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RÉFLEXIONS pour Lc 19:12-28

12 Il dit donc : " Un homme de haute naissance se rendit dans un pays lointain pour recevoir la dignité royale et revenir ensuite.
13 Appelant dix de ses serviteurs, il leur remit dix mines et leur dit : "Faites-les valoir jusqu'à ce que je vienne. "
14 Mais ses concitoyens le haïssaient et ils dépêchèrent à sa suite une ambassade chargée de dire : "Nous ne voulons pas que celui-là règne sur nous. "
15 " Et il advint qu'une fois de retour, après avoir reçu la dignité royale, il fit appeler ces serviteurs auxquels il avait remis l'argent, pour savoir ce que chacun lui avait fait produire.
16 Le premier se présenta et dit : "Seigneur, ta mine a rapporté dix mines. " -
17 "C'est bien, bon serviteur, lui dit-il ; puisque tu t'es montré fidèle en très peu de chose, reçois autorité sur dix villes. "
18 Le second vint et dit : "Ta mine, Seigneur, a produit cinq mines. "
19 A celui-là encore il dit : "Toi aussi, sois à la tête de cinq villes. "
20 L'autre aussi vint et dit : "Seigneur, voici ta mine, que je gardais déposée dans un linge.
21 Car j'avais peur de toi, qui es un homme sévère, qui prends ce que tu n'as pas mis en dépôt et moissonnes ce que tu n'as pas semé. " -
22 "Je te juge, lui dit-il, sur tes propres paroles, mauvais serviteur. Tu savais que je suis un homme sévère, prenant ce que je n'ai pas mis en dépôt et moissonnant ce que je n'ai pas semé.
23 Pourquoi donc n'as-tu pas confié mon argent à la banque ? A mon retour, je l'aurais retiré avec un intérêt. "
24 Et il dit à ceux qui se tenaient là : "Enlevez-lui sa mine, et donnez-la à celui qui a les dix mines. "... -
25 "Seigneur, lui dirent-ils, il a dix mines ! "... -
26 "Je vous le dis : à tout homme qui a l'on donnera ; mais à qui n'a pas on enlèvera même ce qu'il a. "
27 " "Quant à mes ennemis, ceux qui n'ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici, et égorgez-les en ma présence. " "
28 Ayant dit cela, il partait en tête, montant à Jérusalem.
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L'expérience montre que cette parabole est très difficile même pour des chrétiens affermis. L'image du roi, telle qu'elle est décrite dans la parabole, renvoie manifestement, selon la symbolique biblique messianique qui nous est déjà familière, au Juge Très-Haut, et la situation elle-même ressemble beaucoup au Jugement dernier. Mais cette image elle-même ne peut susciter rien d'autre que le rejet, la répulsion et une peur animale : cruel, mal aimé du peuple, avide... et tout cela, il le confirme par ses propres paroles et par ses actes. Mais en est-il réellement ainsi ? Quelle est donc cette image en vérité, qui est son véritable prototype, et si ce n'est qu'une image, dans la conscience de qui s'est-elle imprimée ?

Prêtons attention aux paroles : « Je te jugerai d'après tes propres paroles, mauvais serviteur ». Nous devons nous arrêter longuement ici pour lire correctement les paroles qui suivent : « Tu savais que je suis un homme sévère, prenant ce que je n'ai pas déposé et moissonnant ce que je n'ai pas semé ». Lorsque nous lisons ces paroles à un rythme ordinaire, nous y voyons en règle générale seulement une confirmation de ce que nous voyons déjà : que ce roi est avide, que son peuple ne l'aime pas, qu'il ordonne de mettre à mort devant lui ceux qui ne sont pas d'accord. Ainsi tout cela s'inscrit dans une seule image et se fige dans l'esprit, tandis que les mots « d'après tes propres paroles » passent véritablement inaperçus. Mais si l'on y prête l'oreille, le tableau change aussitôt radicalement. Ce n'est que la représentation qu'un serviteur négligent se fait du roi, représentation qui ne l'a aidé à rien faire de bon.

On nous dira : mais qu'en est-il de la représentation de tous les « citoyens » qui envoyaient une ambassade et ne voulaient pas avoir un tel roi ? Mais cela aussi n'est que leur représentation. Et enfin, dira-t-on, lui-même dit : « égorgez-les devant moi ». Pourtant, réfléchissons : est-ce seulement une indication des paroles bien connues du psaume : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : siège à ma droite, jusqu'à ce que je fasse de tes ennemis le marchepied de tes pieds (Ps 109:1), ou des paroles d'un autre psaume : « J'ai sacré mon Roi sur Sion, ma montagne sainte ; je publierai le décret : le Seigneur m'a dit : Tu es mon Fils ; moi, aujourd'hui, je t'ai engendré ; demande-moi, et je te donnerai les nations pour héritage et les extrémités de la terre pour possession ; tu les frapperas avec un sceptre de fer ; tu les briseras comme un vase de potier » (Ps 2:6-9) ? Alors il ne s'agit réellement que d'une indication du Jour du Jugement.

En réalité, il y a ici un point très important. Qu'est-ce qui mine souvent notre foi, qu'est-ce qui nous fait souffrir dans le trouble et le doute ? Souvent, nous voyons des gens qui, semble-t-il, devraient mieux que tous connaître Dieu, dire quelque chose qui nous paraît complètement aberrant. Et cela nous trouble. Mais nous ne devons pas oublier que ce n'est que leur représentation de Lui, même s'il nous semble parfois, comme à la lecture de cette parabole, qu'elle correspond si manifestement à la réalité. Remarquons enfin que nous n'avons jamais connu la représentation que certains des personnages mentionnés dans la parabole se faisaient du roi : ceux qui ont simplement pris l'argent et l'ont fait fructifier. Que pensent-ils du roi ? Cela, nous ne le savons pas.

Autres réflexions

 
Pour Lc 19:12-28
12 Il dit donc : " Un homme de haute naissance se rendit dans un pays lointain pour recevoir la dignité royale et revenir ensuite.
13 Appelant dix de ses serviteurs, il leur remit dix mines et leur dit : "Faites-les valoir jusqu'à ce que je vienne. "
14 Mais ses concitoyens le haïssaient et ils dépêchèrent à sa suite une ambassade chargée de dire : "Nous ne voulons pas que celui-là règne sur nous. "
15 " Et il advint qu'une fois de retour, après avoir reçu la dignité royale, il fit appeler ces serviteurs auxquels il avait remis l'argent, pour savoir ce que chacun lui avait fait produire.
16 Le premier se présenta et dit : "Seigneur, ta mine a rapporté dix mines. " -
17 "C'est bien, bon serviteur, lui dit-il ; puisque tu t'es montré fidèle en très peu de chose, reçois autorité sur dix villes. "
18 Le second vint et dit : "Ta mine, Seigneur, a produit cinq mines. "
19 A celui-là encore il dit : "Toi aussi, sois à la tête de cinq villes. "
20 L'autre aussi vint et dit : "Seigneur, voici ta mine, que je gardais déposée dans un linge.
21 Car j'avais peur de toi, qui es un homme sévère, qui prends ce que tu n'as pas mis en dépôt et moissonnes ce que tu n'as pas semé. " -
22 "Je te juge, lui dit-il, sur tes propres paroles, mauvais serviteur. Tu savais que je suis un homme sévère, prenant ce que je n'ai pas mis en dépôt et moissonnant ce que je n'ai pas semé.
23 Pourquoi donc n'as-tu pas confié mon argent à la banque ? A mon retour, je l'aurais retiré avec un intérêt. "
24 Et il dit à ceux qui se tenaient là : "Enlevez-lui sa mine, et donnez-la à celui qui a les dix mines. "... -
25 "Seigneur, lui dirent-ils, il a dix mines ! "... -
26 "Je vous le dis : à tout homme qui a l'on donnera ; mais à qui n'a pas on enlèvera même ce qu'il a. "
27 " "Quant à mes ennemis, ceux qui n'ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici, et égorgez-les en ma présence. " "
28 Ayant dit cela, il partait en tête, montant à Jérusalem.
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En considérant la parabole de l’argent confié aux serviteurs, nous pourrions, tout comme ses premiers auditeurs, poser une question...  Lire la suite

En considérant la parabole de l’argent confié aux serviteurs, nous pourrions, tout comme ses premiers auditeurs, poser une question : soit, certains de ceux qui ont fait fructifier l’argent ont réalisé un bénéfice, tandis que le serviteur qui n’a pas voulu prendre de risque n’a rien ajouté au capital de départ. Mais pourquoi la parabole n’envisage-t-elle pas le cas d’une personne qui investit mal le capital et subit des pertes ? Cela n’arrive-t-il donc jamais ?

Bien sûr que cela arrive ; personne n’est à l’abri d’un échec lorsqu’il prend un risque dans les affaires. Mais ce que le Père céleste nous a confié diffère précisément de l’argent terrestre en ce qu’il ne peut produire aucune perte. Nos capacités et nos possibilités sont différentes ; nous ne sommes donc pas tous également en mesure d’influer sur le bénéfice que rapportera l’investissement des dons reçus de Lui. Mais le succès des œuvres qu’Il bénit est certain. C’est pourquoi la parabole n’envisage pas la possibilité d’une faillite comme conséquence de l’activité. En revanche, refuser d’employer les capacités reçues mène à la ruine, et constitue déjà en soi une ruine. Pendant un temps, il est possible de sortir de cet état, mais il ne faut pas tarder...

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Pour Lc 19:20-22
20 L'autre aussi vint et dit : "Seigneur, voici ta mine, que je gardais déposée dans un linge.
21 Car j'avais peur de toi, qui es un homme sévère, qui prends ce que tu n'as pas mis en dépôt et moissonnes ce que tu n'as pas semé. " -
22 "Je te juge, lui dit-il, sur tes propres paroles, mauvais serviteur. Tu savais que je suis un homme sévère, prenant ce que je n'ai pas mis en dépôt et moissonnant ce que je n'ai pas semé.
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L'image du maître dur qui «prend ce qu'il n'a pas déposé et moissonne ce qu'il n'a pas semé» peut paraître un peu étrange. En effet, selon le sens général de la parabole, il s'agit non d'un homme...  Lire la suite

L'image du maître dur qui «prend ce qu'il n'a pas déposé et moissonne ce qu'il n'a pas semé» peut paraître un peu étrange. En effet, selon le sens général de la parabole, il s'agit non d'un homme, mais de Dieu. Mais chacun voit Dieu à sa manière, d'ordinaire selon son propre état spirituel.

En effet, même si l'on se limite au texte de la parabole et que l'on garde à l'esprit l'image du maître que nous y voyons, il est difficile de parler de lui comme d'un homme avide et dur. Certes, en laissant à ses serviteurs une certaine somme, il espère à son retour un revenu correspondant, mais telle est l'essence de l'argent: il doit être en circulation, sinon la possession même d'une somme quelque peu importante perd tout sens.

Il y a ici un risque, bien sûr, mais le maître ne s'oppose pas à ce que ceux à qui il a confié son argent prennent des risques. On ne sait pas quelle aurait été sa réaction à des pertes causées par un placement malheureux, mais sa réaction au refus de mettre en circulation les sommes confiées est décrite très clairement dans la parabole. Et, comme dans toute parabole, l'argent mis en circulation symbolise ici quelque chose qui se rapporte à la vie spirituelle. Il faut même parler non de l'argent en tant que tel, mais précisément de la disponibilité à le mettre en circulation. De cette dynamique sans laquelle l'argent cesse d'avoir un sens.

Dieu donne la vie à l'homme pour qu'elle existe dans une dynamique constante. La vie, dans toutes ses manifestations, des plus hautes et spirituelles aux plus ordinaires et naturelles, ne peut exister que dans la dynamique. Seules l'ouverture de l'homme au monde et la confiance en Dieu peuvent rendre cette dynamique réelle. Le serviteur qui a préféré cacher l'argent n'avait ni l'une ni l'autre. Il était certain que le maître lui donnait l'argent pour avoir ensuite la possibilité de lui demander des comptes et de reprendre ce qui était à lui. Il ne lui venait même pas à l'esprit que l'argent du maître pouvait être utile à lui-même et à son maître.

Il était certain qu'on ne pouvait rien attendre de bon du maître. Et il reçut selon ses attentes. Dieu donne à l'homme la vie non pour trouver une occasion de lui faire un reproche ou de le punir une fois de plus, mais pour que cette vie grandisse en lui jusqu'à la plénitude que l'homme peut contenir. Mais si l'homme voit dans le don de Dieu un piège, il se retrouvera dans un piège. Et ce n'est pas Dieu qui y pousse l'homme. L'homme entre lui-même dans son piège. Par son propre choix.

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Pour Lc 19:26-27
26 "Je vous le dis : à tout homme qui a l'on donnera ; mais à qui n'a pas on enlèvera même ce qu'il a. "
27 " "Quant à mes ennemis, ceux qui n'ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici, et égorgez-les en ma présence. " "
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Ce sont les paroles finales de la parabole des trois serviteurs qui avaient reçu du maître des sommes différentes et les avaient utilisées différemment. La parabole elle-même est inséparable de ce...  Lire la suite

Ce sont les paroles finales de la parabole des trois serviteurs qui avaient reçu du maître des sommes différentes et les avaient utilisées différemment. La parabole elle-même est inséparable du contexte dans lequel le Seigneur la prononce. C’est précisément en montant à Jérusalem qu’Il la propose aux disciples, et cela signifie qu’Il compare Sa venue à Jérusalem pour la Passion au retour du maître auprès de ses serviteurs. C’est maintenant que vient le jour de la visite de Dieu, comme le Seigneur Lui-même a nommé ce moment. C’est précisément auprès de la Croix que se découvre ce que tu as fait de la vie que Dieu t’a confiée. Ce n’est pas quand on veut «prendre Jésus par surprise» et «Le faire Roi» que notre fidélité envers Lui est éprouvée. Au contraire, la fidélité à Dieu nous est demandée quand Il est humilié et abaissé devant les hommes, quand le genre humain se moque de son Créateur et Le tourne en dérision.

L’exigence principale adressée dans la parabole aux serviteurs est d’utiliser ce qui leur a été confié en gestion comme le maître lui-même l’aurait fait. L’accroissement même de la richesse remise en gestion n’est pas le plus important: le maître ne formule pas de reproche si la croissance n’est pas très grande. À en juger par ce qui est dit au dernier serviteur, négligent, l’important est précisément la conformité à la manière d’agir du maître. Et un autre aspect essentiel de la parabole consiste en ce qu’aucun des serviteurs n’a même l’idée que l’argent qui leur a été laissé n’appartient pas au maître, mais à eux-mêmes. En réalité, une telle pensée serait manifestement erronée. Puisque l’argent apparaît ici comme le symbole de la vie et des possibilités de l’homme, ce qui est dit peut leur être appliqué. Ni la vie, ni la capacité d’agir dans ce monde ne nous appartiennent en propre: c’est un don que nous recevons de Dieu pour l’utiliser à Son image et à Sa ressemblance. La liberté nécessaire pour cela nous est donnée, mais avec elle nous est imposée la responsabilité de la manière dont nous disposons de la vie qui nous a été donnée.

Le Seigneur nous dit que le destin du don reçu de la vie dépend de la manière dont nous l’utilisons. Celui qui le fait conformément au dessein du Seigneur reçoit en abondance. Celui qui agit autrement perd tout. Ces paroles nous effraient et suscitent souvent la protestation. Le sort du serviteur négligent nous fait peur, et c’est pourquoi le jugement du maître nous paraît injuste. Mais l’argent dans la parabole, et notre vie dans la réalité, ne nous appartiennent pas; il n’y a donc qu’une seule manière de ne pas subir le sort du serviteur négligent, à savoir être fidèle. C’est un choix qu’il faut faire et dont il faut répondre; mais on ne peut tout de même pas refuser cette responsabilité.

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Pour Lc 19:28-48
28 Ayant dit cela, il partait en tête, montant à Jérusalem.
29 Et il advint qu'en approchant de Bethphagé et de Béthanie, près du mont dit des Oliviers, il envoya deux des disciples, en disant:
30 " Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l'attache, un ânon que personne au monde n'a jamais monté ; détachez-le et amenez-le.
31 Et si quelqu'un vous demande : "Pourquoi le détachez-vous ?" vous direz ceci : "C'est que le Seigneur en a besoin". "
32 Étant donc partis, les envoyés trouvèrent les choses comme il leur avait dit.
33 Et tandis qu'ils détachaient l'ânon, ses maîtres leur dirent : " Pourquoi détachez-vous cet ânon ? "
34 Ils dirent : " C'est que le Seigneur en a besoin. "
35 Ils l'amenèrent donc à Jésus et, jetant leurs manteaux sur l'ânon, ils firent monter Jésus.
36 Et, tandis qu'il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin.
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d'une voix forte pour tous les miracles qu'ils avaient vus.
38 Ils disaient : " Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! "
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : " Maître, réprimande tes disciples. "
40 Mais il répondit : " Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. "
41 Quand il fut proche, à la vue de la ville, il pleura sur elle,
42 en disant : " Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux.
43 Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t'environneront de retranchements, t'investiront, te presseront de toute part.
44 Ils t'écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n'as pas reconnu le temps où tu fus visitée ! " .
45 Puis, entré dans le Temple, il se mit à chasser les vendeurs,
46 en leur disant : " Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands ! "
47 Il était journellement à enseigner dans le Temple, et les grands prêtres et les scribes cherchaient à le faire périr, les notables du peuple aussi.
48 Mais ils ne trouvaient pas ce qu'ils pourraient faire, car tout le peuple l'écoutait, suspendu à ses lèvres.
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En entrant à Jérusalem, Jésus pleure sur son destin. Il prévoit manifestement le triste sort de la ville : en l'an 70, après le soulèvement antiromain lancé par les zélotes et la guerre qui s'ensuivit, Jérusalem sera entièrement détruite par l'armée romaine envoyée pour réprimer l'insurrection...  Lire la suite

En entrant à Jérusalem, Jésus pleure sur son destin. Il prévoit manifestement le triste sort de la ville : en l'an 70, après le soulèvement antiromain lancé par les zélotes et la guerre qui s'ensuivit, Jérusalem sera entièrement détruite par l'armée romaine envoyée pour réprimer l'insurrection. Au Moyen Âge, et en partie aussi à l'époque moderne, il existait parmi les chrétiens une opinion répandue et populaire selon laquelle cette catastrophe fut le châtiment du rejet, par le peuple juif, du Messie qui lui avait été envoyé. Pourtant Jésus Lui-même regarde la situation autrement. Pour Lui, c'est d'abord une tragédie, une catastrophe nationale. Il ne la considère nullement comme une juste rétribution. Pour Lui, c'est plutôt une possibilité rejetée, et donc manquée.

Dans la vie des individus comme dans celle des peuples entiers, il existe de tels carrefours où se détermine et se fixe le vecteur du mouvement spirituel ultérieur pour des années (s'il s'agit d'une personne) ou pour des siècles (s'il s'agit d'un peuple). Il n'y a là rien de prédéterminé, aucun programme écrit d'avance, aucun destin ni fatalité. Au contraire, un tel carrefour est toujours un moment de liberté suprême. Le moment du choix où c'est précisément l'homme lui-même, ou le peuple lui-même, qui choisit et détermine ce qui, par la suite, lui paraîtra peut-être fatalité ou destin. Pour le peuple juif, le jour de l'entrée du Sauveur à Jérusalem devint un tel moment.

On peut certes dire que l'enthousiasme avec lequel la foule L'accueillait dans les rues de Jérusalem ne valait pas grand-chose : les enthousiasmes de foule ne durent jamais longtemps. Mais le peuple avait la possibilité de choisir, un choix sérieux, déterminant l'histoire ultérieure pour des siècles, et Jésus le comprend parfaitement. De même qu'Il comprend autre chose : comme tous les choix semblables, celui-ci se ramène en essence à ceci : suivre Dieu ou suivre ses propres opinions, traditions, habitudes. Et la seconde option est toujours catastrophique. La seule question est de savoir dans combien de temps cette catastrophe surviendra. Quant au fait qu'elle surviendra, il n'y a pas à en douter : les possibilités manquées se vengent toujours, et plus la possibilité est grande, plus la catastrophe sera terrible si l'on manque cette possibilité.

C'est pourquoi Jésus pleure sur Jérusalem. Lui plus que quiconque comprend ce qui a été donné et ce qui a été manqué. Et Il comprend aussi quelles en seront les conséquences.

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Pour Lc 19:28-48
28 Ayant dit cela, il partait en tête, montant à Jérusalem.
29 Et il advint qu'en approchant de Bethphagé et de Béthanie, près du mont dit des Oliviers, il envoya deux des disciples, en disant:
30 " Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l'attache, un ânon que personne au monde n'a jamais monté ; détachez-le et amenez-le.
31 Et si quelqu'un vous demande : "Pourquoi le détachez-vous ?" vous direz ceci : "C'est que le Seigneur en a besoin". "
32 Étant donc partis, les envoyés trouvèrent les choses comme il leur avait dit.
33 Et tandis qu'ils détachaient l'ânon, ses maîtres leur dirent : " Pourquoi détachez-vous cet ânon ? "
34 Ils dirent : " C'est que le Seigneur en a besoin. "
35 Ils l'amenèrent donc à Jésus et, jetant leurs manteaux sur l'ânon, ils firent monter Jésus.
36 Et, tandis qu'il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin.
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d'une voix forte pour tous les miracles qu'ils avaient vus.
38 Ils disaient : " Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! "
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : " Maître, réprimande tes disciples. "
40 Mais il répondit : " Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. "
41 Quand il fut proche, à la vue de la ville, il pleura sur elle,
42 en disant : " Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux.
43 Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t'environneront de retranchements, t'investiront, te presseront de toute part.
44 Ils t'écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n'as pas reconnu le temps où tu fus visitée ! " .
45 Puis, entré dans le Temple, il se mit à chasser les vendeurs,
46 en leur disant : " Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands ! "
47 Il était journellement à enseigner dans le Temple, et les grands prêtres et les scribes cherchaient à le faire périr, les notables du peuple aussi.
48 Mais ils ne trouvaient pas ce qu'ils pourraient faire, car tout le peuple l'écoutait, suspendu à ses lèvres.
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L'évangéliste réunit dans un même récit l'entrée triomphale de Jésus dans la ville sainte...  Lire la suite

L'évangéliste réunit dans un même récit l'entrée triomphale de Jésus dans la ville sainte, lorsque la louange et la joie ne peuvent être contenues par aucune force, au point que même les pierres sont prêtes à chanter la gloire du Roi qui vient, et les pleurs douloureux de Jésus sur Jérusalem. La ville de la promesse apparaît ici comme l'image collective de tous ceux qui attendent le Christ, qui ne peuvent vivre sans Lui, mais qui ne Le reconnaissent pas, qui ne peuvent croire que leur espérance s'accomplit en Jésus de Nazareth. Sous nos yeux se déroulent à la fois un triomphe et une catastrophe, parce qu'à la ville, au peuple, à des personnes concrètes est donnée la possibilité tant attendue de voir, de reconnaître, de rencontrer leur rêve, mais ils « ne reconnaissent pas le temps de leur visite ».

Au fond de nous, nous voudrions sans doute que ce temps soit manifeste, évident pour tous, ou du moins qu'il ne soit pas obligatoire, qu'il ne concerne pas tout le monde. Mais un tel temps arrive et, chose la plus terrible, on peut le manquer, ne pas reconnaître Dieu quand Il passe tout près...

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Pour Lc 19:28-48
28 Ayant dit cela, il partait en tête, montant à Jérusalem.
29 Et il advint qu'en approchant de Bethphagé et de Béthanie, près du mont dit des Oliviers, il envoya deux des disciples, en disant:
30 " Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l'attache, un ânon que personne au monde n'a jamais monté ; détachez-le et amenez-le.
31 Et si quelqu'un vous demande : "Pourquoi le détachez-vous ?" vous direz ceci : "C'est que le Seigneur en a besoin". "
32 Étant donc partis, les envoyés trouvèrent les choses comme il leur avait dit.
33 Et tandis qu'ils détachaient l'ânon, ses maîtres leur dirent : " Pourquoi détachez-vous cet ânon ? "
34 Ils dirent : " C'est que le Seigneur en a besoin. "
35 Ils l'amenèrent donc à Jésus et, jetant leurs manteaux sur l'ânon, ils firent monter Jésus.
36 Et, tandis qu'il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin.
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d'une voix forte pour tous les miracles qu'ils avaient vus.
38 Ils disaient : " Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! "
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : " Maître, réprimande tes disciples. "
40 Mais il répondit : " Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. "
41 Quand il fut proche, à la vue de la ville, il pleura sur elle,
42 en disant : " Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux.
43 Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t'environneront de retranchements, t'investiront, te presseront de toute part.
44 Ils t'écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n'as pas reconnu le temps où tu fus visitée ! " .
45 Puis, entré dans le Temple, il se mit à chasser les vendeurs,
46 en leur disant : " Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands ! "
47 Il était journellement à enseigner dans le Temple, et les grands prêtres et les scribes cherchaient à le faire périr, les notables du peuple aussi.
48 Mais ils ne trouvaient pas ce qu'ils pourraient faire, car tout le peuple l'écoutait, suspendu à ses lèvres.
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Les habitants de Judée accueillent Jésus entrant à Jérusalem comme le Roi qui vient au nom du Seigneur. C’est vrai, mais...  Lire la suite

Les habitants de Judée accueillent Jésus entrant à Jérusalem comme le Roi qui vient au nom du Seigneur. C’est vrai, mais nullement au sens que ceux qui L’acclament donnent à ces paroles : le Royaume qu’Il vient établir ne ressemble à aucun royaume terrestre. Pour le moment, Jésus exerce une influence comparable à l’autorité des chefs du peuple. Il peut remettre de l’ordre dans le Temple, et nul ne peut L’en empêcher, car le peuple L’écoute sans relâche. Hélas, tous ne L’entendent pas, même en L’écoutant. Voilà pourquoi Il a les larmes aux yeux au plus fort de la fête : même ceux qui placent en Lui leur espérance cherchent un salut tout différent de celui que le Christ veut donner, et beaucoup d’entre eux se détourneront donc très bientôt de Lui.

Et nous, aujourd’hui, qu’attendons-nous et que voulons-nous de Lui ? Ce qu’Il veut nous apporter, ou bien ce que nous projetons sur Son image, désireux de voir en Lui l’interprète de nos propres états d’âme et de nos caprices ? Et Le désirons-nous, Lui-même ?..

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Pour Lc 19:1-27
Entré dans Jéricho, il traversait la ville.
Et voici un homme appelé du nom de Zachée; c'était un chef de publicains, et qui était riche.
Et il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait à cause de la foule, car il était petit de taille.
Il courut donc en avant et monta sur un sycomore pour voir Jésus, qui devait passer par là.
Arrivé en cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : " Zachée, descends vite, car il me faut aujourd'hui demeurer chez toi. "
Et vite il descendit et le reçut avec joie.
Ce que voyant, tous murmuraient et disaient : " Il est allé loger chez un homme pécheur ! "
Mais Zachée, debout, dit au Seigneur : " Voici, Seigneur, je vais donner la moitié de mes biens aux pauvres, et si j'ai extorqué quelque chose à quelqu'un, je lui rends le quadruple. "
Et Jésus lui dit : " Aujourd'hui le salut est arrivé pour cette maison, parce que lui aussi est un fils d'Abraham.
10 Car le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. "
11 Comme les gens écoutaient cela, il dit encore une parabole, parce qu'il était près de Jérusalem, et qu'on pensait que le Royaume de Dieu allait apparaître à l'instant même.
12 Il dit donc : " Un homme de haute naissance se rendit dans un pays lointain pour recevoir la dignité royale et revenir ensuite.
13 Appelant dix de ses serviteurs, il leur remit dix mines et leur dit : "Faites-les valoir jusqu'à ce que je vienne. "
14 Mais ses concitoyens le haïssaient et ils dépêchèrent à sa suite une ambassade chargée de dire : "Nous ne voulons pas que celui-là règne sur nous. "
15 " Et il advint qu'une fois de retour, après avoir reçu la dignité royale, il fit appeler ces serviteurs auxquels il avait remis l'argent, pour savoir ce que chacun lui avait fait produire.
16 Le premier se présenta et dit : "Seigneur, ta mine a rapporté dix mines. " -
17 "C'est bien, bon serviteur, lui dit-il ; puisque tu t'es montré fidèle en très peu de chose, reçois autorité sur dix villes. "
18 Le second vint et dit : "Ta mine, Seigneur, a produit cinq mines. "
19 A celui-là encore il dit : "Toi aussi, sois à la tête de cinq villes. "
20 L'autre aussi vint et dit : "Seigneur, voici ta mine, que je gardais déposée dans un linge.
21 Car j'avais peur de toi, qui es un homme sévère, qui prends ce que tu n'as pas mis en dépôt et moissonnes ce que tu n'as pas semé. " -
22 "Je te juge, lui dit-il, sur tes propres paroles, mauvais serviteur. Tu savais que je suis un homme sévère, prenant ce que je n'ai pas mis en dépôt et moissonnant ce que je n'ai pas semé.
23 Pourquoi donc n'as-tu pas confié mon argent à la banque ? A mon retour, je l'aurais retiré avec un intérêt. "
24 Et il dit à ceux qui se tenaient là : "Enlevez-lui sa mine, et donnez-la à celui qui a les dix mines. "... -
25 "Seigneur, lui dirent-ils, il a dix mines ! "... -
26 "Je vous le dis : à tout homme qui a l'on donnera ; mais à qui n'a pas on enlèvera même ce qu'il a. "
27 " "Quant à mes ennemis, ceux qui n'ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici, et égorgez-les en ma présence. " "
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Si auparavant Jésus suscitait le mécontentement des gens pieux par Ses relations avec les publicains (collecteurs d'impôts) et les pécheurs...  Lire la suite

Si auparavant Jésus suscitait le mécontentement des gens pieux par Ses relations avec les publicains (collecteurs d'impôts) et les pécheurs (ceux qui ne respectaient pas ouvertement la Loi), maintenant Il dépasse toutes les limites: Il entre dans la maison du principal destructeur de vies et lui annonce le pardon des péchés pour la seule raison qu'il a promis de se corriger. Il le justifie par le fait que Zachée, voyez-vous, est lui aussi «fils d'Abraham». Dans cette langue, cela signifie qu'il est lui aussi un homme, que Dieu l'a créé pour Lui-même, pour la vie et la joie.

En théorie, nous savons nous aussi que «l'homme est créé pour le bonheur», mais pour nous l'humanité se divise tout de même entre ceux qui ont mérité ce bonheur et ceux qui ne l'ont pas mérité, entre les dignes et les indignes. Nous-mêmes, bien sûr, nous nous retrouvons parmi la «meilleure partie»; voilà pourquoi les pharisiens, comme tous les gens normaux, «se mirent à murmurer» lorsque le Christ se trouva dans la maison d'un «homme pécheur». Le Seigneur sait voir l'homme en chacun, et il faut apprendre cette aptitude.

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Pour Lc 19:1-27
Entré dans Jéricho, il traversait la ville.
Et voici un homme appelé du nom de Zachée; c'était un chef de publicains, et qui était riche.
Et il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait à cause de la foule, car il était petit de taille.
Il courut donc en avant et monta sur un sycomore pour voir Jésus, qui devait passer par là.
Arrivé en cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : " Zachée, descends vite, car il me faut aujourd'hui demeurer chez toi. "
Et vite il descendit et le reçut avec joie.
Ce que voyant, tous murmuraient et disaient : " Il est allé loger chez un homme pécheur ! "
Mais Zachée, debout, dit au Seigneur : " Voici, Seigneur, je vais donner la moitié de mes biens aux pauvres, et si j'ai extorqué quelque chose à quelqu'un, je lui rends le quadruple. "
Et Jésus lui dit : " Aujourd'hui le salut est arrivé pour cette maison, parce que lui aussi est un fils d'Abraham.
10 Car le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. "
11 Comme les gens écoutaient cela, il dit encore une parabole, parce qu'il était près de Jérusalem, et qu'on pensait que le Royaume de Dieu allait apparaître à l'instant même.
12 Il dit donc : " Un homme de haute naissance se rendit dans un pays lointain pour recevoir la dignité royale et revenir ensuite.
13 Appelant dix de ses serviteurs, il leur remit dix mines et leur dit : "Faites-les valoir jusqu'à ce que je vienne. "
14 Mais ses concitoyens le haïssaient et ils dépêchèrent à sa suite une ambassade chargée de dire : "Nous ne voulons pas que celui-là règne sur nous. "
15 " Et il advint qu'une fois de retour, après avoir reçu la dignité royale, il fit appeler ces serviteurs auxquels il avait remis l'argent, pour savoir ce que chacun lui avait fait produire.
16 Le premier se présenta et dit : "Seigneur, ta mine a rapporté dix mines. " -
17 "C'est bien, bon serviteur, lui dit-il ; puisque tu t'es montré fidèle en très peu de chose, reçois autorité sur dix villes. "
18 Le second vint et dit : "Ta mine, Seigneur, a produit cinq mines. "
19 A celui-là encore il dit : "Toi aussi, sois à la tête de cinq villes. "
20 L'autre aussi vint et dit : "Seigneur, voici ta mine, que je gardais déposée dans un linge.
21 Car j'avais peur de toi, qui es un homme sévère, qui prends ce que tu n'as pas mis en dépôt et moissonnes ce que tu n'as pas semé. " -
22 "Je te juge, lui dit-il, sur tes propres paroles, mauvais serviteur. Tu savais que je suis un homme sévère, prenant ce que je n'ai pas mis en dépôt et moissonnant ce que je n'ai pas semé.
23 Pourquoi donc n'as-tu pas confié mon argent à la banque ? A mon retour, je l'aurais retiré avec un intérêt. "
24 Et il dit à ceux qui se tenaient là : "Enlevez-lui sa mine, et donnez-la à celui qui a les dix mines. "... -
25 "Seigneur, lui dirent-ils, il a dix mines ! "... -
26 "Je vous le dis : à tout homme qui a l'on donnera ; mais à qui n'a pas on enlèvera même ce qu'il a. "
27 " "Quant à mes ennemis, ceux qui n'ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici, et égorgez-les en ma présence. " "
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La parabole des mines est généralement perçue par la plupart des chrétiens comme la parabole des mines : peut-être, bien sûr, non pas comme une parabole sur l'argent au sens propre, mais certainement comme une parabole sur les dons donnés par Dieu à l'homme. Sur le fait que les talents donnés par Dieu ne doivent pas rester sans développement : car au jour du Jugement il faudra...  Lire la suite

La parabole des mines est généralement perçue par la plupart des chrétiens comme la parabole des mines : peut-être, bien sûr, non pas comme une parabole sur l'argent au sens propre, mais certainement comme une parabole sur les dons donnés par Dieu à l'homme. Sur le fait que les talents donnés par Dieu ne doivent pas rester sans développement : car au jour du Jugement il faudra Lui rendre tout avec profit. Mais ce n'est qu'un côté, extérieur, de la situation décrite par la parabole. Elle contient aussi une couche de sens plus profonde. Et ce n'est pas un hasard si le Sauveur utilise comme image centrale de Sa parabole précisément de l'argent remis à différentes personnes pour qu'elles le mettent en circulation. Tout le monde sait que l'argent doit travailler. Il doit être en circulation. En mouvement constant. Sinon, d'une manière ou d'une autre, il se déprécie.

La valeur de l'argent est soutenue par la dynamique de sa circulation. Et c'est précisément en cela que, si paradoxal que cela paraisse, il ressemble le plus à ce souffle du Royaume que nous appelons la grâce. Ce qu'ils ont en commun ici, c'est justement la dynamique. Comme l'argent ne peut fonctionner normalement qu'en étant en circulation, de même le souffle du Royaume, la grâce, ne peut exister que dans une dynamique constante. L'homme reçoit gratuitement de Dieu ce souffle, mais son existence ultérieure est déterminée autant par Dieu que par l'homme. C'est compréhensible : le souffle est justement un processus, il ne peut se limiter à une seule inspiration et expiration. Et maintenir ce processus sans la participation de l'homme est impossible.

Or la vie spirituelle de l'homme dépend de l'intensité de ce processus. Ou plutôt, c'est ce processus lui-même qui est la vie spirituelle. Et la participation de l'homme à ce processus transforme peu à peu celui qui y participe en porteur du souffle du Royaume, transforme son cœur en un vase capable de contenir ce souffle. Et elle détermine avec quoi l'homme viendra à Dieu au jour du Jugement.

Il n'est pas étonnant que celui qui a rendu au maître toute la somme sans profit ait perdu ce qui lui avait été donné. Car il n'a pas changé. Il est resté le même. Dans ce souffle du Royaume qui respirait en lui, il n'y avait aucun mérite de sa part : il l'avait reçu gratuitement. Et il n'a rien fait pour qu'il le touche lui-même ne serait-ce qu'un peu. Pour qu'il transforme d'une manière ou d'une autre sa propre vie. À la fin du chemin, cet homme est resté tel qu'il était au commencement. Et il est resté sans rien. Conclusion triste, mais logique.

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