1 Alors Jésus fut emmené au désert par l'Esprit, pour être tenté par le diable. |
2 Il jeûna durant quarante jours et quarante nuits, après quoi il eut faim. |
3 Et, s'approchant, le tentateur lui dit : " Si tu es Fils de Dieu, dis que ces pierres deviennent des pains. " |
4 Mais il répondit : " Il est écrit : Ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu " |
5 Alors le diable le prend avec lui dans la Ville Sainte, et il le plaça sur le pinacle du Temple |
6 et lui dit : " Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et sur leurs mains ils te porteront, de peur que tu ne heurtes du pied quelque pierre. " |
7 Jésus lui dit : " Il est encore écrit : Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu. " |
8 De nouveau le diable le prend avec lui sur une très haute montagne, lui montre tous les royaumes du monde avec leur gloire |
9 et lui dit : " Tout cela, je te le donnerai, si, te prosternant, tu me rends hommage. " |
10 Alors Jésus lui dit : " Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : C'est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, et à Lui seul tu rendras un culte. " |
11 Alors le diable le quitte. Et voici que des anges s'approchèrent, et ils le servaient. |
12 Ayant appris que Jean avait été livré, il se retira en Galilée |
13 et, laissant Nazara, vint s'établir à Capharnaüm, au bord de la mer, sur les confins de Zabulon et de Nephtali, |
14 pour que s'accomplît l'oracle d'Isaïe le prophète: |
15 Terre de Zabulon et terre de Nephtali, Route de la mer, Pays de Transjordane, Galilée des nations! |
16 Le peuple qui demeurait dans les ténèbres a vu une grande lumière; sur ceux qui demeuraient dans la région sombre de la mort, une lumière s'est levée. |
17 Dès lors Jésus se mit à prêcher et à dire : " Repentez-vous, car le Royaume des Cieux est tout proche. " |
18 Comme il cheminait sur le bord de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et André son frère, qui jetaient l'épervier dans la mer; car c'étaient des pêcheurs. |
19 Et il leur dit : " Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d'hommes. " |
20 Eux, aussitôt, laissant les filets, le suivirent. |
21 Et avançant plus loin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère, dans leur barque, avec Zébédée leur père, en train d'arranger leurs filets; et il les appela. |
22 Eux, aussitôt, laissant la barque et leur père, le suivirent. |
23 Il parcourait toute la Galilée, enseignant dans leurs synagogues, proclamant la Bonne Nouvelle du Royaume et guérissant toute maladie et toute langueur parmi le peuple. |
24 Sa renommée gagna toute la Syrie, et on lui présenta tous les malades atteints de divers maux et tourments, des démoniaques, des lunatiques, des paralytiques, et il les guérit. |
25 Des foules nombreuses se mirent à le suivre, de la Galilée, de la Décapole, de Jérusalem, de la Judée et de la Transjordane. |
Il est difficile d’imaginer que l’évangéliste ait pu seulement penser que l’épreuve de Jésus au désert se terminerait par le fait qu’Il cède à la tentation de Satan et tombe dans quelque péché. Il semble plutôt que, dans la description de cette étrange dispute où le Fils de Dieu et Satan s’échangent des citations bibliques, se cache le choix profond qui se tenait devant Jésus : quel chemin choisirait-Il pour accomplir Sa mission, comment exactement Dieu apparaîtrait aux hommes et les ramènerait à la vraie vie.
Le tentateur Lui propose le chemin d’un royaume terrestre : car s’Il est réellement le Fils de Dieu, tous les royaumes de la terre Lui appartiennent de droit, les innombrables légions d’anges combattront pour Lui, la terre elle-même transformera Son empire en paradis, et les pierres deviendront des pains.
Mais le Seigneur choisit un autre chemin : Il n’attirera pas les hommes par des miracles spectaculaires et par la force ; au lieu d’esclaves, Il aura des disciples qui reconnaîtront Sa gloire divine sans contrainte, par la foi et par l’amour.
1 Alors Jésus fut emmené au désert par l'Esprit, pour être tenté par le diable. |
2 Il jeûna durant quarante jours et quarante nuits, après quoi il eut faim. |
3 Et, s'approchant, le tentateur lui dit : " Si tu es Fils de Dieu, dis que ces pierres deviennent des pains. " |
4 Mais il répondit : " Il est écrit : Ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu " |
5 Alors le diable le prend avec lui dans la Ville Sainte, et il le plaça sur le pinacle du Temple |
6 et lui dit : " Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et sur leurs mains ils te porteront, de peur que tu ne heurtes du pied quelque pierre. " |
7 Jésus lui dit : " Il est encore écrit : Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu. " |
8 De nouveau le diable le prend avec lui sur une très haute montagne, lui montre tous les royaumes du monde avec leur gloire |
9 et lui dit : " Tout cela, je te le donnerai, si, te prosternant, tu me rends hommage. " |
10 Alors Jésus lui dit : " Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : C'est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, et à Lui seul tu rendras un culte. " |
11 Alors le diable le quitte. Et voici que des anges s'approchèrent, et ils le servaient. |
Quarante jours ne sont pas quarante ans. Mais, comme le peuple devait passer par le désert, comme Jean partait au désert avant de commencer sa prédication, ainsi Jésus a supporté au désert un jeûne de quarante jours. Tous les détails de ce qui s'est passé durant ce temps nous sont restés cachés, mais ce que les évangélistes rapportent des derniers jours de ces quarante jours montre leur importance, et pour Jésus Lui-même, et pour l'histoire de notre salut.
Qui le tentateur essayait-il de séduire: l'homme ou bien le Dieu incarné? On peut penser qu'il voyait Qui était devant lui, et la tentative d'agir sur la nature humaine assumée par le Seigneur, avec toutes ses limites et sa faiblesse, devint la continuation de l'ancienne révolte de Satan contre le Créateur. Mais, en traversant les difficultés du jeûne, Jésus fortifia Sa nature humaine. Non seulement par la force de la toute-puissance divine, mais aussi par ces forces spirituelles qui sont désormais accessibles aux hommes grâce à Lui, Il repoussa Lui-même les tentations et nous montra qu'il est possible de tenir bon devant elles.
L'ordre dans lequel viennent les tentations n'est pas fortuit; elles vont clairement en montant: depuis la promesse élémentaire de satiété et de libération de la nécessité de travailler pour se nourrir, puis par l'incitation à accomplir un miracle spectaculaire, jusqu'à la promesse du pouvoir sur le monde. Mais celui qui promet le pouvoir le propose en échange de l'adoration qui lui serait rendue, c'est-à-dire de la reconnaissance de sa propre autorité. Ainsi la puissance promise se révèle fictive...
Il est intéressant que le tentateur essaie de séduire le Christ en utilisant une phrase de l'Écriture. Nous avons là un exemple frappant, mais hélas fréquent, non pas seulement d'une extraction malhonnête d'une phrase hors de son contexte. Nous voyons ici que l'Écriture peut servir de couverture à des buts non seulement éloignés du salut, mais opposés à lui. Efforçons-nous donc de ne pas nous limiter à apprendre des citations par coeur, mais de pénétrer le sens de l'enseignement biblique.
Dans son Évangile, Luc raconte les tentations dans un autre ordre. C'est sans doute parce qu'il écrivait pour les Hellènes, qui avaient déjà goûté à la puissance impériale, et qu'elle les séduisait moins. Mais en tout temps, dans diverses combinaisons, ces tentations se sont dressées encore et encore devant les hommes. C'est pourquoi la victoire remportée sur le tentateur au désert demeure aujourd'hui importante pour nous tous. Car nous pouvons nous appuyer sur l'aide du Christ, vainqueur des tentations.
1 Alors Jésus fut emmené au désert par l'Esprit, pour être tenté par le diable. |
2 Il jeûna durant quarante jours et quarante nuits, après quoi il eut faim. |
3 Et, s'approchant, le tentateur lui dit : " Si tu es Fils de Dieu, dis que ces pierres deviennent des pains. " |
4 Mais il répondit : " Il est écrit : Ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu " |
5 Alors le diable le prend avec lui dans la Ville Sainte, et il le plaça sur le pinacle du Temple |
6 et lui dit : " Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et sur leurs mains ils te porteront, de peur que tu ne heurtes du pied quelque pierre. " |
7 Jésus lui dit : " Il est encore écrit : Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu. " |
8 De nouveau le diable le prend avec lui sur une très haute montagne, lui montre tous les royaumes du monde avec leur gloire |
9 et lui dit : " Tout cela, je te le donnerai, si, te prosternant, tu me rends hommage. " |
10 Alors Jésus lui dit : " Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : C'est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, et à Lui seul tu rendras un culte. " |
11 Alors le diable le quitte. Et voici que des anges s'approchèrent, et ils le servaient. |
Pourquoi Satan tente-t-il Jésus précisément à ce moment? Il vit déjà sur cette terre depuis trente ans. Peut-être s'agit-il du fait que Jésus vient, dans le baptême au Jourdain, de prendre sur Lui nos péchés. Et Satan se précipite vers Lui, attiré par l'"odeur" du péché. Satan propose les tentations les plus ordinaires: le pain, le miracle, le pouvoir. D'habitude cela suffit: les gens se révèlent très faibles! Mais Jésus, peut-être le premier, traverse ces tentations, nous ouvrant à nous aussi le chemin de la résistance au tentateur.
Notons pour nous-mêmes que chaque fois Jésus répond non par ses propres paroles, mais par les paroles de l'Écriture, même lorsque la tentation est exprimée par les paroles de l'Écriture. Comme il est important de connaître l'Écriture! Peut-être est-ce l'une des raisons pour lesquelles nous avons commencé à faire ce site.
4 Mais il répondit : " Il est écrit : Ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu " |
Que signifie « l’homme vivra » ? Le pain, la nourriture, ne soutiennent-ils pas la vie en nous ? La vie biologique — oui. Mais les plantes aussi se nourrissent et vivent. Cette végétation ressemble-t-elle, même de loin, à la vie humaine, est-elle digne de l’homme ? Grâce à l’éducation scolaire, nous entendons par le mot vie le « métabolisme », et rien de plus. Pour nous, la vie est, comme le disait un penseur peu attirant du XIXe siècle, le « mode d’existence des corps protéiques ». Les étudiants de la fin du XXe siècle ajoutaient : « le meilleur mode... » Non, la vie — ce n’est pas cela. La vie est quelque chose qui est directement lié au sens, à la beauté et à l’immortalité, à l’amour et à l’ouverture, à la joie et à la vérité... Et l’on peut encore donner sa vie aux autres sans la perdre.
Les paroles du Deutéronome citées par le Seigneur Jésus disent que l’homme peut recevoir une vie tout autre, la vie éternelle, semblable à celle que possède Dieu Lui-même. Car le souffle de vie que l’Esprit de Dieu met dans l’homme ne peut pas être limité par le temps. La source de cette vie est Dieu Lui-même seul, et Il la partage avec l’homme par « toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». Et la parole que Dieu adresse à l’homme devient nourriture, ce qui soutient en nous la vie éternelle. Mais il faut supposer que ces paroles comportent encore un autre aspect important ; pour le voir, il suffit d’ôter le mot « toute ». Dieu nous donne Sa vie non seulement, ni même principalement, par la parole qu’Il adresse à notre cœur. En premier lieu, la vie éternelle de l’homme est soutenue par le Corps et le Sang du Seigneur Jésus-Christ, le Verbe de Dieu venu jusqu’à nous.
7 Jésus lui dit : " Il est encore écrit : Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu. " |
Que signifie «tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu»? C'est une référence au chapitre 6 du Deutéronome, dont la suite est: «comme vous L'avez tenté à Massa» (Dt 6:16). Rappelons de quoi il s'agit ici. Il s'agit de la manière dont le peuple de Dieu eut soif dans le désert, au rocher d'Horeb, et dont Moïse frappa la terre de son bâton et l'eau coula (Ex 17). «Et il donna à ce lieu le nom de Massa et Meriba, à cause de la contestation des fils d'Israël et parce qu'ils avaient tenté le Seigneur en disant: le Seigneur est-Il au milieu de nous, ou non?» C'est-à-dire que tenter le Seigneur signifie mettre en doute Dieu Lui-même seulement parce qu'Il n'accomplit pas immédiatement nos désirs. Ou même pire: faire quelque chose pour vérifier s'Il accomplira Sa promesse dans ce cas, car, peut-être, Il n'existe pas du tout. Voilà ce que signifie tenter le Seigneur.
Réfléchissons maintenant à l'expression répandue: «le Seigneur le tente». Il existe parmi les chrétiens une erreur répandue. Ils disent que le Seigneur nous tente, interprétant manifestement de travers les paroles du Notre Père «ne nous induis pas en tentation», comme si Dieu voulait tantôt nous induire en tentation, tantôt ne pas le vouloir, et comme si nous Lui demandions de ne pas le faire. C'est une erreur profonde et très mauvaise. L'apôtre Jacques nous en avertit: «Que personne, lorsqu'il est tenté, ne dise: Dieu me tente; car Dieu n'est pas tenté par le mal et Lui-même ne tente personne, mais chacun est tenté, entraîné et séduit par sa propre convoitise» (Jc 1:13). Ainsi Dieu ne nous tente pas; rendons-Lui donc la pareille.
7 Jésus lui dit : " Il est encore écrit : Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu. " |
Pendant la tentation au désert, Jésus répond trois fois au tentateur Satan par des citations de l'Écriture, nous montrant ainsi comment résister aux ruses du diable : simplement en ne s'écartant pas de la volonté de Dieu, de Ses commandements. Mais cette tentation, la deuxième selon l'Évangile de Matthieu, est peut-être la plus singulière : Satan lui-même, en tentant le Christ, cite l'Écriture. Et il propose en fait à Jésus de vérifier si les paroles du psaume correspondent à la vérité.
Cela ne vous rappelle-t-il pas une autre scène, décrite au chapitre 3 du livre de la Genèse, lorsque le même tentateur demande à Ève : « Dieu a-t-il réellement dit : Vous ne mangerez d'aucun arbre du jardin ? » Bien sûr que cela le rappelle. Même méthode : vérifie la vérité de la Parole de Dieu. Satan n'est pas un être créateur : cela a fonctionné une fois, il faut essayer encore.
Où est le piège ? Il est très simple : la vérification est opposée à la confiance. Ou bien je fais confiance à Dieu, qu'Il est la vérité, ou bien je me mets en position de contrôleur au-dessus de Dieu. Je répète : au-dessus de Dieu. En cédant à cette tentation, l'homme est tombé dans l'esclavage du péché. Mais Jésus ne cède pas ; Il traverse la tentation rusée par Son refus : « Je ne le ferai pas ! Jamais je ne vérifierai ce que Dieu a dit. Ou bien vérifier, ou bien faire confiance ! »
12 Ayant appris que Jean avait été livré, il se retira en Galilée |
13 et, laissant Nazara, vint s'établir à Capharnaüm, au bord de la mer, sur les confins de Zabulon et de Nephtali, |
14 pour que s'accomplît l'oracle d'Isaïe le prophète: |
15 Terre de Zabulon et terre de Nephtali, Route de la mer, Pays de Transjordane, Galilée des nations! |
16 Le peuple qui demeurait dans les ténèbres a vu une grande lumière; sur ceux qui demeuraient dans la région sombre de la mort, une lumière s'est levée. |
17 Dès lors Jésus se mit à prêcher et à dire : " Repentez-vous, car le Royaume des Cieux est tout proche. " |
18 Comme il cheminait sur le bord de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et André son frère, qui jetaient l'épervier dans la mer; car c'étaient des pêcheurs. |
19 Et il leur dit : " Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d'hommes. " |
20 Eux, aussitôt, laissant les filets, le suivirent. |
21 Et avançant plus loin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère, dans leur barque, avec Zébédée leur père, en train d'arranger leurs filets; et il les appela. |
22 Eux, aussitôt, laissant la barque et leur père, le suivirent. |
23 Il parcourait toute la Galilée, enseignant dans leurs synagogues, proclamant la Bonne Nouvelle du Royaume et guérissant toute maladie et toute langueur parmi le peuple. |
24 Sa renommée gagna toute la Syrie, et on lui présenta tous les malades atteints de divers maux et tourments, des démoniaques, des lunatiques, des paralytiques, et il les guérit. |
25 Des foules nombreuses se mirent à le suivre, de la Galilée, de la Décapole, de Jérusalem, de la Judée et de la Transjordane. |
Jésus commence sa prédication là où celle de Jean le Baptiste s’est interrompue : « Repentez-vous, car le Royaume des Cieux est proche ». Mais ce n’est pas là l’essence de sa prédication. C’est précisément le passage d’aujourd’hui de l’Évangile selon Matthieu qui décrit le plus clairement son ministère : il appelle des disciples et commence ainsi à bâtir son Église, il prêche l’Évangile du Royaume, et il manifeste les œuvres de Dieu dans ce monde, attestant qu’avec sa venue les relations entre Dieu et le monde ont changé. Le passage d’aujourd’hui est une sorte de « résumé » de tout l’Évangile qui suit.
12 Ayant appris que Jean avait été livré, il se retira en Galilée |
13 et, laissant Nazara, vint s'établir à Capharnaüm, au bord de la mer, sur les confins de Zabulon et de Nephtali, |
14 pour que s'accomplît l'oracle d'Isaïe le prophète: |
15 Terre de Zabulon et terre de Nephtali, Route de la mer, Pays de Transjordane, Galilée des nations! |
16 Le peuple qui demeurait dans les ténèbres a vu une grande lumière; sur ceux qui demeuraient dans la région sombre de la mort, une lumière s'est levée. |
17 Dès lors Jésus se mit à prêcher et à dire : " Repentez-vous, car le Royaume des Cieux est tout proche. " |
18 Comme il cheminait sur le bord de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et André son frère, qui jetaient l'épervier dans la mer; car c'étaient des pêcheurs. |
19 Et il leur dit : " Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d'hommes. " |
20 Eux, aussitôt, laissant les filets, le suivirent. |
21 Et avançant plus loin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère, dans leur barque, avec Zébédée leur père, en train d'arranger leurs filets; et il les appela. |
22 Eux, aussitôt, laissant la barque et leur père, le suivirent. |
23 Il parcourait toute la Galilée, enseignant dans leurs synagogues, proclamant la Bonne Nouvelle du Royaume et guérissant toute maladie et toute langueur parmi le peuple. |
Le mot clé de la lecture évangélique d'aujourd'hui est la lumière. L'évangéliste nous dit que la venue du Seigneur Jésus en Galilée fut pour les habitants de cette terre l'apparition de la grande lumière annoncée par Isaïe. Le Seigneur Lui-même parle de manière semblable dans Son entretien avec Nicodème, que nous rapporte l'évangéliste Jean. Le Seigneur a dit que le jugement du monde consiste en ceci : la lumière est venue dans le monde. Il ne s'agit évidemment pas du rayonnement mystérieux de la divinité qui accompagne parfois la révélation de la gloire du Tout-Puissant. Il faut plutôt se rappeler les paroles du psaume : « Ta parole est une lampe pour mes pas. » La venue du Christ nous donne la possibilité de voir et de distinguer le bien du mal, le chemin de la vie de celui de la mort. En Sa présence, nous pouvons voir la vérité sur Dieu, sur nous-mêmes et sur le monde. Et si seuls certains d'entre nous sont jugés dignes de voir la lumière de la Transfiguration, le rayonnement incréé de Dieu, la lumière de la vérité dont parlent aujourd'hui le prophète Isaïe et l'évangéliste Matthieu est donnée à chacun depuis le jour où le Seigneur a commencé Son ministère.
12 Ayant appris que Jean avait été livré, il se retira en Galilée |
13 et, laissant Nazara, vint s'établir à Capharnaüm, au bord de la mer, sur les confins de Zabulon et de Nephtali, |
14 pour que s'accomplît l'oracle d'Isaïe le prophète: |
15 Terre de Zabulon et terre de Nephtali, Route de la mer, Pays de Transjordane, Galilée des nations! |
16 Le peuple qui demeurait dans les ténèbres a vu une grande lumière; sur ceux qui demeuraient dans la région sombre de la mort, une lumière s'est levée. |
17 Dès lors Jésus se mit à prêcher et à dire : " Repentez-vous, car le Royaume des Cieux est tout proche. " |
Pourquoi le Christ avait-Il besoin de partir en Galilée ? Selon la logique humaine ordinaire, il aurait fallu aller prêcher dans les régions où il y avait plus de public instruit, connaissant l'Écriture et donc mieux préparé, là où il est plus facile d'être entendu. Et aux jours où l'on emprisonne un prédicateur largement connu, il vaudrait mieux encore se tenir tranquille, mais obtenir le soutien de personnes influentes, afin d'attendre et de sortir prêcher au moment opportun avec leur appui.
Mais le Christ suit Sa propre logique, incompréhensible selon les habitudes humaines ordinaires. Même à un regard bienveillant, Sa prédication pouvait sembler la reprise du relais tombé des mains de Jean. Car Jésus répète les paroles de Jean : repentez-vous, car le Royaume des Cieux s'est approché. Mais bientôt, déjà en Galilée, se dessinera la différence entre deux enseignements, dont l'un cédera la place à l'autre. Le Christ grandira, et Jean diminuera. Mais la grandeur du Christ est inséparablement liée à Son abaissement, et l'un des aspects de cet abaissement fut le départ en Galilée, province reculée à la frontière des terres païennes. C'est précisément ici qu'a lieu un événement d'abord remarqué par peu de gens, qui a changé le monde : la prédication du Sauveur.
18 Comme il cheminait sur le bord de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et André son frère, qui jetaient l'épervier dans la mer; car c'étaient des pêcheurs. |
19 Et il leur dit : " Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d'hommes. " |
20 Eux, aussitôt, laissant les filets, le suivirent. |
21 Et avançant plus loin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère, dans leur barque, avec Zébédée leur père, en train d'arranger leurs filets; et il les appela. |
22 Eux, aussitôt, laissant la barque et leur père, le suivirent. |
23 Il parcourait toute la Galilée, enseignant dans leurs synagogues, proclamant la Bonne Nouvelle du Royaume et guérissant toute maladie et toute langueur parmi le peuple. |
En réfléchissant à l'appel des apôtres, il vaut la peine de penser à ceci. Les sceptiques peuvent dire: il existe des personnalités « charismatiques » dont la parole est si impérieuse qu'elles hypnotisent littéralement les gens, et l'on peut expliquer ainsi le fait que ces pêcheurs ignorants aient suivi Jésus, voilà tout le secret.
Que répondre à cela? Que présenter? Rappelons un fragment de l'Évangile selon Jean: « Alors Jésus dit aux Douze: Voulez-vous, vous aussi, vous en aller? Simon Pierre lui répondit: Seigneur, à qui irions-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle; et nous avons cru et nous avons reconnu que tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Jn 6:67-69).
Beaucoup veulent le quitter, et ils le quittent, parce qu'ils n'acceptent pas ce qu'il leur dit. Est-ce ainsi que cela se passe avec les « charismatiques »? Est-ce ainsi que cela s'est passé avec Hitler ou Staline? Eux, au contraire, attiraient à eux des foules. Le Christ, lui, propose même à ses plus proches disciples de partir s'ils le veulent. Et pourtant quelque chose les retient. Quoi exactement? C'est cela qui importe: dans le christianisme, rien ne se construit sur les seules émotions, sinon cette foi aurait disparu très vite; il y a en lui un fondement inébranlable, et ce fondement est la Parole.
18 Comme il cheminait sur le bord de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et André son frère, qui jetaient l'épervier dans la mer; car c'étaient des pêcheurs. |
19 Et il leur dit : " Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d'hommes. " |
20 Eux, aussitôt, laissant les filets, le suivirent. |
21 Et avançant plus loin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère, dans leur barque, avec Zébédée leur père, en train d'arranger leurs filets; et il les appela. |
22 Eux, aussitôt, laissant la barque et leur père, le suivirent. |
23 Il parcourait toute la Galilée, enseignant dans leurs synagogues, proclamant la Bonne Nouvelle du Royaume et guérissant toute maladie et toute langueur parmi le peuple. |
Manifestement, l’œuvre principale de Jésus pendant Son ministère terrestre est le témoignage rendu au Royaume. Les miracles et les guérisons ne sont, au fond, que la preuve qu’il est proche, qu’il entre déjà dans notre monde et qu’il y est entré au point que chacun peut en ressentir la force.
C’est précisément en cela que consiste le sens de la bonne nouvelle apportée au monde par le Sauveur : Il est le Messie, Il est venu dans le monde et a apporté avec Lui ce Royaume messianique même dont parlaient les prophètes. Et le sens du christianisme consiste à accueillir ce Royaume et à y vivre.
Bien sûr, pour que cela devienne possible, il faut aussi accueillir Celui qui a apporté le Royaume dans le monde, Lui faire entièrement confiance et Le suivre. Comme L’ont suivi les apôtres qu’Il a appelés à Sa suite. Les miracles et les guérisons sont le témoignage visible de ce qu’est le Royaume et de ce qu’il peut être. Car le miracle suppose toujours l’irruption, dans notre monde, des lois d’un autre monde qui, pour une raison ou pour une autre, s’est soudain trouvé tout proche. Ainsi le Royaume, devenu proche, entre dans notre monde en y introduisant ses lois. Et ces lois nient complètement la maladie et la mort, comme elles nient tout le mal et le péché dans lesquels gît le monde.
C’est pourquoi les guérisons et les résurrections sont devenues les principaux événements qui accompagnaient le chemin terrestre du Sauveur : elles sont devenues les signes du Royaume qui vient. Bien sûr, transformer entièrement la nature de l’homme qui demeure encore partie du monde non transfiguré était impossible. Mais donner à chacun de ceux qui entraient en contact avec le Royaume toute la plénitude de vie possible pour ce monde non transfiguré était tout à fait possible : les malades guérissaient, et ceux qui étaient morts prématurément revenaient à la vie afin d’en épuiser toute la plénitude qui leur était accessible sur terre et qu’ils n’avaient pas épuisée à cause du mal dans lequel gît le monde déchu. Et tous ceux qui rencontraient Jésus sur leur chemin se divisèrent entre ceux qui étaient prêts à vivre pleinement et ceux qui rejetaient cette vie avec Celui qui l’avait apportée dans le monde.
Ainsi le chemin du Royaume est devenu pour le Sauveur le chemin de croix qui Le conduit à travers la mort vers cette vie qu’Il a laissée au monde.
18 Comme il cheminait sur le bord de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et André son frère, qui jetaient l'épervier dans la mer; car c'étaient des pêcheurs. |
19 Et il leur dit : " Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d'hommes. " |
20 Eux, aussitôt, laissant les filets, le suivirent. |
21 Et avançant plus loin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère, dans leur barque, avec Zébédée leur père, en train d'arranger leurs filets; et il les appela. |
22 Eux, aussitôt, laissant la barque et leur père, le suivirent. |
23 Il parcourait toute la Galilée, enseignant dans leurs synagogues, proclamant la Bonne Nouvelle du Royaume et guérissant toute maladie et toute langueur parmi le peuple. |
Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi Simon, André, Jacques et Jean répondent si immédiatement à l'appel de Jésus? Imaginons-nous dans une situation semblable, et il devient clair que notre réaction aurait très bien pu être différente. Qui donc, «sain d'esprit», se lèverait de son lieu de travail, quitterait sa vie habituelle, ce qui donne des moyens de subsistance et une joie simple de la vie quotidienne, pour suivre Quelqu'un qu'il a très peu vu, et encore «dans des circonstances mystérieuses», voir Mt. 3:13-17, Jn. 1:29-39, et qui promet quelque chose de tout à fait incompréhensible, voir Mt. 4:19? Aujourd'hui nous savons qu'ils ne quittent pas leurs filets de pêche pour toujours, voir Lc. 5:1-11, mais alors il pouvait bien leur sembler qu'ils rompaient entièrement avec leur vie habituelle.
Qu'est-ce donc qui les pousse à le faire? Pourquoi ne voyons-nous aucune hésitation, aucune réflexion, aucune discussion? Oui, ils avaient sans doute déjà pu comprendre quelque chose de cet Homme grâce à leur conversation, voir Jn. 1:38-41. Mais même s'ils ont reconnu en lui le Messie, il n'est pas facile de se lever ainsi instantanément et de partir. Quelle en est donc la raison? Une attitude légère envers la vie, un manque d'amour du travail? Il est difficile de croire que cela vienne d'eux-mêmes, tant ces hommes sont différents.
Non, il apparaît que l'essentiel n'est pas en eux, mais en Celui qui les appelle et dans la manière dont il le fait. Il les appelle, et il devient impossible de ne pas répondre à son appel. Sa voix est si forte, sa personne si profondément attirante dans le bon sens, qu'il n'est tout simplement plus possible de douter de la vérité de ses paroles, surtout en sa présence. Le voici ici: il se tient à la porte et il frappe, voir Ap. 3:20.
19 Et il leur dit : " Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d'hommes. " |
20 Eux, aussitôt, laissant les filets, le suivirent. |
Ayant appelé les douze disciples, Jésus les inclut dans Sa vie, dans Son ministère. Il les instruit, puis leur donne des tâches pratiques (Mt 10 ; Mt 14,16). Et après la Pentecôte, les Apôtres vont dans la puissance de l'Esprit Saint poursuivre le ministère du Christ : proclamer l'Évangile du Royaume, guérir les hommes, édifier l'Église ; tout le livre des Actes parle de cela.
19 Et il leur dit : " Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d'hommes. " |
On peut s'y habituer peu à peu, mais lire cette phrase pour la première fois est désagréable. Tout simplement parce qu'on ne peut pas parler des gens comme de poissons. Et puis, quand on se représente la scène : voilà un petit poisson qui nage, qui s'ébat en liberté, puis apparaît un pêcheur avec son filet ; d'abord il prive le poisson de liberté, ensuite il le tire là où il est impossible de vivre, et enfin il le mange tout simplement ! Et ce serait pareil pour les hommes ? Quelle horreur !
Imaginons maintenant une autre scène. Un petit poisson nage et s'ébat dans un étang trouble, sans comprendre que l'eau est empoisonnée par les rejets d'une usine chimique. Et voilà qu'apparaît un militant écologiste avec un filet : il le capture, le transporte dans un lieu écologiquement pur et le relâche dans un immense lac transparent, plein d'oxygène et de nourriture. Tout cela paraît autrement, n'est-ce pas ?
23 Il parcourait toute la Galilée, enseignant dans leurs synagogues, proclamant la Bonne Nouvelle du Royaume et guérissant toute maladie et toute langueur parmi le peuple. |
Il y a ce mot « Somme » qui est une figure de style à caractère descriptif typique à la littérature antique. Il consiste à généraliser le sens des faits produits. Ceci permet ensuite de ne pas tout décrire et énumérer, mais citer des exemples essentiels. Dans la «somme» lu aujourd’hui, l’évangéliste Mathieu «présente» tout ce que Jésus a fait lors de Son service public à Galilée : Il enseignait dans les synagogues, prêchait la bonne nouvelle du Royaume et guérissait les gens de toutes leurs maladies et de toutes leurs infirmités. Si nous nous rappelons qu’Il était tout le temps accompagné de Ses disciples, nous pouvons donc ajouter: bâtissait sa communauté, qui sera l’Eglise. En fait Le Christ continue aujourd’hui à accomplir ces faits, il faut juste avoir la volonté de les voir.
25 Des foules nombreuses se mirent à le suivre, de la Galilée, de la Décapole, de Jérusalem, de la Judée et de la Transjordane. |
1 Voyant les foules, il gravit la montagne, et quand il fut assis, ses disciples s'approchèrent de lui. |
2 Et prenant la parole, il les enseignait en disant: |
3 " Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le Royaume des Cieux est à eux. |
4 Heureux les affligés, car ils seront consolés. |
5 Heureux les doux, car ils posséderont la terre. |
6 Heureux les affamés et assoiffés de la justice, car ils seront rassasiés. |
7 Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. |
8 Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. |
9 Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. |
10 Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux. |
11 Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu'on vous persécutera, et qu'on dira faussement contre vous toute sorte d'infamie à cause de moi. |
12 Soyez dans la joie et l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux : c'est bien ainsi qu'on a persécuté les prophètes, vos devanciers. |
13 " Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel vient à s'affadir, avec quoi le salera-t-on ? Il n'est plus bon à rien qu'à être jeté dehors et foulé aux pieds par les gens. |
Les bénédictions prononcées par Jésus pendant le Sermon sur la montagne sont habituellement appelées, dans la tradition chrétienne, les béatitudes, qu'on rapproche des commandements du Décalogue. Pourtant Jésus lui-même, semble-t-il, ne les considérait pas comme de nouveaux commandements appelés à remplacer les anciens. En fait, par leur forme même, elles ne ressemblent pas du tout à des commandements, mais à cette série de bénédictions et de malédictions qui clôt le livre du Deutéronome, ou aux bénédictions par lesquelles la Torah prescrit aux prêtres de bénir le peuple. Mais ces bénédictions acquièrent bien sûr une signification particulière: elles n'ont de sens que si le Messie est déjà venu et si le Royaume messianique est proche, sur le point d'advenir.
La mention des pauvres (des indigents) et des humbles dans un tel contexte est particulièrement significative: historiquement, il s'agit des participants d'un mouvement formé avant l'exil autour d'Isaïe de Jérusalem. Ce sont eux qu'on en vint à appeler les « pauvres », bien qu'au sens littéral ils ne fussent le plus souvent pas indigents. On les appelait parfois aussi « doux » ou « humbles », en donnant à ces mots le même sens: ce sont des hommes qui renoncent entièrement à s'appuyer dans la vie sur qui que ce soit et sur quoi que ce soit en dehors de Dieu, et qui attendent la venue du Royaume messianique, où ils recevront récompense et consolation pour le difficile chemin de justice qu'ils ont essayé de suivre. En parlant de la béatitude des pauvres et des doux, Jésus fait ainsi comprendre que le Royaume messianique est déjà advenu ou est sur le point d'advenir.
Tout aussi naturelle est la mention de ceux qui ont soif de justice (« de vérité »): l'image du « pauvre » était en effet inséparable de celle du juste, et déjà dans l'hymnographie d'avant l'exil ces mots étaient devenus presque synonymes. À la même époque, avant l'exil, la pureté du cœur et la miséricorde (« la bonté ») commencèrent à être perçues comme des traits inséparables du juste. De plus, dès la période préexilique, l'image du juste devient celle d'un homme persécuté par les autorités ou par les puissants de ce monde. Jésus proclame bienheureux ceux qui sont persécutés pour la justice, c'est-à-dire, selon la tradition déjà existante à cette époque, pour leur fidélité à la Torah. Et il ajoute: bienheureux ceux qui sont persécutés à cause de moi, indiquant ainsi de fait qu'il est le Messie. Car l'image du Messie souffrant était tout de même connue de la tradition, même si elle était alors quelque peu passée au second plan; et ceux qui étaient persécutés à cause du Messie et du Royaume messianique étaient naturellement perçus eux aussi comme persécutés pour la justice.
Ainsi Jésus, en proclamant la proximité du Royaume qui vient, répond en même temps aux attentes de ceux qui attendaient le Messie et son Royaume. Il leur fait comprendre que le jour si longtemps attendu est arrivé, même si ce n'est peut-être pas comme ils se le représentaient.
25 Des foules nombreuses se mirent à le suivre, de la Galilée, de la Décapole, de Jérusalem, de la Judée et de la Transjordane. |
1 Voyant les foules, il gravit la montagne, et quand il fut assis, ses disciples s'approchèrent de lui. |
2 Et prenant la parole, il les enseignait en disant: |
3 " Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le Royaume des Cieux est à eux. |
4 Heureux les affligés, car ils seront consolés. |
5 Heureux les doux, car ils posséderont la terre. |
6 Heureux les affamés et assoiffés de la justice, car ils seront rassasiés. |
7 Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. |
8 Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. |
9 Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. |
10 Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux. |
11 Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu'on vous persécutera, et qu'on dira faussement contre vous toute sorte d'infamie à cause de moi. |
12 Soyez dans la joie et l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux : c'est bien ainsi qu'on a persécuté les prophètes, vos devanciers. |
13 " Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel vient à s'affadir, avec quoi le salera-t-on ? Il n'est plus bon à rien qu'à être jeté dehors et foulé aux pieds par les gens. |
Le Sermon sur la montagne est l'un des textes les plus importants de l'Évangile, où sont posés les fondements de la morale chrétienne. Pourtant, le début de ce sermon, bien qu'il soit traditionnellement appelé les « Béatitudes », ne parle pas de règles mais du bonheur : le bonheur d'une vie juste, de cette vie que Jésus appelle le Royaume des Cieux. Dans une telle vie, la consolation, la miséricorde et la joie l'emportent sur les larmes et la douleur, et la grâce et la paix règnent.
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