1 Yahvé, tu es mon Dieu, je t'exalterai, je louerai ton nom, car tu as accompli des merveilles, les desseins de jadis, fidèlement, fermement. |
2 Car tu as fait de la ville un tas de pierres, la cité fortifiée est une ruine, la citadelle des étrangers n'est plus une ville, jamais elle ne sera reconstruite. |
3 C'est pourquoi un peuple fort te glorifie, la cité des nations redoutables te craint. |
4 Car tu as été un refuge pour le faible, un refuge pour le malheureux plongé dans la détresse, un abri contre la pluie, un ombrage contre la chaleur, car le souffle des violents est comme la pluie d'hiver. |
5 Comme la chaleur sur une terre aride, tu apaises le tumulte des étrangers: la chaleur tiédit à l'ombre d'un nuage, le chant des violents se tait. |
6 Yahvé Sabaot prépare pour tous les peuples, sur cette montagne, un festin de viandes grasses, un festin de bons vins, de viandes moelleuses, de vins dépouillés. |
7 Il a détruit sur cette montagne le voile qui voilait tous les peuples et le tissu tendu sur toutes les nations; |
8 il a fait disparaître la mort à jamais. Le Seigneur Yahvé a essuyé les pleurs sur tous les visages, il ôtera l'opprobre de son peuple sur toute la terre, car Yahvé a parlé. |
9 Et on dira, en ce jour-là: Voyez, c'est notre Dieu, en lui nous espérions pour qu'il nous sauve; c'est Yahvé, nous espérions en lui. Exultons, réjouissons-nous du salut qu'il nous a donné. |
10 Car la main de Yahvé reposera sur cette montagne et Moab sera foulé sur place, comme on foule la paille dans la fosse à fumier. |
11 Il étend les mains, au milieu de la montagne, comme le nageur les étend pour nager. Mais il rabaissera son orgueil, malgré les efforts de ses mains. |
12 Et la place forte inaccessible de tes remparts, il l'a abattue, abaissée, renversée à terre, dans la poussière. |
1 En ce jour-là, on chantera ce chant au pays de Juda: Nous avons une ville forte; pour nous protéger, il a mis mur et avant-mur. |
2 Ouvrez les portes! Qu'elle entre, la nation juste qui observe la fidélité. |
3 C'est un dessein arrêté: tu assureras la paix, la paix qui t'est confiée. |
4 Confiez-vous en Yahvé à jamais! Car Yahvé est un rocher, éternellement. |
5 C'est lui qui a précipité les habitants des hauteurs, la cité élevée; il l'abaisse, il l'abaisse jusqu'à terre, il lui fait mordre la poussière. |
6 Elle sera foulée aux pieds, par les pieds du malheureux, par les pas du faible. |
7 Le sentier du juste, c'est la droiture, tu aplanis la droite trace du juste. |
8 Oui, dans le sentier de tes jugements, nous t'attendions, Yahvé, à ton nom et à ta mémoire va le désir de l'âme. |
9 Mon âme t'a désiré pendant la nuit, oui, au plus profond de moi, mon esprit te cherche, car lorsque tu rends tes jugements pour la terre, les habitants du monde apprennent la justice. |
10 Si l'on fait grâce au méchant sans qu'il apprenne la justice, au pays de la droiture il fait le mal, sans voir la majesté de Yahvé. |
11 Yahvé, ta main est levée et ils ne voient pas! Ils verront, pleins de confusion, ton amour jaloux pour ce peuple, oui, le feu préparé pour tes ennemis les dévorera. |
12 Yahvé, tu nous assures la paix, et même toutes nos œuvres, tu les accomplis pour nous. |
13 Yahvé notre Dieu, d'autres maîtres que toi ont dominé sur nous, mais, attachés à toi seul, nous invoquons ton nom. |
14 Les morts ne revivront pas, les ombres ne se relèveront pas, car tu les as visités, exterminés, tu as détruit jusqu'à leur souvenir. |
15 Tu as fait de nous une nation, Yahvé, tu as fait de nous une nation et tu as été glorifié. Tu as fait reculer les limites du pays. |
16 Yahvé, dans la détresse ils t'ont cherché, ils se répandirent en prière car ton châtiment était sur eux. |
17 Comme la femme enceinte à l'heure de l'enfantement souffre et crie dans ses douleurs, ainsi étions-nous devant ta face, Yahvé. |
18 Nous avons conçu, nous avons souffert, mais c'était pour enfanter du vent: nous n'avons pas donné le salut à la terre, il ne naît pas d'habitants au monde. |
19 Tes morts revivront, tes cadavres ressusciteront. Réveillez-vous et chantez, vous qui habitez la poussière, car ta rosée est une rosée lumineuse, et le pays va enfanter des ombres. |
20 Va, mon peuple, entre dans tes chambres, ferme tes portes sur toi; cache-toi un tout petit instant, jusqu'à ce qu'ait passé la fureur. |
21 Car voici Yahvé qui sort de sa demeure pour châtier la faute des habitants de la terre; et la terre dévoilera son sang, elle cessera de recouvrir ses cadavres. |
1 Ce jour-là, Yahvé châtiera avec son épée dure, grande et forte, Léviathan, le serpent fuyard, Léviathan, le serpent tortueux; il tuera le dragon qui habite la mer. |
2 Ce jour-là, la vigne magnifique, chantez-la! |
3 Moi, Yahvé, j'en suis le gardien, de temps en temps, je l'irrigue; pour qu'on ne lui fasse pas de mal, nuit et jour je la garde. |
4 - Je n'ai plus de muraille. Qui va me réduire en ronces et en épines? - Dans la guerre, je la foulerai, je la brûlerai en même temps. |
5 Ou bien que l'on fasse appel à ma protection, que l'on fasse la paix avec moi, la paix, qu'on la fasse avec moi. |
6 À l'avenir Jacob s'enracinera, Israël bourgeonnera et fleurira, la face du monde se couvrira de récolte. |
7 L'a-t-il frappé comme avaient frappé ceux qui le frappaient? À-t-il assassiné comme avaient assassiné ses assassins? |
8 En la chassant, en l'excluant, tu as exercé un jugement, il l'a chassée de son souffle violent, tel le vent d'orient. |
9 Car ainsi sera pardonnée la faute de Jacob, tel sera le fruit qu'il recueillera en renonçant à son péché, quand toutes les pierres de l'autel seront mises en pièces comme des pierres à chaux, quand les Ashéras et les brûle-parfums ne seront plus debout. |
10 Car la ville fortifiée est devenue une solitude, abandonnée, délaissée comme un désert, où les veaux paissent, où ils se couchent en détruisant les branchages. |
11 Quand sèchent les branches on les brise, des femmes viennent et y mettent le feu. Or ce peuple n'est pas intelligent, aussi son créateur n'aura pas pitié de lui, celui qui l'a modelé ne lui fera pas grâce. |
12 Et il arrivera qu'en ce jour-là, Yahvé fera le battage, depuis le cours du Fleuve jusqu'au torrent d'Égypte, et vous, vous serez glanés un à un, enfants d'Israël. |
13 Et il arrivera qu'en ce jour-là, on sonnera du grand cor, alors viendront ceux qui se meurent au pays d'Assur, et ceux qui sont bannis au pays d'Égypte, ils adoreront Yahvé sur la montagne sainte, à Jérusalem. |
L'Apocalypse d'Isaïe n'est pas un récit des malheurs à venir, mais une vision du triomphe du Royaume de Dieu. Notons pour nous-mêmes quelques détails dont parle le prophète: la victoire sur les ennemis d'Israël, le rassemblement d'Israël dispersé, le repas du Seigneur pour tous les peuples sur la montagne de Sion, l'ouverture des chemins de la justice personnelle, la victoire sur la mort et la résurrection des morts, la défaite du serpent, la joie et l'allégresse dans le salut de Dieu. Pourquoi cela est-il écrit? Peut-être sommes-nous appelés à participer à cette victoire par notre confiance dans la prophétie et notre accord avec le dessein de Dieu.
1 Yahvé, tu es mon Dieu, je t'exalterai, je louerai ton nom, car tu as accompli des merveilles, les desseins de jadis, fidèlement, fermement. |
2 Car tu as fait de la ville un tas de pierres, la cité fortifiée est une ruine, la citadelle des étrangers n'est plus une ville, jamais elle ne sera reconstruite. |
3 C'est pourquoi un peuple fort te glorifie, la cité des nations redoutables te craint. |
4 Car tu as été un refuge pour le faible, un refuge pour le malheureux plongé dans la détresse, un abri contre la pluie, un ombrage contre la chaleur, car le souffle des violents est comme la pluie d'hiver. |
5 Comme la chaleur sur une terre aride, tu apaises le tumulte des étrangers: la chaleur tiédit à l'ombre d'un nuage, le chant des violents se tait. |
6 Yahvé Sabaot prépare pour tous les peuples, sur cette montagne, un festin de viandes grasses, un festin de bons vins, de viandes moelleuses, de vins dépouillés. |
7 Il a détruit sur cette montagne le voile qui voilait tous les peuples et le tissu tendu sur toutes les nations; |
8 il a fait disparaître la mort à jamais. Le Seigneur Yahvé a essuyé les pleurs sur tous les visages, il ôtera l'opprobre de son peuple sur toute la terre, car Yahvé a parlé. |
9 Et on dira, en ce jour-là: Voyez, c'est notre Dieu, en lui nous espérions pour qu'il nous sauve; c'est Yahvé, nous espérions en lui. Exultons, réjouissons-nous du salut qu'il nous a donné. |
La prophétie d'Isaïe parle de la Résurrection du Christ: «Il ôtera l'opprobre de Son peuple». L'opprobre, ce ne sont pas seulement les offenses, les souffrances et les oppressions. C'est aussi le fardeau du péché qui, comme une maladie, comme la lèpre, sépare l'homme de Dieu et des autres hommes. C'est aussi le péché originel dont nous sommes marqués et dont nous ne pouvons être délivrés que par la mort et la Résurrection au jour du Jugement. Et Son peuple, c'est quiconque donne sa vie pour Lui et pour l'Évangile.
La mort est déjà engloutie pour toujours. Et la joie de la Résurrection est avec nous chaque jour. Et au dernier jour il y aura l'arc-en-ciel, et le Seigneur rétablira le paradis sur la terre, et Son peuple montera sur la montagne et célébrera sa rencontre avec le Seigneur et la restauration du monde. Du monde tel qu'il avait été pensé et créé aux premiers jours.
1 Yahvé, tu es mon Dieu, je t'exalterai, je louerai ton nom, car tu as accompli des merveilles, les desseins de jadis, fidèlement, fermement. |
2 Car tu as fait de la ville un tas de pierres, la cité fortifiée est une ruine, la citadelle des étrangers n'est plus une ville, jamais elle ne sera reconstruite. |
3 C'est pourquoi un peuple fort te glorifie, la cité des nations redoutables te craint. |
4 Car tu as été un refuge pour le faible, un refuge pour le malheureux plongé dans la détresse, un abri contre la pluie, un ombrage contre la chaleur, car le souffle des violents est comme la pluie d'hiver. |
5 Comme la chaleur sur une terre aride, tu apaises le tumulte des étrangers: la chaleur tiédit à l'ombre d'un nuage, le chant des violents se tait. |
6 Yahvé Sabaot prépare pour tous les peuples, sur cette montagne, un festin de viandes grasses, un festin de bons vins, de viandes moelleuses, de vins dépouillés. |
7 Il a détruit sur cette montagne le voile qui voilait tous les peuples et le tissu tendu sur toutes les nations; |
8 il a fait disparaître la mort à jamais. Le Seigneur Yahvé a essuyé les pleurs sur tous les visages, il ôtera l'opprobre de son peuple sur toute la terre, car Yahvé a parlé. |
9 Et on dira, en ce jour-là: Voyez, c'est notre Dieu, en lui nous espérions pour qu'il nous sauve; c'est Yahvé, nous espérions en lui. Exultons, réjouissons-nous du salut qu'il nous a donné. |
Le milieu du Grand Carême approche, et c'est pourquoi nous lisons aujourd'hui les paroles du prophète Isaïe sur la victoire de Dieu. Le prophète chante un hymne au Tout-Puissant et parle d'une victoire qui s'étend toujours plus largement. Au début du passage, il glorifie Dieu pour la destruction d'un royaume opposé à Lui ; puis le regard du prophète se tourne vers le salut des pauvres et des opprimés. Il dit que, grâce à l'intervention du Tout-Puissant, le souffle des tyrans était comme une tempête contre un mur, et qu'Il a dompté la fureur des ennemis. Mais le prophète dit ensuite que, tout comme les oppresseurs terrestres, des oppresseurs d'un tout autre genre seront eux aussi vaincus et soumis. Le Seigneur détruira le voile qui repose sur tous les peuples, c'est-à-dire la barrière entre tous les hommes et Lui-même. Enfin, le prophète célèbre la victoire sur la mort elle-même et sur la souffrance : la mort sera engloutie pour toujours, et le Seigneur Dieu essuiera les larmes de tous les visages. La foi que cela arrivera ainsi peut être pour nous une source de force en tout temps.
1 En ce jour-là, on chantera ce chant au pays de Juda: Nous avons une ville forte; pour nous protéger, il a mis mur et avant-mur. |
2 Ouvrez les portes! Qu'elle entre, la nation juste qui observe la fidélité. |
3 C'est un dessein arrêté: tu assureras la paix, la paix qui t'est confiée. |
4 Confiez-vous en Yahvé à jamais! Car Yahvé est un rocher, éternellement. |
5 C'est lui qui a précipité les habitants des hauteurs, la cité élevée; il l'abaisse, il l'abaisse jusqu'à terre, il lui fait mordre la poussière. |
6 Elle sera foulée aux pieds, par les pieds du malheureux, par les pas du faible. |
Décrivant le peuple de Dieu auquel Dieu ouvre les portes de la Jérusalem renouvelée, le prophète parle de lui comme de personnes « justes » et « gardant la fidélité » (dans la traduction synodale, on les appelle « gardant la vérité »), de personnes à la « volonté ferme » ou à la « ferme intention » (ou à l'« esprit ferme » de la traduction synodale). Qu'y a-t-il donc derrière ces définitions prophétiques? Aucun des auteurs bibliques n'a jamais considéré la justice comme propre à l'homme. Dieu seul est juste. Pour l'homme, la justice n'est pas une propriété ni une qualité, mais un état. L'homme peut être juste tant que la justice de Dieu se reflète en lui. Cela est possible si l'homme garde une fidélité inconditionnelle à Dieu; c'est pourquoi le prophète appelle les justes ceux qui « gardent la fidélité ».
Qu'est-ce qui aide donc l'homme à garder fidélité à Dieu? Isaïe répond aussi à cette question: la fermeté de l'intention. Ou la fermeté de la volonté, ce qui, dans ce cas, revient au même. Il ne s'agit pas de la force de volonté au sens où nous avons l'habitude de comprendre cette expression. Par force de volonté, nous entendons habituellement un effort concret, nécessaire dans une situation elle-même concrète. Mais le prophète parle d'une force de volonté qui appartient à l'homme comme propriété inhérente de son « moi » spirituel. La différence est la même que, par exemple, entre un effort musculaire appliqué dans une situation concrète et le tonus musculaire qui appartient en principe à un homme physiquement sain, indépendamment de l'effort fourni. De même qu'une vie physique normale est impossible sans tonus physique, de même une vie spirituelle normale lui est impossible sans tonus de la volonté. La vie spirituelle est avant tout faite de relations qui lient l'homme à Dieu et aux autres personnes, et qui sont impossibles sans tonus de la volonté. Sans ce tonus de la volonté, ces relations ne peuvent être ni stables ni constantes. Dans ce cas, il faudra oublier la garde de la fidélité (qu'elle soit envers Dieu ou envers un homme): un homme sans volonté n'aura tout simplement rien avec quoi la garder. La fidélité, en effet, suppose autre chose que de simples émotions ou des raisonnements théoriques, qui ne demandent généralement pas d'efforts de volonté particuliers.
La fidélité à Dieu, par exemple, exige l'observance des commandements donnés par Dieu, ne serait-ce que parce que, déjà au Sinaï, lors de la conclusion de l'alliance avec Dieu, leur observance avait été prescrite comme condition indispensable de l'alliance conclue. Pas d'observance des commandements, pas d'alliance; pas d'alliance, pas de relations avec Dieu. La fidélité envers Lui, dans ce cas, se révèle purement théorique. Mais la vie avec Dieu, la vie dans le Royaume, n'est pas une théorie, mais une pratique. Et elle est impossible sans la ferme intention de garder fidélité à Dieu et de préserver les relations qui unissent à Lui les fidèles qui cherchent le Royaume.
1 En ce jour-là, on chantera ce chant au pays de Juda: Nous avons une ville forte; pour nous protéger, il a mis mur et avant-mur. |
2 Ouvrez les portes! Qu'elle entre, la nation juste qui observe la fidélité. |
3 C'est un dessein arrêté: tu assureras la paix, la paix qui t'est confiée. |
4 Confiez-vous en Yahvé à jamais! Car Yahvé est un rocher, éternellement. |
5 C'est lui qui a précipité les habitants des hauteurs, la cité élevée; il l'abaisse, il l'abaisse jusqu'à terre, il lui fait mordre la poussière. |
6 Elle sera foulée aux pieds, par les pieds du malheureux, par les pas du faible. |
Le temps de l'Avent offre un choix particulièrement heureux de lectures. Elles sont courtes et extrêmement concrètes. C'est le moment de revenir à la manière dont les enfants apprennent l'essentiel. Isaïe et Matthieu nous donnent deux occasions de comprendre ce qu'il nous déplaît de comprendre. Ils l'expliquent avec des mots simples. Ils nous l'expliquent comme à des enfants, à l'aide d'arguments différents, en cherchant à nous conduire à agir raisonnablement. Ce n'est pas un hasard si le Sermon sur la montagne, avec toute la force de sa franchise, s'achève par trois versets sur la maison bâtie sur le roc et celle bâtie sur le sable. Comme de petits enfants, le Seigneur nous enseigne Sa vérité : nous pouvons tout faire, même construire une maison sur le sable. Une maison sur le sable est une maison fondée sur ce qui est temporaire. Le roc est ce qui est éternel. Dans notre vie, seul le Seigneur est éternel.
1 En ce jour-là, on chantera ce chant au pays de Juda: Nous avons une ville forte; pour nous protéger, il a mis mur et avant-mur. |
2 Ouvrez les portes! Qu'elle entre, la nation juste qui observe la fidélité. |
3 C'est un dessein arrêté: tu assureras la paix, la paix qui t'est confiée. |
4 Confiez-vous en Yahvé à jamais! Car Yahvé est un rocher, éternellement. |
5 C'est lui qui a précipité les habitants des hauteurs, la cité élevée; il l'abaisse, il l'abaisse jusqu'à terre, il lui fait mordre la poussière. |
6 Elle sera foulée aux pieds, par les pieds du malheureux, par les pas du faible. |
Le Seigneur donne Son salut à la place des murs et des remparts. Les murs et les remparts sont une protection, une protection physique ordinaire qui empêchera les ennemis de pénétrer dans notre vie. Mais les murs et les remparts sont une protection faite de main d'homme. Que nous la bâtissions nous-mêmes ou que notre entourage nous la procure, elle reste humaine. Il est sans doute bon et important d'avoir une telle protection dans la vie, de savoir que l'on peut s'appuyer sur quelqu'un ou sur quelque chose. Mais la protection du Seigneur est plus importante encore. Et Sa protection, c'est le salut. Le salut n'est pas simplement une situation dans laquelle les ennemis ne viendront pas nous faire du mal. Le salut est une situation dans laquelle le Seigneur Lui-même vient. Alors, la peur n'est plus aussi forte, même si les ennemis apparaissent à portée de vue, dangereusement proches. Les murs sont inutiles, car Il n'est pas seulement la meilleure protection : Il est l'unique protection véritable.
6 Yahvé Sabaot prépare pour tous les peuples, sur cette montagne, un festin de viandes grasses, un festin de bons vins, de viandes moelleuses, de vins dépouillés. |
7 Il a détruit sur cette montagne le voile qui voilait tous les peuples et le tissu tendu sur toutes les nations; |
8 il a fait disparaître la mort à jamais. Le Seigneur Yahvé a essuyé les pleurs sur tous les visages, il ôtera l'opprobre de son peuple sur toute la terre, car Yahvé a parlé. |
9 Et on dira, en ce jour-là: Voyez, c'est notre Dieu, en lui nous espérions pour qu'il nous sauve; c'est Yahvé, nous espérions en lui. Exultons, réjouissons-nous du salut qu'il nous a donné. |
10 Car la main de Yahvé reposera sur cette montagne et Moab sera foulé sur place, comme on foule la paille dans la fosse à fumier. |
Décrivant l’époque messianique, le prophète mentionne particulièrement la victoire complète et définitive sur la mort. La Bible parle beaucoup, en général, de la victoire sur la mort et de la résurrection universelle à la fin des temps. Quant à l’après-mort, les livres bibliques en parlent presque pas. De l’immortalité de l’âme et de la rétribution dans l’au-delà, la Bible, à la différence des textes égyptiens ou grecs, ne dit rien. Cela n’a rien d’étonnant : une âme immortelle existant séparément du corps n’est pas encore la vie dans toute sa plénitude.
La vie dans toute sa plénitude ne peut être que la vie de l’homme tout entier, âme et corps ensemble, et non séparément. Mais il ne s’agit pas seulement de cela. Il s’agit aussi de la manière dont la Bible voit l’homme. Nous, hommes des temps modernes, regardons l’homme plutôt avec les yeux d’un philosophe grec qu’avec les yeux des auteurs des livres bibliques. Pour nous, l’homme est une âme éternelle et immuable unie à un corps temporaire et fragile. Mais dans la Bible, l’âme n’est nullement immuable.
Dans les livres bibliques, l’âme n’est pas du tout une structure, mais un processus ; c’est le flux de la vie humaine dans toutes ses manifestations, depuis les plus hautes aspirations spirituelles jusqu’à la simple physiologie, comme la respiration et la circulation du sang. Et dans ce flux essentiellement naturel entre ce « souffle de vie » que Dieu « insuffle » à l’homme « dans les narines » (ou, comme l’ont transmis les auteurs de la traduction synodale, « dans le visage ») lors de la création.
C’est au point d’intersection de ces deux flux, le « souffle de vie » de Dieu et l’existence naturelle, comme un philosophe moderne appellerait l’« âme » biblique, que naît la personne humaine. La plénitude de la vie de l’homme est déterminée par l’intensité de ce processus naturel. Et l’intensité du processus dépend de ce qui détermine sa qualité : la nature ou le « souffle de vie » de Dieu. Ici, plusieurs variantes sont possibles : depuis la plénitude de la vie dans le Royaume jusqu’à son minimum dans le shéol, dans le monde des ombres, où l’on ne peut parler de vie que de façon très conditionnelle.
Dans la Bible, la mort n’est pas la disparition de l’homme, ni son départ dans le néant, mais l’épuisement en lui de la vie jusqu’à ce minimum qui transforme le défunt en enveloppe vide, en ombre privée de vie. Le contraire de la mort n’est donc pas simplement la vie, mais la vie en plénitude, dans cette plénitude qui n’est possible que dans le Royaume. Dans le Royaume, où la mort, sous quelque forme que ce soit, n’a pas et ne peut pas avoir de place. C’est pourquoi la venue du Messie et l’avènement du Royaume messianique mettent fin à la mort : tant qu’elle n’a pas définitivement disparu, la vie n’a pas encore vaincu. Et donc le Royaume, lui non plus, n’est pas encore venu dans toute sa plénitude.
6 Yahvé Sabaot prépare pour tous les peuples, sur cette montagne, un festin de viandes grasses, un festin de bons vins, de viandes moelleuses, de vins dépouillés. |
7 Il a détruit sur cette montagne le voile qui voilait tous les peuples et le tissu tendu sur toutes les nations; |
8 il a fait disparaître la mort à jamais. Le Seigneur Yahvé a essuyé les pleurs sur tous les visages, il ôtera l'opprobre de son peuple sur toute la terre, car Yahvé a parlé. |
9 Et on dira, en ce jour-là: Voyez, c'est notre Dieu, en lui nous espérions pour qu'il nous sauve; c'est Yahvé, nous espérions en lui. Exultons, réjouissons-nous du salut qu'il nous a donné. |
10 Car la main de Yahvé reposera sur cette montagne et Moab sera foulé sur place, comme on foule la paille dans la fosse à fumier. |
Comme ce qu'écrit Isaïe ressemble peu à ce qui se passe chez Matthieu... La guérison des malades et la multiplication des pains au désert semblent si éloignées de la vision du prophète. Quel que soit le verset que l'on prenne, tout est différent ! Et pourtant, ce qui se passe au désert, lorsque les aveugles voient, que les lépreux sont purifiés et que le Sauveur rassasie tous ceux qui sont dans le besoin, est précisément l'accomplissement des prophéties dans la vie. Quand les mots peinent à exprimer l'inexprimable, l'homme essaie de les faire entrer tant bien que mal dans sa propre compréhension. Ensuite, il lui devient difficile d'admettre qu'ils prennent vie autrement qu'il ne l'avait imaginé. Mais cela n'empêche pas Dieu d'accomplir Ses promesses et d'essuyer les larmes de tous les visages.
7 Le sentier du juste, c'est la droiture, tu aplanis la droite trace du juste. |
8 Oui, dans le sentier de tes jugements, nous t'attendions, Yahvé, à ton nom et à ta mémoire va le désir de l'âme. |
9 Mon âme t'a désiré pendant la nuit, oui, au plus profond de moi, mon esprit te cherche, car lorsque tu rends tes jugements pour la terre, les habitants du monde apprennent la justice. |
Le Seigneur appelle à venir à Lui tous ceux qui peinent et souffrent. Ces paroles concernent chacun de nous - comme l'écrira plus tard Alexandre Blok, «tous ceux qui sont fatigués en terre étrangère, tous les navires partis en mer, tous ceux qui ont oublié leur joie». Nous sommes appelés à Lui par un Dieu plein de sollicitude, le Père, à l'image et à la ressemblance de qui nous avons été créés et qui souffre quand nous souffrons. Nous sommes appelés à Lui par Dieu, qui sait ce que sont la souffrance et la douleur: le Christ, passé par plus de souffrances que chacun de nous et qui a montré que même au-delà de la mort il y a une percée, dans la Résurrection. L'Esprit Saint attend de nous rencontrer: Dieu qui donne le repos et les forces pour espérer et croire que la percée viendra sûrement…
Le Seigneur n'a sans doute pas de désir plus fort que celui de voir Ses enfants venir à Lui, afin qu'Il puisse répandre sur eux tout Son amour. Il veut enlever de nous nos fardeaux, tout ce qui empêche notre regard d'être constamment tourné vers Lui, et nous donner en échange quelque chose de bien plus précieux. Quelque chose qui porte beaucoup de noms, mais dont le principal est sans doute l'Amour. C'est ce joug bon et ce fardeau léger dont Il parle. Et en même temps, comme le Christ Lui-même nous l'a montré, Son fardeau est la Croix... La Croix et la percée dans la Résurrection: voilà la vraie vie que Dieu nous propose.
7 Le sentier du juste, c'est la droiture, tu aplanis la droite trace du juste. |
8 Oui, dans le sentier de tes jugements, nous t'attendions, Yahvé, à ton nom et à ta mémoire va le désir de l'âme. |
9 Mon âme t'a désiré pendant la nuit, oui, au plus profond de moi, mon esprit te cherche, car lorsque tu rends tes jugements pour la terre, les habitants du monde apprennent la justice. |
La lecture d'aujourd'hui du livre du prophète Isaïe est un autre hymne d'amour. «À ton nom et à ta mémoire va le désir de l'âme.», - dit le prophète Isaïe. Peut-on se rappeler de Dieu sans cesse? Probablement, le prophète aspire à quelque chose de ce genre: pour que la pensée de n'importe quel sujet passe harmonieusement et naturellement à la pensée sur Lui - comme toutes les pensées d'une personne amoureuse se ramènent doucement et naturellement aux pensées de l'être aimé.
8 il a fait disparaître la mort à jamais. Le Seigneur Yahvé a essuyé les pleurs sur tous les visages, il ôtera l'opprobre de son peuple sur toute la terre, car Yahvé a parlé. |
9 Et on dira, en ce jour-là: Voyez, c'est notre Dieu, en lui nous espérions pour qu'il nous sauve; c'est Yahvé, nous espérions en lui. Exultons, réjouissons-nous du salut qu'il nous a donné. |
Oui ou non? La parole annoncée par Isaïe il ya de cela presque 27 siècles s’accomplira ou pas? On Peut dire, que c'est la question clé définissant notre relation envers la vie. On ne peut vivre qu’en s'appuyant sur cette prophétie, rien qu’en espérant qu'elle est vraie. Dans le cas contraire tout perd son sens, et la vie devient horrible et absurde.
En effet, la souffrance inonde le monde comme un déluge, et on ne voit pas de délivrance d’elle. Toutes nos joies et hautes aspirations, toutes nos bonnes œuvres, tout comme tous nos péchés, la méchanceté et la cupidité sont vanités et course au vent, parce que la mort attend tout un chacun. Mais lorsque le Seigneur dit ces paroles à travers le prophète - tout change. La souveraineté de la mort n'est pas définitive, elle sera vaincue, et toute la souffrance des gens trouvera la consolation – c'est-à-dire avoir le sens de vivre.
Dieu donne une multitude de confirmations de Sa fidélité tout au long de l’histoire, pour que nous puissions croire notamment à cette promesse. Dans la vie de tout un chacun qui cherche Dieu, s'accumule l'expérience témoignant que Dieu est fidèle - notamment pour que tu puisses croire. Pour notre relation envers soi-même, envers la vie et envers le monde c'est la base, dont la psychologie appelle "la confiance de base». Sans elle, aucune personne ne peut grandir intellectuellement et d'une manière émotionnelle saine.
Et quand même le prophète nous appelle à l'exploit de la confiance. Croire à ses mots est aussi difficile, comme il était difficile à Pierre de croire au Seigneur Jésus, sortir du bateau et marcher sur l'eau. En effet, nous ne pourrons recevoir une affirmation définitive de la véracité des mots du prophète que, lorsque sa parole s’accomplira. Mais combien il est difficile de ne pas croire à ces paroles! Toute notre essence s’oppose à cette sinistre absurdité, dans laquelle se transforme notre vie de méfiance. Quelque part dans l’intimité inconcevable de la nature humaine est mise la connaissance secrète de ce que cette prophétie est vraie. Et c'est pourquoi l'espoir est si vivifiant pour nous.
9 Mon âme t'a désiré pendant la nuit, oui, au plus profond de moi, mon esprit te cherche, car lorsque tu rends tes jugements pour la terre, les habitants du monde apprennent la justice. |
Le plus souvent les gens qui ne lisent pas la Bible et ne croient pas en Dieu disent «c’est Dieu qui a puni», par rapport à eux-mêmes ou aux autres gens, se trouvant dans une situation difficile. Mais peut-on se plaindre de Dieu pour ce qu’ayant sauté du neuvième étage, tu te romps à la mort? Il serait douteux qu’on trouve l'inévitable action de la loi de gravitation universelle comme un châtiment. À moins qu’on ne demande à Dieu des explications, à quel titre Il a établi de telles lois. Même du point de vue humain de telles prétentions sont ridicules et absurdes : le Créateur a le droit de décider Seul, sans consultation avec la création, de quelles lois définissent le fonctionnement du monde. Et le dédain des lois fondamentales de l'univers amène inévitablement aux conséquences terribles. L’ignorance de la loi ou le refus de reconnaître que la loi existe, ne signifie pas qu’elle cesse de fonctionner, et de nous présenter chaque fois son terrible compte. Et c’est ce qu’on appelle la manifestation du jugement. L'ignorance de la loi ne nous libère pas de la responsabilité. Parce qu’il nous est accordé la possibilité de la connaître. Elles sont toutes écrites dans la Bible. Mais est ce que cela nous apprendra quelque chose ? Est-ce qu'il m’est peu les fruits du mal dans le monde? Est-ce que j'ai peu de travail ici? On peut fermer les yeux sur ce qui ne nous concerne pas directement, mais à cause de cela Ses jugements ne cesseront pas dans tous les cas de s'accomplir pour la terre et, si nous ne croyons pas par les paroles, alors nous apprendrons la vérité par les terribles méthodes humaines.
9 Et on dira, en ce jour-là: Voyez, c'est notre Dieu, en lui nous espérions pour qu'il nous sauve; c'est Yahvé, nous espérions en lui. Exultons, réjouissons-nous du salut qu'il nous a donné. |
«Ce jour-là»... Pour le prophète Isaïe ce jour est dans le futur. Où est ce jour pour nous? Dans le passé, quand le Fils de Dieu a accepté de mourir sur la croix pour notre salut? Ou dans le futur, quand Il viendra dans la puissance et la gloire et accomplira la victoire définitive sur le mal? Et si ce jour était aujourd’hui, et en ce jour nous est prévu une telle rencontre, quand nous dirons : «Voyez, c’est notre Dieu!» ? Voulons-nous cette rencontre? Y a-t-il en nous cet espoir, sans lequel la rencontre est impossible? Sommes-nous prêts à accepter la joie, qu'apporte cette rencontre?
19 Tes morts revivront, tes cadavres ressusciteront. Réveillez-vous et chantez, vous qui habitez la poussière, car ta rosée est une rosée lumineuse, et le pays va enfanter des ombres. |
Le thème de la résurrection universelle apparaît assez tôt dans la prédication prophétique. Isaïe de Jérusalem en parle déjà, semble-t-il, assez clairement. Quant à l'existence après la mort, heureuse ou malheureuse, les livres bibliques n'en disent pratiquement rien, et le peu qu'ils mentionnent repose non sur une révélation reçue par leurs auteurs, mais sur une expérience païenne antérieure à la Bible.
Cela n'a rien d'étonnant. Qu'est-ce donc, en effet, que cette existence après la mort longuement décrite, par exemple, dans les livres sacrés égyptiens et grecs? En fin de compte, c'est un état que l'on ne peut appeler une vie pleine que dans un sens très relatif. La conscience humaine se conserve certes dans l'état posthume décrit par ces sources: ce n'est pas le shéol biblique, ce monde des ombres où, à proprement parler, il n'y a aucune vie. Mais l'homme tel que Dieu l'a conçu et créé ne se réduit pas à la seule conscience, bien que la conscience de soi soit réellement le fondement de la vie spirituelle. L'homme est un être doté d'une nature aussi bien psychique que physique, et cette nature lui est nécessaire précisément pour une vie spirituelle pleine. La conservation de la seule conscience, même dans toute sa plénitude et sa clarté, ne suffit donc pas à une telle vie.
Et Dieu a révélé à son peuple qu'au terme du chemin ce n'est pas une existence après la mort qui attend chacun, mais la résurrection: ce retour à la vie dans toute sa plénitude transfigurée, la seule que l'on puisse tenir pour digne de l'homme créé à l'image de Dieu.
21 Car voici Yahvé qui sort de sa demeure pour châtier la faute des habitants de la terre; et la terre dévoilera son sang, elle cessera de recouvrir ses cadavres. |
«Il n'y a pas de colère en Moi», dit aujourd'hui le Seigneur. Et cela est très difficile à comprendre, parce que la «colère de Dieu» est l'une des notions les plus fondamentales de l'Écriture sainte. Et pourtant c'est aussi une pierre d'achoppement pour beaucoup. Nous ne voulons pas voir dans notre Seigneur les traits d'un Zeus païen lanceur de foudre, pour la raison que ce dieu païen, par ses autres propriétés, est très éloigné du Visage de Dieu réellement révélé par le Christ.
En réalité, le peuple juif, comme tout autre, n'a pas pu éviter l'étape mythologique de son développement religieux; il a cependant connu une Révélation particulière, et ces deux qualités, terrestre et céleste, se sont entrelacées dans l'Écriture sainte. C'est pourquoi nous devons suivre très attentivement tout le développement de la notion de colère de Dieu, et de colère en général, dans l'Écriture.
C'est un grand travail à part, mais rappelons au moins ce passage des Épîtres de l'Apôtre: «Mettez-vous en colère, et ne péchez pas: que le soleil ne se couche pas sur votre colère; et ne donnez pas prise au diable.» (Ep 4:26) Ces paroles sont assez inhabituelles et paradoxales; «mettez-vous en colère et ne péchez pas», traduit l'évêque Cassien, renforçant encore l'étrangeté. Si les mots de la traduction synodale peuvent encore être compris comme «ne péchez pas par la colère», c'est-à-dire ne vous mettez pas du tout en colère, la traduction de l'évêque Cassien ne permet plus une telle interprétation. Ainsi, nous sommes appelés à nous mettre en colère, mais pas plus d'un jour: «que le soleil ne se couche pas sur votre colère».
Cela peut devenir la clé de l'incompréhension décrite plus haut, qui peut surgir en nous aujourd'hui en lisant le prophète Isaïe: la colère de Dieu est réelle et décrite maintes fois dans l'Écriture sainte, mais en Lui il n'y a pas de colère, car elle n'est qu'une réaction saine aux «ronces et épines» apportées de l'extérieur; c'est pourquoi le soleil ne se couche pas sur la colère de Dieu. Comme il ne doit pas se coucher sur la nôtre.
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