32 La multitude des croyants n'avait qu'un cœur et qu'une âme. Nul ne disait sien ce qui lui appartenait, mais entre eux tout était commun. |
À en juger par le témoignage du livre des Actes, l'Église primitive devait être une communauté où la mise en commun des biens faisait notamment partie de la norme. Plus tard, de nombreux chrétiens, et pas seulement eux, ont essayé de suivre cet idéal des premiers chrétiens. Certains y réussissaient mieux, d'autres moins bien. Mais qu'est-ce qui animait tous ces gens ? La communauté des biens était pratiquée par des représentants de certains enseignements religieux et philosophiques même avant le christianisme, sans parler des confréries religieuses juives comme les esséniens. Qu'est-ce qui poussait donc des hommes si différents à renoncer à leurs biens au profit de la communauté ?
Très souvent, le motif principal était l'aspiration à une vie ascétique, qui animait non seulement les moines chrétiens du Moyen Âge et de l'époque moderne, mais aussi, par exemple, les disciples de Pythagore, dans les communautés desquels la mise en commun des biens était elle aussi, sinon obligatoire, du moins assez largement répandue. Ici, l'homme était mû avant tout par le désir de simplifier au maximum sa vie, y compris dans ses liens économiques et sociaux. En renonçant à ses biens, il renonçait du même coup à la société, ainsi qu'à ce qui le liait à elle.
Un autre cas est le renoncement aux biens dans le contexte d'une perspective eschatologique et apocalyptique imminente, comme chez les esséniens de Qumrân. Ici jouait la conviction que le monde était voué à la perdition à cause de son impureté, et que seuls pourraient être sauvés ceux qui appartenaient à la communauté des « purs », par lesquels les gens de Qumrân entendaient bien sûr eux-mêmes. Le don des biens à la communauté équivalait alors à une contribution à la construction de la seule arche salvatrice sur terre, pour laquelle rien ne devait être épargné.
Mais l'Église primitive pouvait-elle être guidée par des motifs ascétiques ou apocalyptiques ? En définitive, non. Il ne s'agissait pas d'abstinence ni de la fin à venir, mais de la vie du Royaume. Ici, il y avait un autre stimulant, non moins puissant : l'expérience même de la vie dans le Royaume. Car le Royaume n'est possible que comme don, comme renoncement à son isolement, comme disponibilité à partager tout ce que l'on possède afin de recevoir tout en échange de la petite part que l'on donne. Ici, donner ne signifie pas renoncer ni perdre, mais acquérir et recevoir. C'est précisément le cas où partager signifie multiplier. Et la communauté des biens apparaît alors non comme l'incarnation d'une idée ascétique ou eschatologique, mais comme le prolongement naturel, dans le monde non transfiguré, de cette vie du Royaume qui, un jour, après la transfiguration, deviendra pour lui naturelle et organique.
32 La multitude des croyants n'avait qu'un cœur et qu'une âme. Nul ne disait sien ce qui lui appartenait, mais entre eux tout était commun. |
33 Avec beaucoup de puissance, les apôtres rendaient témoignage à la résurrection du Seigneur Jésus, et ils jouissaient tous d'une grande faveur. |
34 Aussi parmi eux nul n'était dans le besoin; car tous ceux qui possédaient des terres ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de la vente |
35 et le déposaient aux pieds des apôtres. On distribuait alors à chacun suivant ses besoins. |
36 Joseph, surnommé par les apôtres Barnabé ce qui veut dire fils d'encouragement , lévite originaire de Chypre, |
37 possédait un champ ; il le vendit, apporta l'argent et le déposa aux pieds des apôtres. |
La lecture d’aujourd’hui des Actes des saints apôtres commence par des paroles saisissantes : « La multitude de ceux qui avaient cru n’avait qu’un cœur et qu’une âme ». Une telle chose est-elle possible ? Pouvons-nous seulement nous la représenter ? Notre unanimité, et même simplement notre accord de pensée, dure d’ordinaire si peu de temps... Bien plus, c’est souvent précisément dans la communauté ecclésiale que nous nous « relâchons » — et que toutes nos difficultés « domestiques » apparaissent au grand jour. On sait qu’il est particulièrement difficile de garder des relations paisibles avec les plus proches. Il en va ainsi aussi dans l’Église.
Mais chez les premiers chrétiens, apparemment, ce problème n’existait pas ! De quoi s’agit-il ici ? D’une grâce particulière ? Bien sûr, sans la grâce, rien n’est possible ; mais il semble que l’essentiel soit d’abord l’ouverture des personnes à cette grâce. Le Seigneur est toujours le même, il est immuable, et il peut non seulement donner, mais il veut aussi donner à nous tous, à notre Église et à nos communautés, cette même grâce de l’unité.
32 La multitude des croyants n'avait qu'un cœur et qu'une âme. Nul ne disait sien ce qui lui appartenait, mais entre eux tout était commun. |
33 Avec beaucoup de puissance, les apôtres rendaient témoignage à la résurrection du Seigneur Jésus, et ils jouissaient tous d'une grande faveur. |
34 Aussi parmi eux nul n'était dans le besoin; car tous ceux qui possédaient des terres ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de la vente |
35 et le déposaient aux pieds des apôtres. On distribuait alors à chacun suivant ses besoins. |
36 Joseph, surnommé par les apôtres Barnabé ce qui veut dire fils d'encouragement , lévite originaire de Chypre, |
37 possédait un champ ; il le vendit, apporta l'argent et le déposa aux pieds des apôtres. |
Ces lignes brèves mais denses nous révèlent comment vivait l'Église à l'aube de ses premiers jours. Nous n'avons aucune raison de douter de l'authenticité de ce récit, mais on peut se demander pourquoi cela s'est révélé irréalisable plus tard, lorsque l'Église s'est étendue à tous les continents. Était-ce seulement parce que ses dimensions avaient augmenté et que sa structure s'était compliquée, alors que même plus tard, dans de petites communautés, on parvenait apparemment, dans une certaine mesure, à se rapprocher de l'idéal primitif?
La manière dont vivait l'Église primitive ne s'explique pas par les efforts humains ni par les bonnes intentions des nouveaux convertis, mais par l'action de l'Esprit Saint. L'unité des premiers croyants était avant tout une unité dans l'Esprit, d'où découlait l'unité des coeurs et des pensées; c'est pourquoi la vie commune était naturelle, comme la respiration. Par la suite, au cours des siècles, il y aura de nombreuses tentatives pour surmonter la séparation des hommes par la mise en commun de leurs biens, et l'immense majorité de ces tentatives s'effondrera. Les raisons en seront diverses, mais l'une des principales sera que les nouveaux partisans de la mise en commun nieront la réalité et l'importance du principe spirituel, et mettront leur confiance dans la force et dans la redistribution mécanique des biens matériels. Ils appelleront ceux-ci la «base», et tout le reste, qu'ils ne pourront toucher, «superstructure au-dessus de la base».
Mais l'expérience de la première communauté de Jérusalem montre le contraire. Ce qui, jusqu'à présent, semble à beaucoup une «superstructure» est en réalité le Fondement.
32 La multitude des croyants n'avait qu'un cœur et qu'une âme. Nul ne disait sien ce qui lui appartenait, mais entre eux tout était commun. |
33 Avec beaucoup de puissance, les apôtres rendaient témoignage à la résurrection du Seigneur Jésus, et ils jouissaient tous d'une grande faveur. |
34 Aussi parmi eux nul n'était dans le besoin; car tous ceux qui possédaient des terres ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de la vente |
35 et le déposaient aux pieds des apôtres. On distribuait alors à chacun suivant ses besoins. |
36 Joseph, surnommé par les apôtres Barnabé ce qui veut dire fils d'encouragement , lévite originaire de Chypre, |
37 possédait un champ ; il le vendit, apporta l'argent et le déposa aux pieds des apôtres. |
En confirmation des paroles de Jésus : « Celui qui croit en Moi fera, lui aussi, les œuvres que Je fais, et il en fera de plus grandes, parce que Je vais vers Mon Père » (Jn 14:12), nous lisons les lignes du passage d'aujourd'hui tiré des Actes. Le Christ est allé vers le Père, et ceux qui sont restés sur terre et croient en Lui accomplissent des miracles. Nous nous souvenons tous du récit du jeune homme riche (voir Mt 19:16-26). Mais ce jeune homme ne mit pas en pratique le conseil du Seigneur, du moins pas au moment même où il le reçut... En entendant Jésus lui dire qu'il ne lui manquait que de vendre ses biens et de Le suivre, le jeune homme s'éloigna avec tristesse, reconnaissant la difficulté d'un tel pas. Or que voyons-nous ici ? Par leur prédication, les apôtres allument dans le cœur des hommes un feu tel que ceux-ci vont d'eux-mêmes vendre leurs biens et en remettent l'argent à ceux qui leur ont apporté la nouvelle du Sauveur et ont partagé avec eux la lumière du Christ. Ceux qui donnent n'éprouvent ni regret ni avidité, car c'est le Christ Lui-même qui agit ainsi en eux.
1 Ils parlaient encore au peuple quand survinrent les prêtres, le commandant du Temple et les Sadducéens, |
2 contrariés de les voir enseigner le peuple et annoncer en la personne de Jésus la résurrection des morts. |
3 Ils mirent la main sur eux et les emprisonnèrent jusqu'au lendemain, car déjà le soir tombait. |
4 Cependant beaucoup de ceux qui avaient entendu la parole embrassèrent la foi, et le nombre des fidèles, en ne comptant que les hommes, fut d'environ cinq mille. |
5 Le lendemain les chefs des Juifs, les anciens et les scribes se rassemblèrent à Jérusalem. |
6 Il y avait là Anne le grand prêtre, Caïphe, Jonathan, Alexandre et tous les membres des familles pontificales. |
7 Ils firent comparaître les apôtres et se mirent à les questionner : " Par quel pouvoir ou par quel nom avez-vous fait cela, vous autres ? " |
8 Alors Pierre, rempli de l'Esprit Saint, leur dit : " Chefs du peuple et anciens, |
9 puisqu'aujourd'hui nous avons à répondre en justice du bien fait à un infirme et du moyen par lequel il a été guéri, |
10 sachez-le bien, vous tous, ainsi que tout le peuple d'Israël : c'est par le nom de Jésus Christ le Nazôréen, celui que vous, vous avez crucifié, et que Dieu a ressuscité des morts, c'est par son nom et par nul autre que cet homme se présente guéri devant vous. |
11 C'est lui la pierre que vous, les bâtisseurs, avez dédaignée, et qui est devenue la pierre d'angle. |
12 Car il n'y a pas sous le ciel d'autre nom donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés. " |
13 Considérant l'assurance de Pierre et de Jean et se rendant compte que c'étaient des gens sans instruction ni culture, les sanhédrites étaient dans l'étonnement. Ils reconnaissaient bien en eux ceux qui étaient avec Jésus; |
14 en même temps ils voyaient, debout auprès d'eux, l'homme qui avait été guéri; aussi n'avaient-ils rien à répliquer. |
15 Ils les firent alors sortir du Sanhédrin et se mirent à délibérer entre eux. |
16 Ils disaient : " Qu'allons-nous faire à ces gens-là ? Qu'un signe notoire ait été opéré par eux, c'est trop clair pour tous les habitants de Jérusalem, et nous ne pouvons le nier. |
17 Mais pour que cela ne se répande pas davantage dans le peuple, empêchons-les par des menaces de parler désormais à qui que ce soit en ce nom-là. " |
18 Ils les rappelèrent donc et leur défendirent de souffler mot et d'enseigner au nom de Jésus. |
19 Mais Pierre et Jean de leur rétorquer : " S'il est juste aux yeux de Dieu de vous obéir plutôt qu'à Dieu, à vous d'en juger. |
20 Nous ne pouvons pas, quant à nous, ne pas publier ce que nous avons vu et entendu. " |
21 Cependant, après de nouvelles menaces, ils les relâchèrent, ne voyant pas comment les punir, à cause du peuple : car tout le monde glorifiait Dieu de ce qui s'était passé. |
22 L'homme guéri miraculeusement avait en effet plus de quarante ans. |
23 Une fois relâchés, ils se rendirent auprès des leurs et rapportèrent tout ce que les grands prêtres et les anciens leur avaient dit. |
24 A ce récit, d'un seul élan, ils élevèrent la voix vers Dieu et dirent : " Maître, c'est toi qui as fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qui s'y trouve ; |
25 c'est toi qui as dit par l'Esprit Saint et par la bouche de notre père David, ton serviteur : Pourquoi cette arrogance chez les nations, ces vains projets chez les peuples ? |
26 Les rois de la terre se sont mis en campagne et les magistrats se sont rassemblés de concert contre le Seigneur et contre son Oint. |
27 Oui vraiment, ils se sont rassemblés dans cette ville contre ton saint serviteur Jésus, que tu as oint, Hérode et Ponce-Pilate avec les nations païennes et les peuples d'Israël, |
28 pour accomplir tout ce que, dans ta puissance et ta sagesse, tu avais déterminé par avance. |
29 À présent donc, Seigneur, considère leurs menaces et, afin de permettre à tes serviteurs d'annoncer ta parole en toute assurance, |
30 étends la main pour opérer des guérisons, signes et prodiges par le nom de ton saint serviteur Jésus. " |
31 Tandis qu'ils priaient, l'endroit où ils se trouvaient réunis trembla ; tous furent alors remplis du Saint Esprit et se mirent à annoncer la parole de Dieu avec assurance. |
32 La multitude des croyants n'avait qu'un cœur et qu'une âme. Nul ne disait sien ce qui lui appartenait, mais entre eux tout était commun. |
33 Avec beaucoup de puissance, les apôtres rendaient témoignage à la résurrection du Seigneur Jésus, et ils jouissaient tous d'une grande faveur. |
34 Aussi parmi eux nul n'était dans le besoin; car tous ceux qui possédaient des terres ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de la vente |
35 et le déposaient aux pieds des apôtres. On distribuait alors à chacun suivant ses besoins. |
36 Joseph, surnommé par les apôtres Barnabé ce qui veut dire fils d'encouragement , lévite originaire de Chypre, |
37 possédait un champ ; il le vendit, apporta l'argent et le déposa aux pieds des apôtres. |
Les Apôtres ne furent pas effrayés par les menaces du Sanhédrin et prièrent Dieu de leur donner l'audace d'annoncer la Bonne Nouvelle. Beaucoup d'entre eux allaient ensuite mourir martyrs et devenir des exemples pour plusieurs milliers de martyrs chrétiens. Le courage qu'ils demandent n'a rien à voir avec la disposition à commettre un acte téméraire. Pour les Apôtres, la volonté de Dieu est bien plus réelle et substantielle que toutes les menaces des adversaires du Christ. Ainsi, le courage chrétien est directement lié à la foi, à la plénitude de la vie dans le Seigneur Jésus ressuscité. Plus cette foi est forte, plus il devient évident pour une personne qu'aucune menace ne peut se comparer à la béatitude et au bonheur que donne le Christ. Inversement, la crainte de perdre la vie, les biens, le travail ou l'amitié, dont nous souffrons tous à un degré ou à un autre, remet en question la réalité de notre foi...
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