de la croix, en effet, est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui se sauvent, pour nous, il est puissance de Dieu.
19 Car il est écrit: Je détruirai la sagesse des sages, et l'intelligence des intelligents je la rejetterai.
20  Où est-il, le sage ? Où est-il, l'homme cultivé ? Où est-il, le raisonneur de ce siècle ? Dieu n'a-t-il pas frappé de folie la sagesse du monde ?
21 Puisqu'en en effet le monde, par le moyen de la sagesse, n'a pas reconnu Dieu dans la sagesse de Dieu, c'est par la folie du message qu'il a plu à Dieu de sauver les croyants.
22 Alors que les Juifs demandent des signes et que les Grecs sont en quête de sagesse,
23 nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens,
24 mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, c'est le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu.
25 Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.
26 Aussi bien, frères, considérez votre appel: il n'y a pas beaucoup de sages selon la chair, pas beaucoup de puissants, pas beaucoup de gens bien nés.
27 Mais ce qu'il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages; ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort;
28 ce qui dans le monde est sans naissance et ce que l'on méprise, voilà ce que Dieu a choisi; ce qui n'est pas, pour réduire à rien ce qui est,
29 afin qu'aucune chair n'aille se glorifier devant Dieu.
30 Car c'est par Lui que vous êtes dans le Christ Jésus qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification et rédemption,
31 afin que, comme il est écrit, celui qui se glorifie, qu'il se glorifie dans le Seigneur.
Masquer
Ainsi, le Christ crucifié est « scandale pour les Juifs et folie pour les païens »...  Lire la suite

Ainsi, le Christ crucifié est « scandale pour les Juifs et folie pour les païens »... Le Seigneur tout-puissant n’aurait-Il vraiment pas pu trouver une solution qui ne soit ni scandaleuse ni apparemment insensée ? Il l’aurait pu. Mais Il ne l’a pas cherchée. Car Il ne s’est jamais fixé et ne se fixe jamais pour but d’être commode et confortable... Oui, Il aime l’homme, mais cela ne signifie pas qu’Il cesse d’être Lui-même. Il agit selon Ses propres lois. Et même s’il semble qu’Il « ne se comporte pas en Dieu », en réalité, Il ne cherche tout simplement pas à se conformer à nos idées de ce que Dieu devrait être.

Masquer
 
Pour 1Co 1:18-31
18 Le langage de la croix, en effet, est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui se sauvent, pour nous, il est puissance de Dieu.
19 Car il est écrit: Je détruirai la sagesse des sages, et l'intelligence des intelligents je la rejetterai.
20  Où est-il, le sage ? Où est-il, l'homme cultivé ? Où est-il, le raisonneur de ce siècle ? Dieu n'a-t-il pas frappé de folie la sagesse du monde ?
21 Puisqu'en en effet le monde, par le moyen de la sagesse, n'a pas reconnu Dieu dans la sagesse de Dieu, c'est par la folie du message qu'il a plu à Dieu de sauver les croyants.
22 Alors que les Juifs demandent des signes et que les Grecs sont en quête de sagesse,
23 nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens,
24 mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, c'est le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu.
25 Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.
26 Aussi bien, frères, considérez votre appel: il n'y a pas beaucoup de sages selon la chair, pas beaucoup de puissants, pas beaucoup de gens bien nés.
27 Mais ce qu'il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages; ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort;
28 ce qui dans le monde est sans naissance et ce que l'on méprise, voilà ce que Dieu a choisi; ce qui n'est pas, pour réduire à rien ce qui est,
29 afin qu'aucune chair n'aille se glorifier devant Dieu.
30 Car c'est par Lui que vous êtes dans le Christ Jésus qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification et rédemption,
31 afin que, comme il est écrit, celui qui se glorifie, qu'il se glorifie dans le Seigneur.
Masquer
Poursuivant la discussion sur les disputes et sur ce qui les provoque, Paul, bien sûr, ne...  Lire la suite

Poursuivant la discussion sur les disputes et sur ce qui les provoque, Paul passe, bien sûr non par hasard, au thème de la sagesse humaine et de ses limites. Pour lui, il est évident que cette sagesse est incapable de comprendre le mystère du ministère terrestre du Sauveur et de Sa mort sur la croix (v. 18-21). Ici, l'apôtre reste fidèle à la tradition des « pauvres », formée dès l'époque des prophètes d'avant l'exil. À en juger par le Livre des Psaumes, il était déjà devenu clair alors, pour ceux qui cherchaient une vie spirituelle pleine et des relations profondes avec Dieu, que les seuls efforts humains ne suffisent pas pour acquérir la justice, que l'homme qui veut suivre Dieu doit renoncer à l'idée de ne compter que sur lui-même. Celui qui cherchait ne pouvait atteindre le but désiré qu'en se remettant entièrement à la volonté de Dieu. Ce n'est pas par hasard que ces personnes commencèrent à s'appeler « pauvres » : elles comprenaient que devant Dieu elles étaient semblables à des mendiants, même lorsque, selon les critères de ce monde, on pouvait les considérer comme sages et riches. Ce sont elles qui, plus que les autres, attendaient la venue du Messie et l'avènement du Royaume messianique ; ce sont de telles personnes que Jésus appelle bienheureuses en proclamant son avènement. Mais au temps des anciens prophètes comme au temps de Jésus, il y avait des gens qui préféraient leur propre sagesse au Royaume. Et Paul dit directement qu'il est inutile d'essayer de comprendre les mystères du Royaume par les seuls efforts humains.

On pourrait croire que ce n'est pas nécessaire, puisque Jésus les a Lui-même révélés à quiconque voulait voir et entendre, à quiconque était prêt à Lui faire confiance et à Le suivre. Mais seul pouvait agir ainsi celui qui avait vécu ce que vivaient les « pauvres » : la compréhension, malgré toute sa sagesse et tout son savoir, de sa complète impuissance en ce qui concerne le Royaume, que personne ne peut comprendre ni dans lequel personne ne peut entrer si Celui qui a apporté le Royaume dans le monde ne l'y introduit. C'est précisément la sagesse humaine qui exige des signes et des preuves même là où tout est évident (v. 21-24), car ces signes et ces preuves ne sont pas nécessaires pour se convaincre de l'authenticité de la réalité révélée, mais pour l'« inscrire » dans les cadres de la logique humaine, l'accorder et la relier à la sagesse terrestre, qui est impuissante ici. Et ce n'est qu'à ceux qui ont renoncé à de telles tentatives que s'ouvre le chemin du Royaume (v. 26-31). Avec cela, toute l'absurdité des disputes qui divisent les hommes dans ce monde leur devient compréhensible.

Masquer
 
Pour 1Co 1:18-24
18 Le langage de la croix, en effet, est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui se sauvent, pour nous, il est puissance de Dieu.
19 Car il est écrit: Je détruirai la sagesse des sages, et l'intelligence des intelligents je la rejetterai.
20  Où est-il, le sage ? Où est-il, l'homme cultivé ? Où est-il, le raisonneur de ce siècle ? Dieu n'a-t-il pas frappé de folie la sagesse du monde ?
21 Puisqu'en en effet le monde, par le moyen de la sagesse, n'a pas reconnu Dieu dans la sagesse de Dieu, c'est par la folie du message qu'il a plu à Dieu de sauver les croyants.
22 Alors que les Juifs demandent des signes et que les Grecs sont en quête de sagesse,
23 nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens,
24 mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, c'est le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu.
Masquer
«Nous adorons Ta Croix, ô Christ...» Que signifient pour nous ces paroles? Une compassion infinie pour le juste innocent, battu, nu, suspendu à ce bois. L'amour pour Lui, une gratitude sans limite...  Lire la suite

«Nous adorons Ta Croix, ô Christ...» Que signifient pour nous ces paroles? Une compassion infinie pour le juste innocent, battu, nu, suspendu à ce bois. L'amour pour Lui, une gratitude sans limite. Et encore la compréhension de combien notre propre croix est infiniment plus légère. Tous les problèmes qui semblent insupportables ne sont rien en comparaison de la mesure de souffrance qu'Il a prise sur Lui pour nous. «Toi qui as tant aimé Ton monde...»

Et encore d'autres paroles: «puis Il dit au disciple: voici ta mère». Sur ces paroles est édifiée l'Église, la plus solide des forteresses. Nous sommes tous adoptés comme fils et filles, et cela signifie que nous ne pourrons jamais être orphelins. L'orphelinat, c'est un mot venu d'une autre vie. Nous vivons souvent dans la prière la Passion du Christ, mais il est bien plus difficile de vivre les souffrances de Marie. Sa douleur physique à Lui est inconcevable, et sa douleur spirituelle à elle l'est aussi. Cette douleur embrasse le monde entier.

Masquer

Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible.

Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit.