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RÉFLEXIONS pour Ap 12:18

18 Et je me tins sur la grève de la mer.
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La guerre spirituelle, qui fut le sens et le nerf de l'histoire du monde à son étape actuelle, s'achève, comme on le voit, par le triomphe temporaire des forces des ténèbres à la veille du jour du Jugement. Ce triomphe se révèle à Jean sous l'apparence de deux «bêtes»: la «bête qui monte de la mer» (v. 1) et la «bête qui monte de la terre» (v. 11). Il ne s'agit évidemment pas d'animaux: les êtres que voit Jean rappellent surtout les monstres souterrains de la mythologie égyptienne ou babylonienne, personnifiant les forces du chaos soulevées contre l'ordre du monde établi par les puissances supérieures. Dans la Bible, de tels monstres symbolisent les forces du mal mondial qui s'opposent à Dieu. Ce n'est pas un hasard si la «bête qui monte de la mer» a les mêmes sept têtes et dix cornes que le dragon, qui, dans les livres bibliques, devient le symbole du diable lui-même: la «bête» agit par sa force et selon sa volonté (v. 2). Et pourtant, la «bête qui monte de la mer» et le «dragon rouge» ne sont pas une seule et même chose. L'esprit des ténèbres préfère, autant que possible, agir dans le monde par des mains étrangères, en se cachant derrière les éléments naturels ou les processus sociaux qu'il cherche à orienter dans le sens qui lui convient.

La mer et l'eau, dans la Bible, sont souvent devenues les symboles du chaos, de l'élément dirigé par les forces obscures vers la destruction de l'ordre du monde créé par Dieu. Bien sûr, le chaos n'aurait jamais pu apparaître de lui-même dans le monde créé par Dieu; il a été engendré par une volonté qui s'oppose à Dieu et cherche à détruire le dessein de Dieu sur le monde. Et ce chaos touchait manifestement non seulement la sphère naturelle, mais aussi la sphère sociale: ce n'est pas un hasard si l'apôtre mentionne des guerres qui, comme on le voit, embrassent sinon le monde entier, du moins une grande partie de celui-ci, devenant une tentation même pour les «saints», c'est-à-dire pour les chrétiens. Il ne reste à Jean qu'à rappeler, en les modifiant légèrement, les paroles de Jésus sur le chemin de l'épée, où la mort attend inévitablement quiconque s'y engage (v. 10).

La guerre mentionnée ici ne doit pas nécessairement être une guerre mondiale au sens qui nous est familier; les soi-disant «petites guerres», qui se répandent partout, peuvent se révéler spirituellement non moins, et peut-être même plus, destructrices: car les deux guerres mondiales ont commencé et se sont terminées au cours de la vie d'une seule génération, qui n'avait pas oublié la paix comme norme des relations entre États et peuples, même si, bien sûr, la guerre ne pouvait manquer de laisser son empreinte dans les âmes et les coeurs de ceux qui l'avaient traversée.

Cependant, les «petites» guerres durent des décennies, et là où elles ont lieu, grandissent souvent des générations entières qui ne connaissent rien d'autre que la guerre, qu'elles perçoivent déjà non comme une situation extraordinaire, mais comme une norme de vie. Pour un homme qui a grandi dans de telles conditions, il est naturel de penser que l'on ne peut compter que sur la force, que le chaos général est l'état naturel de la société, qu'il n'y a pas d'alternative et qu'il ne peut y en avoir. Et «qui est semblable à cette bête? Et qui peut combattre contre elle?» (v. 4). Il n'est pas étonnant que la prédication du Royaume, dans de telles conditions, se révèle souvent impuissante: car voir une alternative à la violence générale dans le cauchemar d'une guerre sans fin n'est possible que par une révélation particulière; pour cela, il faut être «inscrit dans le livre de vie» (v. 7-8). Et sans révélation, de la part d'un homme vivant dans un tel monde, on peut plutôt attendre, en réponse aux paroles sur Dieu et le Royaume, des moqueries et des blasphèmes: car rien de ce qui l'entoure ne lui rappelle ni Dieu ni le Royaume, tandis que tout lui rappelle le diable et l'enfer (v. 5-6).

Comme on le voit, la proclamation de la bête signifie l'avènement de l'époque du «cavalier roux» (Ap 6:3-4): elle proclame cette guerre de tous contre tous, ce triomphe de la force que symbolise ce cavalier à l'épée. Ici, il peut vraiment sembler qu'il n'y a eu aucune défaite du diable: la blessure mortelle sur la tête de la bête ne paraît pas par hasard guérie (v. 3). À l'époque du «cavalier roux», de la «bête qui monte de la mer» triomphante, la majorité pensera que le Royaume est aussi loin du monde et de chacun de nous qu'il l'était avant la venue du Christ, et peut-être même avant l'appel d'Abraham.

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Pour Ap 13:1
Alors je vis surgir de la mer une Bête ayant sept têtes et dix cornes, sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes des titres blasphématoires.
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Nous avons devant nous le triomphe de l’empire, du pouvoir, dont la possession nous paraît souvent merveilleuse, presque d’origine divine. Un pouvoir capable d’acheter et de corrompre n’importe qui, de réprimer et de détruire ceux qui lui déplaisent. Tôt ou tard, chacun comprend qu’il doit définir sa propre position à l’égard du pouvoir, de l’État et de leurs actes. Quelle est mon attitude personnelle envers le pouvoir ? Comment dois-je personnellement interagir avec lui ? Lorsque l’État agit à l’encontre de ce que je crois, que dois-je faire ? Le Seigneur, puis l’apôtre Paul à Sa suite, définissent très clairement que les croyants ne peuvent pas diviniser le pouvoir de l’État. L’État doit rester à la place qui lui est assignée, et le croyant ne peut faire une idole de ce qui est seulement destiné à servir et à aider. Sinon, à la place d’un serviteur, on risque de découvrir un monstre à dix têtes qui balaie et détruit tous ceux qui se trouvent sur son passage.

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