19 Jésus lui dit : " Pourquoi m'appelles-tu bon ? Nul n'est bon que Dieu seul. |
20 Tu connais les commandements : Ne commets pas d'adultère, ne tue pas, ne vole pas, ne porte pas de faux témoignage ; honore ton père et ta mère. " |
Les paroles de Jésus «personne n'est bon, sinon Dieu seul» suscitent parfois la perplexité: signifient-elles qu'Il témoigne Lui-même de l'absence en Lui de toute divinité, qu'Il Se sépare de Dieu dans la même mesure que tout homme en est séparé, et même un homme pécheur? À première vue, il en est bien ainsi, et beaucoup d'historiens des religions se sont appuyés sur ces paroles lorsqu'ils affirmaient que la divinité du Sauveur était une idée tardive, absente à l'origine du milieu proprement juif. Pourtant la réponse de Jésus à l'homme accouru vers Lui était parfaitement compréhensible dans le contexte même de la question. Celui-ci ne soupçonnait bien sûr aucune divinité chez Celui à qui il s'adressait. Il cherchait précisément un maître, un maître qui lui permettrait de participer à la bonté de Dieu, parce qu'il y participait lui-même.
Une telle conception des maîtres et des guides spirituels n'était pas rare dans le judaïsme de l'époque du Second Temple: le chemin de la Torah intérieure, que chacun connaissait alors (même si tous, bien sûr, ne suivaient pas ce chemin), de même que l'idéal de la «Torah vivante» que devait devenir celui qui allait jusqu'au bout du chemin de la Torah intérieure, faisaient supposer au moins la possibilité de participer à cette bonté même de Dieu dont le monde était plein avant la chute, lorsqu'il était, selon la parole du Poème biblique de la création, «tout à fait bon». Devenir ainsi «tout à fait bon», voilà ce que devait être celui qui irait jusqu'au bout, jusqu'à la transformation en «Torah vivante». Un tel maître peut faire participer ses disciples à la «bonté»; et l'homme qui s'était approché de Jésus était convaincu d'avoir trouvé celui qui pourrait l'y aider.
Il ne restait qu'à apprendre de lui ce qu'il fallait faire pour atteindre le résultat. Jésus, pourtant, ne propose aucun chemin particulier en dehors des commandements, toujours la même Torah intérieure. Il dit en quelque sorte: va par le chemin que tu connais. La réponse suit immédiatement: j'y vais, «j'ai gardé tout cela depuis ma jeunesse», mais le résultat n'est pas là. Que peut-on faire encore pour atteindre ce que l'on désire? C'est alors que retentissent les paroles qui rappellent la pauvreté spirituelle. Spirituelle précisément, sinon les disciples, qui avaient tout quitté, n'auraient pas demandé avec trouble: «qui donc peut être sauvé?».
Le but du chemin ne s'atteint pas par des procédés ascétiques ou de prière particuliers; il n'est accessible que par l'abandon complet de soi à la volonté de Dieu, et c'est cela qui est le plus difficile pour l'homme déchu. Difficile, mais absolument nécessaire; et devant cette nécessité Jésus place tôt ou tard chacun de Ses disciples, après quoi chacun choisit son propre chemin: le chemin vers le Royaume ou le maintien dans sa richesse.
18 Un notable l'interrogea en disant : " Bon maître, que me faut-il faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? " |
19 Jésus lui dit : " Pourquoi m'appelles-tu bon ? Nul n'est bon que Dieu seul. |
20 Tu connais les commandements : Ne commets pas d'adultère, ne tue pas, ne vole pas, ne porte pas de faux témoignage ; honore ton père et ta mère. " |
21 - " Tout cela, dit-il, je l'ai observé dès ma jeunesse. " |
22 Entendant cela, Jésus lui dit : " Une chose encore te fait défaut : Tout ce que tu as, vends-le et distribue-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens, suis-moi. " |
23 Mais lui, entendant cela, devint tout triste, car il était fort riche. |
24 En le voyant, Jésus dit : " Comme il est difficile à ceux qui ont des richesses de pénétrer dans le Royaume de Dieu ! |
25 Oui, il est plus facile à un chameau de passer par un trou d'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu ! " |
26 Ceux qui entendaient dirent : " Et qui peut être sauvé ? " |
27 Il dit : " Ce qui est impossible pour les hommes est possible pour Dieu. " |
28 Pierre dit alors : " Voici que nous, laissant nos biens, nous t'avons suivi ! " |
29 Il leur dit : " En vérité, je vous le dis : nul n'aura laissé maison, femme, frères, parents ou enfants, à cause du Royaume de Dieu, |
30 qui ne reçoive bien davantage en ce temps-ci, et dans le monde à venir la vie éternelle. " |
31 Prenant avec lui les Douze, il leur dit : " Voici que nous montons à Jérusalem et que s'accomplira tout ce qui a été écrit par les Prophètes pour le Fils de l'homme. |
32 Il sera en effet livré aux païens, bafoué, outragé, couvert de crachats; |
33 après l'avoir flagellé, ils le tueront et, le troisième jour, il ressuscitera. " |
34 Mais eux ne saisirent rien de tout cela ; cette parole leur demeurait cachée, et ils ne comprenaient pas ce qu'il disait. |
35 Or il advint, comme il approchait de Jéricho, qu'un aveugle était assis au bord du chemin et mendiait. |
36 Entendant une foule marcher, il s'enquérait de ce que cela pouvait être. |
37 On lui annonça que c'était Jésus le Nazôréen qui passait. |
38 Alors il s'écria : " Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! " |
39 Ceux qui marchaient en tête le rabrouaient pour le faire taire, mais lui criait de plus belle : " Fils de David, aie pitié de moi ! " |
40 Jésus s'arrêta et ordonna de le lui amener. Quand il fut près, il lui demanda: |
41 " Que veux-tu que je fasse pour toi ? " - " Seigneur, dit-il, que je recouvre la vue ! " |
42 Jésus lui dit : " Recouvre la vue ; ta foi t'a sauvé. " |
43 Et à l'instant même il recouvra la vue, et il le suivait en glorifiant Dieu. Et tout le peuple, voyant cela, célébra les louanges de Dieu. |
Que faut-il pour être une bonne personne ? La réponse est plus ou moins claire, même pour ceux qui n’ont pas lu l’Écriture : ne pas tromper, ne pas tuer, respecter les autres... Les communautés humaines les plus saines reposent sur ces principes. Et que pourrait-on souhaiter de plus aux hommes, puisque, sans violence et sans mensonge, le monde serait infiniment meilleur... Pourtant, il se trouve des personnes pour lesquelles cela ne suffit pas. Elles abandonnent tout et accomplissent l’impossible. Mère Marie Skobtsova entra dans la chambre à gaz à la place d’une autre femme ; Mère Teresa de Calcutta soigna de ses propres mains les mendiants et les lépreux en Inde ; de nombreux martyrs, anciens et modernes, accordèrent moins de prix à leur vie qu’à leur foi ; enfin, les apôtres eux-mêmes consacrèrent leur vie à prêcher la parole du Christ au monde entier. Qu’est-ce qui arrache ces personnes à leurs lieux familiers et sûrs et les pousse sur le chemin de la sainteté ? Comment cette illumination spirituelle s’accomplit-elle ? Que devons-nous faire, nous qui avons entendu bien des fois l’appel de l’Évangile et y sommes restés indifférents ? Comment faire pour que Jésus ne passe pas à côté de nous, à côté de nos ténèbres ? Peut-être faut-il, comme cet aveugle, crier dans les ténèbres : « Fils de David, aie pitié de nous ! »
18 Un notable l'interrogea en disant : " Bon maître, que me faut-il faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? " |
19 Jésus lui dit : " Pourquoi m'appelles-tu bon ? Nul n'est bon que Dieu seul. |
20 Tu connais les commandements : Ne commets pas d'adultère, ne tue pas, ne vole pas, ne porte pas de faux témoignage ; honore ton père et ta mère. " |
21 - " Tout cela, dit-il, je l'ai observé dès ma jeunesse. " |
22 Entendant cela, Jésus lui dit : " Une chose encore te fait défaut : Tout ce que tu as, vends-le et distribue-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens, suis-moi. " |
23 Mais lui, entendant cela, devint tout triste, car il était fort riche. |
24 En le voyant, Jésus dit : " Comme il est difficile à ceux qui ont des richesses de pénétrer dans le Royaume de Dieu ! |
25 Oui, il est plus facile à un chameau de passer par un trou d'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu ! " |
26 Ceux qui entendaient dirent : " Et qui peut être sauvé ? " |
27 Il dit : " Ce qui est impossible pour les hommes est possible pour Dieu. " |
28 Pierre dit alors : " Voici que nous, laissant nos biens, nous t'avons suivi ! " |
29 Il leur dit : " En vérité, je vous le dis : nul n'aura laissé maison, femme, frères, parents ou enfants, à cause du Royaume de Dieu, |
30 qui ne reçoive bien davantage en ce temps-ci, et dans le monde à venir la vie éternelle. " |
31 Prenant avec lui les Douze, il leur dit : " Voici que nous montons à Jérusalem et que s'accomplira tout ce qui a été écrit par les Prophètes pour le Fils de l'homme. |
32 Il sera en effet livré aux païens, bafoué, outragé, couvert de crachats; |
33 après l'avoir flagellé, ils le tueront et, le troisième jour, il ressuscitera. " |
34 Mais eux ne saisirent rien de tout cela ; cette parole leur demeurait cachée, et ils ne comprenaient pas ce qu'il disait. |
35 Or il advint, comme il approchait de Jéricho, qu'un aveugle était assis au bord du chemin et mendiait. |
36 Entendant une foule marcher, il s'enquérait de ce que cela pouvait être. |
37 On lui annonça que c'était Jésus le Nazôréen qui passait. |
38 Alors il s'écria : " Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! " |
39 Ceux qui marchaient en tête le rabrouaient pour le faire taire, mais lui criait de plus belle : " Fils de David, aie pitié de moi ! " |
40 Jésus s'arrêta et ordonna de le lui amener. Quand il fut près, il lui demanda: |
41 " Que veux-tu que je fasse pour toi ? " - " Seigneur, dit-il, que je recouvre la vue ! " |
42 Jésus lui dit : " Recouvre la vue ; ta foi t'a sauvé. " |
43 Et à l'instant même il recouvra la vue, et il le suivait en glorifiant Dieu. Et tout le peuple, voyant cela, célébra les louanges de Dieu. |
Pauvre homme riche. Il avait tout ce qu'il fallait pour être un homme normal et bon. Mais pour devenir parfait, il devait «sauter plus haut que sa tête», accomplir un acte auquel un pauvre lui-même oserait à peine se résoudre, à plus forte raison un riche. L'effroi des disciples est donc tout à fait compréhensible: si, pour entrer dans le Royaume de Dieu, il faut faire une chose telle qu'il est plus facile à «un chameau de passer par le trou d'une aiguille», alors qui peut être sauvé? Autrement dit, à qui s'adresse la prédication du Christ, pourquoi marchent-ils avec Lui? Et même s'ils ont eux-mêmes quitté maison et famille pour Lui, cela suffit-il au salut?
La réponse de Jésus est paradoxale: le salut est impossible à l'homme, mais il est possible à Dieu. Cela signifie que Son Message s'adresse à ceux qui sauront le comprendre et le mettre en pratique, même si tous les chameaux doivent passer par des trous d'aiguille...
18 Un notable l'interrogea en disant : " Bon maître, que me faut-il faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? " |
19 Jésus lui dit : " Pourquoi m'appelles-tu bon ? Nul n'est bon que Dieu seul. |
20 Tu connais les commandements : Ne commets pas d'adultère, ne tue pas, ne vole pas, ne porte pas de faux témoignage ; honore ton père et ta mère. " |
21 - " Tout cela, dit-il, je l'ai observé dès ma jeunesse. " |
22 Entendant cela, Jésus lui dit : " Une chose encore te fait défaut : Tout ce que tu as, vends-le et distribue-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens, suis-moi. " |
23 Mais lui, entendant cela, devint tout triste, car il était fort riche. |
24 En le voyant, Jésus dit : " Comme il est difficile à ceux qui ont des richesses de pénétrer dans le Royaume de Dieu ! |
25 Oui, il est plus facile à un chameau de passer par un trou d'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu ! " |
26 Ceux qui entendaient dirent : " Et qui peut être sauvé ? " |
27 Il dit : " Ce qui est impossible pour les hommes est possible pour Dieu. " |
28 Pierre dit alors : " Voici que nous, laissant nos biens, nous t'avons suivi ! " |
29 Il leur dit : " En vérité, je vous le dis : nul n'aura laissé maison, femme, frères, parents ou enfants, à cause du Royaume de Dieu, |
30 qui ne reçoive bien davantage en ce temps-ci, et dans le monde à venir la vie éternelle. " |
31 Prenant avec lui les Douze, il leur dit : " Voici que nous montons à Jérusalem et que s'accomplira tout ce qui a été écrit par les Prophètes pour le Fils de l'homme. |
32 Il sera en effet livré aux païens, bafoué, outragé, couvert de crachats; |
33 après l'avoir flagellé, ils le tueront et, le troisième jour, il ressuscitera. " |
34 Mais eux ne saisirent rien de tout cela ; cette parole leur demeurait cachée, et ils ne comprenaient pas ce qu'il disait. |
35 Or il advint, comme il approchait de Jéricho, qu'un aveugle était assis au bord du chemin et mendiait. |
36 Entendant une foule marcher, il s'enquérait de ce que cela pouvait être. |
37 On lui annonça que c'était Jésus le Nazôréen qui passait. |
38 Alors il s'écria : " Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! " |
39 Ceux qui marchaient en tête le rabrouaient pour le faire taire, mais lui criait de plus belle : " Fils de David, aie pitié de moi ! " |
40 Jésus s'arrêta et ordonna de le lui amener. Quand il fut près, il lui demanda: |
41 " Que veux-tu que je fasse pour toi ? " - " Seigneur, dit-il, que je recouvre la vue ! " |
42 Jésus lui dit : " Recouvre la vue ; ta foi t'a sauvé. " |
43 Et à l'instant même il recouvra la vue, et il le suivait en glorifiant Dieu. Et tout le peuple, voyant cela, célébra les louanges de Dieu. |
La réponse du Sauveur à la question sur la vie éternelle est à la fois simple et complexe. Simple, parce qu'Il ne propose rien de nouveau. Toujours le même ancien chemin, bien connu, de la Torah, extérieure et intérieure, le chemin de l'observance des commandements. Ce que celui qui pose la question connaît depuis l'enfance. Mais ensuite vient une exigence inattendue : tout distribuer et Le suivre, Lui, son Maître. Et là, celui qui interroge s'arrête. Il n'est pas prêt à un tel pas. Et Jésus parle des riches, pour qui il est difficile d'entrer dans le Royaume. De quelle richesse s'agit-il ici ? Celui qui interrogeait était matériellement riche. Mais les apôtres, eux, ne sont pas des riches, et pourtant ils sont troublés. Qui donc peut être sauvé ?
Il semble qu'ils aient bien compris le Maître. Tout quitter, ce n'est pas seulement une question matérielle. Car la notion de pauvreté dans le yahvisme (comme dans le judaïsme de l'époque du Second Temple) était très multiforme. Déjà Isaïe de Jérusalem parlait de la pauvreté plutôt comme d'un état spirituel que comme d'une situation matérielle. Et il se considérait lui-même comme un pauvre, alors qu'il était courtisan et aristocrate du plus haut rang. La pauvreté signifie tout quitter. La question de Jésus adressée à celui qui s'intéresse à la vie éternelle est celle-ci : pourras-tu tout quitter ? Et la question de Pierre : voici, nous avons tout quitté ; que vient ensuite ? Ici, il ne s'agit déjà plus des biens.
Il s'agit ici de renoncer à sa propre vie. Non pas à la vie physique : y renoncer signifie seulement renoncer à une forme concrète de sa propre existence. Il faut renoncer à soi, et non à sa vie. À ce soi même qui, comme le croient la plupart des personnes religieuses, ne disparaîtra nulle part, même si on lui enlève la vie terrestre. C'est à ce soi qu'il faut renoncer. À une vie séparée, à une existence séparée. Et à tout ce qui lui est lié, à tout ce qui la définit. À tout ce que l'on peut caractériser par le mot « mien ». Et ce qui reste, le vrai « moi », pur, que l'on ne parvient pas même à remarquer aussitôt, ce « moi » pur reçoit une autre vie, une vie nouvelle.
Il entre dans un autre courant, infiniment plus puissant et plus pur que le précédent. Là où il n'y a rien à soi au sens étroit et terrestre du mot, mais où chaque « moi », chacun de nous, commence à posséder toute la plénitude de la vie du grand monde de Dieu, de la vie du Royaume. Mais pour cela il faut desserrer la volonté par laquelle nous nous agrippons à notre actuelle imitation de vie. Car c'est bien elle, la volonté crispée, qui nous attache à la vie de ce monde. Et la desserrer est bien plus difficile que d'ouvrir la main qui tient une corde lorsqu'on est suspendu au-dessus d'un abîme. Mais autrement, rien ne réussira. Autrement, c'est l'attachement éternel à une imitation de vie qui épuisera sans fin notre âme et notre corps. Et aucune liberté. Donc aucun Royaume.
18 Un notable l'interrogea en disant : " Bon maître, que me faut-il faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? " |
19 Jésus lui dit : " Pourquoi m'appelles-tu bon ? Nul n'est bon que Dieu seul. |
20 Tu connais les commandements : Ne commets pas d'adultère, ne tue pas, ne vole pas, ne porte pas de faux témoignage ; honore ton père et ta mère. " |
21 - " Tout cela, dit-il, je l'ai observé dès ma jeunesse. " |
22 Entendant cela, Jésus lui dit : " Une chose encore te fait défaut : Tout ce que tu as, vends-le et distribue-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens, suis-moi. " |
23 Mais lui, entendant cela, devint tout triste, car il était fort riche. |
24 En le voyant, Jésus dit : " Comme il est difficile à ceux qui ont des richesses de pénétrer dans le Royaume de Dieu ! |
25 Oui, il est plus facile à un chameau de passer par un trou d'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu ! " |
26 Ceux qui entendaient dirent : " Et qui peut être sauvé ? " |
27 Il dit : " Ce qui est impossible pour les hommes est possible pour Dieu. " |
28 Pierre dit alors : " Voici que nous, laissant nos biens, nous t'avons suivi ! " |
29 Il leur dit : " En vérité, je vous le dis : nul n'aura laissé maison, femme, frères, parents ou enfants, à cause du Royaume de Dieu, |
30 qui ne reçoive bien davantage en ce temps-ci, et dans le monde à venir la vie éternelle. " |
31 Prenant avec lui les Douze, il leur dit : " Voici que nous montons à Jérusalem et que s'accomplira tout ce qui a été écrit par les Prophètes pour le Fils de l'homme. |
32 Il sera en effet livré aux païens, bafoué, outragé, couvert de crachats; |
33 après l'avoir flagellé, ils le tueront et, le troisième jour, il ressuscitera. " |
34 Mais eux ne saisirent rien de tout cela ; cette parole leur demeurait cachée, et ils ne comprenaient pas ce qu'il disait. |
L'homme à qui le Christ conseilla de vendre et de distribuer tous ses biens avait, en quelque sorte, provoqué lui-même ce conseil. Après avoir entendu du Christ les commandements qu'il connaissait depuis sa jeunesse, il voulut lui-même quelque chose de plus. Mais il se révéla incapable de ce « plus ». Habituellement, en méditant cette parabole, nous réfléchissons à la possibilité du salut pour l'homme attaché à la richesse ou du moins orienté vers le bien-être terrestre. C'est un aspect important de la parabole. Pourtant, très souvent, à peine entrés sur le chemin de la vie spirituelle, nous nous considérons déjà comme ayant maîtrisé les « bases » et recherchons quelque chose au-delà de ce qui nous est « déjà clair ». Lorsque nous l'obtenons, nous comprenons que nous n'avons pas la force de porter dignement le nouveau ministère, et nous reculons.
Il ne faut pas condamner l'homme qui a surestimé ses forces, mais il faut se souvenir que les forces humaines ne suffiront jamais pour servir le Seigneur : c'est Lui-même qui les donne. Toutefois, pour l'homme dont il est question, le refus d'agir selon le conseil qu'il avait lui-même sollicité l'éloigna du Christ.
18 Un notable l'interrogea en disant : " Bon maître, que me faut-il faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? " |
19 Jésus lui dit : " Pourquoi m'appelles-tu bon ? Nul n'est bon que Dieu seul. |
20 Tu connais les commandements : Ne commets pas d'adultère, ne tue pas, ne vole pas, ne porte pas de faux témoignage ; honore ton père et ta mère. " |
21 - " Tout cela, dit-il, je l'ai observé dès ma jeunesse. " |
22 Entendant cela, Jésus lui dit : " Une chose encore te fait défaut : Tout ce que tu as, vends-le et distribue-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens, suis-moi. " |
23 Mais lui, entendant cela, devint tout triste, car il était fort riche. |
24 En le voyant, Jésus dit : " Comme il est difficile à ceux qui ont des richesses de pénétrer dans le Royaume de Dieu ! |
25 Oui, il est plus facile à un chameau de passer par un trou d'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu ! " |
26 Ceux qui entendaient dirent : " Et qui peut être sauvé ? " |
27 Il dit : " Ce qui est impossible pour les hommes est possible pour Dieu. " |
Lorsque nous rencontrons le Christ, nous sommes confrontés à la nécessité de choisir et de renoncer à quelque chose qui occupait Sa place dans notre vie. À ce moment-là, chacun peut avoir ses propres idoles, mais la nécessité d’y renoncer est la même pour tous. À celui qui s’accroche de toutes ses forces à une situation lucrative, le Seigneur dit : « Suis-Moi », et il doit quitter son bureau des impôts, comme l’évangéliste Matthieu. Celui qui souhaite se libérer de ses liens sociaux se heurte aux paroles troublantes : « Laisse les morts enterrer leurs morts. » Le chef dont nous lisons aujourd’hui l’histoire dans l’Évangile de Luc, et qui place son espérance dans sa richesse, entend : « Vends tout ce que tu as... et suis-Moi. » Avec tristesse et compassion, le Christ Lui-même dit aux disciples qu’il est difficile de faire ce choix. Pourtant, à chaque instant de sa vie, l’être humain doit s’opposer à l’idole qui tente d’asservir toute son existence, sans quoi il devra s’en aller « tout triste ».
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