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RÉFLEXIONS pour Lc 11:47-12:1

47 " Malheur à vous, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, et ce sont vos pères qui les ont tués !
48 Vous êtes donc des témoins et vous approuvez les actes de vos pères; eux ont tué, et vous, vous bâtissez!
49 " Et voilà pourquoi la Sagesse de Dieu a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres ; ils en tueront et pourchasseront,
50 afin qu'il soit demandé compte à cette génération du sang de tous les prophètes qui a été répandu depuis la fondation du monde,
51 depuis le sang d'Abel jusqu'au sang de Zacharie, qui périt entre l'autel et le Temple. Oui, je vous le dis, il en sera demandé compte à cette génération.
52 " Malheur à vous, les légistes, parce que vous avez enlevé la clef de la science ! Vous-mêmes n'êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés ! "
53 Quand il fut sorti de là, les scribes et les Pharisiens se mirent à lui en vouloir terriblement et à le faire parler sur une foule de choses,
54 lui tendant des pièges pour surprendre de sa bouche quelque parole.
Sur ces entrefaites, la foule s'étant rassemblée par milliers, au point qu'on s'écrasait les uns les autres, il se mit à dire, et d'abord à ses disciples : " Méfiez-vous du levain - c'est-à-dire de l'hypocrisie - des Pharisiens.
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Quand le Christ dit: «Malheur à vous...», on est tenté de dire que ces paroles s'adressent, bien sûr, à ses auditeurs directs. Pourtant, toujours et en tout temps, Ses paroles s'adressent à nous-mêmes, et seulement à nous. Bien sûr, il est agréable de penser que les paroles sur l'amour de Dieu pour le monde nous concernent, mais personne n'aime entendre une dénonciation. Et pourtant, en chacun de nous vit ce même docteur de la loi qui cherche sans cesse à s'approprier la «clé de la connaissance». Nous pouvons reconnaître en paroles le droit d'un autre à un regard différent, à une autre manière de confesser Dieu, à un style de pensée qui ne nous ressemble pas, mais quelque part au-dedans résonne toujours une petite voix calme et nette: «Mais moi, je sais qu'en réalité ils ont tous tort. Car moi seul sais ce qui est juste».

Laissons l'origine de cette voix hors du champ de la réflexion; une chose est claire: elle appartient à l'homme en général. Parfois cette voix nous plaît tellement que nous lui donnons le droit de parler tout haut. Et cela est beaucoup plus terrible que n'importe quelle non-observance de la loi. Parce que toute l'essence du Nouveau Testament, toute l'essence de la Bonne Nouvelle, tient au passage de la Loi à la Grâce. Le Seigneur nous propose une tout autre manière de voir le monde et d'y vivre: aimer son frère jusqu'à la mort, jusqu'à la croix, pleurer et se réjouir avec lui. C'est seulement ainsi, et non par l'accomplissement des rites, des jeûnes et des règles internes à l'Église, que nous pouvons être avec Dieu, du même côté que Lui. Et si nous nous tenons devant Dieu, ne sommes-nous pas tous également dans l'erreur? Mais, heureusement, Son amour pour nous n'est nullement déterminé par notre justice ni par notre intelligence.

Autres réflexions

 
Pour Lc 11:47
47 " Malheur à vous, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, et ce sont vos pères qui les ont tués !
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Dans le milieu pharisien, on accordait une immense attention à la tradition, en particulier à la tradition religieuse. En cela, bien sûr, la fraternité pharisienne s'appuyait sur...  Lire la suite

Dans le milieu pharisien, on accordait une immense attention à la tradition, en particulier à la tradition religieuse. En cela, bien sûr, la fraternité pharisienne s'appuyait sur les livres sacrés: la Torah et les Prophètes. Parmi les livres prophétiques, les Juifs comptent aussi, en plus de ceux que nous connaissons, le Livre de Josué, le Livre des Juges, les Livres de Samuel, 1-2 Rois, et les Livres des Rois, 3-4 Rois. Or les prophètes parlaient très durement de l'état spirituel de la société de leur temps, ce qui leur valut souvent d'être persécutés. Et cette histoire sacrée, exposée dans les livres que nous, chrétiens, appelons d'ordinaire historiques, évalue assez sévèrement la situation spirituelle de l'Israël d'avant l'exil. Les pharisiens acceptaient cette évaluation, tout en la rapportant précisément à la période d'avant l'exil.

Beaucoup de choses reposaient ici sur une sorte de contraste entre la situation d'avant l'exil et la situation d'après l'exil en général, et contemporaine, au sens des temps évangéliques, en particulier: on supposait que toute apostasie, toute violation de la Torah, toute impiété et tout le reste pour quoi Dieu avait puni le peuple avant l'exil étaient restés là-bas, dans ces temps d'avant l'exil. Maintenant, aux temps du ministère terrestre du Sauveur, pensait-on, tout était différent; l'ancienne apostasie et les violations de la Torah n'avaient plus place dans la société juive, et les prophètes d'avant l'exil, s'ils avaient pu regarder le peuple, seraient satisfaits. Extérieurement, tout était bien ainsi: aucun paganisme, aucune apostasie ouverte, ni même aucune violation ouverte de la Torah, aucun Juif ne se le permettait d'ordinaire à cette époque.

Les prophètes jadis persécutés étaient maintenant devenus une sorte de héros nationaux; ceux qu'on avait autrefois poursuivis et même tués étaient désormais honorés, on décorait leurs tombeaux et on leur dressait des monuments. Pourtant, en réalité, rien de fondamental n'avait changé: le milieu religieux pharisien demeurait tout aussi peu réceptif à la Révélation vivante que le milieu semi-païen auquel les prophètes d'avant l'exil avaient dû faire face. Il résistait toujours aux plans de Dieu et à l'action de Dieu, même si, extérieurement, c'était autrement que le judaïsme d'avant l'exil.

Et il réagissait aux porteurs de la Révélation vivante avec autant de dureté; le chemin terrestre de Jean le Baptiste, par exemple, comme celui du Sauveur Lui-même, en est une claire confirmation. C'est pourquoi Jésus dit «malheur» aux pharisiens satisfaits d'eux-mêmes et extérieurement pieux: ils ne s'opposent pas aux anciens prophètes non parce qu'ils ont compris et assimilé leur prédication, mais simplement parce que, devenue partie de la tradition, elle a cessé en grande partie d'être vivante, et donc d'être dangereuse pour leur religion.

Toute Révélation qui représentait pour eux au moins quelque danger à cet égard était rejetée de la même manière, et même plus durement qu'aux temps d'avant l'exil. Cela signifie que les pharisiens, tout religieux qu'ils étaient profondément, n'étaient pas plus proches du Royaume que leurs ancêtres semi-païens, et ils n'avaient rien dont se glorifier, sinon des tombeaux décorés. Mais ni les tombeaux ni les monuments ne rapprochent de Dieu.

Celui qui pouvait leur ouvrir le Royaume, la majorité des pharisiens Le rejetait comme leurs ancêtres avaient rejeté les prophètes que ces mêmes pharisiens, du moins en paroles, honoraient. L'histoire se répétait: sous une forme un peu différente, mais exactement de même au fond. Histoire qui s'était achevée alors par la ruine babylonienne et qui conduisait maintenant le peuple à la catastrophe de l'an 70. C'est pourquoi le «malheur» du Sauveur a retenti en temps opportun. Seulement très peu, hélas, L'ont entendu. Et alors l'histoire de l'ancienne Judée s'est achevée comme elle s'est achevée. Le rejet du Messie et du Royaume est toujours un chemin vers la catastrophe. Comme le rejet de Dieu.

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Pour Lc 11:52
52 " Malheur à vous, les légistes, parce que vous avez enlevé la clef de la science ! Vous-mêmes n'êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés ! "
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C’est surtout les pharisiens et les scribes, ceux pour qui toute relation avec Dieu est ramenée à l’accomplissement des commandements et de nombreuses règles et normes déduites de ces commandements, qui ont causé la plus grande indignation de Jésus. Le vrai Dieu, le Dieu Vivant devient superflu dans une telle approche de la loi...  Lire la suite

C’est surtout les pharisiens et les scribes, ceux pour qui toute relation avec Dieu est ramenée à l’accomplissement des commandements et de nombreuses règles et normes déduites de ces commandements, qui ont causé la plus grande indignation de Jésus. Le vrai Dieu, le Dieu Vivant devient superflu dans une telle approche de la loi: c’est suffisant qu’une fois qu’Il ait donné Sa loi, qu’Il puisse ne plus apparaitre après. Et dans ce cas, celui qui refuse avoir un rapport direct avec Dieu devient un interprétateur non autorisé des commandements de Dieu, il change graduellement les lois de Dieu aux préceptes humains (voire Mc 7:6-8) et pense que leur observation mène au salut. Tout ceci contrarie complètement le plan de Dieu concernant Ses relations avec l’homme - dont Jésus est venu dans ce monde pour son accomplissement. Mais la colère particulière de Jésus envers les docteurs de la loi n’est pas due au fait qu’ils suivaient le chemin de l’auto-disculpation menant à la mort, plutôt du fait qu’ils se faisaient autorités spirituelles d’Israël, proclamant leur voie du chemin de la justice et du salut, enseignant les autres à les imiter et de ce fait s’éloigner de Dieu.

Il ne faut pas du tout croire que le légalisme est mort avec les pharisiens et scribes de l’époque de Jésus. L’apôtre Paul lutte dans tout son sermon contre les séductions du légalisme, car ce virus a très vite pénétré la nouvelle Eglise. Et aujourd’hui, on rencontre dans toute confession, dans toute communauté chrétienne les mêmes prétentions à la «clef de la science», la même substitution des relations réelles avec Dieu par le chenal des vives courants des traditions d’église - l’exécution irréfléchie des règles et coutumes accumulées par telle ou autre dénomination durant sa courte ou longue existence. Essayons donc de ne pas violer ces règles, en conservant la concorde dans notre Eglise, et cherchant en même temps quelque chose de meilleure – cette rencontre avec Jésus Christ et ce remplissage avec le Saint Esprit qui feront de nous des porteurs d’amour envers Dieu et envers les hommes dans nos cœur.

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Pour Lc 12:1-7
Sur ces entrefaites, la foule s'étant rassemblée par milliers, au point qu'on s'écrasait les uns les autres, il se mit à dire, et d'abord à ses disciples : " Méfiez-vous du levain - c'est-à-dire de l'hypocrisie - des Pharisiens.
Rien, en effet, n'est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu.
C'est pourquoi tout ce que vous aurez dit dans les ténèbres sera entendu au grand jour, et ce que vous aurez dit à l'oreille dans les pièces les plus retirées sera proclamé sur les toits.
" Je vous le dis à vous, mes amis : Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps et après cela ne peuvent rien faire de plus.
Je vais vous montrer qui vous devez craindre: craignez Celui qui, après avoir tué, a le pouvoir de jeter dans la géhenne; oui, je vous le dis, Celui-là, craignez-le.
Ne vend-on pas cinq passereaux pour deux as? Et pas un d'entre eux n'est en oubli devant Dieu!
Bien plus, vos cheveux même sont tous comptés. Soyez sans crainte; vous valez mieux qu'une multitude de passereaux.
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Le Royaume de Dieu qui vient demandera à l'homme un chemin particulier de foi. Jésus dit aux disciples « ne vous inquiétez pas »...  Lire la suite

Le Royaume de Dieu qui vient demandera à l'homme un chemin particulier de foi. Jésus dit aux disciples « ne vous inquiétez pas », mais condamne aussitôt le riche insensé qui n'a déjà plus de quoi s'inquiéter. La question ne se résout pas sur le plan de « travailler ou ne pas travailler », de faire ou non des efforts pour prendre soin de soi et de ses proches. Car il ne s'agit pas ici de nourriture et de vêtement, mais d'espérance, de ce sur quoi l'homme s'appuie, du fondement sur lequel il se tient. Les disciples du Christ auront besoin de manger et de boire ; ils ne deviennent pas des « lis des champs », ils restent des hommes. Mais ces hommes ne vivent pas d'eux-mêmes, ni de leurs efforts, ni même de leur foi : ils vivent de Dieu, de Sa miséricorde envers eux. Au lieu de nos « problèmes » habituels, ils orientent leur cœur vers le Royaume, qui devient la mesure et le but de tous leurs travaux et efforts quotidiens.

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Pour Lc 12:1-34
Sur ces entrefaites, la foule s'étant rassemblée par milliers, au point qu'on s'écrasait les uns les autres, il se mit à dire, et d'abord à ses disciples : " Méfiez-vous du levain - c'est-à-dire de l'hypocrisie - des Pharisiens.
Rien, en effet, n'est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu.
C'est pourquoi tout ce que vous aurez dit dans les ténèbres sera entendu au grand jour, et ce que vous aurez dit à l'oreille dans les pièces les plus retirées sera proclamé sur les toits.
" Je vous le dis à vous, mes amis : Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps et après cela ne peuvent rien faire de plus.
Je vais vous montrer qui vous devez craindre: craignez Celui qui, après avoir tué, a le pouvoir de jeter dans la géhenne; oui, je vous le dis, Celui-là, craignez-le.
Ne vend-on pas cinq passereaux pour deux as? Et pas un d'entre eux n'est en oubli devant Dieu!
Bien plus, vos cheveux même sont tous comptés. Soyez sans crainte; vous valez mieux qu'une multitude de passereaux.
" Je vous le dis, quiconque se sera déclaré pour moi devant les hommes, le Fils de l'homme aussi se déclarera pour lui devant les anges de Dieu ;
mais celui qui m'aura renié à la face des hommes sera renié à la face des anges de Dieu.
10 " Et quiconque dira une parole contre le Fils de l'homme, cela lui sera remis, mais à qui aura blasphémé contre le Saint Esprit, cela ne sera pas remis.
11 " Lorsqu'on vous conduira devant les synagogues, les magistrats et les autorités, ne cherchez pas avec inquiétude comment vous défendre ou que dire,
12 car le Saint Esprit vous enseignera à cette heure même ce qu'il faut dire. "
13 Quelqu'un de la foule lui dit : " Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. "
14 Il lui dit : " Homme, qui m'a établi pour être votre juge ou régler vos partages ? "
15 Puis il leur dit : " Attention ! gardez-vous de toute cupidité, car, au sein même de l'abondance, la vie d'un homme n'est pas assurée par ses biens. "
16 Il leur dit alors une parabole : " Il y avait un homme riche dont les terres avaient beaucoup rapporté.
17 Et il se demandait en lui-même : "Que vais-je faire ? car je n'ai pas où recueillir ma récolte. "
18 Puis il se dit : "Voici ce que je vais faire : j'abattrai mes greniers, j'en construirai de plus grands, j'y recueillerai tout mon blé et mes biens,
19 et je dirai à mon âme : Mon âme, tu as quantité de biens en réserve pour de nombreuses années ; repose-toi, mange, bois, fais la fête. "
20 Mais Dieu lui dit : "Insensé, cette nuit même, on va te redemander ton âme. Et ce que tu as amassé, qui l'aura ?"
21 Ainsi en est-il de celui qui thésaurise pour lui-même, au lieu de s'enrichir en vue de Dieu. "
22 Puis il dit à ses disciples : " Voilà pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez.
23 Car la vie est plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement.
24 Considérez les corbeaux: ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n'ont ni cellier ni grenier, et Dieu les nourrit. Combien plus valez-vous que les oiseaux!
25 Qui d'entre vous d'ailleurs peut, en s'en inquiétant, ajouter une coudée à la longueur de sa vie?
26 Si donc la plus petite chose même passe votre pouvoir, pourquoi vous inquiéter des autres?
27 Considérez les lis, comme ils ne filent ni ne tissent. Or, je vous le dis, Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n'a pas été vêtu comme l'un d'eux.
28 Que si, dans les champs, Dieu habille de la sorte l'herbe qui est aujourd'hui, et demain sera jetée au four, combien plus le fera-t-il pour vous, gens de peu de foi!
29 Vous non plus, ne cherchez pas ce que vous mangerez et ce que vous boirez; ne vous tourmentez pas.
30 Car ce sont là toutes choses dont les païens de ce monde sont en quête; mais votre Père sait que vous en avez besoin.
31 Aussi bien, cherchez son Royaume, et cela vous sera donné par surcroît.
32 " Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père s'est complu à vous donner le Royaume.
33 " Vendez vos biens, et donnez-les en aumône. Faites-vous des bourses qui ne s'usent pas, un trésor inépuisable dans les cieux, où ni voleur n'approche ni mite ne détruit.
34 Car où est votre trésor, là aussi sera votre cœur.
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En parlant du Royaume à ses disciples, Jésus le décrit avant tout comme une vie nouvelle, ouverte à ceux qui la cherchent. Mais on ne peut la trouver qu'à condition d'être soi-même absolument ouvert. Pour vivre de la vie du Royaume...  Lire la suite

En parlant du Royaume à ses disciples, Jésus le décrit avant tout comme une vie nouvelle, ouverte à ceux qui la cherchent. Mais on ne peut la trouver qu'à condition d'être soi-même absolument ouvert. Pour vivre de la vie du Royaume, il faut renoncer à sa propre vie. Non pas à l'espace vital en tant que tel, ni au courant de vie que la Bible appelle l'âme, mais au fait de s'approprier cet espace et ce courant, de les considérer comme sa propriété inaliénable, comme quelque chose qui vous appartient de droit.

Dans le Royaume, tout est autrement. Là, la vie est commune. Une seule pour tous. Elle n'est pas une propriété, elle est à l'usage de tous. Et l'ampleur de cet usage n'est limitée par rien, sinon par le potentiel spirituel de la personne elle-même. Autant de vie du Royaume elle pourra contenir, autant elle en recevra. Mais elle ne devient la propriété de personne au sens où nous avons l'habitude d'employer ce mot pour les rapports de propriété dans notre monde.

La vie du Royaume est tienne dans la mesure où tu peux vivre de cette vie. C'est pourquoi Jésus conseille de s'abandonner au courant de la vie du Royaume. D'y entrer comme dans un fleuve. Et d'avancer avec lui. Sans chercher, comme on dit aujourd'hui, à fixer quoi que ce soit. Sans chercher à évaluer ses propres états, ses réussites ou ses échecs. Sans s'accrocher à rien de ce qui attire et retient l'homme dans ce monde. Et surtout sans tenter de faire entrer la vie du Royaume dans des cadres religieux: ni avec le levain des pharisiens, ni avec celui des sadducéens, on ne pétrit la vie nouvelle. Le Royaume n'entre dans aucun cadre humain, mais il entre dans le coeur humain. Si, bien sûr, il devient pour l'homme le trésor principal. Car là où est le trésor, là aussi est le coeur.

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Pour Lc 11:29-53
29 Comme les foules se pressaient en masse, il se mit à dire : " Cette génération est une génération mauvaise ; elle demande un signe, et de signe, il ne lui sera donné que le signe de Jonas.
30 Car, tout comme Jonas devint un signe pour les Ninivites, de même le Fils de l'homme en sera un pour cette génération.
31 La reine du Midi se lèvera lors du Jugement avec les hommes de cette génération et elle les condamnera, car elle vint des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici plus que Salomon!
32 Les hommes de Ninive se dresseront lors du Jugement avec cette génération et ils la condamneront, car ils se repentirent à la proclamation de Jonas, et il y a ici plus que Jonas !
33 " Personne, après avoir allumé une lampe, ne la met en quelque endroit caché ou sous le boisseau, mais bien sur le lampadaire, pour que ceux qui pénètrent voient la clarté.
34 La lampe du corps, c'est ton œil. Lorsque ton œil est sain, ton corps tout entier aussi est lumineux; mais dès qu'il est malade, ton corps aussi est ténébreux.
35 Vois donc si la lumière qui est en toi n'est pas ténèbres!
36 Si donc ton corps tout entier est lumineux, sans aucune partie ténébreuse, il sera lumineux tout entier, comme lorsque la lampe t'illumine de son éclat. "
37 Tandis qu'il parlait, un Pharisien l'invite à déjeuner chez lui. Il entra et se mit à table.
38 Ce que voyant, le Pharisien s'étonna de ce qu'il n'eût pas fait d'abord les ablutions avant le déjeuner.
39 Mais le Seigneur lui dit : " Vous voilà bien, vous, les Pharisiens ! L'extérieur de la coupe et du plat, vous le purifiez, alors que votre intérieur à vous est plein de rapine et de méchanceté !
40 Insensés! Celui qui a fait l'extérieur n'a-t-il pas fait aussi l'intérieur?
41 Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous.
42 Mais malheur à vous, les Pharisiens, qui acquittez la dîme de la menthe, de la rue et de toute plante potagère, et qui délaissez la justice et l'amour de Dieu! Il fallait pratiquer ceci, sans omettre cela.
43 Malheur à vous, les Pharisiens, qui aimez le premier siège dans les synagogues et les salutations sur les places publiques!
44 Malheur à vous, qui êtes comme les tombeaux que rien ne signale et sur lesquels on marche sans le savoir ! "
45 Prenant alors la parole, un des légistes lui dit : " Maître, en parlant ainsi, tu nous outrages, nous aussi ! "
46 Alors il dit : " A vous aussi, les légistes, malheur, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter et vous-mêmes ne touchez pas à ces fardeaux d'un seul de vos doigts !
47 " Malheur à vous, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, et ce sont vos pères qui les ont tués !
48 Vous êtes donc des témoins et vous approuvez les actes de vos pères; eux ont tué, et vous, vous bâtissez!
49 " Et voilà pourquoi la Sagesse de Dieu a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres ; ils en tueront et pourchasseront,
50 afin qu'il soit demandé compte à cette génération du sang de tous les prophètes qui a été répandu depuis la fondation du monde,
51 depuis le sang d'Abel jusqu'au sang de Zacharie, qui périt entre l'autel et le Temple. Oui, je vous le dis, il en sera demandé compte à cette génération.
52 " Malheur à vous, les légistes, parce que vous avez enlevé la clef de la science ! Vous-mêmes n'êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés ! "
53 Quand il fut sorti de là, les scribes et les Pharisiens se mirent à lui en vouloir terriblement et à le faire parler sur une foule de choses,
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Dans plusieurs épisodes, l'évangéliste rapporte différentes paroles du Seigneur sur la vie dans le Royaume de Dieu qui vient...  Lire la suite

Dans plusieurs épisodes, l'évangéliste rapporte différentes paroles du Seigneur sur la vie dans le Royaume de Dieu qui vient. Jésus ne prêchait pas dans le vide—autour de Lui se trouvaient des croyants, plus ou moins pieux. Naturellement, tous comprenaient un peu différemment qui est Dieu et comment il faut vivre avec Lui. Pourtant, dans les paroles rapportées par l'évangéliste, on peut discerner deux grands « types de vie religieuse » : d'un côté, l'être humain dont l'œil est pur et simple, rempli de lumière comme celle d'une lampe visible pour tous ceux qui sont dans les ténèbres ; de l'autre, la piété formelle de ceux qui se souviennent du moment où il faut se laver les mains et payer la dîme, mais qui oublient parfois—non par méchanceté, mais uniquement en raison des limites de la mémoire humaine—des réalités telles que le pardon, la miséricorde et la confiance en Dieu. Bien sûr, ces deux formes sont véritablement des « types », des sortes d'idéaux de la vie spirituelle ; elles dessinent néanmoins assez clairement les deux directions dans lesquelles peut s'engager un disciple de Jésus-Christ.

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Pour Lc 11:29-53
29 Comme les foules se pressaient en masse, il se mit à dire : " Cette génération est une génération mauvaise ; elle demande un signe, et de signe, il ne lui sera donné que le signe de Jonas.
30 Car, tout comme Jonas devint un signe pour les Ninivites, de même le Fils de l'homme en sera un pour cette génération.
31 La reine du Midi se lèvera lors du Jugement avec les hommes de cette génération et elle les condamnera, car elle vint des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici plus que Salomon!
32 Les hommes de Ninive se dresseront lors du Jugement avec cette génération et ils la condamneront, car ils se repentirent à la proclamation de Jonas, et il y a ici plus que Jonas !
33 " Personne, après avoir allumé une lampe, ne la met en quelque endroit caché ou sous le boisseau, mais bien sur le lampadaire, pour que ceux qui pénètrent voient la clarté.
34 La lampe du corps, c'est ton œil. Lorsque ton œil est sain, ton corps tout entier aussi est lumineux; mais dès qu'il est malade, ton corps aussi est ténébreux.
35 Vois donc si la lumière qui est en toi n'est pas ténèbres!
36 Si donc ton corps tout entier est lumineux, sans aucune partie ténébreuse, il sera lumineux tout entier, comme lorsque la lampe t'illumine de son éclat. "
37 Tandis qu'il parlait, un Pharisien l'invite à déjeuner chez lui. Il entra et se mit à table.
38 Ce que voyant, le Pharisien s'étonna de ce qu'il n'eût pas fait d'abord les ablutions avant le déjeuner.
39 Mais le Seigneur lui dit : " Vous voilà bien, vous, les Pharisiens ! L'extérieur de la coupe et du plat, vous le purifiez, alors que votre intérieur à vous est plein de rapine et de méchanceté !
40 Insensés! Celui qui a fait l'extérieur n'a-t-il pas fait aussi l'intérieur?
41 Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous.
42 Mais malheur à vous, les Pharisiens, qui acquittez la dîme de la menthe, de la rue et de toute plante potagère, et qui délaissez la justice et l'amour de Dieu! Il fallait pratiquer ceci, sans omettre cela.
43 Malheur à vous, les Pharisiens, qui aimez le premier siège dans les synagogues et les salutations sur les places publiques!
44 Malheur à vous, qui êtes comme les tombeaux que rien ne signale et sur lesquels on marche sans le savoir ! "
45 Prenant alors la parole, un des légistes lui dit : " Maître, en parlant ainsi, tu nous outrages, nous aussi ! "
46 Alors il dit : " A vous aussi, les légistes, malheur, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter et vous-mêmes ne touchez pas à ces fardeaux d'un seul de vos doigts !
47 " Malheur à vous, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, et ce sont vos pères qui les ont tués !
48 Vous êtes donc des témoins et vous approuvez les actes de vos pères; eux ont tué, et vous, vous bâtissez!
49 " Et voilà pourquoi la Sagesse de Dieu a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres ; ils en tueront et pourchasseront,
50 afin qu'il soit demandé compte à cette génération du sang de tous les prophètes qui a été répandu depuis la fondation du monde,
51 depuis le sang d'Abel jusqu'au sang de Zacharie, qui périt entre l'autel et le Temple. Oui, je vous le dis, il en sera demandé compte à cette génération.
52 " Malheur à vous, les légistes, parce que vous avez enlevé la clef de la science ! Vous-mêmes n'êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés ! "
53 Quand il fut sorti de là, les scribes et les Pharisiens se mirent à lui en vouloir terriblement et à le faire parler sur une foule de choses,
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La lecture d'aujourd'hui est consacrée au thème central de la polémique qui s'est développée entre Jésus et une partie de la fraternité pharisienne...  Lire la suite

La lecture d'aujourd'hui est consacrée au thème central de la polémique qui s'est développée entre Jésus et une partie de la fraternité pharisienne: le thème du Royaume et de la religiosité. Pour comprendre la situation, il importe de garder à l'esprit qu'il ne s'agit pas d'une forme spécifique de religiosité. La religiosité des pharisiens avait bien sûr des traits tout à fait concrets, propres à l'époque; mais, d'un autre côté, c'est précisément la mentalité pharisienne que l'on pourrait considérer comme la quintessence de la religiosité en tant que telle, et, en un certain sens, toute autre religiosité connue dans l'histoire, du moins dans l'histoire des religions abrahamiques, peut être comparée à la religiosité pharisienne comme à un étalon.

Mais le fait est que Jésus n'était pas le fondateur d'une nouvelle religion. Le christianisme n'est pas une religion, mais la vie dans le Royaume, et le Sauveur essaie sans cesse de faire comprendre cette pensée à Ses interlocuteurs. Ce n'est pas par hasard qu'Il répond si longuement au pharisien qui L'a invité chez lui à propos du lavage rituel des mains avant le repas (v. 38-44). La question de la pureté rituelle est la question centrale de toute religion; elle détermine l'appartenance d'une personne à la communauté religieuse et sa plénitude religieuse.

Jésus, Lui, parle de la pureté non comme d'un état religieux, mais comme d'un état spirituel. Car la possibilité de demeurer dans le Royaume est déterminée non par les qualités de l'homme, morales ou religieuses, mais par ses relations avec Dieu et avec ses prochains. La religion et la morale peuvent purifier l'homme extérieurement; l'accomplissement minutieux des obligations religieuses rend l'homme irréprochable religieusement, il correspond à toutes les prescriptions de la Torah, si l'on comprend celle-ci seulement comme une législation religieuse sans rapport avec la vie intérieure de l'homme.

On pourrait appeler cela du formalisme religieux, mais ce ne serait pourtant pas toute la vérité, car les mêmes pharisiens s'efforçaient d'accomplir les prescriptions de la Loi non seulement formellement; ils étaient simplement absolument certains qu'en payant soigneusement la dîme, ils étaient réellement purs devant Dieu (v. 42). Ce n'est pas par hasard que Jésus parle de l'aumône (v. 41), de ce qu'aucune loi ne peut réglementer: seul le renoncement aux tentatives de tout formaliser dans les relations avec Dieu peut amener l'homme à penser non à ses obligations et à ses droits religieux, mais à ses relations avec Dieu et avec les hommes. Alors, un tel homme n'accordera pas non plus une importance particulière au statut, si important dans la vie religieuse (v. 43). Et le problème principal ici est que ce n'est pas une religion particulière et nouvelle qui mène au Royaume, mais le renoncement à toute religion en général. Cela était inacceptable même pour les «scribes», les enseignants de la Torah (v. 45). Mais Jésus remarque en réponse que la théologie rabbinique, comme toute théologie traditionnelle en général, s'occupe de justifier cette même religiosité qui, soit dit en passant, n'oblige les théologiens eux-mêmes à rien (v. 46).

Mais le pire est que la religion et ses défenseurs, en tout temps, se sont opposés aux témoins de Dieu et ont cherché à s'en débarrasser. Il en fut ainsi auparavant, et au temps de Jésus rien n'a changé (v. 46-52). Et voilà que des hommes pleinement religieux, instruits et extérieurement pieux condamnent à la croix Celui qu'ils attendaient, selon leurs propres assurances, depuis de nombreux siècles. En choisissant entre la religion et le Royaume, ils choisissent, comme on le voit, la religion. Et ils restent avec ce qu'ils ont choisi.

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Pour Lc 11:29-53
29 Comme les foules se pressaient en masse, il se mit à dire : " Cette génération est une génération mauvaise ; elle demande un signe, et de signe, il ne lui sera donné que le signe de Jonas.
30 Car, tout comme Jonas devint un signe pour les Ninivites, de même le Fils de l'homme en sera un pour cette génération.
31 La reine du Midi se lèvera lors du Jugement avec les hommes de cette génération et elle les condamnera, car elle vint des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici plus que Salomon!
32 Les hommes de Ninive se dresseront lors du Jugement avec cette génération et ils la condamneront, car ils se repentirent à la proclamation de Jonas, et il y a ici plus que Jonas !
33 " Personne, après avoir allumé une lampe, ne la met en quelque endroit caché ou sous le boisseau, mais bien sur le lampadaire, pour que ceux qui pénètrent voient la clarté.
34 La lampe du corps, c'est ton œil. Lorsque ton œil est sain, ton corps tout entier aussi est lumineux; mais dès qu'il est malade, ton corps aussi est ténébreux.
35 Vois donc si la lumière qui est en toi n'est pas ténèbres!
36 Si donc ton corps tout entier est lumineux, sans aucune partie ténébreuse, il sera lumineux tout entier, comme lorsque la lampe t'illumine de son éclat. "
37 Tandis qu'il parlait, un Pharisien l'invite à déjeuner chez lui. Il entra et se mit à table.
38 Ce que voyant, le Pharisien s'étonna de ce qu'il n'eût pas fait d'abord les ablutions avant le déjeuner.
39 Mais le Seigneur lui dit : " Vous voilà bien, vous, les Pharisiens ! L'extérieur de la coupe et du plat, vous le purifiez, alors que votre intérieur à vous est plein de rapine et de méchanceté !
40 Insensés! Celui qui a fait l'extérieur n'a-t-il pas fait aussi l'intérieur?
41 Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous.
42 Mais malheur à vous, les Pharisiens, qui acquittez la dîme de la menthe, de la rue et de toute plante potagère, et qui délaissez la justice et l'amour de Dieu! Il fallait pratiquer ceci, sans omettre cela.
43 Malheur à vous, les Pharisiens, qui aimez le premier siège dans les synagogues et les salutations sur les places publiques!
44 Malheur à vous, qui êtes comme les tombeaux que rien ne signale et sur lesquels on marche sans le savoir ! "
45 Prenant alors la parole, un des légistes lui dit : " Maître, en parlant ainsi, tu nous outrages, nous aussi ! "
46 Alors il dit : " A vous aussi, les légistes, malheur, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter et vous-mêmes ne touchez pas à ces fardeaux d'un seul de vos doigts !
47 " Malheur à vous, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, et ce sont vos pères qui les ont tués !
48 Vous êtes donc des témoins et vous approuvez les actes de vos pères; eux ont tué, et vous, vous bâtissez!
49 " Et voilà pourquoi la Sagesse de Dieu a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres ; ils en tueront et pourchasseront,
50 afin qu'il soit demandé compte à cette génération du sang de tous les prophètes qui a été répandu depuis la fondation du monde,
51 depuis le sang d'Abel jusqu'au sang de Zacharie, qui périt entre l'autel et le Temple. Oui, je vous le dis, il en sera demandé compte à cette génération.
52 " Malheur à vous, les légistes, parce que vous avez enlevé la clef de la science ! Vous-mêmes n'êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés ! "
53 Quand il fut sorti de là, les scribes et les Pharisiens se mirent à lui en vouloir terriblement et à le faire parler sur une foule de choses,
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Les paroles du Sauveur adressées aux pharisiens et aux maîtres de la Torah, qu’on appelait alors ordinairement « scribes », peuvent paraître trop dures, comme elles l’ont paru à certains de Ses auditeurs. Mais la question était trop sérieuse, et...  Lire la suite

Les paroles du Sauveur adressées aux pharisiens et aux maîtres de la Torah, qu’on appelait alors ordinairement « scribes », peuvent paraître trop dures, comme elles l’ont paru à certains de Ses auditeurs. Mais la question était trop sérieuse, et il fallait appeler les choses par leur nom. Les accusations sont graves : au fond, Jésus reproche aussi bien aux militants religieux de la Synagogue de ce temps, les pharisiens, qu’aux éminents maîtres de la Torah, de ne pas observer eux-mêmes ce à quoi ils appellent les autres. Accusation étrange, semble-t-il : car ce sont précisément les pharisiens et les maîtres de la Torah qui, dans les Évangiles, sont présentés comme des zélateurs de la Torah ; ce sont eux qui reprochent sans cesse à Jésus de violer telle ou telle de ses prescriptions. Mais Jésus désigne clairement le problème : une religiosité extérieure privée de contenu spirituel. C’est précisément cette religiosité qui devint le principal problème de la vie spirituelle synagogale à l’époque évangélique. Beaucoup de pharisiens s’y tenaient, et beaucoup de maîtres de la Torah l’enseignaient au peuple.

Une alternative existait, bien sûr, mais peu nombreux étaient ceux qui la représentaient. Les livres du Nouveau Testament nous ont transmis les noms de certains d’entre eux : Nicodème, Gamaliel... Mais ce n’étaient pas eux qui déterminaient l’atmosphère générale de la vie synagogale de ce temps. Et il apparaissait alors que les appels à la vie spirituelle s’accompagnaient d’un enseignement non pas tant de la vie spirituelle que de la vie religieuse. Non pas comment acquérir l’intégrité intérieure et la lumière intérieure, ce fameux « œil lumineux » dont parle Jésus, mais comment observer les prescriptions rituelles. Bien sûr, elles aussi ne sont pas apparues sans raison, et derrière elles se trouve une certaine expérience spirituelle qui les a engendrées ; mais cette expérience s’était déjà oubliée, tandis que les prescriptions étaient restées.

Et voilà qu’on propose désormais au peuple de vivre d’une seule religiosité sans contenu spirituel, de prescriptions sans communion avec Dieu. Quant aux maîtres eux-mêmes, ils se sentent alors comme les propriétaires de la Torah : ce sont eux qui la commentent et l’interprètent, c’est à eux qu’on demande conseil, c’est précisément leur autorité qui, aux yeux des gens simples, est incontestable.

Tous n’étaient pas ainsi, bien sûr, mais il y en avait assez pour qu’une immense multitude de personnes se referme dans le cercle de la religiosité formelle sans aucune possibilité d’en sortir. Et toute parole libre de Dieu, tout souffle de l’Esprit de Dieu dans ce milieu est perçu comme quelque chose d’inutile et même de dangereux : car cela mine le monopole des maîtres et des interprètes sur la Torah, et donc sur la vie spirituelle. Ce n’est pas par hasard que Jésus dit à ceux qui élèvent des monuments aux anciens prophètes qu’ils ne valent pas mieux que leurs pères, qui tuaient ces mêmes prophètes. La vie spirituelle vivante ne leur est pas nécessaire, pas plus qu’elle ne l’était à leurs pères. Et donc le Royaume ne leur est pas nécessaire non plus.

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