1 Qui habite le secret d'Elyôn passe la nuit à l'ombre de Shaddaï,
2 disant à Yahvé Mon abri, ma forteresse, mon Dieu sur qui je compte!
3 C'est lui qui t'arrache au filet de l'oiseleur qui s'affaire à détruire;
4 il te couvre de ses ailes, tu as sous son pennage un abri. Armure et bouclier, sa vérité.
5 Tu ne craindras ni les terreurs de la nuit, ni la flèche qui vole de jour,
6 ni la peste qui marche en la ténèbre, ni le fléau qui dévaste à midi.
7 Qu'il en tombe mille à tes côtés et 10.000 à ta droite, toi, tu restes hors d'atteinte.
8 Il suffit que tes yeux regardent, tu verras le salaire des impies,
9 toi qui dis : Yahvé mon abri! et qui fais d'Elyôn ton refuge.
10 Le malheur ne peut fondre sur toi, ni la plaie approcher de ta tente
11 il a pour toi donné ordre à ses anges de te garder en toutes tes voies.
12 Sur leurs mains ils te porteront pour qu'à la pierre ton pied ne heurte;
13 sur le fauve et la vipère tu marcheras, tu fouleras le lionceau et le dragon.
14 Puisqu'il s'attache à moi, je l'affranchis, je l'exalte puisqu'il connaît mon nom.
15 Il m'appelle et je lui réponds "Je suis près de lui dans la détresse, je le délivre et je le glorifie,
16 de longs jours je veux le rassasier et je ferai qu'il voie mon salut.
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Le psaume 91 appartient à une époque de transition, l'époque où Jérusalem, après sa conquête par David, devint la capitale religieuse du yahvisme et en même temps la capitale de l'État juif nouvellement créé. Auparavant, Jérusalem, appelée alors Salem ou, d'après le nom de la tribu sur le territoire de laquelle elle se trouvait, Jébus, était une ville-sanctuaire, un sanctuaire vénéré par toutes les tribus environnantes, où l'on adorait une divinité nommée El-Elyon, dieu local du ciel comparable à Zeus Olympien en Grèce. Dans la traduction synodale, le nom de cette divinité est généralement rendu par «Dieu Très-Haut», bien qu'il serait plus exact de traduire le titre correspondant par «élevé» ou «exalté».
Il s'agit manifestement ici d'un dieu du ciel, mais non du Dieu d'Abraham, qui s'est révélé à Abraham lui-même sous le nom d'El-Shaddaï, généralement traduit par «Dieu Tout-Puissant», bien qu'il serait plus exact de le rendre par «Dieu de force», si l'on traduit tout court, car les noms propres, d'ordinaire, ne se traduisent pas, même s'ils ont leur étymologie. Or, dans le psaume 91, les deux épithètes, Elyon, rapportée à l'ancien maître du sanctuaire, et Shaddaï, rapportée au Dieu d'Abraham, sont appliquées à Yahvé.
La mention des plumes et des ailes dans le texte indique probablement qu'aux temps pré-yahvistes on adorait El-Elyon sous l'image d'un oiseau, comme cela arrivait souvent dans l'Antiquité au Proche-Orient avec les dieux du ciel, dont l'oiseau sacré était d'ordinaire l'aigle ou le faucon. L'application des deux titres au nouveau maître du sanctuaire, à Yahvé, montre qu'Il prend désormais la place de l'ancienne divinité comme le vrai Dieu venant remplacer le seigneur païen des cieux. Pourtant, au-delà de l'histoire comme telle, ces titres renvoient aussi à une authentique expérience spirituelle.
Abri, ailes, ombre: tous ces termes servent à décrire l'expérience de ce que nous appelons d'ordinaire la protection de Dieu, si toutefois l'on ne comprend pas cette expression de manière purement figurée ou allégorique. Le sentiment de la Présence rappelle parfois réellement un abri qui couvre la tête et un souffle léger comme venu d'ailes invisibles. Une telle expérience témoigne de la proximité de Dieu: alors l'homme peut vraiment sentir que Dieu le porte comme sur ses bras, si bien qu'il n'a absolument rien à craindre. Cette expérience peut être tenue pour pleinement universelle, mais, comme toute expérience, elle est généralement transmise et décrite dans la langue de son époque, parfois inhabituelle pour nous, mais tout à fait adéquate du point de vue de ceux qui l'utilisaient.
Autres réflexions
Pour Ps 91:1-15
1 Qui habite le secret d'Elyôn passe la nuit à l'ombre de Shaddaï,
2 disant à Yahvé Mon abri, ma forteresse, mon Dieu sur qui je compte!
3 C'est lui qui t'arrache au filet de l'oiseleur qui s'affaire à détruire;
4 il te couvre de ses ailes, tu as sous son pennage un abri. Armure et bouclier, sa vérité.
5 Tu ne craindras ni les terreurs de la nuit, ni la flèche qui vole de jour,
6 ni la peste qui marche en la ténèbre, ni le fléau qui dévaste à midi.
7 Qu'il en tombe mille à tes côtés et 10.000 à ta droite, toi, tu restes hors d'atteinte.
8 Il suffit que tes yeux regardent, tu verras le salaire des impies,
9 toi qui dis : Yahvé mon abri! et qui fais d'Elyôn ton refuge.
10 Le malheur ne peut fondre sur toi, ni la plaie approcher de ta tente
11 il a pour toi donné ordre à ses anges de te garder en toutes tes voies.
12 Sur leurs mains ils te porteront pour qu'à la pierre ton pied ne heurte;
13 sur le fauve et la vipère tu marcheras, tu fouleras le lionceau et le dragon.
14 Puisqu'il s'attache à moi, je l'affranchis, je l'exalte puisqu'il connaît mon nom.
15 Il m'appelle et je lui réponds "Je suis près de lui dans la détresse, je le délivre et je le glorifie,
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La miséricorde est célébrée le matin, lorsque les inquiétudes de la nuit s'apaisent et que les rayons du soleil éclairent de nouveau un monde renouvelé...
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La miséricorde est célébrée le matin, lorsque les inquiétudes de la nuit s'apaisent et que les rayons du soleil éclairent de nouveau un monde renouvelé. À ces instants, il est si naturel de remercier le Créateur pour la joie d'un jour nouveau ; aux heures matinales, le coeur accueille si facilement la compréhension qu'Il est miséricordieux, qu'Il est la Source de tout ce qui est lumineux dans la création !
La vérité, elle, est célébrée la nuit, lorsque les sens sont aiguisés et que l'absence de lumière — qui, pendant la journée, détourne notre attention du tragique de la vie — nous permet de ressentir bien des choses dont nos préoccupations quotidiennes nous distraient. Mais de même que la nuit et le matin sont unis et interdépendants dans la création, de même la miséricorde et la vérité sont inséparables et indivisibles chez le Créateur.
Les paroles du psalmiste disant que le Seigneur l'a réjoui pourraient peut-être paraître étranges à ceux qui ont l'habitude de ne voir en Lui qu'un maître redoutable qui punit sans cesse ses sujets. Pourtant, Il veut que nous vivions dans la joie, et ce n'est pas par hasard que le message du salut que le Fils de Dieu apportera sur terre sera appelé la Bonne Nouvelle.
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