19 Or le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et il s'assit à la droite de Dieu. |
20 Pour eux, ils s'en allèrent prêcher en tout lieu, le Seigneur agissant avec eux et confirmant la Parole par les signes qui l'accompagnaient. |
Marc décrit brièvement et avec concision les quarante jours qui se sont écoulés de la résurrection du Sauveur à son ascension, beaucoup plus brièvement que les autres évangélistes. Et il conclut son récit par une description tout aussi brève de l'Ascension, la réduisant à une seule phrase, contrairement, par exemple, à Luc qui, dans le livre des Actes, a écrit tout un récit de cet événement, même bref. On voit que, pour Marc, les deux événements, la Résurrection et l'Ascension, sont liés l'un à l'autre, et non seulement liés, car un tel lien se voit aussi chez Luc, mais existent comme des étapes d'un seul et même processus spirituel, déterminé par la dynamique de l'entrée du Royaume dans le monde.
Vus depuis notre monde, encore non transformé par le souffle de Dieu, la Résurrection, l'Ascension et ce que nous appelons habituellement la seconde venue du Christ apparaissent comme des événements différents, bien que liés entre eux et découlant logiquement les uns des autres. Étant dans un monde séparé du Royaume, nous percevons les éléments d'un processus unique comme des événements distincts. En réalité, il n'y a pas de rupture entre eux. On pourrait dire que Jésus ressuscite afin de monter au ciel puis de revenir dans la gloire, mais ce serait l'image ouverte à une personne regardant de l'extérieur ce qui se passe dans le Royaume.
En réalité, il ne disparaît nulle part ; simplement, nous le perdons de vue, comme les apôtres au jour de l'Ascension. Nous le perdons de vue parce que nous ne pouvons pas regarder assez profondément dans le Royaume, du moins dans notre état ordinaire. La rencontre de l'apôtre Paul avec lui sur le chemin de Damas en témoigne clairement : il n'était parti nulle part. La question est seulement de savoir dans quelle mesure nous vivons la vie du Royaume, et donc sa vie.
Aussitôt après la Résurrection, durant ces quarante jours mêmes, les disciples le voyaient distinctement parce qu'il ne s'était pas encore éloigné de la frontière qui sépare le Royaume de notre monde non encore transformé. À ce moment-là, le Royaume commençait seulement à s'ouvrir au monde ; il n'était pas encore si vaste qu'on ne puisse le voir tout entier, même sans franchir la frontière qui divise les deux mondes. Cela, toutefois, ne pouvait pas durer toujours : le Royaume devait entrer dans le monde en une plénitude bien plus grande que ce qui était visible aux apôtres durant les quarante premiers jours après la Résurrection. En conséquence, Jésus, comme son Roi, devait y prendre sa place royale et disparaître aux yeux de ceux qui n'avaient pas encore franchi la frontière. Pour ceux qui l'avaient franchie, cependant, il était toujours visible. Paul, semble-t-il, fut le premier, mais nullement le dernier, de ceux à qui il fut donné de le voir ainsi. Et lorsque, à la fin des temps, le Royaume s'ouvrira en plénitude, tous verront de nouveau le Ressuscité ; que la rencontre soit joyeuse ou non dépendra de la personne elle-même.
9 Ressuscité le matin, le premier jour de la semaine, il apparut d'abord à Marie de Magdala dont il avait chassé sept démons. |
10 Celle-ci alla le rapporter à ceux qui avaient été ses compagnons et qui étaient dans le deuil et les larmes. |
11 Et ceux-là, l'entendant dire qu'il vivait et qu'elle l'avait vu, ne la crurent pas. |
12 Après cela, il se manifesta sous d'autres traits à deux d'entre eux qui étaient en chemin et s'en allaient à la campagne. |
13 Et ceux-là revinrent l'annoncer aux autres, mais on ne les crut pas non plus. |
14 Enfin il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu'ils étaient à table, et il leur reprocha leur incrédulité et leur obstination à ne pas ajouter foi à ceux qui l'avaient vu ressuscité. |
15 Et il leur dit : " Allez dans le monde entier, proclamez l'Évangile à toute la création. |
16 Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé; celui qui ne croira pas, sera condamné. |
17 Et voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru: en mon nom ils chasseront les démons, ils parleront en langues nouvelles, |
18 ils saisiront des serpents, et s'ils boivent quelque poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux infirmes et ceux-ci seront guéris. " |
19 Or le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et il s'assit à la droite de Dieu. |
20 Pour eux, ils s'en allèrent prêcher en tout lieu, le Seigneur agissant avec eux et confirmant la Parole par les signes qui l'accompagnaient. |
Ressuscité, le Christ ne se montra pas aussitôt aux apôtres, mais d'abord à Marie Madeleine, l'une de ces femmes qui l'avaient enseveli, puis seulement à quelques-uns des disciples. Même les apôtres eurent du mal à croire ceux qui avaient vu les premiers le Ressuscité. Pour cela, lorsqu'il apparut à tous les apôtres, il leur reprocha non seulement leur incrédulité, mais aussi leur dureté de coeur.
En raisonnant humainement, on peut reconnaître la justice du reproche et commencer à se rappeler par quoi encore les coupables l'avaient mérité. Mais c'est précisément à eux, les coeurs durs, que le Christ confie aussitôt la mission de porter l'Évangile au monde entier. Plus encore, il leur donne la possibilité d'appuyer la prédication par des signes confirmant la vérité de l'enseignement sauveur. Ainsi, la dureté de coeur des disciples n'est pas fatale ; sa glace peut être fondue par le soleil de la Résurrection.
Le Seigneur ne repousse pas ceux qui ont trébuché, mais les appelle de nouveau, eux et nous, à sa suite, précisément parce qu'on ne peut recevoir ses dons, le salut et la transfiguration, qu'en marchant derrière lui.
1 Quand le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des aromates pour aller oindre le corps. |
2 Et de grand matin, le premier jour de la semaine, elles vont à la tombe, le soleil s'étant levé. |
3 Elles se disaient entre elles : " Qui nous roulera la pierre hors de la porte du tombeau ? " |
4 Et ayant levé les yeux, elles virent que la pierre avait été roulée de côté: or elle était fort grande. |
5 Étant entrées dans le tombeau, elles virent un jeune homme assis à droite, vêtu d'une robe blanche, et elles furent saisies de stupeur. |
6 Mais il leur dit : " Ne vous effrayez pas. C'est Jésus le Nazarénien que vous cherchez, le Crucifié : il est ressuscité, il n'est pas ici. Voici le lieu où on l'avait mis. |
7 Mais allez dire à ses disciples et à Pierre qu'il vous précède en Galilée : c'est là que vous le verrez, comme il vous l'a dit. " |
8 Elles sortirent et s'enfuirent du tombeau, parce qu'elles étaient toutes tremblantes et hors d'elles-mêmes. Et elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur... |
9 Ressuscité le matin, le premier jour de la semaine, il apparut d'abord à Marie de Magdala dont il avait chassé sept démons. |
10 Celle-ci alla le rapporter à ceux qui avaient été ses compagnons et qui étaient dans le deuil et les larmes. |
11 Et ceux-là, l'entendant dire qu'il vivait et qu'elle l'avait vu, ne la crurent pas. |
12 Après cela, il se manifesta sous d'autres traits à deux d'entre eux qui étaient en chemin et s'en allaient à la campagne. |
13 Et ceux-là revinrent l'annoncer aux autres, mais on ne les crut pas non plus. |
14 Enfin il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu'ils étaient à table, et il leur reprocha leur incrédulité et leur obstination à ne pas ajouter foi à ceux qui l'avaient vu ressuscité. |
15 Et il leur dit : " Allez dans le monde entier, proclamez l'Évangile à toute la création. |
16 Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé; celui qui ne croira pas, sera condamné. |
17 Et voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru: en mon nom ils chasseront les démons, ils parleront en langues nouvelles, |
18 ils saisiront des serpents, et s'ils boivent quelque poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux infirmes et ceux-ci seront guéris. " |
19 Or le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et il s'assit à la droite de Dieu. |
20 Pour eux, ils s'en allèrent prêcher en tout lieu, le Seigneur agissant avec eux et confirmant la Parole par les signes qui l'accompagnaient. |
Marc présente les événements après la Résurrection du Christ très brièvement. Presque tous les épisodes de ce récit sont décrits plus en détail dans les autres Évangiles. Marc veut souligner l'essentiel. Ainsi, les disciples se cachent des persécutions, saisis de tristesse et de désespoir. Seules quelques femmes, qui n'avaient pas abandonné Jésus à l'heure de Sa mort, veulent maintenant Lui rendre les derniers devoirs et achever l'ensevelissement qu'elles n'avaient pas terminé à cause du repos du sabbat. C'est à elles, Ses disciples les plus fidèles, que l'Ange annonce une nouvelle bouleversante, terrible et en même temps joyeuse : Il est ressuscité. Il n'est pas ici. Mais les disciples ne peuvent croire ni Marie Madeleine, à qui Jésus est apparu, ni les deux autres disciples qui L'ont vu. Ils sont tellement absorbés par leur chagrin et leur désespoir que leur coeur se ferme à l'espérance, bien que Jésus leur ait plusieurs fois prédit Sa Résurrection. Enfin, Jésus Lui-même apparaît au milieu d'eux et leur reproche la dureté de leur coeur et leur incrédulité. Par Son apparition, Il dissipe leur peine et leur peur.
Le Sauveur ressuscité envoie les disciples annoncer à « toute la création » la bonne nouvelle de la vie nouvelle commencée avec Sa Résurrection. Il dit que, par la foi et le baptême, l'homme entre déjà dans cette vie dans le salut : libération de l'esclavage de la peur, du péché, de la mort, de la condamnation éternelle. Le Christ nomme les signes miraculeux et les dons que possède désormais l'humanité nouvelle, régénérée et ressuscitée à la vie en Dieu. Le pouvoir des disciples du Christ sur la mort, la maladie et les forces obscures témoigne de la présence au milieu d'eux du Christ Lui-même. Aujourd'hui encore, Il vit au milieu de nous et en nous, bénissant la prédication de l'Évangile de la Vie.
1 Quand le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des aromates pour aller oindre le corps. |
2 Et de grand matin, le premier jour de la semaine, elles vont à la tombe, le soleil s'étant levé. |
3 Elles se disaient entre elles : " Qui nous roulera la pierre hors de la porte du tombeau ? " |
4 Et ayant levé les yeux, elles virent que la pierre avait été roulée de côté: or elle était fort grande. |
5 Étant entrées dans le tombeau, elles virent un jeune homme assis à droite, vêtu d'une robe blanche, et elles furent saisies de stupeur. |
6 Mais il leur dit : " Ne vous effrayez pas. C'est Jésus le Nazarénien que vous cherchez, le Crucifié : il est ressuscité, il n'est pas ici. Voici le lieu où on l'avait mis. |
7 Mais allez dire à ses disciples et à Pierre qu'il vous précède en Galilée : c'est là que vous le verrez, comme il vous l'a dit. " |
8 Elles sortirent et s'enfuirent du tombeau, parce qu'elles étaient toutes tremblantes et hors d'elles-mêmes. Et elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur... |
9 Ressuscité le matin, le premier jour de la semaine, il apparut d'abord à Marie de Magdala dont il avait chassé sept démons. |
10 Celle-ci alla le rapporter à ceux qui avaient été ses compagnons et qui étaient dans le deuil et les larmes. |
11 Et ceux-là, l'entendant dire qu'il vivait et qu'elle l'avait vu, ne la crurent pas. |
12 Après cela, il se manifesta sous d'autres traits à deux d'entre eux qui étaient en chemin et s'en allaient à la campagne. |
13 Et ceux-là revinrent l'annoncer aux autres, mais on ne les crut pas non plus. |
14 Enfin il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu'ils étaient à table, et il leur reprocha leur incrédulité et leur obstination à ne pas ajouter foi à ceux qui l'avaient vu ressuscité. |
15 Et il leur dit : " Allez dans le monde entier, proclamez l'Évangile à toute la création. |
16 Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé; celui qui ne croira pas, sera condamné. |
17 Et voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru: en mon nom ils chasseront les démons, ils parleront en langues nouvelles, |
18 ils saisiront des serpents, et s'ils boivent quelque poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux infirmes et ceux-ci seront guéris. " |
19 Or le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et il s'assit à la droite de Dieu. |
20 Pour eux, ils s'en allèrent prêcher en tout lieu, le Seigneur agissant avec eux et confirmant la Parole par les signes qui l'accompagnaient. |
Dans l'Évangile selon Marc, le récit de la Résurrection est beaucoup plus court que dans les autres évangiles; il tient seulement en vingt versets. Et le fondement du récit se révèle ici, aussi paradoxal que cela soit, être le thème de l'incrédulité ou de la défiance envers le témoignage de ceux qui avaient vu le Ressuscité ( v. 8, 11, 13). Il semblerait que les apôtres auraient pu et dû se réjouir d'entendre la nouvelle de la Résurrection, car tout récemment encore, il y a seulement trois jours, il leur semblait que tout était déjà fini et qu'il n'y avait plus rien à attendre. Certes, il y avait là aussi un élément d'inattendu et d'invraisemblable. Mais il y avait sans doute autre chose: l'incapacité à accueillir une surprise pourtant si attendue. Précisément attendue: car la plupart des Juifs croyants de l'époque évangélique croyaient à la résurrection générale au dernier jour et au Jugement dernier. De plus, Jésus avait plusieurs fois parlé à Ses disciples de Sa mort et de Sa Résurrection, qui devait suivre cette mort. Et c'est justement cela qui entrait le moins dans la conscience des apôtres; c'est pourquoi la nouvelle de la Résurrection se révéla inattendue pour eux. Ici se manifeste, semble-t-il, une propriété générale de la nature humaine déchue: l'inconstance. Bien sûr, en principe, aucun des apôtres n'aurait jamais douté de la résurrection générale ni du Jugement dernier. Sans doute, en principe, même la résurrection de leur Maître ne leur aurait pas paru impossible ou invraisemblable. Mais lorsque cela arriva, il apparut que tout cela était précisément « en général » et « en principe ». Et nullement parce que la foi des apôtres était plus faible que celle de leurs contemporains ou des nôtres. Simplement, lorsque des siècles passent entre la promesse et son accomplissement, la foi en ce qui est promis devient quelque peu abstraite. Elle cesse d'être une réalité concrète que l'on attend de jour en jour, comme les premiers chrétiens attendaient le Second Avènement promis par le Sauveur. L'objet de l'attention spirituelle devient non plus l'événement promis, mais l'attente elle-même. Elle devient le but et le contenu de la vie religieuse. Et alors il arrive souvent que, lorsque ce qui était promis survient, ceux qui s'y étaient préparés le plus longtemps et le plus activement se trouvent justement les moins prêts à sa venue. Mais lorsque ce qui a été si longtemps attendu se produit malgré tout, chacun doit pour ainsi dire voir et vivre à nouveau la réalité nouvelle qui entre dans le monde et qui met fin à tout ce qui était auparavant, y compris à l'attente elle-même. C'est la dernière frontière; au-delà, c'est le Royaume.
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